• Tout d'un coup, dans le petit chemin creux, je m'arrêtai touché au coeur par un doux souvenir d'enfance : je venais de reconnaître, aux feuilles découpées et brillantes qui s'avançaient sur le seuil, un buisson d'aubépines défleuries, hélas, depuis la fin du printemps. Autour de moi flottait une atmosphère d'anciens mois de Marie, d'après-midi du dimanche, de croyances, d'erreurs oubliées. J'aurais voulu la saisir. Je m'arrêtai une seconde et Andrée, avec une divination charmante, me laissa causer un instant avec les feuilles de l'arbuste. Je leur demandai des nouvelles des fleurs, ces fleurs de l'aubépine pareilles à de gaies jeunes filles étourdies, coquettes et pieuses. "Ces demoiselles sont parties depuis déjà longtemps", me disaient les feuilles.

  • Édition illustrée et enrichie (Illustrations de Gustave Doré, introduction, notes, chronologie et bibliographie)« Il était une fois un roi et une reine... », « il était une fois une petite fille de village... » Il suffit de cette clé magique pour que s'ouvre à nous le monde où paraissent tour à tour la belle au bois dormant, le petit chaperon rouge, la barbe bleue ou Cendrillon. Perrault puise dans le folklore ancien pour nous conter dans des récits courts et alertes des histoires qui nous éloignent délicieusement du monde, avant que la morale finale nous y reconduise. Des contes de fées ? Sans doute. Mais, autant que le merveilleux, ce qui nous enchante, c'est le naturel et la savante simplicité d'un art d'écrire qui, à chaque page, séduit notre imagination.
    D'abord parus séparément en 1694 et 1697, ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle que les contes en vers et en prose seront réunis en un même volume, signe que l'engouement qu'ils avaient suscité du vivant de Perrault ne se démentait pas, en dépit du jugement sévère des gens de lettres, à l'époque des Lumières, pour ces puériles bagatelles. Mais le public le plus large demeurait fidèle à ces contes - et ce public, c'est aujourd'hui nous dont l'esprit d'enfance ne s'est pas perdu.
    Édition de Catherine Magnien.


  • Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?

    Sal a préparé leur fuite pendant plus d'un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube.
    Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite soeur.
    Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l'odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette soeur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.
    Un premier roman passionnant et tendre, qui parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature.
    Une vraie réussite.

  • Punk friction

    Jess Kaan

    Auchel, nord de la France. Le corps d'un jeune marginal brûle au petit matin dans le cimetière municipal. Acte gratuit, vengeance, meurtre ? La police ne sait quelle hypothèse privilégier, d'autant qu'on découvre très vite un nouveau cadavre, celui d'une étudiante, sauvagement assassinée.
    La population aimerait croire que le coupable se cache parmi la bande de punks squattant dans les environs...
    Le capitaine Demeyer, quadragénaire revenu de tout, et le lieutenant Lisziak, frais émoulu de l'école de police, du SRPJ de Lille sont chargés de cette enquête qui s'annonce particulièrement sordide.
    Une jeune lieutenant, en poste dans la cité, ne veut pas lâcher l'affaire et s'impose à ce duo pour le moins hétéroclite.

  • Où en est aujourd'hui, le Cambodge, après le 17 avril 1975, date de la victoire des révolutionnaires khmères ? Témoin oculaire de la prise de Phnom Penh, François Ponchaud nous en fait revivre les péripéties : entrée des révolutionnaires, exode forcé de toute la population. Il évoque ensuite la prise du pouvoir dans les provinces, la désertion des villes et des bourgades par un peuple livré de force au travail de production agricole. Par une analyse du discours officiel tenu par la radio, l'auteur décrypte les buts poursuivis par la révolution, l'organisation de la nouvelle société, la formation idéologique du peuple, la création d'une nouvelle culture. Par sa radicalité même, cette révolution comporte des traits spécifiques que l'auteur situe dans le contexte historico-social qui l'a vue naître, ainsi que dans l'histoire personnelle de ses leaders actuels. Révolution fascinante et terrifiante... L'expérience cambodgienne est un défi qui interpelle tout homme.

