• Moktar

    Jérémy Bouquin

    Le quartier Saragosse c'est le secteur de Moktar. Il y tient les barres d'immeubles, les avenues, la plaine de jeu, les commerces... Un véritable business à ciel ouvert, avec ses guetteurs, ses chefs de clans, leurs lieutenants. Tout ce petit monde s'est allié pour le trafic de came. Les alliances sont encore fébriles et il ne faut pas grand-chose pour allumer le feu. La ville est tenue jusqu'au jour où deux gosses se font faucher sous les balles d'une kalachnikov 7.62.

  • Manchette imaginaire, Manchette imaginé...
    Drôle d'exercice de style que cette évocation d'un homme singulier et de son époque, chargée de nostalgie, d'un vrai sens de l'inaccompli et du temps qui passe. Dans ce texte sensible, indiscipliné, désordonné parfois, méticuleux à d'autres instants, il y a un on-ne-sait-quoi de réellement touchant.
    À sa lecture, je n'ai pu m'empêcher de revoir mon père en esprit et je me suis dit qu'il n'y avait plus vraiment d'autre bonne façon de parler de lui que celle-là : en l'imaginant. Pendant vingt-cinq ans, comme le Jean-Baptiste Haymann du récit, je me suis laissé envahir par la poursuite d'une rencontre à distance, post-mortem, par une tentative incessante de dialoguer avec le souvenir en approfondissant ma connaissance de celui qui était parti. Simple manière de lutter contre l'absence, pour ne pas le perdre. Alors, l'imaginer, oui, car tout le reste est mensonge.
    Aujourd'hui, j'ai quitté le terrain et perdu l'envie d'en apprendre encore plus ou d'adopter la position du spécialiste, alors même que, de toute évidence et allons-y gaiement, je peux avancer sans risque que je suis sans doute le meilleur spécialiste au monde de Jean-Patrick Manchette... Ce n'est pas du tout cela que je recherchais, à vrai dire. L'essentiel pour moi était de continuer à le faire vivre, dans le coeur des lecteurs et dans leur bibliothèque. Sans fausse modestie, pari gagné, du moins pour un moment court encore.
    On apercevra dans ce récit beaucoup d'aspects de l'écrivain versatile et prolifique qu'était Manchette : observateur de son temps, chroniqueur, théoricien et analyste du roman noir, juge impitoyable de son exercice du métier d'écrivain, amateur du bel art et de la belle pensée, engagé sur le plan politique, d'autres choses encore. On s'imaginera aussi à quoi pouvait ressembler une rencontre avec le grand absent. Et il faut souhaiter que cette approche originale donnera à l'un ou l'autre lecteur l'envie de se plonger, si ce n'était déjà fait, dans les romans noirs de Jean-Patrick Manchette.
    Doug Headline 11/03/2021

  • Garry a roulé toute une journée pour arriver à La Meute, ce village dans le Jura, terre d'enfance où il n'a pas mis les pieds depuis plus de seize ans mais où il est venu chercher un refuge, où il pense que personne ne pourra le trouver. Avec lui il y a un gamin, un Yannis de huit ans qui n'est pas le sien. Et finalement il le retrouve, le chemin de la cabane, là où vit toujours le Vieux, avec son fusil et son chien. Est-ce que c'était une bonne idée, de revenir au début, de prendre le risque d'être rattrapé par le passé ?

  • Mémoire cash

    Jérémy Bouquin

    En plein Berry, le détective privé Jasper Zenderro se réveille sans aucun souvenir des jours passés. Cette terre rurale se révèle plus mouvementée qu'il n'y paraît : la veille, un père de famille a braqué une foule à la sortie de l'école, sous l'influence de la birette, fantôme berrichon. La clé de cet incident pourrait être le journal clandestin Réveillez-vous !, terreur des élus locaux. Sous couverture, en plein brouillard, Zenderro doit reconstituer son passé, identifier ses ennemis et résoudre le mystère lié à la fusillade. Dans une atmosphère éprouvante, il peut compter sur la tendre Monique, propriétaire de la chambre d'hôte qu'il occupe. Mais saura-t-il faire face à la sorcellerie berrichonne dont il est la cible ?

