Pu De Paris-sorbonne

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  • La vie à crédit : les mutations des consommations populaires à Paris (1880-1920) Nouv.

    Dans le Paris de la Belle Époque, de plus en plus d'ouvriers, d'employés et de petits fonctionnaires accèdent à la consommation. Les garde-robes se diversifient, les intérieurs populaires se peuplent peu à peu de meubles, comme la très convoitée armoire à glace, et la décoration envahit le logement. Les plus aisés des ouvriers et des employés arrivent même à acheter une bicyclette ou une machine à coudre. Cette nouvelle culture matérielle émerge grâce au développement du crédit qui donne accès financièrement à la consommation et de la publicité qui donne envie d'acheter des biens nouveaux. Georges Dufayel, en pionnier de cette révolution commerciale, a bâti un empire économique à la fin du siècle. Ses magasins grandioses, installés boulevard Barbès, deviennent les temples de la consommation populaire parisienne.

    Ces objets et leurs usages témoignent également d'une culture populaire spécifique, encore marquée par la vulnérabilité économique et le recours à la débrouille. De la fréquentation du Mont-de-Piété à l'achat d'objets d'occasion chez les brocanteurs, en allant parfois jusqu'au vol, ces pratiques ressemblent bien souvent à des "consommations transitoires", non sans le risque, aussi, de la saisie des biens et de l'expulsion du logement. Touchant à l'histoire de la vie privée, des échanges économiques ordinaires et de la culture matérielle, cet ouvrage met en lumière à la fois les dominations multiples qui pèsent sur les classes populaires et les petits arrangements, les micro-résistances, qui traversent le peuple des choses et les choses du peuple.

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  • Ce livre n'est pas une égo-histoire. Pas plus qu'un mémoire de synthèse. Claire Zalc s'empare avec originalité du motif de l'écriture rétrospective du « je » savant et transforme l'exercice en jeu de piste. « Elle se souvient ». Et d'abord d'avoir toujours lu et travaillé à partir de l'oeuvre de Georges Perec. Les affinités arbitraires et électives qui la lient à son histoire et à ses pratiques dessinent une approche du métier comme de la discipline. L'itinéraire de l'historienne rencontre celui de l'écrivain sans jamais se confondre avec lui. De W à Z, s'entrecroisent deux manières alternées de penser le retour d'expériences de soi, entre récit biographique et parcours académique. Ce n'est pas seulement un Souvenir d'enfance, d'adolescence, d'étudiante ou de « jeune chercheuse » confirmée. Le mode d'écriture inspiré et documentaire donne à voir l'infra-ordinaire des procédures d'élaboration scientifique. Réécritures et relectures enchâssées composent un récit à la fois littéraire, intime et savant. Au gré des résurgences d'archives explorées, de lieux parcourus et de projets de recherche accomplis, une histoire-science sociale affleure.

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  • Construire la géographie comme une écologie humaine, tel fut le projet de Max Sorre (1880-1962). Cette biographie inédite retrace la trajectoire de ce pionnier de la pensée écologique, tout à la fois géographe de terrain, théoricien et savant encyclopédiste. Par son oeuvre, qui s'attache aux relations entre l'homme et son environnement, il s'est intéressé à des questions jusque là délaissées par les sciences sociales, comme les maladies, l'alimentation, le climat, les genres de vie, le rapport des sociétés aux végétaux et aux animaux, ou encore la mobilité.

    L'oeuvre de Sorre est dense, depuis sa thèse en 1913, Pyrénées méditerranéennes, à son essai de 1961 L'Homme sur la Terre, en passant par Les fondements de la géographie humaine (1943-1952). Élève de Paul Vidal de La Blache, formé à l'écologie végétale par Charles Flahault, il a traversé de multiples scènes savantes : à l'université de Lille, à la Sorbonne, au Centre universitaire méditerranéen, à la direction de l'Enseignement primaire, au sein des réseaux résistants, au Centre d'études sociologiques qu'il dirige dans les années 1950, il collabore avec des scientifiques de tous horizons, multipliant avec eux les échanges intellectuels.

