Syllepse

  • L'essor de la Chine ne date pas d'hier. Les inquiétudes qu'il soulève non plus, surtout dans le camp occidental.
    Mais l'histoire s'accélère depuis une dizaine d'années.
    Aujourd'hui, les États-Unis n'hésitent plus à faire de la Chine leur principal adversaire stratégique.
    Ailleurs, et en particulier dans les pays du Sud, les réactions sont plus contrastées. En effet, la Chine a beau être devenue une puissance capitaliste de premier plan, elle joue selon des règles qui diffèrent de celles que suivent les Occidentaux. Pour le meilleur...
    Comme pour le pire.
    Analyser l'essor international de la Chine sous le seul angle de la « menace » se révèle donc doublement trompeur.
    D'abord, parce que celle-ci porte sur un ordre mondial dont les bénéfices historiques sont loin d'avoir été équitablement répartis.
    Ensuite parce que ce faisant, on sous-estime la pluralité des intérêts et des contradictions qui existe entre la Chine et les autres régions du monde, mais aussi au sein même de la société chinoise.

  • Le capitalisme triomphant des années 1990 a ­perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise.
    Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils??
    Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent.
    Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens.
    Une nouvelle définition de la démocratie se dessine?: une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble.
    Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Ce programme, adapté à un pays de la zone euro, intègre divers scénarios liés à cette situation.
    Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des «?tutoriels?» en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent et la macroéconomie.
    Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne.
    L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.

  • La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux États-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme.
    En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une «?arythmie?», c'est-à-dire une discordance de ces rythmes.
    Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres.
    Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur.
    Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une «?arythmie?» systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue.
    Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation.
    Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008.
    Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée.
    Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste.
    L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.

  • L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras.
    Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco.
    Éric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants.
    Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : « Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. » Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.

    Sur commande
  • Une nouvelle et terrible « révolution verte » gagne le monde, l'agrobusiness.
    Dopée par une demande alimentaire croissante, elle gagne du terrain au Sud et dévaste tout sur son passage.
    Son modèle commercial et productiviste colonise de nouveaux territoires, du bassin amazonien aux confins de la Papouasie-Occidentale en passant par le continent africain, l'« ultime frontière ».
    Avec l'appui de gouvernements, d'institutions inter na tio nales, d'agences de coopération et d'une poignée de fondations philanthropiques, ce nouveau mode de production et de commercialisation agricole s'impose peu à peu sur la planète.
    Pointées du doigt pour leur responsabilité dans la crise alimentaire de 2008 et dans le mouvement d'ac- caparement des terres qui a suivi, les grandes firmes de ce secteur ont renouvelé leur discours et remodelé leurs stratégies. Comble ! Elles se veulent désormais actrices « incontournables » de la lutte contre la faim.
    Épousant le langage onusien de la sécurité alimen- taire et nutritionnelle, elles se positionnent comme les garantes d'une transition durable et inclusive, axée sur la modernisation des agricultures familiales.
    Séduits par leurs promesses financières et techno- logiques, les pays en développement leur déroulent le tapis rouge et scellent avec elles des alliances décisives.
    Tandis que les organisations paysannes dénoncent l'imposture, les recettes proposées, prétendument « ga- gnant-gagnant » risquent d'aggraver le morcellement des communautés rurales, d'accentuer la dépendance des petits producteurs et d'accélérer le processus de privatisation des ressources au profit des acteurs do- minants.
    Fort de la contribution de plusieurs spécialistes de différents pays du Sud, l'ouvrage offre toutes les don- nées factuelles et éclaircit les enjeux actuels et futurs de cette folie agricole et écologique.

