Les Allusifs


  • figure emblématique de l'histoire des états-unis, maya angelou s'est engagée corps et âme dans le vingtième siècle américain.
    tant que je serai noire est le récit de sa vie à partir de 1957 lorsque, décidée à devenir écrivaine, elle part avec son fils, guy, pour rejoindre harlem, épicentre de l'activité intellectuelle des noirs américains. elle participe aux bouleversements de l'époque et rencontre des artistes comme billie holiday et james baldwin, et les leaders du mouvement des droits civiques, malcolm x et martin luther king.
    enfin, conquise par vusumzi make, combattant pour la liberté et les droits des noirs d'afrique du sud, elle part vivre en afrique, théâtre des luttes anticolonialistes, oú elle devient journaliste. ce récit est l'autoportrait d'une femme exceptionnelle qui a intégré, jusque dans les plus profonds replis de sa vie intime, une véritable révolution mondiale, culturelle et politique.

  • Un homme accusé de meurtre raconte à la cour les événements qui l'ont peu à peu conduit à commettre l'impensable.
    Mais Le Jour des corneilles n'est pas le récit d'un procès, pas plus qu'un roman policier. Plutôt : un témoignage poignant, formant une histoire inclassable, étrange, où des forces tout à la fois occultes et familières s'opposent, et à la fin de laquelle les frontières entre folie et lucidité, amour et haine, réalité et chimère, vie et mort ne sont plus si clairement définies. Au fait, quel est donc ce curieux tribunal, silencieux comme la mort, devant lequel comparaît le fils Courgeoe
    Roman de l'incommunicabilité, Le Jour des corneilles illustre au fond la difficulté toute humaine de pénétrer le coeur d'autrui, d'en percer jamais le mystère. Et si, en définitive, notre quête la plus élevée consistait en cette ouverture, totale et sans condition, à ceux que nous aimons ? Peut-être, à l'heure venue, pourrions-nous alors mourir plus librement, le coeur moins oppressé, avec le sentiment de n'avoir pas vécu pour rien. Tel pourrait être le sens premier de cette fable tendre, cruelle et, par moment, singulièrement troublante.

  • Dans ce récit haut en couleur et enlevant, où on retrouve une galerie de personnages réels qu'on oserait presque qualifier de romanesques, la grande dame des lettres américaines poursuit son inlassable travail de mémoire et sa très personnelle histoire du XXe siècle.
    Lorsque, en août 2008, les Allusifs font paraître Tant que je serai noire, autobiographie de Maya Angelou (traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné), la campagne présidentielle bat son plein aux Etats-Unis, et on assiste à l'élection du premier Noir à la tête de ce pays. L'ouvrage a suscité un intérêt populaire et médiatique considérable de l'une des pionnières du mouvement pour l'émancipation des Noirs américains, témoin privilégié de l'époque.
    Non contente d'avoir été mêlée à de nombreuses luttes (elle a notamment croisé Martin Luther King), Maya Angelou, en effet, raconte, se raconte. Dans Un billet d'avion pour l'Afrique, suite de Tant que je serai noire, on retrouve Angelou au Ghana, où, en compagnie d'autres Noirs américains, elle fait la douloureuse expérience du retour. Ignorés, maltraités ou rejetés dans leur pays d'origine, de nombreux Noirs américains de l'époque (années 1960), reprenant à leur compte le rêve de Marcus Garvey, qui a donné naissance au mouvement rastafari, considèrent l'Afrique d'où sont issus leurs ancêtres comme la terre promise.
    Avec l'acuité et l'humour qu'on lui connaît, Maya Angelou montre à la fois le malaise causé par l'indifférence des Africains vis-à-vis des nouveaux venus et l'ambiguïté des motivations de ces derniers. Les Allusifs ont d'ailleurs, réédité, au moment de la sortie de Tant que je serai noire le premier volume de sa série autobiographique, la traduction du premier tome de cette grande série autobiographique, intitulé Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage (traduction de Christiane Besse).
    Figure emblématique de l'histoire des Etas-Unis, Maya Angelou s'est engagée corps et âme dans le XXe siècle américain. Un portrait d'une femme remarquable, de son engagement politique toujours d'actualité, de son courage, et de sa lutte.

