SKA

  • La Danse des Cafards

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 23 Novembre 2020

    Paul Féder, sa goélette, son équipage et ses amours : aventures au rendez-vous quand les nuisibles se pointent...
    Le thonier fonçait à pleine vitesse dans la nuit noire, au moins dix-sept noeuds, la mer semblait calme. Pourtant, une imperceptible houle commençait à l'agiter, menaçante respiration de la tempête approchant par le nord. En cette fin mai la lune n'était qu'un mince croissant que l'on apercevait encore vers l'ouest, entre les nuages. Le jour ne tarderait plus maintenant. Dans la timonerie éclairée par la lueur orange des instruments de bord, José sentait une boule d'angoisse durcir peu à peu dans son ventre. Décidemment ce commandement ne lui plaisait pas. Il ne l'avait accepté que contraint par la misère où il se trouvait, la crise de la surpêche du thon l'ayant privé d'embarquement. Cette année-là, tous les navires sous pavillon français étaient restés à quai, ayant largement dépassé les quotas fixés par l'Europe. Enfin, c'est ce qu'ils avaient dit, car José n'y comprenait plus rien à ces histoires de quotas. Les espagnols, eux, pouvaient encore pêcher un peu et certains bateaux passés sous pavillon Libyen continuaient tranquillement à travailler sans limite. Ils faisaient fortune avec les navires usines japonais, pendant qu'eux cherchaient désespérément à s'embarquer, même sur une « estrasse » !


    Réédité aux Editions du Horsain sous le titre La danse des Cafards ce roman appartient à la Suite Catalane. Un polar mais pas que. Une réflexion sur la fameuse Françafrique qu'à tort l'on croit morte. Ce roman a reçu le Prix Delta Noir 2015.
    (Edition papier chez Horsain, distribution Pollen)

  • Edouard

    Chantal Vattan

    • Ska
    • 1 Juin 2016

    La passion mortelle de Gisèle s'appelle Edouard mais ils finiront par faire lit à part... Ça commence par une conversation de pipelettes, pour terminer par un drame familial d'un noir désespérant. Une juxtaposition créant la dynamique d'un récit rudement bien conduit par cette nouvelle auteure. Une nouvelle noire et angoissante qui vous fera frissonner d'horreur EXTRAIT La lumière disparaît sous les plinthes. Le froid s'installe. Il a bien fallu allumer la lampe. Je suis lasse. La radio gémit sur des ondes inaudibles. Je m'accroche aux lambeaux des mots. Encore une nuit à affronter. Une nuit d'attente. J'appréhende la disparition complète du jour. Quand les ombres surgissent, j'ai peur de ne plus rien maîtriser et de me mettre à hurler. Je ne peux pas, je ne veux plus dormir.

  • Juarez 1911

    Marc Villard

    • Ska
    • 1 Mars 2016

    Un gringo plongé au coeur de la révolution zapatiste recherche le mexicain qu'il doit exécuter... Le soleil claque. La route brûlante pétille sous la sécheresse. Dans les champs bordant l'artère, des ouvriers agricoles, mexicains pour la plupart, arrosent des plans d'oignons et de salades. Les villages se suivent : Donna Anna, Las Cruces, San Miguel, Anthony. Il est vingt-trois heures quand Parker pénètre dans El Paso. Il gagne les confins de la ville et parvient au bord du Rio Grande. Quelques badauds observent à la jumelle la rive mexicaine. On entend des coups de fusils isolés en provenance de Ciudad Juarez. Parker se rapproche d'un homme blond, feutre noir et appareil photo en bandoulière. « Excusez-moi, peut-on gagner Juarez ?... Première incursion de Marc Villard dans la fiction western. Il abandonne ici les sonorités jazzies pour les mariachis, le macadam de Paris pour la poussière de Juarez, en pleine Révolution. Avec la même maestria il tisse un conte d'amour et de mort sur fond de révolution mexicaine. Une vraie curiosité, une belle réussite. Une nouvelle noire qui vous plonge dans la chaleur du soleil mexicain et pourtant vous fait frissonner... EXTRAIT Jim Parker faisait face aux champs de maïs en soupirant. Derrière lui, le vétérinaire descendit d'une guimbarde flambant neuve, mais geignarde. La mère de Jim se tenait debout devant le corps de son mari, à l'entrée d'un enclos prévu pour dresser les chevaux ; formant voûte, des nuages gonflés de pluie assombrissaient la forêt proche. Le vétérinaire, un homme de cinquante ans, à la barbichette bien taillée, se porta vers le jeune homme. « Qu'est-ce qu'il s'est passé, Jim ? - Papa s'était mis en tête de dresser une jeune pouliche. Avant de la faire trotter à la corde, il s'est approché de la bête par derrière et a pris une ruade en plein front. Mort sur le coup. - Seigneur... et le cheval ? - Elle s'est brisé l'antérieur droit en retombant contre un rondin. » A PROPOS DE L'AUTEUR Né à Versailles, Marc Villard joue au foot à Reims, devient graphiste en sortant d'Estienne, tape sur des caisses dans un groupe de rock, se lance dans la poésie et publie dans des revues. Puis il est saisi par la fiction. En 81 paraissent simultanément son premier recueil de nouvelles, Nés pour perdre, son premier scénario, Neige, et son premier roman, Légitime démence, écrit en collaboration. Poésie, jazz, rock tapissent son imaginaire fertile. Parmi les nouvellistes tout genre confondu, Marc Villard est reconnu comme l'un des plus originaux et des plus féconds. Ces derniers recueils, parfois avec son complice Pouy, sont des musts.

