• La femme brouillon

    Amandine Dhée

    « Le meilleur moyen d'éradiquer la mère parfaite, c'est de glandouiller », nous dit Amandine Dhée. « Le terme est important car il n'appelle à aucune espèce de réalisation, il est l'ennemi du mot concilier.
    Car si faire voeu d'inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c'est la subversion absolue. » Si vous croyiez que la grossesse était une affaire privée, il n'en est rien. Une femme enceinte acquiert un statut tout particulier dans la société, qui la rend à la fois respectable et à surveiller. Avec une écriture incisive et débordante d'ironie, Amandine Dhée aborde la maternité à partir de son expérience, évoquant ses paradoxes notamment entre ses principes féministes et la vie quotidienne qui la tiraillent, et ses crues réalités si bien tues pour ne laisser qu'une image proprette et miraculeuse de la naissance dans l'imaginaire collectif et surtout masculin.

  • Jeune adulte, aujourd'hui écrivaine, la narratrice s'interroge sur l'histoire qui l'a façonnée avec laquelle elle doit encore composer aujourd'hui. Elle se remémore les épisodes marquants de sa vie tout en questionnant ses choix les plus récents.
    Et puis ça fait bête d'être triste en maillot de bain pourrait bien être le parcours d'une émancipation à travers les âges et les usages. Une confrontation aux codes déterminés, inculqués pour le bien-être de chacun à l'école, dans la famille ou encore dans le monde du travail et qui, selon Amandine Dhée, s'avèrent ressembler davantage à des promesses désespérées et mensongères plutôt qu'à un réel cheminement épanouissant. Et ça commence à la naissance, premier chapitre, où déjà le regard des autres pèse : « Elle est laide, aurait dit ma grand-mère lorsque je suis venue au monde. » Le lecteur suit à la fois le parcours de la narratrice dans une histoire qu'elle souhaite faire sienne et sa réflexion à propos d'une écriture naissante, qui s'affirmeront simultanément. L'enfant devient l'adulte que la narratrice a choisi d'être.
    Souvent bref, les chapitres s'enchaînent avec la force évocatrice d'un Haïku. Quelques mots suffisent à Amandine Dhée pour installer le décor et la complexité des sentiments.
    On retrouve l'humour piquant qu'on connaissait de ses précédents ouvrages.

  • De courtes histoires composent ce roman de la ville si particulier, le premier texte d'Amandine Dhée, où l'on découvrait alors avec jubilation ce ton décalé et cet humour parfois corrosif qui lui sont propres.
    Dans Du bulgom et des hommes, l'autrice-narratrice, dans un monologue adressé directement au lecteur ou à la lectrice, décortique avec humour des situations absurdes auxquelles sont confronté.e.s la plupart des citadin.e.s d'une grande ville. Vieilles dames armées, super-héros souterrains, conseillers municipaux inspirés... sont autant de personnages inventés pour mieux saisir l'absurdité de ce monde. À la façon d'un documentaire animalier, Amandine Dhée passe au crible les comportements humains en milieu urbain.
    Au risque de se répéter, c'est jubilatoire, que l'on soit citadin ou non !

  • La narratrice explore la question du désir et de l' attachement à la lumière du parcours d' une femme et de ses expériences sexuelles et affectives.
    Comment devenir et rester soi-même dans une société où les discours tout faits et les modèles prêts à penser foisonnent? La narratrice revisite toute sa vie, de l' enfance à l' âge adulte et se projette aussi dans la vieillesse.
    La réflexion féministe apparaît à chacun de ces âges de la vie.
    Amandine Dhée poursuit ainsi la réflexion entamée en 2017 avec La femme brouillon sur la représentation des femmes dans l' imaginaire collectif et leur émancipation.

  • " Non, il n'a pas le temps. [.] Vraiment il aurait été ravi, mais non.
    Je suis déçue qu'il ne profite pas de l'occasion inespérée que je lui offre de boire un café pour échapper à tout ça. [.] Un écrivain, ça ne débarque pas en vélo sans prévenir. Pour écrire sur le thème du vent, en plus, bonjour la crédibilité ".