    Le portrait brossé dans ce livre, loin de faire l'hagiographie d'un classique, replace ainsi Max Sorre dans les pratiques, les discussions savantes et les controverses de son temps. Dévoilant une part importante et méconnue de la tradition écologique, dans la diversité de ses origines et de ses redéploiements, cette biographie dessine une histoire collective des sciences humaines aux prises avec l'environnement.

  • Qu'est devenu aujourd'hui le "métier d'historien" dont parlait Marc Bloch ? En suivant le fil d'une expérience individuelle, ce livre s'interroge sur le travail de l'histoire, entendu dans un double sens. C'est d'abord le travail sur l'histoire, comme matériau de recherche, qui pose des questions intellectuelles mais aussi pratiques.

    Comment devient-on chercheur en histoire ? Que signifie lire, écrire, éditer des textes quand on est historien ? Quels sont les enjeux de l'enseignement de l'histoire ? Pourquoi participer à l'évaluation ou à l'administration au sein des institutions universitaires ? Qu'implique le fait d'intervenir dans la sphère publique ?

    Ces questions font le quotidien de l'historien autant, voire plus, que la fréquentation des archives et des bibliothèques.

    Mais, en filigrane, le travail de l'histoire désigne aussi, dans un sens qui mêle les dimensions personnelle et professionnelle, l'histoire au travail.

    Non seulement l'histoire comme flux temporel, qui transforme les êtres et les choses, mais aussi comme discipline, qui produit des effets sur celui qui la pratique et qui est, en retour, travaillé par cette histoire.

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  • Une traversée de l'histoire et de la culture sépharades du Moyen Âge à nos jours.
    De la cohabitation des trois monothéismes dans l'Espagne musulmane et chrétienne à l'émergence des fanatismes musulman puis chrétien, en passant par le phénomène marrane, l'Inquisition, sans oublier l'effervescence culturelle et économique que connaissent le judaïsme ibérique et le monde judéoconvers, ce livre restitue les grands moments d'une aventure, celle du séphardisme, dans ses lieux de naissance et de développement, à la croisée de cultures plurielles.
    Terre des grandes oeuvres de la philosophie, de la littérature, de la poésie et de la liturgie, écrites en hébreu, en arabe et en roman, la terre d'Espagne a aussi été celle de la cabale, avec son oeuvre maîtresse, rédigée en araméen, le Zohar. Mais les expulsions dispersent bientôt les Sépharades en Europe, un peu dans le Maghreb, et surtout dans l'Empire ottoman où se construit une séphardité nouvelle - quoique liée à la créativité judéo-ibérique du passé - et s'épanouit une culture spécifique, dont le Me'am Lo'ez, véritable encyclopédie religieuse populaire judéo-espagnole, est l'un des plus beaux fleurons.
    La Seconde Guerre mondiale décime cette nouvelle aire culturelle, avec en son centre Salonique, appelée " ville-mère " du judaïsme oriental. L'ouvrage ne s'arrête pourtant pas là, de même qu'il ne limite pas son horizon aux Balkans. Il tente en dix chapitres, qui sont comme dix escales, de couvrir tout l'univers sépharade dont la langue et la culture sont en voie de disparition, et d'en traquer les ultimes vestiges aujourd'hui, telles certaines identifications avec le marranisme dans l'Amérique latine contemporaine.
    Réunissant en ce volume les textes des dix conférences annuelles prononcées sous son égide, le Centre Alberto-Benveniste met ainsi à la disposition du public quelques-unes des plus belles réalisations des dix premières années de son existence.

  • Au croisement de l'histoire de la décentralisation théâtrale, du brechtisme, du militantisme politique et culturel, et de l'éducation populaire, émerge la figure d'un auteur et d'un intellectuel singulier, Arthur Adamov, arménien du Caucase arrivé en France dans les années 1920.

