• Nous sommes à la veille de 1900, au moment où décadentisme et anarchie se donnent la main pour conduire le siècle à sa fin. Georges Randal, un jeune homme de bonne famille, orphelin ruiné par un oncle indélicat, lorsque le temps est venu de prendre une situation, décide de se faire voleur. Pourquoi ? Comme ça. Pour rien. Pour dire non à la société, à la bourgeoisie, à l'ordre, aux socialistes qui se trémoussent sur l'estrade et aux moralistes qui tirent la chasse d'eau des larmoiements humanitaires.
    En somme, Randal, en bon nihiliste, dit non à tout et aux voleurs eux-mêmes : « Je fais un sale métier, c'est vrai ; mais j'ai une excuse : je le fais salement. » Pas tout à fait. Car il y a chez notre voleur un peu du dandy baudelairien, un peu d'Arsène Lupin mâtiné de Jarry et d'Alphonse Allais. Et un goût intact, presque virginal, de la révolte, un coeur sensible et bon, « trop bien battant, disait Breton, pour ne pas heurter en tous sens les parois de la cage ».

  • Biribi

    Georges Darien

    "Biribi" de Georges Darien est un roman contre les bagnes militaires d´Afrique du Nord. Tiré de l´expérience vécue de l´auteur dans le camp disciplinaire de Biribi, c´est une charge féroce, désespérée contre l´administration militaire, la cruauté institutionnalisée et la veulerie de la société qui tolère que l´on torture. Au moment où Les Editions de Londres écrivent cet article de blog sur un livre dont la publication causa bien des remous et conduisit quarante ans plus tard le journaliste Albert Londres à enquêter à son tour puis publier "Dante n´avait rien vu", ce qui amena enfin à la fermeture du bagne, deux candidats républicains déclarent qu´ils réintroduiraient le « waterboarding », donc la torture, s´ils étaient élus.

  • "Bas les coeurs!" de Georges Darien est un règlement de comptes, comme la plupart des romans de Darien. Cette fois-ci, notre auteur anarchiste, libertaire, libre-penseur, règle ses comptes d´enfant avec la société française qui perdit la guerre contre les Prussiens en 1870. C´est le roman de la bêtise. Ici, la bêtise commence avec un B majuscule, comme la bourgeoisie dont il est question, veule, combinarde, népotiste, insensible, égoïste, arrogante. C´est une des plus féroces attaques de Darien, justement, parce qu´il se laisse moins aller à sa verve naturelle que d´habitude. Attendez, ça viendra.

  • " Que l'imbécillité des Riches, qui digère, et l'imbécillité des Pauvres, qui bâille, cessent d'exister.
    Quant aux saltimbanques du patriotisme, de la fraude, de l'ignorance galeuse et de la trahison, quant aux cabotins du libéralisme à menottes et aux figurants de l'honnêteté à doigts crochus, quant à toutes les fripouilles qui chantent l'honneur, la vertu, les grands sentiments et les grands principes, il est simplement monstrueux qu'ils aient l'audace d'élever la voix. Il faut qu'ils soient bien convaincus, vraiment, que l'échine des Français est faite spécialement pour leurs goupillons, religieux ou laïques, toujours emmanchés d'une trique ; il faut qu'ils soient bien persuadés qu'on ne rendra jamais son véritable caractère à la frauduleuse légende révolutionnaire derrière laquelle ils s'embusquent : il faut qu'ils aient une foi profonde dans l'éternel aveuglement du peuple pour venir, après tous les désastres qu'ils ont essuyés, agiter leur drapeau de vaincus et se poser en sauveurs ; pour oser parler à la France de son avenir et de sa mission.
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  • "L´Épaulette" est un roman de Georges Darien écrit en 1901. Les Editions de Londres vous en parlent souvent, de Darien ; mais pourtant c´est vrai, si la vie de notre site en dépendait, nous ne pourrions citer de roman aussi injustement méconnu, parce qu´il est tout bonnement exceptionnel. L´Épaulette raconte l´ascension sociale d´un militaire arriviste et couard à travers les propos et le regard désabusé de son fils. C´est une peinture féroce de la fin du 19ème siècle français, une époque corrompue, hypocrite et injuste. C´est à télécharger et à lire absolument.

  • « L'Ennemi du peuple, extraits choisis » est un recueil d'articles tirés de la plume de Georges Darien et publiés dans l'éphémère « L'Ennemi du peuple » en 1904. "L'Ennemi du peuple" est un journal anarchiste ou libertaire créé et dirigé par Emile Janvion et dont le nom, inspiré de la pièce de Ibsen, fut l'idée de Georges Darien. «L'Ennemi du peuple » était un bimensuel qui parut du 1er août 1903 jusqu'au 1er octobre 1904, sauf pour les numéros 2, 16 et 18. « L'Ennemi du peuple » mit fin à sa publication après 28 numéros. Lorsqu'on lit certains des articles écrits par Darien, on ne peut s'empêcher de conclure que les lois contre la diffamation protègent peut-être davantage les individus mais limitent la liberté d'expression. Après, tout est naturellement une question d'équilibre.

  • Bas les coeurs !

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    • Ligaran
    • 1 Décembre 2015

    Extrait : "La guerre a été déclarée hier. La nouvelle en est parvenue à Versailles dans la soirée. M. Beaudrain, le professeur du lycée qui vient me donner des leçons tous les jours, de quatre heures et demie à six heures, m'a appris la chose dès son arrivée, en posant sa serviette sur la table. Il a eu tort. Moi qui suis à l'affût de tous les prétextes qui peuvent me permettre de ne rien faire, j'ai saisi avec empressement celui qui m'était offert." À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : o Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. o Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

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