  • Remi Martingon est un journaliste d'investigation freelance, fatigué. Pour arrondir ses fins de mois il est nègre, « ghostwriter ». Il écrit pour les autres, à leur place. Cela fait plus de six mois qu'il aurait dû finir l'autobiographie d'un gendarme, René Courtois. Le flic était sur une enquête très médiatique : l'enlèvement d'une fillette qui n'a jamais été retrouvée. Déprimé, au bout du rouleau... Ce dernier vient tout juste de se suicider. Martingon est donc obligé de retourner sur les lieux pour y achever le manuscrit et pourquoi pas.... reprendre l'affaire.
    Comme les romans précédents, Le Nègre du flic n'est pas une suite de Règlements de contes ou du Printemps des barges, mais s'inscrit dans la lignée. On y retrouve l'univers, des références et certains personnages. Ce polar se déroule sur Blois, Vineuil et ses environs

  • Pour convaincre les Français des bienfaits des OGM, un lobbyiste végétarien se met en tête que c'est en province qu'il dénichera le porte-parole idéal... Le jeune homme quitte donc la capitale, accompagné de son chat, pour la France profonde au volant d'une somptueuse berline. Pour tout bagage : un sac bourré d'amphétamines ! Le matou peu sensible aux joies de ce voyage en terre inconnue sera le témoin de la cruelle descente aux enfers de son maître...
    Jérémy Bouquin signe ici un roman noir survitaminé. Bobo défoncé, communicante obsédée, politicien dépassé, garagiste littéralement déjanté, curieux matou... cette galerie de portraits ne déparerait pas dans un film de Tarantino. Mais attention le premier chat-pitre du livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. Certains amateurs de greffiers pourraient tourner de l'oeil.

  • Dans la prison de Tours, un détenu meurt dans des circonstances suspectes...
    Un roman noir avec pour toile de fond les milieux carcéraux et industriels tourangeaux. Tours, 14 août 2007, un prisonnier est retrouvé mort dans sa cellule. On pense immédiatement au suicide mais la soeur du défunt est persuadée qu'il s'agit d'un meurtre. Elle fait appel à Jasper Zenderro, un détective privé douteux. Elle lui révèle que son frère n'est pas tombé pour un petit cambriolage : il s'agissait d'un coup monté par un riche industriel. En effet, 10 ans plus tôt, son frère avait kidnappé le fils de ce dernier. Le détective commence son investigation, étonné que cette histoire n'ait pas fait plus de bruit. Petit à petit, il dénoue les fils de cette sombre histoire. Une enquête dangereuse et pleine de rebondissements commence.
    Suivez l'enquête périlleuse du détective Jasper Zenderro dans les milieux carcéraux et industriels de la ville, avec ce polar régional détonnant !
    EXTRAIT
    - Je ne trouve pas beaucoup de traces de cet enlèvement... peu d'articles, rien du côté des flics, quelques infos glanées ici et là... peu d'éléments.
    J'avais les yeux baissés sur mon cahier d'écolier. Mon rapport était déjà écrit, réfléchit, une lecture banale.
    Elle souffla un moment.
    - Ça ne m'étonne pas.
    C'était pas le genre de commentaire que j'attendais. Je cherchais une réaction plus nerveuse alors j'ai lancé l'offensive, une hypothèse :
    - Carveonne a tout fait pour étouffer l'affaire ?
    Objectif atteint : en entendant le nom de la victime présumée du kidnapping, elle a réagi. J'ai bien vu qu'elle en savait plus qu'elle ne le disait. Ces yeux ont éclaté d'agressivité.
    - Vous connaissez Filippe Carveonne ? enchaînais-je.
    La frangine s'est mise à tanguer sur sa chaise. Elle devait se croire sur le Titanic. Elle bouffait le peu de bout de peau qui dépassait encore de ses doigts. Ras le bol.
    Je voyais bien qu'elle me cachait des infos. Soit elle voulait me tester, soit elle ne me faisait pas confiance. Marée basse, elle décidait à reprendre le contrôle de l'embarcation. Elle m'a alors dévisagée. Elle n'en dirait pas plus.
    Silence.
    - OK.
    Je changeais de sujet temporairement. Quand les langues seront déliées, je relancerais ma carte Carveonne. J'avais l'habitude que mes clients ne me disent pas tout. La merde qui les entoure leur donne l'impression qu'elle peut les éclabousser à tout moment.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jérémy Bouquin, 38 ans, raconte des histoires, des polars surtout. Il est aussi réalisateur, président de l'Association tourangelle Les Tontons filmeurs, scénariste de BD (Le Privé) et animateur radio. Il vit à Montbazon.

