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Éditions Grasset
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Comment les rabbins font les enfants ? sexe, transmission, identité dans le judaïsme
Delphine Horvilleur
- Éditions Grasset
- 14 Octobre 2015
- 9782246857419
A l'heure des replis communautaires et des identités figées, que signifie appartenir et transmettre ? Contrairement à ce qu'affirment tous les fondamentalismes, la transmission d'un héritage ne doit pas être une réplication à l'identique. Elle dépend d'une infidélité partielle, garante de surgissements inattendus, aujourd'hui comme hier.
Mariant filiation et rupture, la tradition juive ne se renouvelle qu'en étant bousculée et nourrie par sa rencontre avec d'autres ; cela implique l'ouverture à l'Etranger, ainsi que l'ouverture au Féminin. Cet ouvrage est donc d'abord un plaidoyer pour une « religion matricielle » qui, à la manière d'un utérus, est un lieu de fertilisation. Les textes sacrés eux-mêmes y sont fécondés par des lectures inédites.
Illustrant brillamment cette vision ouverte de la religion, Delphine Horvilleur revisite, loin des interprétations convenues, quelques épisodes fameux de la Genèse, notamment Adam et Eve, Caïn et Abel, l'histoire biblique des premiers parents et des premiers enfants de l'humanité. Elle montre aussi sa capacité à repenser les grands problèmes contemporains à partir de la tradition rabbinique. Trois thèmes sont successivement abordés : Comment, selon le judaïsme, se fabriquent un parent, une identité et un désir, c'est-à-dire la possibilité d'enfanter l'avenir.
Procédant avec clarté et humour, citant aussi bien Emile Ajar et Amos Oz que la Genèse et le Talmud, elle conclut son livre par une analogie entre le Texte et le Féminin, dotés d'une même capacité de croître et de multiplier.
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Jean-Claude Milner y poursuit la réflexion sur le judaïsme engagée dans Les Penchants criminels de l?Europe démocratique ainsi que dans les Leçons données, ces dernières années, dans le cadre de l?Institut d?Etudes lévinassiennes de Jérusalem. ?Le livre oppose ces deux figures apparemment voisines et, en réalité, parfaitement antinomiques que sont la figure du « Juif de l?Etude » et la figure, plus moderne, fruit et coeur de ce que l?on a appelé le processus de l?assimilation, du Juif de Savoir. ?Comment Judaïsme et Savoir se sont-ils noués demande Milner ? Comment, au terme de quel processus, la figure traditionnelle du Sage, voué à la lecture et au commentaire des « lettres de feu » du Talmud, a-t-elle cédé la place à cet autre type d?humain qu?incarnent, pour aller vite, Leo Strauss, Gershom Scholem, Sigmund Freud ou Walter Benjamin ? D?où vient que cette histoire se soit jouée, pour l?essentiel, sur la scène de la culture et de la langue allemande ? Et d?où vient qu?elle se soit dénouée, enfin, dans la forme de la tragédie ? ?A travers ce livre - dont les protagonistes sont, aussi, Hannah Arendt, Michel Foucault, Martin Heidegger - c?est toute l?aventure de l?Europe qui se profile : passée et, surtout, à venir.??
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On les appelle les « sortants vers la question », ces hommes et ces femmes issus des milieux utra-orthodoxes israéliens qui, un jour, décident de rejoindre la vie laïque. Ce choix douloureux les plonge dans un univers inconnu où ils sont coupés de leur famille, souvent sans ressources et sans éducation autre que religieuse. Là d'où ils viennent, la vie est réglée de façon précise et immuable, soumise à une loi implacable mais rassurante. Là où ils vont, ils sont seuls face à eux-mêmes.
Au sein d'une association d'aide aux sortants, à Jérusalem, Florence Heymann a rencontré beaucoup de ces déserteurs. Elle restitue leurs cheminements chaotiques à travers des portraits intimes et attachants : des dissidents, des « apostats sortis du placard », des suicidaires, des marginaux, des « kippas roses », des voyous... Autant d'individus réclamant simplement le droit de choisir leur vie, loin de leur monde religieux d'origine, ultra sectaire, dans lequel même le sexe et le téléphone sont estampillés cashers. Parfois réussies, parfois tragiques, ces sorties du « ghetto » sont toujours un voyage fascinant, un apprentissage de la liberté semé d'embûches et de doutes.