    Adamov est une personnalité ambivalente, provocante et scandaleuse du théâtre contemporain, autour de laquelle gravite une "nébuleuse" d'acteurs du théâtre politique des années 1950-1960. Dans une perspective d'histoire culturelle et sociale, l'autrice met au jour dans cette étude les circulations liées à la décentralisation théâtrale, celles des acteurs, des nouvelles scènes de banlieue et des réseaux militants, pour la plupart communistes. Ce livre propose ainsi une géographie du théâtre engagé, en France et en Europe, après la Seconde Guerre mondiale. Il vient également enrichir l'histoire des intellectuel-le-s par celle de la politisation d'Adamov, lui qui fut le compagnon de route du Parti communiste au temps de la guerre froide, de la guerre d'Algérie et des guerres coloniales et dont l'engagement est lié à l'itinéraire d'une autre actrice de l'époque, Jacqueline Autrusseau-Adamov. En retraçant ainsi l'itinéraire d'un auteur autant contesté qu'admiré par un pan entier de sa génération, ce livre invite à penser les rêves, les craintes, les espoirs, les fantasmes et les échecs d'une époque. Alors qu'elle lui a trop souvent été confisquée, faire à nouveau entendre la parole d'Adamov permet de questionner l'écriture de l'exil et de faire resurgir un théâtre de la révolte - théâtre qui fait écho à nos préoccupations contemporaines.

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  • C'est un parcours sur les sentiers du temps que ce livre propose, d'une plume vive et engagée. A la rencontre de quelques spectres, des fragments d'un passé personnel, intime parfois même, s'imbriquent dans le récit historien taraudé de questions. Quel est le rapport au temps selon les sociétés ? Quels liens l'histoire peut-elle nouer avec la psychanalyse ? L'écriture de l'histoire peut-elle être neutre - et doit-elle l'être ? Quelle part y occupent les émotions et l'intensité des sensibilités ? Ces pages vagabondent aussi parmi des romans, pour agripper en eux la matière du temps, robuste, charnelle, étourdissante.

    Les morts reviennent ici à la vie : car l'histoire est peuplée de fantômes qui viennent nous visiter sans toujours nous hanter. L'ouvrage part à la recherche d'un temps ravivé où surgit l'intensité historique celle de l'événement en particulier. C'est l'occasion d'explorer les rapports de générations, leurs conflits et plus encore leurs solidarités, dans une écriture au présent, où l'on pense possible d'abolir l'imparfait : les temps grammaticaux expriment tant de choses sur nos sociétés, leurs conceptions de l'avenir comme celles du passé. Le livre s'aventure pour finir sur quelques chemins d'espoir ouvrant sur d'autres temps, des futurs imaginés mais non pas imaginaires pour autant : afin que vienne enfin un temps dont on s'éprenne.

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  • Partir sur les traces de Matswa, dans l'entre-deux-guerres, c'est illuminer l'itinéraire d'un acteur à la fois mystérieux et méconnu, pourtant incontournable si l'on veut saisir les contours de la fronde contre l'ordre colonial qui se dessine aux quatre coins de l'Hexagone à partir des années 1920. Utilisant la quête de la citoyenneté française comme un fil d'Ariane, l'auteur fait cheminer le lecteur dans le dédale de la lutte anticoloniale, des cafés de la Ville-Lumière, aux Quatre Communes côtières du Sénégal, aux villages frondeurs du Moyen-Congo et aux camps de détention du Sahel tchadien. À son parcours militant audacieux se double un destin posthume qui occupe une place disproportionnée dans l'imaginaire collectif des Congolais. C'est une vie créée de toutes pièces, une vie de légende dans laquelle Matswa apparaît affublé d'oripeaux prométhéens. Cette biographie de Matswa s'attèle justement, en recourant à une pléthore de sources, à faire la part entre l'univers des croyances et l'ordre des connaissances.

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  • Les femmes ont eu un rôle fondamental dans la Commune de Paris : en retraçant l'histoire de trois cheffes de file du Paris révolutionnaire, Carolyn J. Eichner démontre l'influence des féminismes sur les événements sociaux et politiques de cette époque. Elle met en évidence l'ampleur, la profondeur et les effets des socialismes féministes communards bien au-delà de l'insurrection de 1871.