  • Qu'est-il arrivé à Laurent, le bassiste du groupe punk à succès Vynille Rondelle ? Il a disparu du jour au lendemain alors que les musiciens étaient isolés en pleine campagne berrichonne pour préparer leur nouvel album
    Pour le remplacer, Kloé est recrutée. Mais la jeune femme ne se contente pas de son rôle officiel. Elle veut en savoir plus, quitte à prendre de gros risques, à la fois pour elle-même et pour sa carrière.

  • En panne

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 23 Novembre 2018



    Le coup de la panne peut être mortel. C'est que la dépanneuse a une bien curieuse manière de concevoir le dépannage.
    Le trait de Josselin Billard s'accorde parfaitement à l'écriture suggestive de Jérémy Bouquin. L'atmosphère nocturne, faite de froidure et de mystère, est excellemment rendue par le jeu des ombres et de l'ancrage noir et bleu. Avec La panne, la collection Graphique de SKA s'enrichit d'un opus exceptionnel.




  • L'art de la guerre

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 1 Juin 2016


    Dans l'art de la drague, le harcèlement n'a pas toujours pour auteurs des mecs relous...

    « Elle ouvre les bras, elle est nue, moi aussi, je m'approche. On s'embrasse. Je retrouve sa chaleur, je retrouve la douceur de sa peau, son corps. On reste collés un long moment. Elle me serre, on reste comme cela un long moment, puis elle s'écarte un peu :
    - On va devoir y aller !
    - Où ?
    - En formation. On va être en retard. »

    Il s'en passe des pas vertes et des très mûres dans les stages de formation professionnelle. Le vase clos est propice à la rencontre où les appétits sexuels se débrident. Le chasseur devient le gibier et réciproquement. Tout est affaire de stratégie, selon « L'art de la guerre » du chinois Sun Tsu.

  • Origami

    Jeremy Bouquin

    • Ska
    • 1 Mai 2021

    Dans la discothèque, des messages cochons chauffent les clubeurs...Tony le videur va devoir faire le ménage...


    [...] Je te propose un job... J'ai besoin d'un videur.
    Discothèque Vibration, La Châtre, pas loin de Châteauroux, Guéret, juin 1995. Maryse, elle tient l'établissement. C'est la gérante.
    Tony apprécie le petit bout de bonne femme, de la gouaille, un peu trop maquillée, la bonne quarantaine mais bien carrossée pour son âge. Elle pavoise avec un décolleté lourd qui attire le regard, des bagouses imposantes à chaque doigt, des ongles félins qui alternent le bleu turquoise et le rose fuchsia. Une fantaisie. Une diva de la nuit. Une grande dame d'après la rumeur du coin.
    Videur ! Il sait. C'est pour cela qu'il s'est pointé, elle lui annonce un salaire, huit mille francs par mois mais aussi un petit logement. Une aubaine pour Tony.
    La moitié au black, le reste, le fixe déclaré. Puis il y a les pourboires.
    Il s'en fout, ce qu'il voit c'est qu'on lui propose un boulot.
    Tony est fauché, dort depuis deux semaines dans une chambre de bonniche pour cinquante balles la semaine. [...]


    Jérémy Bouquin boxe son lecteur avec la même énergie que ses personnages picolent, cognent... et baisent. Son style punchy ne laisse pas respirer, les péripéties glissent sur un toboggan à toute allure. On ne lit pas, on dévale !

  • Vendredi 13

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 1 Septembre 2017


    À la recherche de Mona disparue dans une NoGoZone... une anticipation apocalyptique où l'activité d'un sex-boy-toy le dispute à celle d'un tatoueur au fer rouge...