  • Les luttes de résistance aux licenciements sont indispensables : elles permettent de marquer des points.
    Mais elles ne débouchent souvent que sur une négociation défensive des conditions de licenciements et se heurtent à l'idée que ces derniers seraient le résultat de lois économiques intangibles. Avec la mondialisation, les restructurations deviennent un processus permanent, que les politiques libérales ne font qu'accompagner : elles ne servent qu'à augmenter des profits qui ne s'investissent pas, à précariser les emplois et à vider progressivement le droit du travail de tout contenu.
    Les gains de productivité sont ainsi captés par les détenteurs du capital, tandis que les coûts financiers et sociaux des licenciements sont reportés sur les salariés et la collectivité. Ce livre propose un changement de perspective mettre fin aux licenciements en appliquant deux principes. D'abord, la continuité du rapport salarial le statut de salarié doit devenir permanent, avec garanties des droits et du revenu, les employeurs ne pouvant plus rompre unilatéralement le contrat de travail.
    Le principe " responsable-payeur " doit en même temps assurer un financement mutualisé de la gestion de la main-d'oeuvre par les employeurs, seuls responsables de la direction des entreprises en régime capitaliste. Combinés avec d'autres orientations de politique économique et sociale, ces deux principes esquissent un projet alternatif qui permet de donner une nouvelle légitimité aux luttes contre les licenciements.

    Sur commande
  • Traduction de Mind in a Physical World : An Essay on the Mind-Body Problem and Mental Causation (1998, MIT Press). Comment, dans un monde fondamentalement physique, peut-il y avoir une place pour l'esprit ? Estil possible que ces choses matérielles que sont nos cerveaux puissent causer nos pensées, qui semblent n'avoir ni masse, ni volume, bref aucun des attributs habituels de la matière ? Et nos pensées, elles-mêmes, comment peuvent-elles causer les mouvements de nos membres ? Ces questions ont été posées par Descartes à l'aube de l'âge moderne ; depuis, elles hantent la philosophie, et aucun penseur d'importance n'a pu se dispenser de les affronter. Or, elles n'ont jusqu'à présent reçu aucune réponse pleinement satisfaisante. Elles concernent pourtant des aspects tout à fait élémentaires de notre rapport au monde et à nous-mêmes. Le problème des relations entre le corps et l'esprit reste, encore aujourd'hui, profondément mystérieux. Dans ce livre clair et bref, tiré d'un cycle de conférences, Jaegwon Kim retrace d'abord l'histoire de ces questions et propose une évaluation précise des réponses que la philosophie du 20e siècle leur a fourni. L'auteur parvient à une position très nuancée, où, essayant de différencier deux aspects des phénomènes mentaux (le cognitif d'une part, le qualitatif d'autre part), il développe une thèse originale en expliquant pourquoi le premier lui paraît susceptible de faire l'objet d'une réduction du mental au physique, et pourquoi, au contraire, cette issue semble plus douteuse en ce qui concerne le second. Ce livre constitue donc une excellente initiation aux philosophies contemporaines de l'esprit.

  • Aboutissement de trente ans de recherche sur l'évolution du capitalisme comme forme de civilisation, cet ouvrage replace dans une perspective historique ses principales tendances économiques et sociales et ses relations avec les facteurs politiques. Il en analyse les différentes périodes et leurs fonctionnements spécifiques. alternance de phases expansives et phases récessives. Ernest Mandel introduit ici le concept novateur d'onde, plus exactement d'onde longue en lieu et place de celui de cycle.
    Un des éléments les plus importants de sa théorisation concerne les conditions de passage à une nouvelle phase expansive. Il traite, entre autres, de la dynamique du taux de profit. de la régulation du système. des révolutions technologiques et des cycles de la lutte des classes. Il y a. selon lui. une dialectique entre les facteurs objectifs du développement historique (les lois de l'économie) et les facteurs subjectifs (les mouvements sociaux, les secousses politiques.
    Les révolutions) qui ont une relative autonomie. L'auteur nous propose une actualisation des travaux de Kart Marx en termes, non pas d'économie, mais bien de critique de l'économie politique qui s'organise autour de perspectives de rupture avec l'ordre/désordre du monde dominant. Dans sa postface, Michel Husson illustre les analyses de l'auteur à la lumière de la phase néolibérale actuelle du capitalisme.

