• Du monde, la jeune et jolie Kounnioupattoumma ne sait rien, si ce n'est que son grand-père avait un éléphant ! Fille de notables musulmans, elle est en âge d'être mariée. Mais pour sa mère, les prétendants ne sont jamais assez beaux, jeunes, riches, puissants... Surtout quand on songe à la splendeur passée du grand-père à l'éléphant.
    Hélas, voilà la famille ruinée. Adieu vaste demeure, domestiques, bijoux en or ! Kounnioupattoumma peut enfin goûter aux délices de la baignade en attendant des jours meilleurs...

    Avec un profond amour des êtres, qu'il ne désespère pas d'éduquer et de distraire, Basheer mêle à la perfection vérité et humour. Grand-père avait un éléphant est traduit pour la première fois en français.

  • C'est ainsi que Basheer ponctue ses histoires, petits contes philosophiques murmurés à l'oreille du lecteur comme des confidences amusées ou des avertissements sans illusions. Toujours bienveillant même quand il lève sur l'absurdité du monde un sourcil ironique, Basheer le sage charme la réalité comme d'autres font danser les serpents, par la seule musique de sa prose.
    Dans « Les Murs », nouvelle nourrie de ses souvenirs d'incarcération en tant que prisonnier politique, le narrateur s'enchante d'une voix de femme derrière l'infranchissable mur qui le sépare de la prison des femmes. Il y a des bastonnades et des humiliations, les dernières heures d'un condamné à mort et un directeur de prison amateur de roses, mais de tout cela, Basheer fait un hymne à l'amour, à la liberté et à l'espoir, une leçon de bonheur ou de sagesse.

  • L'humour mutin évoquant Albert Cohen ou les conteurs yiddish, la cocasserie des dialogues, les trouvailles romanesques, et surtout l'espèce de tutoiement espiègle et tendre pour dire la proximité de ces hommes et de ces femmes sous les saris, les dhotis et les turbans, font de ce Talisman un bonheur de lecture onze fois renouvelé Maître de la nouvelle et du roman court, Basheer nous plonge sans transition dans les parfums et les couleurs de son Kerala natal. Et si son grand sujet est l'amour, c'est à travers les situations les plus cocasses. Ainsi un militant tenté par le terrorisme se laisse circonvenir par la folle sensualité d'un fantôme jailli de la mer. Un chauve inconsolable succombe au bagou d'un marchand de talismans et découvre par inadvertance les vertus cachées de l'imposture. Une vieille inscription - " Je suis si fatigué, s'il vous plaît, ne me réveillez pas " - à la devanture d'une maison vide, nous apprend combien la solitude est un thème universel.

    Il y a chez ce Maupassant, ce Garcia Marquez indien, une drôlerie sagace, un brio enchanteur et pathétique, une fantaisie et une liberté de ton parfaitement rayonnantes. Ce qui est fascinant, dans l'univers de Basheer, c'est qu'on y entre de plain-pied, avec une familiarité et un enthousiasme qu'on a tout de suite envie de faire partager.

    Sur commande
  • Tour à tour sage et loufoque, curieux comme un beau diable, toujours bienveillant même quand il est ironique, Basheer charme la réalité comme on fait danser les serpents : par la seule musique de sa prose simple et magique. Prolongez la lecture de la Lettre d'amour avec d'autres nouvelles du même auteur dans les Murs et autres histoires (d'amour).

    Vaikom Muhammad Basheer (1908-1994) est né à Vaikom, au Kerala (côte sud-ouest de l'Inde). À l'adolescence, il s'échappe de chez ses parents afin de participer au mouvement de lutte pour l'Indépendance de l'Inde. Il connaît la prison pour ses positions et activités politiques, puis passe de nombreuses années à voyager à travers toute l'Inde, côtoyant sages hindous et mystiques soufis. Il est l'un des écrivains les plus importants de la littérature malayalam contemporaine. Et l'auteur de très nombreuses nouvelles et plusieurs romans courts. Le gouvernement indien lui a attribué le prestigieux prix Padmashri en 1982.

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