    « Les lumières tournent sur deux corps. Un homme. Il danse avec une fille. Le spectacle attire. Lui vient entourer de ses bras la blonde aux cheveux tressés, il laisse courir ses mains. Elle est en maillot de bain, se laisse faire, lui commence à prendre ses hanches, la rapproche. Elle se laisse faire.Le duo se colle, se trémousse de plus en plus. Elle cherche alors ses fesses à lui, les deux se laissent un temps, puis elle va le chercher, sort sa... »
    Du Bouquin pur sucre, de la noirceur et du sexe hard, dans un style punchy à souhait. Confidence, on adore être secoué par ses histoires foutraques s'inspirant de l'air du temps et des pratiques déviantes d'une humanité sans repères.

  • BOUQUIN, la compil

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 1 Février 2017


    Un bon Bouquin, ça mérite qu'on en redemande ! Alors cette compil' est la bienvenue...

    « Augusto est là. Posé à sa table. Il déguste un jus. Un noir, serré, pur arabica, sans sucre. Il s'en balance une dizaine dans la journée. Il passe ses journées au turbin, là, dans ce rade. Il n'a pas de boulot officiel, pas de vie, pas de compte en banque. Augusto ressemble à un maquereau. Il a tout de ces gars qui tiennent les putains sur les trottoirs. Godasses à dix mille. Cheveu ravalé, gominé, gras, la petite moustache, le pantalon moule bite, la veste en cuir et une chemise noire ouverte sur un torse imberbe. Une tapette. »
    Jérémy Bouquin s'impose au fil de ses publications, ses nouvelles noires radicales éditées chez SKA réunies dans cette compilation illustrent son talent...

  • Echouée

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 1 Avril 2016

    Echouée sur une aire d'autoroute, elle soulage les hommes jusqu'au jour où la femme-épave se rebiffe...
    « Myriam se tord un moment, la gamine, elle a vingt et un ans, tout au plus. Elle apprend la vie. C'est un peu un bébé. Pour elle, je suis « Mammy Branlette » ! Rien de plus, rien de mieux. Une putain de l'autoroute, un personnage burlesque, pittoresque du coin. Une permanente du secteur. Un fantôme un peu glauque de la route droite. « Qu'il repose en paix ! » laisse alors échapper la gamine. Elle ressasse la phrase de la nécrologie : « Qu'il repose en paix ! » Là, je me bloque. Je me braque, même ! « Non ! »
    />
    Le pouvoir suggestif de la prose de Bouquin, le bien nommé, est efficace comme un uppercut au menton. Ça galope, ça cogne ! Le comble? Comme un maso, on en redemande.

  • Taxi girl

    Jeremy Bouquin

    • Ska
    • 23 Décembre 2018




    Le périple nocturne d'un taxi transportant une « youtubeuse » du X...


    Clem revient enfin. Elle fait signe à un gars en short, un gros moche, qui semble tout émoustillé. Elle claque la portière.
    - Démarre, elle s'écrase d'un coup. Les jambes écartées, le dos cambré, elle est épuisée. Mais satisfaite.
    Je décolle, roule lentement, je laisse un temps :
    - Pourquoi tu fais tout cela ?
    « C'est sponsorisé ! »
    « C'était chouette »
    Elle a acheté des nouilles. C'est chaud, elle ne mange pas, elle me refile la barquette en aluminium tiède.
    Pas faim.


    On sillonne la ville. Il est minuit.
    Bouquin, c'est Bouquin ! Un alcool qui t'arrache la gorge, un direct au plexus qui te coupe le souffle. Le lire risque de vous malmener, mais au pays du noir, ça vaut le voyage...




    Taxi girl,

    Jérémy Bouquin, nouvelle, collection Noire Soeur, 2.99 EUR



    9791023407518



    , prostitution, tweeter, réseaux sociaux, youtubeur

  • L'archange

    Jérémy Bouquin




    Leur redonner un brin d'humanité, leur dispenser du plaisir avant le grand saut dans l'au-delà, tel est son sacerdoce.


    JE M'APPROCHE. Je me présente devant elle. Je la regarde. Ses yeux répondent.
    - Je m'appelle Gabriel.
    Je prends sa main droite, fripée, gelée.
    - Vous avez froid ?
    Sa lèvre inférieure gercée tressaute. Un effort terrible. Son visage est creusé par la fatigue, plissé par les souffrances.
    - Vous savez pourquoi je suis là ?
    Son index remue, sa main que je serre tremble. « Elle vous attend » ont gloussé les filles de l'accueil.