    Sur commande
  • Aujourd'hui, les forces de la contestation sont devenues force de proposition.
    L'opposition grandissante aux logiques de la mondialisation néolibérale, hier trompeusement qualifiée d'" antimondialiste ", s'est muée, en quelques années, en un puissant mouvement populaire international rebaptisé "altermondialiste". Un mouvement fort de ses identités multiples, riche des innombrables pratiques, expertises et alternatives qu'il porte, construit au quotidien et met en débat au gré des forums sociaux mondiaux, régionaux ou locaux et des nombreuses manifestations qui rythment son agenda.
    Un "mouvement de mouvements" qui, de Porto Alegre à Bombay, du Chiapas à Prague en passant par Gênes, Bangkok, Québec, Dakar ou Kinshasa, convie les peuples du monde à travailler ensemble à la construction d'un devenir commun fondé sur des valeurs de paix, d'égalité et de justice sociale. Le CADTM est un réseau international qui inscrit son action au coeur de ce mouvement et qui a contribué à faire de l'annulation de la dette une de ses revendications centrales.
    Par ce livre, il invite le lecteur à mieux connaître sa lutte et les propositions qu'il met en avant, ainsi que ses activités et les outils qu'il met à la disposition du public. Mais il le convie simultanément à partir à la rencontre du mouvement altermondialiste, par le biais des principaux "textes de référence" qui jalonnent sa très jeune histoire. Ce sont les Manifestes du possible, choisis, présentés et commentés par le CADTM, qui a souvent pris une part active à leur élaboration : des appels, des plates-formes, des résolutions adoptés au fil des mobilisations du mouvement et exprimant les revendications, les analyses, les réalités de ces millions de femmes et d'hommes en résistance aux quatre coins de la planète, de plus en plus nombreux.
    " contre le néolibéralisme et pour l'humanité ".

  • Des Intergalactiques ! Les auteurs de ce livre sont jeunes, ils ont tous moins de 30 ans ; ce sont d'illustres inconnus qui inondent les manifestations altermondialistes.
    Issus du Village intergalactique et du mouvement G8 Illégal d'Évian, leurs modes d'action traduisent les exigences d'une jeunesse qui pratique des actions pacifiques, non-violentes mais déterminées. Leur fonctionnement autogestionnaire par groupes affinitaires dessine leur horizon d'émancipation face à un monde qu'ils ne supportent plus. Avec ce carnet de route de leurs révoltes et de leurs aspirations, ils nous invitent à suivre la sarabande altermondialiste, de Millau à Florence en passant par Gènes.
    C'est, en pointillé, le livre de bord d'une jeunesse en quête d'un autre monde. Comme Marcos, nous sommes frites dans un McDonald's et oie sauvage à l'ouverture de la chasse, vachette à Interville, taureau dans l'arène et vache folle dans le champ, MarseillaisE à Paris, véliplanchiste dans les Alpes et allergique au soleil à la plage, clown à l'Académie française, intermittent au spectacle et prof face à Luc Ferry, personne âgée sous la canicule et jeune-avec-une-casquette dans le hall de la villa des Sarkozy à Neuilly.

