• Tout un versant des travaux de Murray Bookchin s'est attaché à théoriser les différents aspects d'une organisation politique communaliste - une démocratie directe locale et confédérée -, qu'il appelle dès 1972 le « municipalisme libertaire ».
    Aux origines de ce projet politique, pour lequel il est reconnu, on trouve de nombreux textes relatifs à l'écologie et à la philosophie environnementale, qui font l'objet de ce recueil.
    Ces testes, principalement issus d'Ecology of freedom (1982) et de The Philosophy of social ecology (1990), ont cherché à établir une critique des relations des sociétés humaines avec leur environnement. Ce projet implique une archéologie de la domination, l'élaboration d'une philosophie de la nature, l'exploration des conditions et des formes de la liberté, des réflexions sur une technologie au service de la vie, une décolonisation des imaginaires, etc.

  • Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.

  • Raréfaction des ressources, extinction des espèces, dérèglement climatique : la nature est en crise. Le mouvement écologiste l'est tout autant : ses idées, privées de leur tranchant, ont été détournées par les gouvernements et les industriels pour tenter de retarder le désastre tout en générant de nouvelles sources de bénéfices.
    Dans un tel contexte, la pensée de Murray Bookchin, qui en appelle à un changement de vision globale, se révèle essentielle : on ne pourra pas faire disparaître la domination de l'humain sur la nature sans éliminer celle de l'humain sur l'humain. L'écologie doit donc se faire sociale si elle veut s'attaquer aux causes profondes des bouleversements actuels, que sont la production et l'échange pour le profit, le gigantisme urbain et technologique, et l'assimilation du progrès aux intérêts des entreprises.
    Les textes réunis ici, majeurs dans l'oeuvre de Bookchin, exposent son écologie sociale, dans sa théorie comme dans sa pratique « municipaliste libertaire », qui passe par la démocratie directe et la reprise en main de nos conditions d'existence. Ils déploient aussi toutes les implications éthiques et même esthétiques de ce projet politique, depuis la respiritualisation du travail jusqu'à l'établissement d'une nouvelle sensibilité et d'une nouvelle façon de vivre, un apprentissage continuel de la vertu et de la décence pour résister à la corruption sociale, morale et psychologique exercée par le marché et son égoïsme débridé.

  • Depuis plus de quinze ans, la brochure Pour un municipalisme libertaire est l'un des textes les plus diffusés de l'Atelier de création libertaire. Pour nous, la raison en est simple ? : un certain nombre de libertaires - ainsi que des personnes s'intéressant à un engagement conséquent dans une politique du quotidien - trouvent dans les propos de Murray Bookchin des idées leur permettant d'avoir, non pas une réponse, mais quelques pistes pour bousculer les a priori.
    D'un côté, celui qui déclare la démocratie morte ou, pour le moins, très ankylosée, et, de l'autre, celui qui affirme n'y avoir plus d'espace dans nos villes, dans nos quartiers, pour une politique libertaire du quotidien... Murray Bookchin (14 janvier 1921-30 juillet 2006), militant et essayiste américain, est considéré comme l'un des plus importants penseurs de la nouvelle gauche aux Etats-Unis. Fondateur du concept d'écologie sociale, il a influencé non seulement les milieux écologistes et libertaires nord-américains, mais aussi européens et dans d'autres régions du monde, comme les Kurdes de la région du Rojava en ce début de XXIe siècle.
    Postface de John P. Clark : "De la théorie à la pratique : des assemblées communales et autres institutions horizontales et démocratiques".

  • La domination qu'exercent les riches sur les pauvres, les hommes sur les femmes, les vieux sur les jeunes, se prolonge dans la domination que les sociétés fondées sur la hiérarchie exercent sur leur environnement. Et de même que ces relations de domination aliènent les personnes - c'est-à-dire détruisent ou réduisent leur potentialité humaine - , de même ces sociétés hiérarchiques détruisent la nature. Mener une politique écologique appelle donc une mutation des rapports politiques au sein de la société : « protéger la nature » suppose l'émancipation sociale.