    L'auteur aborde dans cette fiction un sujet éminemment délicat : la sexualité des personnes âgées. Le plaisir des sens ne peut-il enjoliver ces petits instants d'avant le grand basculement ? Un texte marquant une grande attention à l'humanité souffrante autant qu'une certitude que c'est « ici et maintenant » que la vie s'exprime.

  • No limit !

    Jérémy Bouquin

    Boxe et voyeurisme, les filles s'affrontent nues, les poings en avant et la rage à la bouche.
    En « girl fight » tous les coups sont permis, frappe de pieds, de poings, de coudes. Viser dans le nez, la tête, les genoux. Tu dois faire mal, casser, broyer ton adversaire.
    Pas de gant, aucune protection.
    La mort est autorisée. Le risque, c'est un plus pour les malades qui paient cher pour se rincer l'oeil.
    Faut être vicieuse. Faut être une tueuse !

    Dans un monde blasé, l'excès fait florès. Les combats de l'extrême font partie de la panoplie apte à exciter l'idée de meurtre par procuration. Si en plus on peut assouvir son plaisir de voir des filles nues au cours d'un combat sans merci, le girl fight est en cette occurrence un must. Pas d'hypocrisie, Jérémy Bouquin nous installe au premier rang pour admirer les « cogneuses ».

  • Phone sex

    Jérémy Bouquin

    L'oreille est une zone hautement érogène quand la voix à l'autre bout du fil y dépose vos fantasmes.
    J'OUVRE MA VESTE, je tire sur un bouton. Puis un autre. J'ai vraiment très chaud, Michel. Je retire mes chaussures. Je pose mes pieds nus sur votre tapis. Je peux m'asseoir ?
    Elle saccade sa description, prend son temps, marque des pauses.
    Silence.
    Les accents d'une voix humaine au téléphone peuvent enflammer votre imagination et vos nuits. Un client disposé à la bagatelle à distance veut percer l'anonymat de la voix qui l'envoûte. Un suspense signé Jérémy Bouquin.

  • Cinq à sexe

    Jérémy Bouquin



    Les chemins des plaisirs clandestins sont pavés de surprises, bonnes ou... mauvaises.

    Je suis abonné au « 333 club » depuis deux ans. J'ai juste rempli un bulletin d'inscription, un soir. La cotisation est de mille euros par an. J'ai craqué un vendredi soir, c'était l'hiver. Je me souviens encore, il neigeait.
    Je venais d'en parler à un collègue. Un ami.
    Je me suis inscrit sur un site internet.
    J'ai donné un pseudonyme : Tristan. Je suis hétéro.
    Mes goûts ? Étonnement, je ne suis jamais posé la question...
    Jeune... mature, petits, gros seins, grande, moyenne, noire, arabe.... Je ne sais pas vraiment. Je coche un peu au pif.
    Attentes particulières ?
    /> Sodomie, fétichisme, exhibition.... Je reste assez traditionnel, peur de l'inconnu.
    J'ai tout de même hésité. Si je n'étais pas à la hauteur.
    Suivant.

    Jérémy Bouquin , auteur de plusieurs polars, a rejoint SKA pour nous donner un Culissime bien ficelé et très évocateur des fantasmes d'un couple occidental en quête de nouveautés.

  • Max

    Jeremy Bouquin

    • Ska
    • 26 Octobre 2018

    Un ado à la dérive embarqué dans une histoire de truands qui le dépasse...

    Le jeune s'est présenté ainsi : pouilleux, crasseux. Seize ans à peine, il attend, planté en plein milieu de la salle. Il a un accent qui roule, un accent de loin, avec des échos de guerre dedans.
    Le restaurant est petit, à peine une dizaine de tables, la moquette rouge est usée, les murs défraîchis couverts d'un papier peint verdâtre.
    Paulo, le patron, désigne du bout du doigt l'écriteau en carton brun : Fermé.
    - Je sais pas lire, qu'il bafouille.
    Le vieux ne s'attendait pas à cette réponse. Il pose ses lunettes sur la table et plie son journal à la page des sports. Il jauge ce gosse. Il a le regard sombre, l'oeil agressif. Il gratte sa moustache épaisse.
    Pâlichon, maigrichon, claque des dents. N'a pas mangé depuis des jours. Il tousse gras, beaucoup. Son visage est creusé, il semble malade.
    - Tu sais écrire ?
    Max ? Un môme paumé que la dureté des temps tarabuste, mais il y a toujours une lueur d'espoir dans le regard d'une fille... Jérémy Bouquin pose le décor de l'histoire et décrit les relations des personnages avec justesse. Le rythme et le ton transcrivent l'atmosphère du vécu contemporain d'une certaine jeunesse déboussolée.

