• Beau lapin

    Roland Sadaune

    • Ska
    • 20 Novembre 2018




    C'est la nuit de Noël qui brille de mille feux au cou de la richissime veuve... Un cadeau pour les gangsters...



    L'assistance, assise et silencieuse, perçut les premières paroles de la prédication. Le signal pour Lancaster, qui se leva d'un bond, ouvrit son manteau, récupéra le masque à gaz et, tout en fonçant vers l'autel, le plaça sur son visage. Il devinait ses deux comparses faisant de même, à la surprise générale.
    - Calmos m'sieurs-dames, c'est un hold-up. On ne bouge pas ! conseilla-t-il dans le micro, en maintenant écarté son masque.



    /> Roland Sadaune possède tous les talents du nouvelliste. Dans cette nouvelle chorale, toutes les actions de ses personnages s'agrègent et convergent vers la chute finale de cette messe de minuit mouvementée.

  • Ma Rousse

    Roland Sadaune

    • Ska
    • 30 Septembre 2020

    Des photos suggestives tombées dans les mains d'un mari alcoolique et déprimé, la mécanique homicide se met en marche...
    [...] Le bras en l'air, je regardai par transparence les négatifs. Je parvins à distinguer suffisamment pour être certain que, non, le photographe ne s'était pas planté une deuxième fois ! C'était bien elle, ma femme, ma gonzesse, ma ménopausée, avec sa chute de reins infernale se perdant sous la culotte brésilienne, qui s'exhibait sur la pellicule de douze. Je n'étais sur aucune des prises. Le grand brun avait dû se marrer. Il avait tiré la série, s'était agité avec, et m'avait refilé les plus sages. Le caddie, HS. Ma femme, une pute. J'étais passé à ses yeux pour un con !
    Je réalisai. Son histoire de ménopause, une excuse comme une autre. Madame avait décrété l'embargo sur le zizi conjugal et s'offrait un voyou qui la photographiait à poil.

    Roland Sadaune invente la romance en noir et en rousse : Eros et Thanatos au rendez-vous pour servir un cocktail mariant dérision acide et pulsion mortifère.

  • Décroisser la lune

    Roland Sadaune

    • Ska
    • 1 Janvier 2018


    Décroisser la lune, est-ce hors de portée pour ce SDF secrètement amoureux de la boulangère bienfaitrice ?...

    « - Prenez... Plus froid que la semaine dernière, n'est-ce pas ? Je la devine pressée mais disponible, discrète mais enjouée. Je récupère le sac en papier garni de je ne sais quels délices. L'odeur flatte mes narines, tandis que j'enregistre mille myriades dispensées par son regard éblouissant.
    - Merci beaucoup. Oui ça... ça pique ces jours-ci, je bredouille. Je me tiens dans la flaque de lumière du trottoir, héron mazouté.
    - Ils ont prévu zéro degré, sourit ma bienfaitrice. »

    Dans la rue, la concurrence est féroce entre miséreux. Sadaune pose sur eux un regard chaleureux et humain, en mesure de découvrir ce que cachent les oripeaux de la pauvreté extrême.

  • Apparences

    Roland Sadaune

    • Ska
    • 1 Mars 2016

    Les apparences sont trompeuses et les fausses pistes nombreuses pour retrouver un serial killer de blondes... Il étudia la photo en noir et blanc. Pleine page. Du travail d'artiste. Vrai que la belle domptait la lumière, même les ombres éblouissaient. Il ignorait son identité, et ne cherchait pas à la connaître. Pour lui, elle était le énième de ces mannequins qui hantaient les médias. Il découpa la page avec précaution, reposa les ciseaux, et la hissa des deux mains jusqu'à ses yeux las. « Qu'est-ce qu'elles ont toutes à prendre ces poses ? » marmonna-t-il, accentuant son étude. On imagine le plaisir jouissif de l'auteur qui embarque le lecteur dans une fausse direction, avant d'obliger ce dernier à bifurquer sur une autre piste. Roland Sadaune possède cet art. Quand vous rajoutez la chute imparable, on tire son chapeau ! Une nouvelle haletante dont on ne démord pas avant d'avoir lu la fin ! EXTRAIT Le bruit de crécelle s'amplifiait de jour en jour, jusqu'à installer un fond sonore permanent à l'intérieur de son F2 situé au dix-huitième et dernier étage de la tour. Comme si on avait installé une éolienne au sommet de son gratte-ciel. Ça bourdonnait dans sa tête. Il savait d'où provenait ce boucan lancinant et se promettait d'y remédier, mais la hantise d'une panne d'ascenseur l'incitait à limiter ses sorties. Aucune alternative. L'immeuble se détériorait, à l'image de la cité Paul-Cézanne. La société tombait en décrépitude, et son existence coulait par le fond. 13h30. Il débarrassa le plateau-repas, encombra un peu plus l'évier, puis se dit qu'il était temps de passer aux choses sérieuses. A PROPOS DE L'AUTEUR Huitième enfant d'une mère polonaise, Roland Sadaune se passionne de littérature policière dès l'âge de 13 ans. Après une adolescence passée dans le brouhaha d'une usine et la solitude d'un hôtel, il corrige l'erreur d'aiguillage en plongeant dans la peinture. Il mène alors de front vie professionnelle et vie culturelle. Puis sa carrière d'artiste peintre s'impose, ce qui ne l'empêche pas d'entreprendre l'écriture d'un ouvrage policier. Essai qui se voit transformé par une trentaine de romans et le double de nouvelles. Ancien membre du bureau de l'association 813, il participe à des revues de genre. Outre des illustrations ponctuelles, il propose 3 expositions picturales sur le thème du Polar. Son joker préféré est le cinéma. En salle, car l'été on y est au frais, et l'hiver on s'y sent bien. Il apprécie le ludisme noir qui fait rire jaune.

