• « On hérite une fortune. Ou une entreprise. Ou une maison. Ou une maladie. Ou une ethnie avec sa charge historique et mentale. C'est ce qu'illustrent les habitants qui pendant un siècle se succèdent et se côtoient dans la villa Séléné, hantée par son premier propriétaire, le pendu. Ce sont, pour n'en citer que quelques-uns, Félix Méry-Chandeau, bibliophile et joueur de roulette russe ; Constance Azaïs, belle dévote torturée par le doute ; Claire Pons qui peint ses visions ; le sordide couple Vandelieu ; l'inspecteur Mausoléo et Andrée, sa femme qui selon le mot d'Oscar Wilde, tue ce qu'elle aime ; ce sont les émigrés juifs réfugiés dans les caves du sous-sol ; le fossoyeur Jérôme Labille et l'évocatrice des morts ; Hugo, le déserteur allemand et sa compagne Antoinette cachés dans les combles ; Mauricette la Martiniquaise ; les soeurs féministes et leur duel d'araignées ; Joseph, le pharmacien exhibitionniste ; l'égyptologue James Marshall Wilton ; Cédric le sidéen et son seul ami, le rat Astérix... Cent ans et deux guerres. Cent ans et quelques destinées dans la vie d'une maison. ».
    G.W.

  • Hemlock

    Gabrielle Wittkop

    Labyrinthe arachnéen, Hemlock évoque les destinées tragiques d'une Italienne de la post-Renaissance - Beatrice Cenci -, d'une Française du Grand Siècle - la marquise de Brinvilliers - et d'une Anglaise de l'époque edwardienne en Inde - Mrs Fulham -, entraînées dans le vortex du crime par l'enchaînement des circonstances, leur faiblesse et leur passion. Au-delà des contingences chronologiques, des visions récurrentes, des lieux, des objets, des leitmotive les relient entre elles.
    Comme aussi à Hemlock, une femme de notre temps, étrangère à leurs crimes mais déchirée entre les espérances et les craintes d'une situation extrême dont la présence, véritable fil d'Ariane, domine tout le livre. Dans ce texte tumultueux rigoureusement articulé autour des angoisses de Hemlock, rien n'est aléatoire et l'apparent arbitraire obéit à des lois aussi inéluctables qu'insolites. Quant aux trois meurtrières, le cheminement de leurs histoires illustre les mots de Shakespeare, que l'auteur place en exergue de son ouvrage : "Seigneur ! Nous savons ce que nous sommes, mais ne savons pas ce que nous pouvons être".
    Une fresque grandiose au charme vénéneux. Gabrielle Wittkop est née le 27 mai 1920 à Nantes et décédée le 22 décembre 2002 à Francfort. Elle rencontre dans le Paris sous occupation nazie un déserteur allemand homosexuel du nom de Justus Wittkop, âgé de vingt ans de plus qu'elle. Ils se marient à la fin de la guerre, union qu'elle qualifiera d' "alliance intellectuelle" . Son mari se suicide en 1986, alors qu'il est atteint de la maladie de Parkinson.
    Gabrielle Wittkop affirmera "Je l'y ai encouragé. J'ai raconté ça dans Hemlock".

  • « Le dernier jour fut gris et rose, d'un gris d'ombre plate, d'un rose chancreux. L'année, minime fragment temporel, est maintenant éparpillée en un mouvement centrifuge d'étoile, en un motif qui ne peut être saisi que par la force de sa propre dispersion. [...]
    1er janvier. Chaque jour est un arbre qui tombe. Comme si une voix m'avait éveillée par ces mots. Ma propre voix, celle de mes plus secrètes cellules, celles des oracles et des rêves, celle qui clame dans les ivresses et chuchote dans les agonies. Chaque jour est un arbre qui tombe. Et j'ai vu le déclin du jour et la chute de l'arbre... »
    Ce journal imaginaire tenu par une femme, Hippolyte, entremêle souvenirs d'enfance, d'amours, de voyages (en Inde, dans les îles de Krakatoa, Sumatra ou Java) et réflexions sur le Temps. Autoportrait d'une individualité exceptionnelle dont l'existence se déploie entre la naissance et la mort - ces deux bornes qui la limitent et lui ouvrent paradoxalement l'espace infini d'une vie superbe et éphémère. La cruauté froide et luxueuse qui anime l'écriture de Gabrielle Wittkop est dans Chaque jour est un arbre qui tombe à sa plus haute mesure.

  • Antiquaire à paris, lucien n.
    Est amateur de netsuke japonais, ces statuettes burlesques mettant en scène de vigoureux ébats avec des morts. lui aussi aime posséder les cadavres arrachés à leur sépulture. dans un journal intime, ce collectionneur macabre distille l'histoire secrète de ses amours nécrophiles. jeunes ou vieux, hommes ou femmes, chaque trépassé est l'objet d'une minutieuse ferveur érotique. au fil des pages, l'inquiétant esthète remonte à l'origine de cette jouissance des corps au sexe glacé, à la chair bleue, au parfum de bombyx, oú s'épanche sa profonde solitude.
    La langue de gabrielle wittkop, froidement sensuelle et débarrassée de toute tentation morale, offre le portrait d'un amoureux sans pareil.

  • Usages de faux

    Gabrielle Wittkop

    «En un périlleux acte d'équilibre, il m'a fallu trouver un moyen terme entre mon refus de n'être que le strass voulant frauduleusement imiter le diamant, et le désir de préserver "ce grain de faux qui est peut-être l'idéal d'une oeuvre".».

