• Un inquiétant bruit de bottes résonne à nouveau partout en Europe et en Amérique, marquant la fin d'une période de latence que d'aucuns ont interprétée comme une victoire contre le fascisme. Héritiers de la résistance contre Mussolini et Hitler pendant les années 1920 et 1930, les antifascistes, eux, n'ont jamais baissé la garde et ont bâti une longue tradition de lutte contre l'extrême droite que chacun d'entre nous gagnerait à mieux connaître aujourd'hui.

    Dans cette captivante enquête, Mark Bray donne un aperçu unique de l'intérieur de ce mouvement et écrit une histoire transnationale de l'antifascisme depuis la Seconde Guerre mondiale. Rédigé à partir d'entretiens menés avec des antifascistes du monde entier, L'antifascisme. Son présent, son passé et son avenir dresse la liste des tactiques adoptées par le mouvement et en analyse la philosophie. Il en résulte un éclairant portrait de cette résistance méconnue, souvent mythifiée, qui lutte sans relâche contre le péril brun.

  • « La vulnérabilité appelle la vulnérabilité. La mort est en embuscade. L'aide sociale inadéquate et l'apathie médiatique renforcent cette hyperfragilité. Les femmes autochtones sont surreprésentées dans cette cohorte livide et silencieuse. Fétus de paille, brindilles, flocons de neige, éphémères, invisibles. »

    Depuis 1980, près de 1 200 Amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans une indifférence quasi totale. Proportionnellement, ce chiffre officiel et scandaleux équivaut à 55 000 femmes françaises ou 7 000 Québécoises.

    Dans ce récit bouleversant écrit au terme d'une longue enquête, Emmanuelle Walter donne chair aux statistiques et raconte l'histoire de deux adolescentes, Maisy Odjick et Shannon Alexander. Originaires de l'ouest du Québec, elles sont portées disparues depuis septembre 2008. De témoignages en portraits, de coupures de presse en documents officiels, la journaliste découvre effarée ces vies fauchées. Soeurs volées apporte la preuve que le Canada est bel et bien le théâtre d'un féminicide.

    Avec des textes de Widia Larivière, Laurie Odjick, Connie Greyeyes et Helen Knott.

  • L'incendie de Notre-Dame survenu en 2019 plonge brutalement le narrateur dans le souvenir d'un épisode brûlant de sa jeunesse. Trente ans auparavant, il avait 18 ans et se tenait tout en haut des tours avec la belle Ayla, d'un an sa cadette. Rien ne les prédestinait à ce qu'ils allaient vivre, aller toujours plus loin dans le soufre des nuits parisiennes, se perdant toujours plus avant dans les creux et les failles sans fond des ombres qui peuplent les rues, les clubs, le Paris crasseux des hôtels bon marché et des squats. Deux enfants perdus dans les larmes et la rage, cédant frénétiquement à l'urgence de vivre, amants maudits cherchant tant la rédemption que d'échapper à l'absurde d'un monde, fuyant le désamour par le vol d'un amour plus puissant et peut-être, par la littérature.
    Mais Sous le ciel vide c'est aussi la jonction entre deux époques, celle de la fin des années 80, qui a laissé toute une génération dans le néant, tiraillée entre la fin des idéologies et de l'espoir, et l'illusion d'une fête sans fin.
    Porté par une langue singulière dont les méandres hypnotisent le lecteur et l'emportent pour lui faire saisir au coeur la réalité d'une époque, ce roman fait surgir du bitume parisien le récit poignant d'une descente aux enfers.

  • Punk friction

    Jess Kaan

    Auchel, nord de la France. Le corps d'un jeune marginal brûle au petit matin dans le cimetière municipal. Acte gratuit, vengeance, meurtre ? La police ne sait quelle hypothèse privilégier, d'autant qu'on découvre très vite un nouveau cadavre, celui d'une étudiante, sauvagement assassinée.
    La population aimerait croire que le coupable se cache parmi la bande de punks squattant dans les environs...
    Le capitaine Demeyer, quadragénaire revenu de tout, et le lieutenant Lisziak, frais émoulu de l'école de police, du SRPJ de Lille sont chargés de cette enquête qui s'annonce particulièrement sordide.
    Une jeune lieutenant, en poste dans la cité, ne veut pas lâcher l'affaire et s'impose à ce duo pour le moins hétéroclite.

  • Tombeau d'une jeunesse détruite. Un roman sur la force des amitiés à l'adolescence, la perte de l'identité, la grâce de l'échec. Écrit dans une langue à la fois violemment quotidienne et puissamment hypnotique.

    Après les jeux de l'enfance vient le temps des bagarres : Rico, Marl, Paul et Daniel grandissent à Leipzig durant les années du Grand changement, entre vols de voiture, alcool et peur, entre rage et destruction.
    Ils errent toutes les nuits dans les rues, font la fête, volent, se cognent contre les murs. Ils sont libres mais ont du mal à retenir la vie. Dans une langue directe, sensible, authentique et pleine de rage, ce roman est l'histoire de la promesse, du rêve, d'une vie meilleure possible.

    Quand on rêvait a été adapté au cinéma par Andreas Dresen, lauréat du grand prix du jury de la Berlinale en 2002. Le film a été sélectionné en compétition officielle de la 65e Berlinale et est produit par Michael Haneke.

  • Nuits d'Achille

    Arnaud Idelon

    Achille est en fête. Au coeur du quotidien d'un club des franges parisiennes, il donne ses jours et ses nuits à l'accélération joyeuse d'une bande d'amis gravitant autour d'une gare désaffectée : la Station. Pris dans le tourbillon des nuits sans fin en petite couronne, Achille survole sa vingtaine dans l'épiphanie d'une jeunesse hautaine et brûlante. Il s'adonne avec la même intensité rageuse au travail, à la danse, à la drogue et à l'excès et célèbre l'hyperactivité souveraine du surhomme jusqu'à ce qu'au lendemain d'une nuit trop forte son corps ne s'écroule sous lui. Commence alors pour lui une longue période d'immobilisation, plâtré, au sixième étage sans ascenseur d'un immeuble toisant Paris depuis les hauteurs de Belleville. Éjecté du tumulte festif, il en éprouve le manque, contraint au ralentissement. Récits revenus d'after, photographies, la fête trouve vers lui mille chemins pour persister. Peu à peu, il capitule : Achille remonte la pente en conviant à son chevet amis et connaissances, autant de figures de ses nuits dont les récits lui donnent à vivre une fête par procuration qu'il convoque comme la fiction totalisante d'une génération venue trouver dans la nuit les utopies qu'elle ne voit pas éclore au jour. Au bout du tunnel, et alors que ses visions des nuits de noce ont pris l'épaisseur du mythe, il compte les derniers jours qui le séparent encore de ses premiers pas. Et de son premier trajet vers la fête.
    Crédits photographiques : Cha Gonzalez, Abandons

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