  • Des jeunes filles chantent en choeur le désir homoérotique que leur inspire leur chorège tout en disant leur relation rituelle avec une déesse, incarnation de la beauté féminine. Les mots chantés sur un pas de danse chorale ont été composés par un poète masculin au service de la cité de Sparte, pourtant célèbre pour sa culture militaire masculine. À l'exemple des poèmes dits parthénées du poète Alcman, on s'interroge successivement sur les formes poétiques et rituelles assumées par une sexualité dépassant l'opposition moderne entre hétéro- et homosexualité, sur les rapports sociaux et religieux de sexe que ces performances poétiques mettent en jeu, sur la culture musicale du chant qu'elles impliquent avec ses formes institutionnelles, sur des pratiques rituelles adossées aux récits héroïques fondateurs de la cité, sur les qualités et fonctions des divinités auxquelles sont destinées ces célébrations politiques et religieuses de l'adolescence féminine : Artémis, Apollon, Héra, Aphrodite et, à Sparte, Hélène. En combinaison avec une perspective d'histoire des religions en régime polythéiste, l'approche offerte par l'anthropologie culturelle et sociale invite à aborder la fonction sociale autant de ces performances musicales que des relations sexuelles impliquées. La comparaison anthropologique avec les processus rituels de l'initiation tribale permet de saisir le sens esthétique et politique de l'éducation chorale et rituelle des jeunes filles en Grèce ancienne ; ce processus éducatif à caractère initiatique les prépare aux rôles différenciés de sexe et aux statuts sociaux qu'elles assument en tant qu'adultes.

  • Spécialiste des coiffes et costumes bretons au Musée breton de Quimper, l'auteur livre ici une étude approfondie d'un terroir à travers ses costumes.

  • « Dans ce pays où la raison et les coutumes régissent tout, les villageois les plus censés semblent soumis à la présence de forces irrésistibles. Si Claire avait vécu loin de la forêt - loin du pouvoir étrange des forêts - son destin aurait-il été différent prise entre deux hommes et deux désirs ? » M.D.

    « Je n'ai pas été élevée dans l'idée de la révolte. Mais ma famille était peut-être légèrement différente des familles locales. Le mot révolte, d'ailleurs, est fort. Si je n'ai pas épousé le garçon qui m'était, de toute évidence, destiné, ce n'était pas par esprit de rébellion. Il me semble aujourd'hui encore que ce refus était un acte, le simple acte de choisir ; disons alors : un acte d'amour. Mais les gens d'ici ne l'ont sans doute pas interprété de cette façon. » M.D.

  • Cet ouvrage pour tous publics présente les principales fêtes et traditions du calendrier occidental en Europe et en Amérique du Nord : carnaval, 1er avril, Halloween, Noël, Saint-Valentin... suivies d'un bref rappel des fêtes juives et musulmanes. Leurs origines agraires, religieuses ou historiques, lointaines et parfois obscures, témoignent de la volonté constante de l'homme de vaincre les incertitudes de sa destinée.

  • Alice, c'est l'exode. À neuf ans, elle quitte sa Hongrie natale et arrive, étrangère, sur cette terre de France. C'est la découverte d'une langue et d'une culture nouvelles... L'université ouvre son esprit et son coeur. Budapest est déjà loin. Mais la guerre éclate : nouvel arrachement au bonheur, nouvelle errance sur des routes inconnues. Dans ce dépouillement aride, la Providence lui ménage des « refuges » : des amitiés très fortes, des appuis sûrs, et surtout la rencontre de jeunes chrétiens généreux et de prêtres fervents engagés dans la défense des - persécutés - parfois jusqu'à l'héroïsme. La solitude de son nouvel « exil » sera peu à peu habitée... Alice découvre un Dieu vivant et Amour. Devenue chrétienne, mais fidèle à ses racines juives, elle est aux côtés des enfants juifs arrachés à leurs parents déportés : c'est Vendines (Haute-Garonne), puis la Sainte-Baume. Grâce à tant de dévouement et de courage, tous ces jeunes juifs échapperont à la déportation. Un itinéraire jalonné d'arrachements successifs qui conduiront à la stabilité... en Dieu.