  • Depuis l'avènement de l'Internet, un nouveau type de discours, dont les effets sont largement sous-estimé, a prospéré et s'est installé de façon durable dans la paysage des idées contemporaines avec la force du discours religieux.
    Ces discours qui s'inspirent aussi bien du néo-libéralisme économique (la nouvelle économie numérique comme sortie de crise), de l'esprit libertaire (la décentralisation du pouvoir par les réseaux) que d'une théorisation spécifique et inédite mêlant philosophies néo-finalistes ou encore " évolutionnisme informationnel ", alimentent tous la promesse messianique d'un monde nouveau animé par et pour la technique.
    On pourrait aisément croire en l'innocuité de cette littérature supposée sans conséquence et qui aurait pour mérite essentiel de sensibiliser de manière ludique l'homme de la rue aux enjeux et problématiques du futur de la société de l'information le couronnement du règne de la raison. Ce prophétisme communicationnel émane de grands noms du secteur industriel (Bill Gates), du milieu de la recherche et développement (Negroponte), d'héritiers de Teilhard de Chardin, ou encore, ce qui est très peu connu en France, de ces officines de réflexion stratégique essentiellement américaines appelées think tanks.
    Le monde de demain qui s'y dessine opère un mouvement de translation du capitalisme industriel vers un capitalisme informationnel se donnant comme sauveur d'une nouvelle " humanité numérique " plus que jamais aliénée. La facticité de ce dessein, répétons-le, prophétique, est parfaitement restituée par David Forest qui, à l'encontre de certains courants critiques, ne cède pas à la facilité d'une dénonciation stérile et technophobe.

    Sur commande
  • - Quand les coopératives (Scop) se débarrassent des actionnaires et deviennent un outil de transformation sociale - Lorsque des salariés gèrent eux-mêmes leur entreprise, un nouveau monde se dessine Lorsque l'entreprise fait faillite ou ferme en raison d'une logique financière, le chômage et la disparition de l'outil de travail n'est pas l'avenir inéluctable auquel sont condamnés les salariés. Une autre issue est possible : la reprise de la production par les salariés euxmêmes et l'émergence d'une entreprise sans patron.

    Sur commande
  • « Green Economy » ! Nouveau paradigme de développement à même de répondre aux crises que le monde traverse ? Modèle de prospérité écologique, alternatif au capitalisme globalisé ? Sortie par le haut des impasses environnementales du productivisme et du consumérisme ?
    Au mieux, la nouvelle panacée verte apparaît bien en deçà de cette perspective.
    Pire : dans les mesures préconisées - par le PNUE, l'OCDE, la Banque mondiale, etc. -, elle s'impose résolument à rebours de tout renversement de logique. Le « développement durable » reste l'objectif annoncé, c'est l'« économie verte » qui va y mener.
    Par la mise sur le marché du « capital naturel », la « valorisation » des « services écosystémiques », la privatisation des ressources, le brevetage du vivant, le « libreéchange » des sols, de l'eau, de l'air, des forêts, de la biodiversité. et la prétendue « gestion efficace » induite, cette démarche entend réguler durablement notre rapport à l'environnement, en dynamisant une « croissance créatrice d'emplois », assurant ainsi « un avenir viable au capitalisme ».
    Le simple greenwashing (éco-blanchiment vert) de l'économie de ces dernières années sera-t-il supplanté par la légitimation du capitalisme vert de demain ? Ou comment adouber pour les temps à venir les fondamentaux d'un modèle de production et de consommation à l'origine même de l'aggravation des déséquilibres sociaux et environnementaux.
    Pour autant, les réticences de grands pays du Sud à adopter l'« économie verte » constituent-elles une alternative salvatrice ?
    Rien n'est moins sûr.