    Du début des années 1860 à la fin du XIXe siècle, ces femmes radicales développèrent une critique du genre, de la classe sociale et des hiérarchies religieuses. Ces idéologies ont émergé en une pluralité de socialismes féministes au sein de la révolution, qui ont influencé les relations de genre et de classe à la fin du XIXe siècle. L'auteure se concentre sur trois femmes, qui ont mené les insurgés sur les barricades et qui illustrent la multiplicité des socialismes féministes, à la fois concurrents et complémentaires : André Léo, Élisabeth Dmitrieff et Paule Mink. Léo théorisait et enseignait par le biais du journalisme et de la fiction, Dmitrieff oeuvrait à l'organisation du pouvoir institutionnel pour les femmes de la classe ouvrière, et Mink haranguait les foules pour fonder un monde socialiste égalitaire. Chacune de ces femmes a tracé son propre chemin vers l'égalité des sexes et la justice sociale, chemins qu'emprunte cet ouvrage pour éclairer la vie et les stratégies plurielles de ces trois cheffes révolutionnaires et leur le rôle dans la Commune de Paris.

  • Au cours des décennies 1970 et 1980, Michel de Certeau a proposé d'introduire les théories psychanalytiques dans le travail de l'historien. De nombreux livres et articles ont salué l'originalité et la fécondité de son oeuvre. Ce volume tente de penser, après ce moment "Certeau", la présence, aujourd'hui, de la psychanalyse dans les études historiques. Partant du constat que la psychanalyse ne constitue plus aujourd'hui la discipline miroir avec laquelle les sciences sociales ont longtemps dialogué, il est apparu nécessaire d'interroger cette distance, et de demander à une génération de chercheurs comment ils envisagent aujourd'hui cette relation. Au moment où se constituent les archives de la psychanalyse, alors que la figure de l'historien à la première personne domine, et tandis que les travaux sur les archives ne cessent - l'air de rien - de s'approprier un vocabulaire très largement analytique, reposer la question de ce voisinage a semblé utile pour mieux comprendre comment s'écrit l'histoire aujourd'hui.

    Selon des modalités d'écriture très diverses, les neuf contributeurs de ce dossier ont ainsi accepté de se livrer à un exercice singulier. Archéologues, archivistes, historiens du contemporain ont repris au sérieux cette question de la psychanalyse en posant noir sur blanc la manière dont elle travaille leurs recherches : ainsi est-elle tantôt objet, tantôt outil, mais elle apparaît parfois aussi comme l'enjeu central de la quête historienne.

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  • Vivre la steppe Qdeir, un campement néolithique en Syrie Cet ouvrage nous révèle la steppe syrienne, territoire des nomades. Frappé à la fois par la désertification récente de la région et par les similitudes que lui révèlent les ouvriers de la fouille entre le campement préhistorique de Qdeir et le village actuel, l'auteur nous livre les résultats d'une enquête surprenante où les traces les plus ténues du passé rejoignent les modes de vie d'aujourd'hui.

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  • Au mitan du XIIIe siècle, la dynastie ayyoubide quittait le pouvoir en Égypte et bientôt en Syrie. Le sultanat de Saladin avait été caractérisé par une forte présence kurde à la fois au sein des armées du royaume et dans les plus hautes fonctions civiles politiques et judiciaires. Sa chute, au profit d'un groupe de militaires turcs d'origine servile, les Mamelouks, entraîna la marginalisation progressive des émirs et des notables kurdes. L'influence des Kurdes au sein de l'État mamelouk naissant fut bien réelle mais, au fur et à mesure qu'elle s'éteignait, elle se muait en une faible capacité de nuisance menant à de vaines conjurations. Les Kurdes n'eurent plus qu'une place politique périphérique dans l'Égypte et la Syrie du début du XIVe siècle.

    Que devenait alors la 'asabiyya kurde ("l'esprit de corps") qui avait soutenu la dynastie ayyoubide ? La phase historique qui s'ouvrait marquait les débuts d'une reconfiguration de la place des Kurdes au Levant ainsi qu'aux marges des empires, au Kurdistan. Cet ouvrage a pour objet l'étude du processus pluriel de construction d'un territoire des Kurdes, entre l'Anatolie et le plateau iranien. Des tribus belliqueuses ont ancré leur histoire dans les montagnes de ce lieu refuge. Elles y ont établi l'ordre intra- et intertribal, matrice de leur autonomie. Les grands États du Moyen-Orient (Mamelouks et Ilkhanides mongols), quant à eux, ont entériné cet édifice et contribué de manière décisive aux transformations spatiales, par le pouvoir de nommer les lieux et de coopter les hommes. La convergence paradoxale de leurs politiques impériales rivales s'impose comme le facteur crucial d'une autochtonisation des Kurdes.

