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  • « Ils disposaient instinctivement la Pandémie après les autres grandes créatures mythiques dont on avait le souvenir, acceptant de la prendre pour ce qu'elle était bel et bien : une contagion des esprits avant une contagion des corps. » Alessandro Baricco Il faudrait réussir à envisager la Pandémie en tant que créature mythique. Beaucoup plus complexe qu'une simple urgence sanitaire, celle-ci semble plutôt être une construction collective dans laquelle différents savoirs et de nombreuses ignorances ont contribué au partage manifeste d'un même objectif, analyse Alessandro Baricco dans ces trente-trois fragments écrits près d'un an après l'apparition de la Covid-19. Cette figure a gagné et occupé pleinement les esprits à la faveur de l'avènement de la civilisation numérique, plus rapidement que le virus n'a infecté les corps. C'est un phénomène artificiel, certes : un produit de l'homme. Mais confondre artificiel et irréel serait une erreur stupide, car le mythe est peut-être la créature la plus réelle qui soit. Cet événement que nous vivons. Ce que nous cherchons.

  • Mr Gwyn

    Alessandro Baricco

    Le romancier anglais Jasper Gwyn décide d'abandonner l'écriture de romans pour se consacrer à la réalisation de portraits écrits, saisis à la façon d'un peintre, sans banales descriptions. C'est le début d'une expérience atypique qui mettra l'écrivain repenti à rude épreuve.

    Peut-on arrêter d'écrire ? Peut-on choisir une autre vie que la sienne, le monde dans lequel on vit ? Telles sont les questions que pose le grand romancier italien, Alessandro Baricco, dans ce nouveau roman intrigant, brillant et formidablement élégant.

  • Baricco a conçu ce livre dans la perspective d'une lecture publique de l'Iliade. Or, même dans ses traductions les plus modernes, le récit d'Homère lui est apparu à la fois trop long et, par certains côtés, étranger à la sensibilité d'un lecteur d'aujourd'hui. Il a donc opéré un certain nombre d'interventions sur le texte : des coupes, notamment celle (la plus spectaculaire) des apparitions des dieux, faisant ainsi " ressortir la forte ossature laïque " de l'Iliade. Il a transformé le récit à la troisième personne en une série de vingt et un monologues, différents personnages prenant tour à tour la parole pour raconter certains moments de l'histoire. Il a effectué quelques adjonctions, soit personnelles (très limitées, et en italique dans le texte), soit empruntées à l'Odyssée ou à d'autres textes anciens pour raconter la fin de la guerre de Troie (L'Iliade d'Homère s'arrête après la mort d 'Hector). Il a enfin travaillé sur le style, éliminant les aspérités archaïques, cherchant, écrit-il dans son avant-propos, " un rythme, la cohérence d'un pas, la respiration d'une vitesse particulière et d'une lenteur spéciale... parce que recevoir un texte qui vient de si loin signifie avant tout le chanter avec la musique qui est la nôtre ". Le résultat est d'une grande beauté, l'Iliade ainsi dépoussiérée apparaît dans toute sa modernité, une aventure pleine de violence et de poésie, de séquences cinématographiques, d'images inoubliables.
    Cette modernité est démultipliée par la postface, Une autre beauté, apostille sur la guerre, où Baricco replace le récit homérique dans une perspective politique originale : ce que nous rappelle Homère, c'est que " la guerre est en enfer, oui : mais beau... C'est uniquement quand nous serons capables d'une autre beauté que nous pourrons nous passer de celle que la guerre depuis toujours nous offre ".


  • Il nuovo barnum Nouv.

  • Coffret de quatre volumes vendus ensemble

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  • « Il y a dix ans, j'ai déménagé dans une autre ville. Jusque-là, rien de bien intéressant. Simplement, en déménageant dans une nouvelle ville, j'ai laissé dans l'ancienne tous les livres que j'avais lus et je me suis installé dans un logement où il n'y avait pas un seul livre à moi. Et donc, à présent, il y a dans cet appartement dix ans de lecture [.]C'est pour cette raison que je suis en mesure de dire sans trop de risque de me tromper quels sont les cinquante meilleurs livres que j'ai lus au cours des dix dernières années. Ce qui est un tantinet plus difficile à expliquer, c'est pourquoi j'ai décidé d'écrire sur chacun d'eux, de publier un article par livre et par semaine, chaque dimanche pendant un an.Pour que d'autres les lisent, dirais-je. Et ce serait une raison suffisante. »Une certaine vision du monde rassemble cinquante chroniques publiées en 2012 dans le quotidien La Repubblica. Avec l'humour et l'intelligence qu'on lui connaît, Alessandro Baricco y évoque cinquante livres qu'il a lus au cours des dix années précédentes et qui lui ont semblé particulièrement significatifs. Des ouvrages qui, à ses yeux, incarnent notre civilisation : la civilisation du livre.Raconter les livres des autres est l'une des choses que Baricco sait magnifiquement faire et il s'est même livré par le passé à ce périlleux exercice à la télévision, avec beaucoup de succès. Si la mauvaise foi et une subjectivité parfois cruelle sont souvent à l'ordre du jour, force est de reconnaître que ces cinquante chroniques sont passionnantes, toujours convaincantes, bien vues et bien faites.Surtout, elles donnent à lire un Baricco intime, qui se livre plus que dans ses romans, et suggèrent de nouvelles pistes de compréhension et d'interprétation de son travail. Elles forment à la fois un autoportrait en creux et une réflexion dense, profonde, sur le rôle de l'écrivain. Ce qui pouvait faire penser à un projet curieux se révèle en définitive un ensemble qui fait sens, sur un mode ludique et brillant.Traduit de l'italien par Vincent Raynaud

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