    Sur commande
  • Chausson ! Un siècle d'industrie automobile.
    Un siècle de luttes et d'engagements ouvriers pour conquérir des droits et faire reconnaître la dignité des travailleurs. Les " Chausson " sont souvent aux avant-postes, inventant de nouvelles formes de lutte, dépassant les clivages syndicaux pour privilégier l'unité des travailleurs et des organisations, gagnant de nouveaux droits. Les " bagnards de l'automobile " se sont faits constructeurs de dignité et d'avenir ! Ils sont présents dans la Résistance, la guerre d'Algérie, les rapports Est-Ouest, les défis de l'immigration, etc.
    Leur histoire, c'est celle de leur usine. C'est celle des cités ouvrières de Gennevilliers. C'est celle de travailleurs venant des quatre coins de France mais aussi d'Italie, d'Espagne, du Maghreb et d'Afrique noire. À l'initiative du Comité d'entreprise, des salariés ont formé un groupe de travail composé de Bernard Massèra (électromécanicien), Paul Deruelle (outilleur), Mohand Bellili (électromécanicien), Gérard Fourneyron (outilleur puis électricien), Alain Martinez (tôlier puis agent de méthode), Issaka Koné (soudeur puis tôlier sur chaîne).
    François Ochando (régleur puis électromécanicien), Gérard Vidal (agent technique puis technicien vidéo), Pierre Avot-Meyers (ouvrier sur chaîne puis correcteur typographe) et Daniel Grason (tourneur puis journaliste-photographe), tous militants à la CFDT ou à la CGT et, pour l'un d'entre eux aujourd'hui, à SUD. Quarante-quatre " Chausson " témoignent. Cette mémoire ouvrière ne laissera personne insensible.
    Chacun raconte. Chacun se souvient.

    Sur commande
  • Écrit dans la Russie des années 1920, ce livre témoigne de la richesse des recherches marxistes qui se développent. Avec le Hongrois Georg Lukács, l'Allemand Karl Korsch ou encore le juriste soviétique Evgeny B. Pasukanis, Isaak I. Roubine est un de ceux qui entendent réactiver la tradition critique du marxisme contre, notamment, sa version « scientiste » issue de la 2e Internationale.

    S'appuyant sur une connaissance encyclopédique de Marx, l'auteur met en évidence la nécessaire articulation entre la théorie du fétichisme de la marchandise, considérée comme la « théorie générale des rapports de production de l'économie marchande-capitaliste », et la théorie de la valeur.

    Cette réinsertion du « fétichisme » (considérée jusque-là comme une digression littéraire ou métaphysique) au coeur même de la théorie marxiste permet à Isaak I. Roubine de mettre au premier plan la structure des rapports de production et d'envisager de façon tout à fait nouvelle les rapports entre valeur et travail. L'ouvrage offre ainsi une analyse des concepts fondamentaux travail abstrait, travail qualifié, travail socialement nécessaire, travail productif.

    Isaak I. Roubine va disparaître dans les purges staliniennes et son livre ne sera plus réédité en URSS. À l'Ouest, il ne sera accessible qu'en 1972, aux États-Unis. C'est cette édition américaine qui sera utilisée pour une édition allemande puis française, en 1977, chez François Maspero.

    Dans sa préface, Antoine Artous, qui a notamment publié Le Fétichisme chez Marx (Syllepse, 2006), montre comment la «redécouverte » de ce livre s'est inscrite dans les débats des années 1960-1970 sur la théorie de la valeur, débats qui conservent toute leur actualité à notre époque où se combinent modernisation accélérée du procès de production et crise profonde du système capitaliste.

    Sur commande
  • L'annonce et les images du tsunami de décembre 2004 ont provoqué en nous une réaction empreinte à la fois d'infini respect pour les victimes, de solidarité pour les survivants meurtris et de colère devant l'absence de réponse à la hauteur de l'événement.
    Pour nous qui travaillons au quotidien sur la problématique de la dette, le lien avec ce qui se passait, bien qu'invisible, était évident. Dès lors, dans ce contexte, il nous fallait mettre en lumière tout un pan des enjeux internationaux, rendu flou par le déferlement d'une autre vague, politique et médiatique celle-là : les ressorts et les impératifs de la société du spectacle font trop souvent loi, privilégiant l'émotion, l'événementiel, le caritatif.
    Donner à comprendre! C'est ce que nous avons tenté de faire dès les jours qui ont suivi le tsunami : braquer les projecteurs sur les enjeux, sur les logiques à l'oeuvre, sur les indispensables clés de compréhension du réel sans lesquelles il est illusoire de penser pouvoir prendre la mesure de la catastrophe - et en empêcher d'autres. Ce livre vient compléter l'ensemble des actions entreprises dans ce sens.
    Il aboutit à des conclusions bien différentes de celles de nombre d'acteurs et de commentateurs de cette crise.
    Cet ouvrage reprend le fil des événements dramatiques, et présente ensuite le cadre général des politiques imposées par les créanciers aux pays endettés, en prenant des exemples principalement dans la région et en insistant sur leur lien avec les catastrophes naturelles. Enfin, dans les trois derniers chapitres sont analysés et mis en perspective historique trois des principaux pays touchés par le tsunami: l'Indonésie, l'Inde et le Sri Lanka.
    Le livre comprend également des cartes géographiques, un glossaire et des fiches par pays qui facilitent la compréhension.