  • " Celui qui l'a écrit était bien un maître "aristocrate et païen' pour donner autant de vraisemblance à cette assemblée londonienne qui jette avec ses habits sa vertu, se baignant dans le péché avec l'appétit et l'innocence de jeunes loups au plus fort du carnage. " Le Nouveau quotidien (Suisse)

    Dans le salon très mondain de Lady Helling, toute la gentry écoute le sulfureux colonel Boldman exposer avec complaisance ses théories et pratiques quant à l'usage de la fessée et du fouet appliqué à l'éducation des jeunes filles. À l'écart, l'hôtesse se prend à rêver de l'époque où le jeune et trop pauvre lieutenant Boldman ne pouvait prétendre l'épouser, elle, la richissime héritière des Robson.

    Quelque temps plus tard, le bel officier révélera à la très vertueuse lady sa véritable nature...

    En 1905, à la fin de sa vie, un dénommé Jean de Villiot, pseudonyme de Hughes Rebell, publie ce
    Fouet à Londres chez Charles Carrington, connu pour son catalogue sadomasochiste et ses publications d'Oscar Wilde parues sous le manteau. Sans conteste, le romancier écrivit ce livre – où l'hypocrisie et la perversité sont le lot de tous – dans la jubilation et avec une distance qui force le rire

  • C'était il y a plus de cinquante ans - ils avaient vingt ans. Des jeunes surent alors, mieux que beaucoup d'adultes, refuser la défaite, démasquer l'imposture de la collaboration, espérer contre tout espoir, combattre la barbarie, presque sans armes. Pour chacun, ce fut un engagement volontaire, tantôt mûrement réfléchi, tantôt provoqué par un événement fortuit : on assiste à une rafle, on héberge un prisonnier évadé, un juif. S'appuyant sur de nombreux témoignages vécus, ce livre raconte ce qu'ils ont fait et pourquoi. Durant ces années terribles et passionnantes, où presque tout était possible, de jeunes ouvriers, paysans, lycéens, étudiants, ont engagé toutes leurs forces - et leur vie même - pour défendre leur patrie et leur liberté. Ils ont imprimé et distribué des tracts et des journaux clandestins, cherché et transmis des renseignements, sillonné les villes et les campagnes comme agents de liaison, organisé des maquis, réalisé des coups de main et des sabotages. Souvent faits prisonniers, ils ont été torturés, déportés, fusillés. Ils ont prouvé que les actes étaient plus utiles que les paroles et ils ont été parmi les meilleurs artisans de la libération de la France.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un voyage dans une région à la fois farouche et chaleureuse.

  • La presse destinée aux femmes est-elle innocente ? La presse rédigée par des femmes se veut-elle apolitique ? Se fondant sur l'analyse des revues féminines de 1914 à 1945, l'ouvrage tente de réfléchir sur le rapport à la guerre et à la paix des Européennes d'alors. La presse est aussi prise de parole. Comment les femmes l'ont-elles expérimentée et mise à profit ? Pour quels régimes politiques ?

  • À travers l'étude d'une confrérie musulmane méconnue, ce travail explore les relations complexes, faites d'interactions et de conflits, entre islam et culture traditionnelle africaine. La confrérie layenne est souvent présentée comme une confrérie « ethnique » et « syncrétique », une émanation religieuse de son milieu d'implantation, la communauté lébou du Cap Vert. En fait, les limites et la synthèse lébou-layenne apparaissent clairement dans l'étude de la doctrine layenne, des relations entre autorités layennes et lébou au cours du siècle, et de l'attitude stricte de l'islam layenne vis-à-vis des traditions et cultes lébou. L'effort d'enracinement de l'islam chez les Lébou s'est traduit notamment par le contrôle des femmes, qui sont honorées sur le plan religieux, mais qui se voient dépouillées en parallèle de leurs prérogatives sociales, rituelles et thérapeutiques. L'éclatement des structures traditionnelles lébou, ainsi que la crise multiforme qui frappe la société sénégalaise, ont récemment laissé le champ libre à l'islam layenne dont on peut dire qu'il est devenu la forme moderne d'expression de l'identité lébou.

  • Quels sont les apports caraïbe, africain, européen? Les influences contemporaines? Les différentes composantes? Quelle est la fonction de la musique dans les traditions folkloriques?