  • Obione, la compil'

    Max Obione

    • Ska
    • 1 Octobre 2016

    Un recueil de 20 nouvelles dans lequel Max Obione fait mouche, en plein dans le coeur noir de la cible. Elle sentit une sueur chaude envahir le bas de son dos. Elle connaissait le danger, elle avait lu les cahiers, elle avait près d'elle cet écrivain que l'institution psychiatrique allait détruire à force d'électrochocs et de chimie. Elle n'était que sensations humides, troublée tant par le désir que par la transgression professionnelle. « J'ai lu vos cahiers. » murmura-t-elle en frissonnant. Elle souhaitait qu'il la caressât. Maintenant. Elle souhaitait qu'il la parcourût, qu'il jouît aussi de sa peau à elle, sur laquelle aucune main d'homme ne s'était posée depuis si longtemps, et aussi qu'il continue à écrire, un jour prochain, si bien. Sa peau à elle... La main d'Oskar se posa sur sa jambe. (extrait de La peau des femmes) Malgré sa bonne bouille de marin de haute mer coincé à terre, il ne titube pas, ne contemple pas les vagues inopérantes s'écrasant sur grèves et rivages divers, et s'ancre peu à peu dans la noirceur du paysage. Il écrit de ces textes clairs à force d'être sombres, évidents dans leur brutalité, souvent charnus et poétiques, dérangeants et patients, parfois pleins d'un humour cynique grand gabarit, récits qui nous renvoient parfois à cette littérature « hard boiled » que nous aimions tant, pour sa passion métaphorique et sa « vista » comportementaliste. Mais sans les archétypes et marronniers qui encombrent souvent le polar. [extrait de la préface de Jean-Bernard Pouy à L'ironie du short (Krakoen)] Retrouvez l'univers noir, à mi-chemin entre polar et littérature érotique, des récits de Max Obione ! EXTRAIT DE MONSIEUR BOVARY Quand Marcel Bovary décrocha son fusil, on eut dit que sa vie était en jeu. On sut plus tard que le gibier portait des escarpins Prada. Il enfila cinq cartouches de chevrotines dans le magasin du fusil, actionna la pompe. Il grommelait indistinctement, sa moustache frémissait, ses yeux fixes étaient ceux d'un fou. Pas le temps de mettre sa casquette. La R16 démarra en trombe aspergeant le parterre de pétunias d'une gerbe de gravillons. - Ah ! C'est que tu veux plaquer Marcel, ma salope ! Il répétait, répétait cette phrase en serrant les dents, substituant vache à salope, et réciproquement. Il frappait le volant de sa main droite avec rage. Parfois il redressait l'arme calée contre le siège passager que sa conduite brusque chahutait. À PROPOS DE L'AUTEUR Max Obione s'est emparé du noir sur le tard afin de donner libre cours à son tempérament libertaire. Dans ses polars et ses nouvelles, ce jeune auteur tardif revisite les archétypes du genre. C'est un franc-tireur des lettres qui, se reposant du noir un temps, met du rose à sa palette. Sur le chemin de la littérature érotique, il commence à semer des cailloux libertins. Mais le noir demeure sa couleur de prédilection.

