Romans et récits (1979-1991) (édition Philippe Jaworski ; traduction conjointe Jean-Pierre Carasso, Josée Kamoun, Maurice Rambaud et Henri Robillot)

Traduction MIRESE AKAR  - Langue d'origine : ANGLAIS (ETATS-UNIS)

À propos

« Tu tires des récits de tes vices, tu rêves des doubles pour tes démons » : c'est ainsi que Nathan Zuckerman, la créature de papier de Philip Roth, décrit son entreprise d'écriture dans La Leçon d'anatomie. Apparu sous la plume de l'écrivain Peter Tarnopol dans Ma vie d'homme (1974), ce double assumé du fictif Tarnopol et de Roth, lequel les invente tous deux en vertu d'un processus de création fait de reflets et de répliques, prend pour ainsi dire vie dans le premier cycle romanesque qui lui est consacré, Zuckerman enchaîné.
Cette série de romans - une trilogie et son épilogue - offre à Roth l'occasion d'exposer les métamorphoses de la subjectivité. Elle met en scène quatre moments-clefs de la carrière de Zuckerman : la relation de l'aspirant écrivain avec son mentor (L'Écrivain fantôme, 1979) ; le romancier devenu une célébrité et la victime de son succès (Zuckerman délivré, 1981) ; l'homme souffrant de douleurs mystérieuses en pleine crise de la quarantaine, rattrapé à la fois par la complexité de sa vie amoureuse et sexuelle et par la mort de ses parents (La Leçon d'anatomie, 1983) ; l'homme de lettres privilégié face aux intellectuels de l'Europe de l'Est communiste (L'Orgie de Prague, 1985).
On retrouvera Zuckerman dans La Contrevie (1986), un « labyrinthe de miroirs » (Philippe Jaworski), et un chef-d'oeuvre de virtuosité, qui est en quelque sorte la réponse de Roth au postmodernisme américain incarné notamment par Thomas Pynchon. Un brouillon donne à penser que le roman aurait pu être intitulé Tu dois changer ta vie ; « Tout peut arriver, et c'est précisément ce qui arrive : tout. » Pendant la période de création couverte par ce volume, Roth explore la frontière poreuse entre réalité et fiction. S'il occupe le devant de la scène jusqu'en 1986, Zuckerman n'est pas l'unique alter ego de l'auteur. Émerge en effet un nouveau personnage (de fiction ?) nommé Philip ou Philip Roth. Il dialogue avec Zuckerman dans Les Faits (1988), sous-titré « Autobiographie d'un romancier » ; avec des femmes dans Tromperie (1990), roman tout entier construit en dialogues - « la bande-son d'un roman sans images », selon Ph. Jaworski -, tandis que Patrimoine (1991), récit de la maladie et de la mort du père (non plus celui de Zuckerman, celui de Roth), est présenté comme « Une histoire vraie ».
Les faits seraient-ils enfin débarrassés de leur gangue de fiction ? À la fin de la lettre que le Roth des Faits écrit à son lecteur Zuckerman, il admet que les « faits » sont en réalité des souvenirs déjà retravaillés. Ses expériences personnelles et son passé ne prennent forme et sens qu'une fois racontés. Et c'est à un personnage de fiction, l'inévitable Zuckerman donc, que Roth confie le soin de porter un jugement sur son manuscrit « autobiographique ». L'autobiographie est sans doute « le genre le plus manipulateur dans toute la littérature », estime Zuckerman. C'est le moins que l'on puisse dire. Toute tentative de figer la frontière entre réalité et fiction est ici vouée à l'échec.



Sommaire

L'Écrivain fantôme - Zuckerman délivré - La Leçon d'anatomie - L'Orgie de Prague - La Contrevie - Les Faits. Autobiographie d'un romancier - Tromperie - Patrimoine. Une histoire vraie.

Rayons : Littérature générale > Œuvres classiques

  • EAN

    9782070135516

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    1 584 Pages

  • Longueur

    16.9 cm

  • Largeur

    10.4 cm

  • Épaisseur

    3.7 cm

  • Poids

    592 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Luxe  

Philip Roth

Après une enfance passée à Newark, ville portuaire proche de Manhattan, dont est également issu l'écrivain Nick Tosches, Philip Roth étudie à l'université. Son mariage, qui tourne au désastre, est à l'origine des thèmes de ses premiers romans qui soulèveront la polémique, à cause de leur caractère cru et provocateur comme 'Portnoy et son complexe'. Malgré le scandale, Roth est très vite considéré comme un auteur influent. L'écrivain s'engage alors dans ce qu'il définit lui-même comme un combat avec 'les femmes, les rabbins, les hommes politiques, les psychanalystes et les critiques littéraires'. L'oeuvre de Roth, bien qu'essentiellement autobiographique, mélange les genres et passe sans retenue de la fiction à la confession, dans un style jubilatoire.

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