  • Ce livre est né d'un certain nombre d'interrogations sur un capitalisme pris entre mutations et continuité, entre capacité à survivre et mort annoncée.
    Il s'agit de désigner les écueils entre lesquels il navigue, qu'il peut éviter mais contre lesquels il peut aussi bien se briser. Que nous révèle, de ce point de vue, la trajectoire du capital, jetée comme un pont suspendu entre la crise de 1929 et celle, en 2001, de la " nouvelle économie " ? La grande crise américaine de 1929 est la première et spectaculaire manifestation de la foncière instabilité d'un capitalisme arrivé à maturité.
    Elle ouvre l'ère des crises majeures. Les " trente glorieuses " (1946-1974) y échappent, car ce sont celles d'une phase de rattrapage, après les destructions accumulées de 1914 à 1945. Toute parenthèse doit se refermer : la chute des taux de profit de la seconde moitié des années 1960 débouche sur la rupture du début des années 1970. L'après-guerre commence, non en 1946, mais en 1974. L'offensive néolibérale des années 1980 marque alors l'entrée dans une nouvelle ère, celle d'un capitalisme universel, celle aussi d'une mondialisation du salariat et d'une financiarisation grosse de périls nouveaux.
    Dans l'Histoire, recommencement n'est pas redite, mais renouvellement. La crise de l'Asie du sud-est de 1997 nous apparaîtra à la fois comme un retour du passé (la réouverture de l'ère des crises majeures) et comme un énoncé sur la réalité d'aujourd'hui (une crise de la mondialisation du capital productif). De la même façon, la crise américaine de la nouvelle économie (2001) est la première crise grandeur nature du modèle néolibéral.
    Mais elle est aussi une façon de reformuler le passé : nous assistons à la mise en place d'un nouveau modèle de surconsommation financiarisée, une machine folle jetée dans la fuite en avant, avec de plus en plus de consommation, de moins en moins d'épargne, de plus en plus de dettes. La conclusion générale de l'ouvrage décrit les sentiers escarpés que le système capitaliste est contraint de parcourir, cheminant tel un funambule entre divers abîmes, entre hyperpuissance incontestée et émergence d'un challenger, entre crises de l'intensivité et crises de l'extensivité, entre risque de l'étouffement et danger de l'effondrement.

    Sur commande
  • Le sexe et ses jugesEntre ordre moral et contrôle social : les enjeux d'une réflexion citoyenne.
    En France, un détenu sur cinq a été condamné pour infraction sexuelle. Aux assises, un condamné sur deux l'est pour crime sexuel. Cette volonté de punir ne s'exprime pas que dans le procès pénal. Un nouvel ordre moral s'installe, dans la plus grande hypocrisie. Il concerne tous les domaines du droit. À l'initiative du Syndicat de la Magistrature, ce livre présente une réflexion stimulante sur cet enjeu politique majeur.
    Il met en évidence que " l'affaire d'Outreau " n'est pas un simple dysfonctionnement, mais la figure emblématique d'une justice résignée à l'oubli de ses principes, sous la pression d'une législation de plus en plus répressive et d'une opinion publique de plus en plus sensible au populisme pénal. La justice est aujourd'hui dans un état délétère, pour avoir cédé à la panique morale, acquiescé au nouvel ordre répressif, renoncé aux principes qui fondent le procès équitable.
    De ce point de vue, Outreau pourrait être un choc salutaire: en matière de justice, le pays pourrait se rendre compte qu'il mérite mieux, que la justice est une affaire trop importante pour être seulement laissée aux juristes, et plus encore aux politiques. Peut-être faut-il aujourd'hui entrer en résistance pour en revenir aux fondamentaux de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 : la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits...