  • Comme du sang

    Isabelle Letélié

    • Ska
    • 1 Avril 2017

    En proie à des visions qui le bouleversent, un homme erre au volant de sa voiture dans la zone industrielle du Havre. Mais le répit est de courte durée. Dans son esprit, meublant le ruban infiniment avalé de la route, commencent à surgir des fragments stroboscopiques des heures qui viennent de s'écouler.     Du rouge, beaucoup de rouge. Du rouge carmin, du rouge cramoisi, du rouge mouvant, du rouge figé, du rouge en gouttes et en nappes. Du sang ! Beaucoup de sang !     C'est beau, non ? Le sang est une matière merveilleuse. J'aime ses couleurs changeantes, sa texture, son odeur. Depuis toujours. Mon premier souvenir est celui du sang. Je devais avoir trois ans. Au fil de ses nouvelles, Isabelle Letélié révèle son talent de conteuse de noires histoires où des suggestions pointillistes distillent une angoisse qui est la marque du genre. EXTRAIT Fuir ! Fuir ! Claquement de portière, clé dans le démarreur, mains sur le volant, accélérateur, rugissement grotesque du moteur, bond en avant, un premier virage à gauche, feu vert, ligne droite, passer la troisième, la quatrième, la cinquième ; il réalise qu'il hurle, ferme la bouche ; oreilles bourdonnantes ; fixer les points rouges là-bas ; 140 ; relâcher la pression, relâcher la pression. Relâcher la pression... À PROPOS DE L'AUTEUR Isabelle Letélié est née un dimanche matin de juin. La légende dit qu'il a fait très beau ce jour-là. Depuis, il s'est passé des choses. Par exemple, elle s'est fait opérer de l'appendicite, a adopté deux chats, est tombée amoureuse d'une ville, Le Havre, mais a acheté une maison en pleine campagne. Et puis elle a lu, - beaucoup -, et écrit, - pas mal non plus. Elle aime bien les dimanches.

  • Fligth to Kidney

    Franck Thilliez

    • Ska
    • 1 Mai 2017

    What's left to sell when poverty took it all? Your body, whole or by bits... As she was unwrapping a brand new pair of Jimmy Choos, while all he had unwrapped this last two to three years were the pills he couldn't live without anymore, in between dialysis as he always was, she suddenly noticed her husband was troubled. - What's wrong with you? - I've met him, he breathed. He's 29 and has a wife called Haniya. He's a pauper. He doesn't read nor write and barely has enough to survive. He didn't even know what a kidney was. Best-seller author Franck Thilliez offers a short story which is just as documented as his well-known thrillers. It gets its facts from the harsh iniquities of our world where cash is king. Ska is very proud to have Franck Thilliez in its catalogue. EXCERPT "So, who wrote this internet response for you? Moussa Zahran had put on an old pantsuit and a white shirt. He was closely shaved, had put perfume on, oiled and combed back his heavy mass of black hair. He wanted to look presentable. The applicants might be many and it was not every day one could earn that much money. - I did, he answered shyly. The man shoved a sheet of paper and a pencil in his hands. - Write something. ABOUT THE AUTHOR Born in 1973 in Annecy, Franck Thilliez is currently living in the North of France. Initially working as a web developer, he is now one of the best-selling authors on the French market.

  • Une odeur de brûlé

    Gaëtan Brixtel

    • Ska
    • 1 Décembre 2017


    Quand la déprime postnatale vise un père paumé, le slogan « fumer tue » se vérifie...

    « Arrête de pleurer, Tim ! Je t'en supplie ! Arrête de pleurer. Tiens, tu vois, fiston ? Je te prends dans mes bras, je te chante une berceuse, celle que ma mère fredonnait quand j'étais petit, avec un zébu tout moche que le troupeau rejette et que sa mère console. Regarde ! Papa t'aime, il fait ce qu'il peut ! Pourquoi tu pleures, cette fois ? Tu es malade, encore ? C'est cette satanée diarrhée qui te brûle les intestins ? Je vais chercher le médicament dans la cuisine, je vais t'apporter ton biberon de lait (connerie ! Le lait file la chiasse !), alors de l'eau peut-être ? Est-ce qu'on peut donner de l'eau du robinet à un bébé ? Est-ce qu'ils boivent de l'eau ? Pourquoi je ne me le rappelle pas ?! Arrête de pleurer je t'en prie !!! »

    Gaëtan Brixtel nous décrit les affres d'un jeune père au foyer dans cette histoire à la noirceur peu commune dès lors que l'on touche à l'un des totems sacrés de nos sociétés, l'enfant et a fortiori le nourrisson. Au demeurant, une nouvelle salutaire si l'on veut se motiver pour arrêter de fumer.

  • Décroisser la lune

    Roland Sadaune

    • Ska
    • 1 Janvier 2018


    Décroisser la lune, est-ce hors de portée pour ce SDF secrètement amoureux de la boulangère bienfaitrice ?...

    « - Prenez... Plus froid que la semaine dernière, n'est-ce pas ? Je la devine pressée mais disponible, discrète mais enjouée. Je récupère le sac en papier garni de je ne sais quels délices. L'odeur flatte mes narines, tandis que j'enregistre mille myriades dispensées par son regard éblouissant.
    - Merci beaucoup. Oui ça... ça pique ces jours-ci, je bredouille. Je me tiens dans la flaque de lumière du trottoir, héron mazouté.
    - Ils ont prévu zéro degré, sourit ma bienfaitrice. »

    Dans la rue, la concurrence est féroce entre miséreux. Sadaune pose sur eux un regard chaleureux et humain, en mesure de découvrir ce que cachent les oripeaux de la pauvreté extrême.