  • On retrouve l'assassin d'Olga María rencontré dans le précédent titre publié aux Allusifs en 2004. On découvre cet assassin sans âme ni conscience à travers le même procédé du monologue déjà utilisé par l'auteur. Il se nomme Robocop et est sergent dans une troupe d'assaut, il mesure un mètre quatre-vingt dix, pèse près de cent kilos et est un des combattants les plus féroces. Mais une fois la guerre terminée et les accords de paix signés entre la guérilla et le gouvernement d'une nation d'Amérique centrale, la démobilisation survient et que deviennent ces soldats ? Les uniques biens qu'il a conservés à cet instant à la réintégration d'une supposée vie civile furent trois fusils, huit grenades à défragmentation, son pistolet neuf millimètres et un chèque équivalent à trois mois de salaires. Que faire alors ? Comme les faibles ne survivent pas, Robocop continuera à se consacrer à l'unique tâche pour laquelle il a été préparé : se battre.
    Et ainsi, il se convertira en membre de diverses bandes de délinquants intégrées par des ex militaires ou des ex guérilleros qui opèrent comme commandos hautement spécialisés dans le cadre d'une transition politique bien délicate. Des bandes dans lesquelles la loyauté est à peine provisoire et les trahisons toujours imminentes. On retrouve également dans ce titre la critique acerbe d'une société salvadorienne corrompue et prête à tout pour s'arracher les biens.

  • La haine et la rancoeur peuvent ronger un être jusqu'à le détruire. C'est ce qui arrive à doña Lena, épouse d'Erasmo Mira Brossa, avocat, président du Parti national hondurien, et mère d'une fille unique, Teti. La fielleuse Lena, dont les insultes et les accusations traversent tout le roman comme des coups de tonnerre, enferme son mari dans les toilettes pour l'empêcher d'assister au mariage de leur fille, une union qui à ses yeux démolit l'image de la famille. Car Teti épouse un Salvadorien divorcé beaucoup plus âgé qu'elle, et certainement communiste, croit sa mère. Horacio Castellanos Moya utilise ici la voix d'une bourgeoise hystérique pour faire un portrait au vitriol des classes possédantes d'Amérique centrale. À sa façon excessive, il dépeint le démantèlement d'une grande famille sur fond d'écroulement politique, dans une ambiance de folie, de conspiration, de suspicion et de conflits. Effondrement confirme ses dons de portraitiste acide et le révèle comme l'un des meilleurs connaisseurs de sociétés qui semblent répéter leurs névroses à l'infini.

  • La côte 400

    Sophie Divry

    Elle rêve d'être professeur, mais échoue au certificat et se fait bibliothécaire. Esseulée, soumise aux lois de la classification de Dewey et à l'ordre le plus strict, elle cache ses angoisses dans un métier discret. Les années passent, elle renonce aux hommes, mais un jour un beau chercheur apparaît et la voilà qui remet ses bijoux. Bienvenue dans les névroses d'une femme invisible. Bienvenue à la bibliothèque municipale, temple du savoir où se croisent étudiants, chômeurs, retraités, flâneurs, chacun dans son univers. Mais un jour ce bel ordre finit par se fissurer.

  • Se tournant vers son enfance, un homme voit renaître une Espagne révolue où les rues sentaient la mer, où l'insouciance s'alliait aux mystères du désir naissant, à l'orée des rites initiatiques immémoriaux, dans les suavités d'une vie peuplée de personnages truculents, les tantes jacasseuses, les oncles buveurs de cidre, les cousins de Madrid, et les cousines aussi, qui sont des sottes, sauf Helena. Helena, douce et chaude respiration du soleil, mélancolie d'un monde perdu.

  • Passes noires

    Giosuè Calaciura

    C'est une prostituée africaine qui parle, et elle raconte comment elle est arrivée dans cette ville qui ressemble fortement à Palerme au terme d'une véritable nouvelle traite des nègres. Elle raconte aussi les mauvais traitements, les vexations, la misère quotidienne, et tout le monde d'exclus, de clandestins et de miséreux qui s'anime autour d'elle dans le décor de cette ville en décomposition.
    Le sujet est d'actualité mais il ne s'agit pas d'un roman social ou sociologique ou politique. L'auteur a fait le choix d'une langue poétique qui transcende le réalisme, avec une texture étonnante faite de tournures dialectales, d'expressions parfois étranges, comme pour attester d'une maîtrise incertaine de la langue de la part de la narratrice dans la bouche de laquelle la trivialité ne paraît jamais vulgaire.

  • Après Limonade et autres nouvelles, un recueil paru chez Les Allusifs en 2013, Bons baisers du pays des hypocrites rassemble sept textes de Timothy Findley publiés à l'origine en 1985 et traduits pour la première fois en français.
    L'attente, le vide, la folie, le regard des autres : tels sont quelques-uns des thèmes abordés dans ce second tome. Une domestique au comportement étrange vit dans l'attente perpétuelle mais vaine de celui qui ne viendra pas ; un jeune scénariste narcissique fait l'expérience de la cruauté morale et de l'inanité des millionnaires pervers qui se déchirent au pays des hypocrites ; une écrivaine, par ses mots, garde à distance ceux qu'elle côtoie, épinglés comme autant d'insectes dans une vitrine, mais c'est un autre type d'aiguille qui trouve le chemin de son bras.

