Littérature générale

  • Collapsologie : le mot est lâché. A-t-on mesuré l'ampleur des faits qu'il recouvre ? Le collapse commence ici et maintenant, dans la pseudonormalité de la vie quotidienne, dans l'âme meurtrie des vivants. Écrits à l'automne 2018, ces poèmes sont une chronique du présent : écocide, apartheid social, violence et lâcheté de tout ce qui se targue d'un pouvoir économique, politique, médiatique ou intellectuel. Autant de signatures d'époque qui constituent un livre de l'infamie contemporaine. Mais ces poèmes collapsologiques sont aussi un livre des transformations dans lequel hommage est rendu, explicite ou implicite, à des vivants, à des actions, à des valeurs et à des oeuvres qui travaillent à la préservation et à la perpétuation de la vie.

  • De charge et de froid interroge la dislocation, le nu, le froid et la mobilité insensée de la langue. Les attentats sont muets et laissent les apparences indemnes. L'eau brûle plus que le feu : cet ordre de réalité exalte une langue.

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  • Une accalmie

    Victor Martinez

    Lignes, fuseaux, point vert, au-dessus de l'engeance, du chant sans sel, sur la plate terre en ronce, sur l'écharde de terre. Qui happe, arrache un moment mais ne révèle pas, adhère à un rappel sans essence et tire quelques chevrons : pas de nudité, une reprise qui s'effectue sans support, avec taches brunes et mauves et les surfaces cimentées que crève l'épine. L'ancien bunker, une mûraie, les pales à l'éveil, le sifflement. Quilles sans bordage, dépassement d'anciens mâts, à nouveau sur rien, réactivent la terre.
    Mobile, le silence : continuité du violent sur l'accalmie.

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  • à l'explosif

    Victor Martinez

    À l'explosif est un seul poème de près de 70 pages constitué par des laisses horizontales de disposition et de forme relativement régulières. Le principe générateur du texte est fourni par le titre, qui dit la déflagration continue devenue calme et silence. c'est la formulation du vivant. Le langage ici atteint se produit par évidement des significations, disqualification des sémantèmes. La déliaison l'emporte sur l'articulation signifiée. L'hypothèse d'un tel langage est qu'il dise mieux la tenue du monde et des choses que la légalité et l'autorité des signes. ce recueil fondé sur une hypothèse linguistique est extrêmement charnel. une forme d'abstraction violente la série des énoncés en conservant intacte une tranquillité des surfaces. L'oubli structure davantage que la mémoire. cette poésie de la destruction des signes est dans la continuité de certaines filiations, de Paul celan à Jacques Dupin ou Guy viarre. c'est une poésie de l'urgence qui saisit le monde contemporain en son centre vide, et retourne le stigmate. Le détruit apparaît comme une autre formulation de l'intact. Les thèmes de l'enfance, de la nature, du froid, de l'identité et de l'altérité parcourent le recueil et ancrent un parcours de lecture rythmé, tonique, inattendu. Le texte est fourni mais conserve l'aération de la respiration. Le vers n'est plus le vers et la langue atteint à un état propositionnel qui rappelle le Tractatus de Wittgenstein. c'est au croisement d'une forme de poésie grammaticale, de poésie directe et de poésie (contre-)lyrique qu'il faut situer cet ouvrage.

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