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  • Connaît-on vraiment la manière dont notre modernité a fait l'expérience de son milieu, la manière dont elle l'a pensé comme problème politique, scientifique et philosophique ? L'histoire de la question environnementale, souvent élaborée à partir de la tradition darwinienne et de l'écologie politique, semble en effet négliger toute une tradition réflexive sur les milieux de vie, pourtant centrale pour les sciences sociales naissantes dès la seconde moitié du XVIIIe siècle. En poursuivant les travaux de Georges Canguilhem et de Michel Foucault, en explorant notamment cette science des milieux que le médecin Bertillon nommait "mésologie" dans les années 1860, cet ouvrage dresse l'histoire d'une rationalité "mésopolitique" : un ensemble de connaissances et de techniques qui visent à altérer, améliorer ou transformer les humains par l'aménagement de leur milieu de vie.

    Au croisement de plusieurs domaines de savoir (géographie, histoire naturelle, médecine, biologie lamarckienne, sociologie comtienne et durkheimienne) et de pratiques de gouvernement (urbanisme, criminologie), on assiste ainsi à l'émergence du "milieu" dans une problématisation à la fois scientifique et politique. Il en découle une histoire alternative et critique de la question environnementale, de cette "mésopolitique" qui pose aujourd'hui encore le problème de l'autonomie des populations gouvernées et des milieux dégradés.

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  • Depuis les travaux menés à l'époque coloniale, Tlemcen (Algérie) n'a plus été prise comme objet d'étude à part entière, l'historiographie ayant privilégié l'histoire politique et évènementielle à l'échelle d'un royaume. Cet ouvrage replace la ville au coeur de la réflexion pour interroger les modalités de son affirmation en tant que capitale de la dynastie abdelwadide à partir VIIe/XIIIe siècle, en l'envisageant d'abord comme une construction sociale.
    L'affirmation de ce statut est ainsi le résultat de stratégies discursives déployées par le pouvoir abdelwadide mais aussi mérinide, puis partagées, diffusées et réappropriées au-delà du Maghreb. Ce sont ainsi de nouvelles catégories qui émergent et participent de la recomposition des représentations spatiales à l'époque post-almohade. Mais ce sont aussi les pratiques de l'espace mises en oeuvres par divers acteurs, pouvoirs sultaniens, saints et savants, qui contribuent à faire de Tlemcen une capitale et qui favorisent son affirmation à l'échelle régionale, ainsi que son insertion dans les réseaux méditerranéens et transsahariens.
    A travers l'étude de la construction matérielle et symbolique de Tlemcen comme capitale de la dynastie abdelwadide, cet ouvrage revisite l'histoire du Maghreb central et d'un pouvoir abdelwadide trop souvent considéré comme instable et soumis à ses concurrents mérinides et hafsides, pour donner à voir les dynamiques qui l'animent et les interactions dont il se nourrit.

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  • Le présent volume se présente sous la forme de deux parties indépendantes mais complémentaires sur le thème des nouveaux martyrs à Byzance. La première est une édition critique, avec introduction, traduction et commentaire, réalisée par André Binggeli et Stéphanos Efthymiadis, de la Vie et passion de Bacchos le Jeune. Ce texte hagiographique raconte l'histoire d'un néomartyr de Palestine, exécuté pour apostasie en 787.
    Le texte grec est présenté ici dans une nouvelle édition critique qui en améliore sensiblement la lecture et dont la traduction en français rend accessible un texte important du corpus des Passions de néomartyrs de Syrie-Palestine. L'introduction et le commentaire montrent que ce texte hagiographique, s'il renvoie bien à la situation des chrétiens sous domination arabo-musulmane au VIIIe siècle, a cependant été produit dans l'Empire byzantin, pour un public byzantin, par un hagiographe majeur de la période iconoclaste, Etienne le Diacre.
    La seconde partie du volume est constituée d'un recueil d'articles rassemblés par André Binggeli et Sophie Métivier, issus, pour la plupart, des contributions d'une table ronde sur le thème de la réactualisation de la figure du martyre à Byzance, organisée dans le cadre du XXIIIe Congrès international des études byzantines à Belgrade en 2016. Il s'agit d'analyser la notion et la figure du nouveau martyr dans le monde byzantin, d'examiner les conditions d'élaboration des cultes qui furent rendus à ces martyrs et les fonctions qui furent imputées à ces cultes dans la société de l'époque mésobyzantine comme de la période paléologue.