Un travail totalement inédit qui nous donne à découvrir le monde fermé des ultra-religieux et les parcours poignants d'êtres en quête de leur vérité. -
« Il est la première référence. Le premier secours. Grâce à une étincelle venant de lui comme un sourire, tout s'éclaire. » Ainsi parle Elie Wiesel, qui rend un hommage poignant, dans ce livre bref et singulier, à l'une des figures majeures de la pensée juive : Salomon, fils d'Isaac, rabbin de Troyes au XIème siècle, plus connu sous le nom de Rashi. Né en 1040 et mort en 1105, Rashi fut l'un des plus grands commentateurs du Talmud. La légende rapporte que ses parents possédaient une pierre précieuse, que l'Eglise voulut leur acheter ; plutôt que de céder à la tentation, ils jetèrent cette pierre à la mer - et le ciel, en récompense, leur donna un fils qui, par son esprit, brillait plus encore que cette pierre précieuse. Mais Rashi n'est pas que légende : il est aussi le témoin d'une époque où la communauté juive, en France, jouissait d'un certain prestige et d'une certaine renommée. L'érudition rabbinique de Rashi, sous la plume à son tour lumineuse d'Elie Wiesel, est le signe d'une extraordinaire ouverture à toutes choses de l'esprit. Un appétit de chercher, de connaître, de comprendre, qui va bien au-delà de la lecture des textes sacrés ; un gai savoir qui nous parle encore, par delà les siècles.
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C'est par la scène originelle du judaïsme, au coeur même de son principe fondateur, celui par lequel le Nom divin investit le monde puis se retire pour laisser sa chance à la "seconde créature", que Le Judaïsme et l'Esprit du monde nous invite à pénétrer dans l'épopée fondatrice de notre histoire. Au fil de cette découverte, Shmuel Trigano ré-expérimente le sens du judaïsme, sa geste intellectuelle fondatrice, en éclairant ses multiples expressions comme ses aspects les plus contemporains. Loin de se limiter à l'Antiquité, celui-ci fait en effet sentir son souffle jusqu'à nos jours dans l'ensemble des figures qui marquent l'existence collective et individuelle, à savoir la religion, la politique, les moeurs et l'histoire, les quatre livres qui composent cet ouvrage. Du droit talmudique à l'existence politique d'Israël, des institutions mosaïques à la structuration de la société moderne, de l'apôtre Paul à Karl Marx, le judaïsme structure ainsi sa plade dans l'histoire, une place dont l'actualité ne se dément pas.Par la force du sujet comme par l'ambition du propos qui l'anime, Le Judaïsme et l'Esprit du monde s'affirme comme un ouvrage hors du commun, au rang des grands livres de pensée contemporains.
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Cette grande inconnue, la communauté juive en France est-elle menacé d'implosion ? Quel rapport peut-il y avoir entre ses institutions représentatives, telles que le Consistoire, le Crif, le FSJU, hésitant entre l'orthodoxie et la liberté d'expression ? Les autorités communautaires ont-elles le droit de critiquer Israël ? Si la pratique religieuse concerne 15% d'observants en France, est-il raisonnable de dénoncer la montée du fanatisme ? Autant de questions posées par Frank Eskenazi et Edouard Waintrop à leur manière, pertinente et documentée.
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En 2008, un historien israélien, Shlomo Sand, publia un ouvrage retentissant (« Comment le peuple juif fut inventé ») qui visait à démontrer la « fiction » de l'identité juive. Cet ouvrage iconoclaste reçut, particulièrement en France, un écho qui ne laisse pas d'intriguer : pourquoi « l'idéologie française » de la fin du XXème siècle avait-elle à ce point besoin d'une thèse, martelée par un juif, visant à disqualifier « l'être juif » ainsi que ses aspirations spirituelles et nationales ? Des franges «pro-palestiniennes » de l'opinion jusqu'aux tenants d'un certain courant de pensée « chrétien de gauche », Shlomo Sand fut alors célébré avec une unanimité qui inspira à Claude Klein l'enquête qu'il propose aujourd'hui. Il y démontre, avec rigueur, l'inanité scientifique des propos de Sand ; et, surtout, il analyse les raisons de ceux qui, en France, se sont empressés de s'en faire les hérauts zélés.
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Ils portent le même nom, mais aucun lien de parenté ne fonde leur complicité. Avant ce livre, ils ne s'étaient jamais rencontrés...
L'un, André, est écrivain, traducteur de la Bible et du Coran. Il vit à Jérusalem, dont il fut le maire-adjoint, et pose sur le monde un regard où la foi se mêle, avec tendresse, à une longue mémoire...
L'autre, Elie, est cinéaste. Il aime les images, le sport, la musique. Son dernier spectacle, Les Dix Commandements, a rassemblé des millions de personnes. Il est juif, comme André, mais c'est un « juif de la diaspora », pour qui la tradition de ses pères est, bien souvent, un mystère.
Ensemble, à Jérusalem, ils ont partagé fiévreusement des confidences, des espérances, des craintes. Le sage a expliqué à l'artiste l'immense complexité de l'héritage juif. L'artiste a demandé au sage d'où venait la violence qui n'en finit pas d'ensanglanter le Proche-Orient.
Trois mille ans d'histoire revisités ? Le destin juif dans le monde moderne ? La tradition confrontée à la modernité ? Le dialogue des trois monothéismes ? L'art de vivre et d'aimer dans une époque gouvernée par les haines ? Telles sont les questions auxquelles, dans ce livre, le sage et l'artiste on tenté de répondre...