  • Nickel

    Jérémy Bouquin




    Un nettoyage radical s'impose quand les grands de ce monde laissent derrière eux les traces de leurs excès.
    DU SANG. BEAUCOUP. Partout. Brun, coagulé, gras, croûté, collé à la moquette.
    Elle frotte, gratte, rouspète en silence. Elle s'énerve sur sa bâche. Sandra tend le Polyane, tire le film sur la belle moquette anthracite en pure laine vierge. Elle couvre l'essentiel.
    Elle fait rouler le cadavre sur le côté, glisse le plastique, puis bascule le macchabée de l'autre côté pour tirer et tendre la bâche souple.
    Une experte !


    « Nickel ! » En effet, il ne reste absolument rien après le passage de Sandra « nettoyeuse » très spécialisée.

  • Juste un weekend

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 1 Octobre 2016


    Un embrasement des sens, le temps d'un weekend, méritant d'être couché par écrit...

    « J'ai presque pas dormi. Karl était calé dans mon dos, sa main entre mes seins. Je sentais son souffle chaud dans ma nuque, sa respiration régulière. Nous deux nus, notre première nuit, son corps chaud, ses cuisses collées à mes fesses, son ventre contre mon dos. Une sensation de douceur... » - C'est l'un de mes souvenirs les plus précieux, qu'elle me lance. Je l'écoute. Je note quelques mots. Elle me décrit la scène avec ces mots, beaucoup d'embarras... »

    On imagine Bouquin prenant des notes pour restituer cette histoire avec son style punchy qui fait merveille. Un bien belle idée de cadeau à faire à son amant pour fixer en mémoire le bonheur érotique vécu juste un weekend...

  • Bob

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 1 Janvier 2016

    Piégé par une masseuse à domicile, son voyeurisme lui coûtera beaucoup plus que prévu...
    « Bob pose deux verres sur la table basse, débouche maladroitement la bouteille. Le bouchon manque de lui échapper. Il arrose le plancher. Elle pouffe. Cela détend un peu l'atmosphère. Puis, il dévisage sa « masseuse ». Rebecca. Pas l'actrice, plutôt une femme petite, de larges hanches, de belles jambes. Pas un canon de beauté, mais elle est mignonne. Un maquillage léger, des cheveux tirés en arrière, longs, châtains, épais. Bob dépose le verre sur la table basse. Lui s'assoit dans le fauteuil en face. Rebecca le remercie. Elle avale une gorgée. Le mousseux est dégueulasse, acide, une piquette. « J'aimerais être payée avant », signale Rebecca. »

    En quelques phrases courtes, sèches, Bouquin a l'art de vous trousser une histoire de sexe où la noirceur de ses personnages se révèle, même à poil...

  • Boudin

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 1 Février 2016


    Raffinement suprême pour les amateurs de boudin, s'offrir une « saignée » bien gore.

    « - Vous la connaissez ? Il me fait. Je braconne depuis des années ! Je suis un des meilleurs chasseurs du coin. Un charcutier hors pair et il doute encore ! Je soupire. Monsieur Joseph juge un moment ma réaction. Je ne vais pas m'abaisser à lui répondre.
    - Je veux du boudin ! Un beau boudin noir.
    Je sais, je lui fais. Trois fois qu'il se répète. Il radote Monsieur Joseph. Et je veux voir la bête. Je sais ! Décidément. Quand ? Il s'impatiente. Je reprends ma photo. Je la fourre dans mon blouson. Demain soir ? Il accepte. Je lui donne alors l'adresse, celle d'une cave planquée dans le coeur d'une zone pavillonnaire. »
    Le rythme et la texture de cette écriture noire vont si bien avec le boudin de même couleur que c'est à vous couper définitivement l'appétit.

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