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  • La question de l'opinion publique est un thème fondamental dans les sciences humaines, comme elle se pose dans la vie de nos démocraties. Cette notion, à la fois vague et essentielle, a une histoire. Quand et comment une société dans son ensemble pouvait-elle exprimer ses jugements ?

    Des historiens interrogent la généalogie de cette notion en s'intéressant aux Temps modernes, avant la métamorphose de la Révolution. En effet, dans la plupart des pays européens et surtout en France, les systèmes politiques se méfiaient de l'opinion publique. De nombreux exemples vivants, une réflexion multiforme, des découvertes surprenantes : ce livre approfondit un thème important pour tout amateur d'histoire et pour tout citoyen.

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  • Prosopographie : approche qui tend à cerner " l'identité d'une population spécifique au travers des individus qui la composent ".
    Alors que l'Outre-mer français offre encore un champ ouvert à la recherche historique contemporaine, des doctorants s'essaient à cette nouvelle méthode. Abandonner l'étude des sociétés lointaines, s'appuyer sur les individus, relativiser l'image de groupes unis, renouveler ainsi certaines hypothèses, telle est la démarche proposée. De la IIIe République à nos jours, ces travaux nous entraînent dans l'Outre-mer français de la Guyane à Mayotte, de l'Afrique au Pacifique, à la rencontre de diplomates, d'élus locaux, d'ingénieurs, de gens d'armes...

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  • Les notices individuelles fournissent une masse d'informations sur les origines familiales, les antécédents et les carrières postérieures, les opinions politiques et religieuses, les réseaux républicains et maçonniques, et les positions de fortune des préfets choisis par Gambetta pour administrer les départements.
    L'ouvrage brosse un saisissant tableau collectif d'une élite administrative puisée largement dans ces " couches nouvelles " qui nourriront abondamment les sphères dirigeantes de la Troisième République. Ce livre offre une ressource essentielle pour les spécialistes de l'histoire administrative, les historiens du républicanisme en France, ainsi que les chercheurs en sociologie historique. Précédé par une préface de Jean-Pierre Machelon, et par deux amples chapitres analytiques sur les travaux historiques de Vincent Wright et un " portrait de groupe " des préfets, cet ouvrage tout à la fois dense, rigoureux, et humain permet d'enrichir notre réflexion sur l'histoire de l'État, tout en rendant un ultime hommage à l'un des plus grands spécialistes de l'histoire de l'administration en France

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  • Pourquoi conçoit-on des lieux fermés pour les hommes et d'autres pour les femmes ? En quoi les discours autour du genre ont-ils influencé l'émergence et la perpétuation de dispositifs de clôture pour affirmer les différences sociales entre hommes et femmes ? Quelles formes prennent les rapports entre les sexes dans les milieux clos ?
    Associant des approches historiques et sociologiques, cet ouvrage explore les interactions entre les différentes formes d'enfermements et le genre, ce qui induit une réflexion sur le féminin, sur le masculin et sur leurs interrelations dans les conditions créées par une séparation plus ou moins rigoureuse du monde. Les études de cas rassemblées dans ce volume entendent comprendre tant les effets que la clôture a produits et produit sur les conceptions du genre que, à l'inverse, les effets que le genre a produits et produit sur la clôture. Les rapports qu'entretiennent genre et enfermement sont envisagés sur la longue durée de l'histoire européenne, depuis les monastères médiévaux et les hôpitaux d'Ancien Régime jusqu'aux institutions pénitentiaires, bagnes et camps contemporains.
    L'ouvrage montre également leur résonance dans des territoires coloniaux d'Amérique et dans le monde chrétien de la Méditerranée orientale. Il révèle ainsi que les lieux clos sont des lieux matriciels où se sont élaborés et s'élaborent des pratiques, des techniques et des savoirs autour du féminin et du masculin.

