Sciences humaines & sociales

  • À l'occasion des 500 ans de la première publication d' Utopia, l'un des livres les plus célèbres de la pensée moderne, Thierry Paquot adresse plusieurs lettres à son auteur, l'humaniste Thomas More (1478-1535). Pourquoi une telle postérité ? Pourquoi son auteur l'a-t-il si peu mise en pratique ?, etc. Sur un ton amical et passionné, ce compagnon de route de toutes les utopies réanime les puissances d'une idée et les virtualités d'une oeuvre cinq fois centenaire.
    Mon cher Thomas,
    C'est inconscient de mon audace que j'ose m'adresser à toi, l'Humaniste, l'auteur de
    L'Utopie - publié il y a tout juste cinq cents ans -, d'abord pour te remercier de ce texte si original qui a nourri d'innombrables rêves pour changer la société.
    Tu ne me croiras pas, mais dans la jeune URSS, des ouvriers ont donné ton nom à leur soviet. Et, de son côté, le Vatican t'a canonisé ! Quel héritage ! Quand on pense que toi, l'Érudit, tu es devenu chancelier du roi Henri VIII (qui t'a fait décapiter...), que tu n'as pas mis en oeuvre une seule réforme digne de ce nom (toi, le saint patron des gouvernants), tu comprendras que ta vie, ton oeuvre et sa postérité restent un vrai mystère...
    Depuis quelque temps, l'utopie a mauvaise presse - il faudra que je te parle de ces " totalitarismes " qui ont abîmé ta belle idée. Et pourtant, je connais nombre de mes contemporains qui seraient ravis de ta proposition de réduire le temps de travail quotidien à 6 heures ou celle de laisser tout individu libre de croire dans le dieu qu'il veut. Qu'est-ce qu'un bon gouvernement ? Comment mettre fin à la guerre ? Comment libérer l'individu tout en assurant les conditions de son bien-être social ? Toutes ces questions étaient les tiennes. Je suis persuadé que notre époque est en panne, que notre imaginaire politique bégaie ou fait du sur place. Il lui faut carburer à l'utopie pour quitter cette désespérance et avancer sur le chemin des possibles.
    En ta précieuse compagnie.
    Bien à toi,
    Thierry

  • Vivre, c'est affronter de multiples risques. Qu'ils soient naturels, technologiques, sanitaires, économiques, sociaux, ou autres, nous les percevons de manière biaisée : certains sont surestimés, d'autres euphémisés, d'autres encore totalement ignorés. Dans tous les cas, la littérature sociologique traite chacun d'eux de manière isolée, comme s'il relevait d'une sphère autonome. Cet ouvrage prend le parti-pris contraire, celui de considérer que les individus sont confrontés dans le même temps à tous ces risques, qu'ils doivent donc arbitrer entre eux et agir pour échapper en priorité à ceux qu'ils craignent le plus, quitte à s'exposer aux autres.
    Cette démarche, qui met l'individu au centre de l'analyse, est prolongée par l'examen des problèmes posés par la gestion publique et privée des risques collectifs. Faut-il opter pour une application extensive du principe de précaution, même si cela entrave le développement de la science et des techniques ? L'État doit-il multiplier les mécanismes de protection des citoyens contre les risques matériels, économiques et sociaux, même au prix d'une atteinte aux libertés individuelles ? Le livre tente de répondre à ces questions et de faire apparaître les soubassements idéologiques et logiques des positions divergentes.

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