  • Sanofi est dans notre armoire à pharmacie et au coeur de nos vies avec les vaccins, les médicaments... Multinationale de l'industrie pharmaceutique, Sanofi jouit d'une santé florissante et se voit classée parmi les premiers du CAC 40. Mais lorsque la firme pharmaceutique quitte la rubrique financière de la presse pour entrer dans les pages sociales, on entend un autre son de cloche : fermetures de sites, suppressions d'emplois, sacrifices de capacités de recherche et de production...
    Qui dispose du remède ? Ceux qui travaillent : équipes de recherche, développeurs, producteurs, distributeurs, visiteurs médicaux et commerciaux. Ils et elles ont légitimité à décider, avec la société, de la politique de santé et des orientations pour la production des médicaments. Cet ouvrage met en lumière en quoi ces enjeux nous concernent tous, à la fois parce qu'il s'agit de notre santé et parce qu'il s'agit d'une tentative de construction d'un autre regard sur ce que petit devenir la société.
    Les auteurs nous invitent à réfléchir à une alternative à Big Pharma et à Big Money : celle d'une appropriation par la société de la chaîne de la santé. Le médicament conçu, produit et commercialisé comme un bien public, un bien commua, et non comme une marchandise. Pas d'incantation, mais une exigence et une volonté de rendre possible une telle alternative. Non, vraiment, tout n'a pas été essayé.

    Sur commande
  • Tous les médias sont-ils de droite ? évidemment non.
    Du moins si l'on s'en tient aux orientations politiques qu'ils affichent. mais justement, qu'ils prescrivent des opinions ou se portent garants du consensus, les médias dominants non seulement se comportent en gardiens du statu quo, mais accentuent les tendances les plus négatives inscrites, plus ou moins en pointillé, dans le mécanisme même de l'élection. ce sont ces tendances qui font l'objet du présent ouvrage: la primauté accordée aux jeux politiciens sur les enjeux politiques; la personnalisation outrancière détriment de la présentation de projets: l'atrophie de l'espace médiatique au bénéfice des candidats du bipartisme; la réduction du "politiquement pensable" et sa confiscation par les cercles prétendus experts.

    L'analyse proposée soulève une double question politique : jusqu'à quand les forces politiques se laisseront-elles intimider par un "pouvoir" qui repose largement sur leur soumission leur crédulitéoe jusqu'à quand la question de la réappropriation démocratique des médias continuera-t-elle à être considérer comme une question subalterneoe l'objectif de ce livre est de parcourir un champ de bataille.
    Oui, un

  • Rares sont les romans, même de science-fiction, fondés sur l'invraisemblance. Il en est de même avec les enquêtes en sciences sociales. Il existe néanmoins des vraisemblances négligées. Les résistances au travail en font partie. Le management contemporain a beau exalter l'individu, il exige encore et toujours une subordination à sa logique. Il n'est pas aisé d'y échapper. Pourtant, aujourd'hui comme hier, la subjectivité rebelle se fraie un chemin. La logique de valorisation a supplanté le despotisme de la fabrique. Mais peu de salariés sont dupes. On peut céder sans consentir, et faire le minimum tout en respectant les apparences. Les résistances au travail se situent dans les interstices de la domination. Elles reconstruisent des espaces d'autonomie qui échappent en partie à la domination. Elles anticipent et nourrissent l'action collective. Ce livre expose et analyse ces pratiques non conformes qui ressurgissent toujours. La relation salariale est ainsi faite : n'en déplaise à ceux qui pensent avoir gagné la partie grâce à la précarisation et au chômage ; n'en déplaise aussi à ceux qui, par leurs analyses compassionnelles sur la souffrance au travail, négligent les capacités de résistance des collectifs.