  • Enfin traduit dans son intégralité en français, voici l'un des plus influents ouvrages de l'intellectuel étatsunien et une référence incontournable pour comprendre les origines théoriques de la notion d'écologie sociale. Pourquoi relire ou découvrir Murray Bookchin (1921-2006) aujourd'hui et plus particulièrement cet ouvrage de 1971 ? D'abord parce que c'est dans ce recueil de textes qu'il pose les premiers jalons de ce qu'il allait conceptualiser plus tard sous l'étiquette d'« écologie sociale ». Mais surtout parce qu'on y trouve une verve utopique qui fait grandement défaut à l'heure actuelle, nous rappelant que d'autres voies sont envisageables pour définir les règles du vivre-ensemble. La société que Bookchin s'attelle à imaginer est un système économique fondé sur les concepts d'écologie sociale, de municipalisme libertaire et d'abondance. Cette abondance correspond à une société dans laquelle l'être humain a amplement les moyens de satisfaire ses besoins d'existence pour se consacrer à l'assouvissement de ses désirs réels. Précurseur sur le front des énergies renouvelables et des technologies permettant de réduire la pénibilité du travail, il y soutient que les sociétés post-industrielles ont le potentiel de muer en des sociétés d'abondance à même de favoriser l'accomplissement des potentialités sociales et culturelles latentes dans les éco-technologies. Dans ce recueil, Murray Bookchin combine sa vision anarchiste et écologiste avec les potentialités prometteuses d'une ère d'abondance. Dépassant l'économie politique marxiste, ancrée dans une ère de pénurie matérielle, Bookchin soutient que les outils nécessaires pour une auto-organisation de la société ont largement été développés et que, combinés avec la perspective écologique, ils ont grandement modifié le paysage révolutionnaire.

  • L'origine des actuels déséquilibres environnementaux menaçant la survie de la planète et de l'espèce humaine elle-même. Il ne suffit pas de limiter notre impact sur l'environnement en diminuant les émanations toxiques, en consommant moins de papier ou en brûlant moins de pétrole. Il faut refaire une société écologique fondée sur une véritable démocratie, contrôlée à la base par les citoyens plutôt que par les prétendues élites.

  • La révolution à venir ; les assemblées populaires et la promesse de la démocratie directe Nouv.

    « De nos jours, la politique se résume à une course aux mandats électoraux, où des partis hiérarchisés et bureaucratiques se battent à grands coups de programmes de «justice sociale» ineptes qu'ils brandissent à chaque campagne pour capter un «électorat» quelconque. Une fois aux affaires, leurs programmes dégénèrent en autant de «compromis». À cet égard, la plupart des partis verts d'Europe n'ont été que marginalement différents des partis parlementaires traditionnels. Les partis socialistes, quels que soient les noms qu'ils se sont donnés, ne se sont pas non plus montrés bien différents de leurs adversaires capitalistes. Ainsi, la déprimante indifférence de l'opinion publique européenne et américaine - son caractère «apolitique» - est bien compréhensible : ne s'attendant pas à ce que leur bulletin ait beaucoup d'effet, les gens qui votent se tournent généralement vers les partis bien établis car, en tant que centres de pouvoir, ces derniers semblent en mesure de produire des semblants d'avancées dans des domaines concrets. Quitte à voter, raisonne-t-on, pourquoi gaspiller son bulletin pour une organisation marginale alors qu'elle présente toutes les caractéristiques des organisations d'envergure et que, si jamais elle rencontre le succès, elle finira elle aussi par se corrompre ? » Pendant plus de quarante ans, Murray Bookchin a imaginé une politique de gauche qui s'appuierait sur des assemblées populaires et répondrait ainsi aux aspirations démocratiques de la population. Son travail a influencé un large éventail de penseurs politiques et de mouvements sociaux.
    Avec un avant-propos de l'autrice des Dépossédés, Ursula K. Le Guin, La Révolution à venir rassemble pour la première fois les essais de Bookchin sur la liberté et la démocratie directe, offrant une vision politique audacieuse qui vient alimenter la discussion à un moment où la question du renouveau de la démocratie est de plus en plus débattue.

  • La civilisation industrielle est en train de détruire la Terre ; le nier, c'est subir la domination d'une idéologie dont l'ambition est d'annihiler le vivant ou de le réduire en esclavage. Ce recueil de textes porte sur le changement de stratégie et de tactiques qui doit se produire si nous voulons construire une résistance efficace. Il y est question d'interposer nos corps et nos existences entre le système industriel et toute vie sur la planète. Il y est question de contre-attaque.

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