    Mons 2015, capitale européenne de la culture, attise la curiosité.
    En résidence à Mons, en Belgique, ville francophone de la région wallone, Amandine Dhée a travaillé au sein des communes rurales environnantes qui la composent. Comme un clin d'oeil au parc d'éoliennes de la plaine du Levant de Mons, considérées comme les plus puissantes au monde, Amandine Dhée, telle une girouette, se laisse guider par les vents pour proposer une forme de guide à travers le territoire du Grand Mons et nous emmener à la rencontre de ses habitants.

    Déambulation, enquête, rencontres. Amandine Dhée nous livre ici sa vision d'un territoire qu'elle découvre par la voix de ses habitants.
    Chaque paragraphe est dédié à l'habitant et au sujet qu'il a souhaité évoquer, en lien avec son territoire (jeunesse désoeuvrée, nature, relations de voisinage, etc.). La voix de l'auteure vient se glisser entre les témoignages comme pour nous livrer ses impressions, ses constats et interrogations avec l'humour et la malice qu'on lui connaît.

    Un monde rural pluriel.
    Au fil des témoignages reflétant la diversité des habitants et de leurs préoccupations, se dessine un portrait composite de la vie rurale, comme l'annonce l'auteure, on parlera du comité des fêtes, de la gendarmerie nationale, du club des jeunes du curé, de Facebook, de l'usine et de cambriolages...

    Sur commande
  • Cette année, les Saprophytes célèbrent leurs 10 ans d'existence. A cette occasion, ils souhaitent donner à lire le chemin qu'ils ont parcouru, mais aussi l'opportunité d'envisager l'avenir. Ils ont proposé à l'auteure Amandine Dhée de les suivre dans leur quotidien et d'écrire un récit distancé, un «pas de côté». Ils ont fait avec elle le pari d'une expérience : un livre, un mélange hybride entre littérature, essai, témoignages dessinés. «C'est sa franchise, sa simplicité, et le rapport qu'elle entretient aux gens qui nous intéresse».
    Son écriture poétique et politique porte un regard extérieur mais sensible sur ce qui lie les membres du collectif. Un collectif qui questionne, détourne, invente, (dé)construit les usages de la ville contemporaine.
    De tout cela découlent des entretiens menés par l'auteure avec les membres du collectif, les habitants, les bénévoles...

  • Notre jeune héroïne a une grand-mère qui manque, un petit frère à venir, et une armée de questions à laquelle personne ne répond.
    Qu'à cela ne tienne, elle sonde les mystères de la vie et la mort, oscille entre naïveté et lucidité, expérimentations scienti ques et fantasmes de petite  lle.
    Elle se pose des questions «métaphysiques», et y répond avec l'hésitation de son âge, entre enfance et âge adulte, mais aussi une bonne dose de bon sens.

  • Les tribulations de deux auteures au caractère bien trempé, aux prises avec une commande d'écriture à quatre mains sur un quartier à l'histoire ouvrière en berne.
    On s'amuse des rendez-vous ritualisés qu'elles se fixent dans tous les cafés du coin pour y faire le point sur l'avancée de leurs investigations. Un comique de situation largement exploité dans leurs échanges à bâtons rompus autour d'une histoire en train de s'écrire, de personnages en mal de dramaturgie, ou encore de conflits d'égo...
    Les difficultés de l'exercice de la commande sont traitées au fil de dialogues doux amers vivifiants qui nous invitent dans l'envers du décor. Si la fiction s'inscrit ici dans une forme de réalité, c'est bien elle qui l'emporte, au final.

    Une adaptation est disponible gratuitement avec l'ouvrage, à télécharger sur le site internet de La Contre Allée à l'aide de mots clés inscrits au sein de l'ouvrage.

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