• Elle se prénomme Jeanne-Isabelle, et elle est au coeur de ce roman. Tout commence par la découverte, dans la maisonnette de son père, d'une malle renfermant deux manuscrits inédits plutôt troublants. Deux textes très différents, tant par le contenu que par le style, mais entre lesquels existent des liens étroits. Deux récits qui excitent d'autant plus la curiosité de Jeanne-Isabelle que l'un d'eux s'inspire de sa propre vie. Mais le plus étonnant n'est pas là, car ce roman énigmatique nous réserve bien d'autres surprises et de multiples rebondissements. Quand le bonheur se fait chagrin est une comédie de moeurs qui fait la part belle aux sentiments, et où de fringants jumeaux occupent une place majeure. Un roman aux allures de polar, mené tambour battant, qui ne lésine pas sur les émotions. Un texte écrit dans une langue tantôt moderne, tantôt classique, tour à tour poétique et jubilatoire. Qui plus est, ce livre, subtilement construit, laisse entrevoir les dessous de l'intrigue et les ressorts de la création littéraire. Il s'ensuit une histoire passionnante avec un suspense qui ne se dément jamais. On y croise des êtres attachants et des individus déplaisants, des amours échevelées et des destins contrariés. C'est captivant jusqu'à ce funeste dénouement pas vraiment dramatique pour tout le monde.

  • Le train de 19 h 05 quittait lentement la capitale sous la protection de hauts immeubles aux fenêtres lumineuses. Plongée dans la pénombre d'un morne automne, la voiture n° 17 respirait la tristesse.
    Dans moins de quatre heures, je serais chez moi, parmi les miens, dans ma Vendée natale. Je faisais le voyage chaque mois. Le plus souvent seul. D'ordinaire, je m'intéressais peu aux passagers, pas même à la personne assise à mes côtés. Le journal Le Monde me tenait compagnie
    jusqu'à Angers. Un livre de poche prenait le relais. Il m'arrivait de reluquer des femmes qui me plaisaient, plutôt des brunes puisque je suis blond. La réciproque devait être vraie. Je pensais parfois à la rencontre fatale, celle qui chamboule toute une vie. Jusqu'à aujourd'hui, rien de sensationnel ne s'était produit.
    Cinq minutes après le départ, venue d'une autre voiture, une jeune femme prit place à ma gauche. Immédiatement, j'eus envie de lui adresser la parole. Elle fumait une gitane sans filtre.
    Début de la nouvelle intitulée " Coup de foudre ".

  • Dans les années 80, Jean-Pierre Raison a connu une longue période de chômage. En 2015, il revient sur ce passé douloureux à travers un témoignage stupéfiant. Mais, au lieu de nous faire revivre son vécu sous la forme d'un récit autobiographique, il nous propose - après l'avoir remanié - le texte qu'il a écrit « sur le vif », en 1984-1985, au moment le plus pénible de sa traversée du désert. Un texte mêlant acidité et tendresse pour exprimer la colère et la souffrance. Eh oui ! Lorsque le chômage s'éternise, le désarroi et le découragement sont tels que pour résister, garder la tête haute, ne pas sombrer, l'on est tenté de jouer avec le mal qui nous dévore, à donner libre cours à nos pulsions obscures, à s'autoriser toutes les audaces. Pour échapper au néant dans lequel il s'enlisait, Jean-Pierre Raison s'est raccroché à cette littérature flamboyante où les mots vibrent et les émotions éclatent. Ainsi a-t-il puisé dans ses tripes Quand j'étais chômeur, un ouvrage « dérangeant, hors du commun, super-original, impubliable certes, mais plus que prometteur », selon le grand éditeur Pierre Belfond (en 1985). Un texte qui était censé contribuer à sa rédemption et à son salut. Sauf que, malgré ou à cause de l'écriture, l'ex-cadre d'entreprise n'a jamais retrouvé le statut qui était le sien avant que ne survienne ce satané licenciement pour motif économique. Non content de se transformer en galère, cet accident professionnel aura ruiné sa carrière et bouleversé son existence. Triste consolation ou bonheur total, il lui aura aussi permis d'aller au bout de son destin, soit d'accomplir une oeuvre littéraire.