    On pénètre ici comme par effraction dans la bibliothèque intime de Gabrielle Wittkop où l'esprit des Lumières et du libertinage voisine avec le romantisme européen, ainsi que d'autres grands classiques et modernes admirés. Ces vingt pastiches font ressurgir certains motifs propres à son esthétique de la cruauté, dont le dernier, qui délivre un supplément inédit à son célèbre Nécrophile.

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  • Un gentleman espion disparaît emportant avec lui ses secrets au coeur de la jungle malaise. Une jeune femme de bonne famille agonise au sommet d'une tour en ruines surplombant le Rhin. Un écrivain aux yeux ténébreux crève d'alcoolisme au fond d'une ruelle de Baltimore. Un vendeur falot s'éteint en vagabond dans les entrailles de New York. Deux jumeaux hermaphrodites de noble extraction sont froidement assassinés dans leur diligence.
    Entre romantisme noir, expressionnisme gothique et délectation sadienne, ces cinq nouvelles ? dont deux inédites, 'Les derniers secrets de Mr. T.' et 'Claude et Hippolyte' ? renouent avec le charme vénéneux de Gabrielle Wittkop, sa prose macabre et raffinée, précieuse et mordante, qui l'imposent comme une 'Peintre de la mort' résolument moderne.

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  • La mort de C.

    Gabrielle Wittkop

    " Il est vrai que C.
    Aura plusieurs décès, morts accessoires et secondaires groupées autour de son grand décès, puisque tel est le terme par lequel on informe ceux qui restent. Le mot décès mériterait aussi quelque étude, à mi-chemin entre l'hypocrisie des vocabulaires convenus et son sens plus profond. Mort naturelle des dictionnaires et des manuels mais aussi quelquefois - et la main voile la bouche - arrachement violent, fuite peut-être, désordre d'avant la grande expédition.
    Diverses radiographies d'un meurtre. La mort de C. ou, puisque c'est le mot, quelques décès contradictoires. Mais tous véridiques. " G. W.

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  • " Masqué d'une cagoule et vêtu de noir, le joueur de bunraku faisant agir ses marionnettes, ne cesse d'être visible au public qui oublie son implacable ingérence comme on oublie celle de toute fatalité.
    Les figures respirent, marchent, tremblent et mentent, s'aiment et s'entretuent, rient ou gémissent mais jamais ne mangent sinon quelque poison. Qu'il en soit donc ainsi : je demeure présente, masquée par convention, tandis que dans une Venise à la veille de sa chute des femmes gorgées de venin vont en crever comme des outres. Dans cette métropole des mascarades, du mouchardage et de la délation, les veuvages successifs d'Alvise Lanzi s'intriquent mystérieusement.
    Ne cherchez pas et vous serez certain de trouver. " G. W.

  • Le sommeil de la raison engendre des monstres.
    C'est le titre d'une célèbre gravure de Goya, représentant un homme endormi, cerné de créatures cauchemardesques. Le peintre espagnol précisa que " la fantaisie, sans la raison, produit des monstruosités ; unies, elles enfantent les vrais artistes et créent des merveilles ". S'il est un écrivain contemporain digne de ce commentaire, c'est bien Gabrielle Wittkop. L'auteur du Nécrophile inscrit son oeuvre contre toute forme de censure, fustigeant l'obscurantisme des cléricaux qu'ils soient laïcs ou religieux, une rouvre souverainement à contre-courant des bimbeloteries dévotes d'aujourd'hui.
    Le Sommeil de la raison regroupe six récits cruels et suprêmement raffinés, qui projettent le lecteur en des temps et des lieux surréels. La majestueuse beauté formelle de ce recueil, où l'écriture est à la fois soyeuse et traversée d'austères fulgurances, consacre - dans son isolement aristocratique - la singularité radicale d'un écrivain hors du commun.

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  • L'ex-lieutenant de l'East India Company et aventurier James Brooke annexe la région de Sarawak au nord de Bornéo en 1839. ´R la tete de cet éden menacé par les pirates malais et les intérets supérieurs de la Couronne, il fonde la dynastie des Rajahs blancs qui perdurera un siccle. Lui succéderont Charles Brooke, bâtisseur douteux, puis son neveu Vyner, hédoniste irresponsable, secondés par une galerie de femmes entraînées malgré elles dans d'obscurs jeux de pouvoir.
    ´R partir d'un épisode méconnu de la colonisation britannique, ce roman historique captivant recrée un tumultueux et exotique théâtre de l'humanité : une chasse ´r la chimcre ou se melent désir d'ailleurs et volonté de puissance.
    Loin de la verve sadienne de ses précédents succcs, Gabrielle Wittkop pénctre les arcanes d'une utopie impériale insensée et offre avec Les rajahs blancs une saga en apparence moins dérangeante, mais d'une cruelle lucidité.

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  • Carnets d'Asie

    Gabrielle Wittkop

    « Mes carnets d'Asie ne sont rien que des notes personnelles, impressions griffonnées sur mes genoux, au bord d'une rizière ou dans un bus de fer-blanc, couvrant des pages et des pages barbouillées de sueur ou étoilées de pourpre par un moustique gorgé mais vaincu. » En revisitant ses souvenirs rapportés de Thaïlande et d'Insulinde, Gabrielle Wittkop a élaboré - avant sa disparition - ce parcours idéal où le temps s'incline devant une région à la richesse infinie. Carnets d'Asie oscille entre le journal de voyage et l'intime expérience extrême-orientale : chaque récit nous plonge avec une sensibilité exacerbée dans des cultures, des épopées mythiques, des instants de vie uniques.

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