  • Depuis 1993, les « réformes » du système de retraites se suivent. et se ressemblent, le gouvernement voulant maintenant remettre en cause le droit à la retraite à 60 ans. Face à l'augmentation du nombre de retraités, il s'agit fondamentalement de baisser le montant des pensions. La paupérisation des retraités est programmée. Le système par répartition basée sur la solidarité entre les générations est ainsi petit à petit vidé de son contenu. Si l'objectif de le remplacer par un système par capitalisation a pris du plomb dans l'aile avec la succession de crises financières, il n'est cependant pas abandonné. Des « réformes systémiques » du système par répartition sont, de plus, envisagées qui en transformeraient la logique avec l'instauration d'un régime à points ou à « comptes ». D'autres solutions existent pourtant, comme ce livre le montre, à condition de lever plusieurs tabous. Elles supposent un nouveau partage de la richesse produite en s'attaquant aux revenus financiers, ce qui est possible par l'augmentation des cotisations. Elles supposent aussi un partage de l'emploi en cessant de focaliser sur l'augmentation de l'emploi des seniors, pour viser à réduire le chômage, notamment celui des jeunes, et à améliorer le taux d'emploi des femmes en même temps que leurs conditions d'emploi. Selon un sondage Ifop du 13 février, «six Français sur dix se prononcent contre le recul de l'âge de départ à la retraite au-delà de 60 ans. Et plus d'un sur deux est opposé à l'allongement de la durée de cotisation» (Le Monde).

  • En pleine crise du subprime, dont les conséquences n'ont pas fini de se faire sentir dans l'économie mondialisée, sept pays d'Amérique latine lancent une Banque du Sud qui pourrait jeter les bases d'une autre architecture financière internationale. En combattant inlassable, Eric Toussaint propose dans ce livre une approche claire et synthétique, destinée à des non-spécialistes, de l'état des résistances au néolibéralisme, du contexte économique international contemporain ainsi que des principaux défis que rencontrent la mise en pratique d'alternatives comme cette Banque du Sud, l'audit de la dette et de profonds changements constitutionnels. Les expériences récentes de l'Equateur, du Venezuela et de la Bolivie sont l'objet d'une analyse précise. Loin de se cantonner au diagnostic, chaque partie du livre aboutit à des propositions d'alternatives directement liées aux expériences en cours. Outil essentiel de décryptage d'un monde de résistances à la barbarie, l'ouvrage passionnera celles et ceux qui sont à la recherche d'alternatives à la mondialisation néolibérale en Amérique latine comme ailleurs.

  • Les débats autour de la mondialisation sont des plus enflammés.
    Certains défendent une globalisation néolibérale excluant les trois quarts de l'Humanité. D'autres prônent le repli sur soi. Le Bateau ivre de la mondialisation propose une alternative à ces deux optiques : celle d'une mondialisation multipolaire incluant l'ensemble des citoyens et des citoyennes du monde dans leur diversité. Elle se construit autour de l'analyse d'une mondialisation prise dans son sens le plus large, c'est-à-dire sous ses aspects historique, géopolitique, culturel, économique et financier.
    Elle tisse des liens entre des problématiques aussi diverses que les colonisations, la dette du Tiers Monde, la spéculation financière, les OGM ou encore les politiques du FMI, de la Banque mondiale et de l'OMC. Elle met en réseau de nombreuses mobilisations citoyennes. Enfin, elle rassemble des solutions globales et d'autres adaptées aux richesses naturelles et culturelles de chaque région du monde.

empty