  • Artransgression - Itinéraire d'un flic - Saison 2 Nouv.

    Deuxième saison de L'itinéraire d'un flic.
    Où l'on retrouve René-Charles de Villemur, aristocrate précieux égaré dans la Police Nationale, confronté au monde de l'art contemporain et ses faux semblants...
    Ses cuissardes noires à talons hauts et fins, lacées à l'arrière, à bouts extrêmement pointus, enserraient étroitement son mollet. Son pantalon latex de couleur identique moulait ses longues jambes fines, rehaussait la rondeur de ses fesses en les séparant crûment. Cette profonde noirceur luisante, qui accrochait par moments la lumière, contrastait avec la blancheur de son ventre plat et dénudé qu'un bijou aux reflets anthracite, probablement de pacotille, obstruant son nombril, soulignait. De longs gants noirs couvraient ses avant-bras ne laissant dénudées qu'une portion de bras et la naissance de l'épaule. Une brassière, qui se terminait en col roulé, aussi brillante et sombre que son pantalon, soulignait sa poitrine. Une cagoule couvrait sa tête et ne laissait à l'air libre que sa bouche, aux lèvres dessinées en rouge vif, et ses joues opalines. [...]
    Les amateurs de flic hors-norme qui ont apprécié la première saison des aventures de René-Charles de Villemur, se régaleront de ces nouvelles enquêtes. Fidèle à lui-même, cigare et chapeau, langage précieux, noeud papillon, Villemur hante ici les galeries d'art chichiteuses pour la plus grande joie de ses lecteurs qu'un tel contraste ne pourra qu'amuser.

  • A Demon in my Head Nouv.

    A Demon in my Head

    Jean-Hugues Oppel

    • Ska
    • 1 Mars 2021

    Tueur professionnel, sacré métier, qui s'accorde mal de migraines troublant la vue. Et les arrêts maladies ne sont pas forcément bien vus...



    Il pleut.
    Stanley relève le col de son imperméable. Chasse une goutte qui lui pendait au nez.
    Il a plu hier. Il pleuvait déjà la veille, et le jour d'avant. Stanley s'est résigné : il pleut depuis qu'il a mis les pieds en France, sur tout le pays d'est en ouest et du nord au sud pour ne pas faire de jaloux. Pas des pluies d'orage noyant la campagne sous des trombes diluviennes ni même des averses subites et répétées, mais de l'eau brumisée en crachin lancinant qui tombe du matin au soir pour ne cesser que durant de brèves heures peu avant l'aube. Stanley n'en est pas vraiment sûr : à ces heures-là, il dort. Enfin, il essaye. Quand la douleur se fait oublier dans sa tête. Alors, somnolant dans un état semi comateux proche du sommeil, il ne veut pas prendre le risque de se réveiller tout à fait en allant vérifier la météo par la fenêtre de sa chambre d'hôtel. [...]


    Une mission chasse l'autre, mais rien ne chasse la solitude et la douleur. Le tueur se sait en danger, il en deviendrait presque humain... La plume d'Oppel, une atmosphère de totale noirceur.

  • Scarelife

    Max Obione

    Une diagonale criminelle à travers les States...

    LIBERE SUR PAROLES APRES AVOIR PURGE DIX ANS de pénitencier, Mosley J. Varell coule des jours ternes dans un coin reculé du Montana. Il vivote en écrivant des scénarios de dessins animés. Gougou le kangourou, c'est lui. Astreint à pondre des histoires à décerveler les mômes, on vient cependant de lui commander le scénario d´un biopic sur le romancier David Goodis. Un matin, il reçoit une lettre postée de Louisiane. Il a reconnu l'écriture, c'est celle de son père qu'il hait depuis toujours. Mais pourquoi Varell décide-t-il de partir le retrouver ? Ayant la phobie de l'avion, il entame une grande diagonale routière. La fatalité, un temps en sommeil, l'entraînera à ponctuer son périple de meurtres comme autant de cailloux blancs que Le Nain, un détective teigneux lancé à ses trousses, saura ramasser...

    Max Obione fait le noir, le noir profond, sans rémission ni lueur rédemptrice ; dans un roadmovie paroxystique et crépusculaire, il conjugue "no future" à tous les temps de l'imparfait de l'existence. Ce roman a été nominé aux Trophées 813 parmi les 5 meilleurs polars « français » en 2010.

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