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  • Le collège de Sorbonne a été créé en 1257 à Paris sous les auspices des pouvoirs royaux et pontificaux. Parmi les collèges séculiers, il innove en se dotant de bâtiments et de revenus réguliers et en accentuant sa vocation intellectuelle, dont la bibliothèque est le dispositif principal. Elle renferme plus de 1000 volumes à la fin du XIIIe siècle et est organisée en deux dépôts, l'un destiné à la consultation sur place, l'autre au prêt, pour répondre aux besoins des sociétaires, des étudiants et des maîtres.

    Cet ouvrage s'attache à étudier les livres du collège, de leur acquisition par les maîtres jusqu'à leur entrée dans l'établissement. Il analyse leur circulation au sein des divers dépôts et leurs usages par les sorbonistes ou par des lecteurs étrangers. Il éclaire les relations du collège avec son environnement institutionnel et social, et l'influence culturelle exercée par la bibliothèque du Moyen Age à la Renaissance. Deux instrumenta complètent cette publication : un guide codicologique sur les manuscrits du collège et une bibliographie exhaustive des travaux portant sur sa bibliothèque.

    Mobilisant plusieurs disciplines (histoire, littérature, sociologie et philosophie), ce livre offre les premiers jalons d'une histoire renouvelée des bibliothèques universitaires.

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  • Ce volume est le premier d'une série d'ouvrages portant sur "Statuts, écritures et pratiques sociales dans les sociétés de la Méditerranée occidentale à la fin du Moyen Age (XIIe-XVe siècle)", visant à étudier les statuts communaux dans une optique d'histoire sociale, non pas comme une source "normative" mais comme une source de la pratique, de leur matérialité et de leur forme d'écriture aux pratiques sociales en passant par les conditions de leur production et de conservation, leur inscription dans un paysage documentaire communal, leur structure et leur contenu.

    Cet ouvrage, plus spécifiquement, porte une réflexion sur la manière dont un statut est construit en s'intéressant aux "auteurs" de la norme, à la rhétorique et à l'écriture utilisées lors de sa confection dans le Midi de la France (Provence, Toulousain, Montpellier, Marseille) et dans l'Italie communale (Toscane, Marche d'Ancône) à la fois dans de grands organismes urbains (Sienne, Marseille, Toulouse, Montpellier) dans de plus modestes (Macerata, Cingoli) et dans de minuscules communautés rurales (Bédoin, Fiastra, Sefro) souvent longtemps délaissées par l'historiographique française et italienne.

    De nombreux individus ou groupes de personnes interviennent dans le processus d'élaboration des statuts, de celui ou de ceux qui décide(nt) à celui ou ceux qui met(tent) par écrit : statutarii, juris periti, doctores legum, notaires, notables de la communauté, etc. On cherche ici à mieux connaître leur formation, leur origine géographique, leur degré de participation à l'élaboration des corpus statutaires, leur rôle dans la validation, l'authentification, la conservation et la diffusion des statuts. Ces acteurs se différencient assez peu sur un plan sociologique car la très grande majorité d'entre eux appartient à la frange privilégiée de la population urbaine. En revanche, ils se distinguent par la place qu'ils occupent dans la chaîne de production du statut et leurs compétences. Cet ouvrage jette donc les bases pour élaborer une typologie et une sociologie des acteurs au sein du processus d'écriture des corpus statutaires.

    Ont collaboré à cet ouvrage : Francesca Bartolacci, Valeria Capelli, Pierre Chastang, Alessandro Dani, Florent Garnier, Andrea Giorgi, Maïté Lesné-Ferret, Didier Lett, François Otchakovsky-Laurens, Gabriel Poisson, Laure Verdon.

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