  • Eva

    Roland Sadaune

    • Ska
    • 24 Septembre 2019

    Samo, le taulard, gamberge au volant de ses bagnoles en rêvant d'Eva...
    Eva la Capsule est presque aussi bien roulée qu'une bagnole. Si je devais la comparer à la mécanique, je choisirais peut-être le Ford Quadricycle de 1896 10x190 pour les fines attaches de son cou et de ses bras, et la Chevrolet Impala SS de 1963 4x240 pour son corps racé, ses...
    Dire que par ma faute, une embrouille à la con, à force de faire cavalier seul et de truander les méga-nuls de Soho, j'avais failli perdre ma star.
    On ne présente plus Roland Sadaune, auteur d'une foultitude de nouvelles et de romans dont le lectorat est constitué de fidèles. Avec Eva, il nous montre tout son talent roublard. Il nous embarque aux States en compagnie d'un drôle de gus, brouillant les pistes avec maestria.

  • Brûlant devant

    Roland Sadaune

    Les tribulations sexuelles conduisent le héros au cimetière de la passion amoureuse.

  • Que cache le dossier MISERY95, lié aux meurtres de SDF dans le Val-d'Oise ?
    Val-d'Oise, au centre d'un tsunami social annoncé l'OPJ Omar Ling s'intéresse au dossier MISERY95 concernant des homicides perpétrés sur des SDF. Il est hanté par sa séparation d'avec sa concubine, l'étrange disparition d'une collègue et aussi l'agression sur un indic. Progressant en parallèle, policier et killer finiront par se rencontrer... au bal du diable. « On combat pas la précarité en supprimant les pauvres... Pour moi, c'est quelqu'un qui hait les exclus ».
    Accompagnez l'OPJ Omar Ling dans cette enquête policière à suspense tissée d'agressions et d'étranges disparitions, dans ce roman qui dénonce l'impact de la précarité et de l'exclusion sur la société.
    EXTRAIT
    Trois morts étranges plus un marginal et une aide-ménagère assassinés et un indicateur à l'hôpital, et lui Omar Ling, agressé violemment. Un lourd tribut.
    Après sa virée à Auvers, l'entretien avec Charlie en plein air l'avait anéanti. La douce chaleur du domicile le requinqua. Il prépara du café, prit un Advil 400 contre ses maux de tête et ouvrit un paquet de biscuits. Peu après il reposa la tasse vide sur la table et ouvrit Le Monde acheté sur le trajet du retour de Cergy. Il y était question de :
    UN AUTRE SDF ASSASSINÉ DANS LE VAL-D'OISE.
    Un dénommé Michel Vagerit, 53 ans, veuf, une fille, originaire des Yvelines, découvert à Auvers-sur-Oise le matin même. Les hommes de la brigade criminelle étaient sur les dents. En voudrait-on à une population stigmatisée depuis longtemps ? Rien de plus sur le SDF n° 3 comme le qualifiait dorénavant Ling, persuadé qu'il y aurait d'autres victimes. Il feuilleta les pages intérieures du quotidien, s'attarda sur un article qui rappelait le meurtre de Louise Raquin, sans nouvelles informations. Il avala un énième biscuit, sourit de l'allusion à la crim' car les effectifs actuels ne permettaient plus de mobiliser le nombre de personnes nécessaire.
    Il s'apprêtait à se servir un autre café lorsque son portable vibra. Il fondit dessus, écrasa la touche d'appel. Le brigadier-chef Duroy avait fait diligence. Il était passé par le SIV, système d'immatriculation des véhicules, et avait obtenu ce qu'il souhaitait. Le véhicule repéré par Dali à proximité de la Maison de l'Île d'Auvers, sa présence à la gare de Cergy-Préfecture confirmée par Charlie, était un Volkswagen type Crafter 30 Van court. Le titulaire du certificat était un nommé Fargot Kevin domicilié rue du Pilori à Boran-sur-Oise 60. Téléphone et profession n'étaient pas mentionnés.
    À la demande de Duroy concernant les raisons de cette recherche et la destination des résultats, Ling donna une réponse évasive puis changea de sujet en demandant des nouvelles de leur cher commissaire Santi. Ce dernier n'était plus à prendre avec des tenailles. Ling remercia, se défaussa de nouveau quant aux instructions se rapportant au nouvel homicide, remercia et mit fin à l'entretien.
    Les événements s'accéléraient. Chacun d'eux, dans sa spécificité, était structuré, réfléchi, mais une fois l'ensemble réuni ça devenait délirant. Il grilla une cigarette.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Né à Montmorency, Roland Sadaune se passionne de littérature policière dès l'âge de treize ans. Après une adolescence passée entre usine et hôtel, il corrige l'erreur d'aiguillage en plongeant dans la peinture. Sa carrière ne l'empêche pas d'entreprendre l'écriture d'ouvrages policiers. Précurseur du Polar - 95 avec Auvers d'Oz et Val-d'Oise rouge, ancien membre du bureau de l'Association 813, il participe à des revues et propose une exposition, Palette Noire.

  • De bar

    Roland Sadaune

    Pianiste de bar est un métier qu´on ne peut aimer qu´à la folie...








    DEBAR, C´EST MON SURNOM. Je suis saxophoniste occasionnel, guitariste à mes heures et pianiste de vocation. Un type en « iste » comme dans lampiste. Bref, un employé subalterne du Stringate. Un point de suspension précédant le mot bar...







    A force de nous seriner, soit on tire sur le pianiste, soit on l´enferme. Roland Sadaune s´adonne à son genre favori : la nouvelle noire, tantôt picturale, tantôt musicale, pour le plaisir des lecteurs.

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