  • L'écriture est une drogue dure est un titre à prendre au premier degré, puisque l'homme dont on va parler y est accro au dernier degré. Enfant, Jean-Pierre Raison ne s'est jamais rêvé en écrivain. Vocation tardive, le goût d'écrire ne s'est emparé de lui qu'au régiment (à 25 ans !), pour ne plus jamais le quitter. Au fil du temps, sa passion pour l'écriture n'a fait que s'amplifier. Le phénomène a empiré, au point de tourner à l'addiction. Ce qui aurait pu n'être qu'un plaisir parmi d'autres, et un penchant assumé, s'est transformé en vice suprême, quasi irrépressible. Dangereux la vie d'artiste quand l'écriture devient drogue dure ! Jusqu'à prendre le pas sur tout, y compris sur le travail, pour faire de vous un chômeur de longue durée. Jusqu'à constituer une raison de vivre en concurrence avec la femme aimée. Jean-Pierre Raison en est à ce stade ultime quand, pour s'en sortir, sinon pour sombrer un peu plus, mais peut-être en beauté, l'idée lui vient de conter sa dérive en se racontant lui-même. De mettre ses tripes sur la table pour crever un abcès aux allures de tumeur. Ce livre pourrait s'intituler « Le cancer de l'écriture », car il y est question de rechute et de rémission, d'enfer et de damnation, de salut et de rédemption.

  • L'auteur nous entraîne dans une étrange affaire criminelle et nous invite à suivre le cheminement du commissaire dans sa reconstitution du puzzle qui compose ce roman.

  • 3e édition entièrement mise à jourL'Afrique subsaharienne, qui traverse une crise profonde, n'est pas une terre qui meurt, mais un continent qui change.
    Certes, son avenir est préoccupant : faiblesses économiques et politiques, famines et conflits, croissance démographique non maîtrisée, incertitudes climatiques, progression des épidémies... En quoi, cependant, cette crise exprime-t-elle et provoque-t-elle un changement ? L'ouvrage aborde cette question par une approche géographique des blocages de l'économie de rente et de la crise consécutive d'États inscrits dans une tendance démographique de long terme dont les conséquences sont considérables pour l'ensemble des structures sociales et spatiales africaines. Puis, il envisage les mutations des villes et des campagnes. Une économie de la survie, qui n'exclut pas la modernisation, s'est mise en place : les paysans assument leur croissance démographique, tout en contribuant à nourrir des villes dont les habitants sont à la recherche de nouvelles voies d'urbanité.
    Quant au foisonnement des encadrements, dont l'une des manifestations les plus spectaculaires est la prolifération du religieux, il a des incidences spatiales qui sont également envisagées.
    L'ouvrage conclut sur les problèmes d'intégration interne et d'insertion dans le système-monde d'une population qui devrait compter plus d'1,2 milliard d'individus en 2030.

  • Qui, mieux que Jean-Pierre Raison, peut nous parler de son maître en écriture, Edmond de La Vergnaie ? Ne fut-il pas son premier disciple, et son plus fidèle ami ? Il voyait en cet homme son père spirituel. Edmond et lui partageaient une même idée de la France. De cette France « d'avant » aujourd'hui décédée, si l'on en croit l'avis d'obsèques diffusé sur Internet, le 2 novembre 2008 : « Nous avons la douleur de vous faire part de la disparition de la France. Elle était originaire de la Gaule. Elle allait avoir 1 500 ans [...]. »
    Cette attristante nouvelle est le point de départ symbolique de l'ouvrage d'Edmond de La Vergnaie, intitulé L'ultime récital d'un écrivain maudit. Qui aurait pu croire que la France allait mourir ? Elle était aimée, respectée, généreuse, elle avait tout pour elle. Hélas ! au fil du temps, « notre cher pays » a beaucoup décliné. Edmond de La Vergnaie ne peut pas l'admettre. Il est trop entier pour se résigner et se taire. Alors, il s'insurge verbalement. Pour s'apaiser, sinon, pour se venger, il nous propose un texte drolatique et cinglant, émouvant et féroce, que certains jugeront démentiel. Mais, quel baroud d'honneur ! Et surtout, quelle verve !

  • Par la variété de ses usages, répondant à des besoins faondamentaux, l'eau constitue un bien de souveraineté, une source de conflit quand la ressource se raréfie, que les usages et les usagers se multiplient. La géopolitique fluviale est une géographie régionale qui se plaît dans les grands ensembles, mais ne s'y complaît pas.
    L'Afrique n'est certes pas un théâtre majeur des conflits hydropolitiques ; sur la part la plus sèche du continent, contre toute attente, les tensions restent modérées. Ce calme relève largement des crises économiques et politiques, du caractère limité et local des aménagements.
    Les cinq grands bassins étudiés ici appartiennent tous aux zones soudanienne et sahélienne : eaux rares, pluies faibles, population relativement dense circonscrivent les problèmes. De surcroît, à l'exception du Niger, les tracés fluviaux conduisent du mieux arrosé au plus sec.
    Cet ouvrage est réalisé par trois générations de géographes et historiens.

empty