  • Lorsqu'en 1922, Germaine Acremant publie le délicieux roman « Ces dames aux chapeaux verts », elle était sans doute à mille lieues d'imaginer qu'il deviendrait un best-seller sans cesse réédité, dont les adaptations cinématographiques et théâtrales feraient courir les foules des deux côtés de l'Atlantique. Et pourtant, quoi de plus simple en vérité que l'histoire d'Arlette, orpheline « sans dot », recueillie par un quarteron de vieilles filles « confites en dévotion » dans une petite ville de province et qui par sa volonté réussit à forcer le bonheur. La magie naît d'une écriture simple qui analyse finement les caractères et surprend par sa modernité. Modernité également d'une héroïne, respectueuse de la morale bourgeoise de l'époque, mais qui bouscule néanmoins les traditions et annonce la femme moderne, libre et « bien dans sa peau ». Arlette fume un peu, joue au tennis, conduit une automobile et provoque d'heureux dénouements tout en demeurant d'une exemplaire sagesse. Elle agit aussi comme révélateur du drame discret et douloureux de ces cohortes de femmes que l'hécatombe de la Grande Guerre - ou plus prosaïquement le manque de dot - condamnait au célibat...

  • Choisir de publier en premier des poèmes sur les îles est sans doute caractéristique. En effet, traditionnellement, l'île est le domaine réservé aux marins, et qui a un peu navigué ressent, tout naturellement, le caractère particulier de leur découverte. L'île apparaît alors comme la matérialisation du rêve flottant sur le miroir de la mer, comme la récompense d'un espoir et, pendant quelque temps, comme un paradis protégé par les vagues. C'est donc le domaine de la poésie. Cette poésie a été traduite ici par thèmes classés synthétiquement, de façon aussi logique que possible. Il est apparu souhaitable de conserver les indications sur les dates et lieux de composition, lien romantique, démodé, et pourtant essentiel pour baliser le parcours le long d'une quarantaine d'années de vie d'homme, un peu à la manière d'une exposition rétrospective des oeuvres d'un peintre. Les poèmes sont écrits au rythme de la houle du vent ou du ciel. Ils sont donc nés dans la communion avec la Nature, ce qui est à l'opposé d'un académisme livresque, dans lequel ce siècle voudrait bien enfermer la poésie de forme régulière. La forme régulière, c'est la vague marine, c'est le fondement de chaque espèce vivante, dans son tout aussi bien que dans l'hélice génétique ; c'est le Parthénon, c'est la tour Eiffel, ce sont les Pyramides. C'est le langage devenu musique parce que soumis à l'impératif du rythme de la rime et de l'harmonie. Un langage que le poète voudrait plus intérieur que les apparences, plus vrai que la réalité, où les racines des mots, en puisant dans le fond des choses, dévoileraient un monde secret, intime mais universel, où le sens s'unit aux formes et aux couleurs pour chanter l'Éternité qui passe à travers chacun de nous dans l'éclair de l'instant, pour dire la joie de l'avoir aperçu et la douleur de ne pouvoir la retenir.

  • Pique un mot, Lecteur, dans la table des matières, et cherche dans mes pensées, mes mots d'esprit, mes contrepèteries, mes proverbes ou... mes blagues, celui qui te fera d'abord rire, puis rêver, puis penser. Et si cette phrase, cette définition, ce pied de nez aux grands sentiments, n'a pas d'autre vertu que celle de te faire sourire l'espace d'un instant, j'aurai alors gagné sinon un ami fidèle, du moins une petite place dans ton souvenir. Cogite ces quelques phrases : « On appelle amour-propre, un sentiment qui ne peut en aucune façon se prévaloir, des deux mots qui le composent. » « Un enfant surdoué est un enfant qui a déjà baissé son pantalon pour recevoir une fessée, bien avant que ses parents aient compris qu'il leur disait des grossièretés. » « Il était si con qu'en se regardant dans un miroir, il se saluait. » « Quand rien ne se passe, ce rien est encore de trop. »

  • Sondages exclusifs réalisés par l'IFRES et commentés par l'auteur, chef du service politique du journal Le Monde.

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