  • Qui est Bobbie Gotteson ? Musicien et meurtrier, paria et vedette, cet " incatalogable " porte le poids d'une identité morcelée, le destin s'acharnant contre lui depuis sa " naissance " dans la consigne d'autobus à New York.
    Librement inspirée des méfaits de Charles Manson, cette fausse confession met en scène une conscience dynamitée, parasitée par les voix du Dehors, les jurés du tribunal faisant figure de choeur antique dont les tirades rythment le drame de cette vie envahie par la démence, la haine et la pitié. Texte dérangeant et inclassable, qui mêle monologue, dialogues et récit à la troisième personne, Le triomphe du singe-araignée met en dérision la fascination populaire et médiatique qu'éveille la prétendue psychologie du meurtrier, puisqu'" il y a quelque chose dans la Machette qui nous excite tous ".

  • Je pense que c'est ça qui lui est arrivé. Il s'est perdu au milieu des lettres, des titres, perdu au milieu des histoires qui habitaient sa tête. Parce que nous sommes tous faits d'histoires, pas d'adé-ènes et de codes génétiques, ni de chair, muscles, peau et cerveaux.

    Elias Bonfim, douze ans, n'a jamais connu son père : ce modeste fonctionnaire amateur de littérature a définitivement disparu des radars après s'être engouffré un bel après-midi dans L'île du docteur Moreau de H. G. Wells. Taraudé par cette insolite fugue paternelle, le jeune garçon part à sa recherche... À travers ce bref roman au tempo endiablé, Afonso Cruz nous fait partager ses aventures loufoques, passant de Lao-tseu et Ray Bradbury au héros de Dostoïevski, Raskolnikov, et à d'autres personnages encore, dans un périple qui est aussi un merveilleux hommage à la littérature, aux livres et à la lecture.

  • Un pilote d'hélicoptère américain, Jesús Bull Aguirre, disparaît avec son appareil et ses deux passagers au-dessus du désert de la Basse-Californie. Sa femme mexicaine, Cecilia Montaño, amie de jeunesse de Morgado, demande à l'avocat d'enquêter sur cette affaire. Jesús Bull avait été engagé par un groupe écologiste, le Parti naturaliste mexicain, pour faire un recensement des cactus de la région. Morgado découvre vite que ce PNM n'existe pas, et que tout cela cache une affaire de trafic de drogue, dans laquelle la police est impliquée. Mais que s'est-il passé, qui a trompé qui, qui est mort, et comment ? Morgado a vite l'impression qu'il s'agit d'une mise en scène, mais l'identité des manipulateurs ne cesse d'être remise en cause.

  • Cochon d'Allemand

    Knud Romer

    Que signifie être une Allemande dans une petite ville danoise quelques années après la fin de la Seconde guerre mondiale ? Que signifie être le fils d'une telle mère et d'un père danois ? Que ressent-on quand on se fait traiter de "cochon d'Allemand" à chaque récréation ? Quand on est témoin de l'ostracisme permanent à l'égard de sa mère ? Knud Romer le sait - pour avoir été ce -cochon d'Allemand" à Nykøbing Falster où il est né en 1960 et où il a grandi. Il en a gardé des souvenirs épouvantables, qu'il a portés des années durant avant de décrire l'enfer vécu - déguisé en une enfance ordinaire - dans son roman Cochon d'Allemand, paru en 2006 au Danemark. Une oeuvre autobiographique donc, un roman à clé certes, un règlement de comptes sans doute. Mais avant tout une oeuvre littéraire de premier ordre, l'évocation d'un monde qui ne se réduit nullement à la petite ville de province : pour l'auteur, sa propre histoire est avant tout l'histoire de sa famille, de ses parents, de ses grands-parents. En parlant d'eux, il nous fait remonter dans le temps, et l'horizon s'élargit : une suite de brèves séquences fait défiler les personnages dans une Allemagne des années 30 et pendant la guerre ; puis au Danemark à la même époque. Le roman est détaillé et coloré, écrit avec un style vigoureux et scintillant. Tout en décrivant l'isolement croissant d'une famille, il dépeint ses prédispositions psychiques de plus en plus tordues : de la névrose autodestructrice à la cruauté malveillante, à la persécution, à la mort. Cochon d'Allemand, bourré d'hyperbole et d'ambiguïté, ressemble presque à une histoire à dormir debout. L'humour, que l'on retrouve de par le roman, unit ses fils divers et aide à rendre ses brutalités plus supportables. C'est un récit personnel, brut et sincère qui touche profondément le lecteur. En somme, un petit livre d'une grande beauté, sans une fausse note, dense et compact.

  • Le voyage

    Sergio Pitol

    En mai 1986, en pleine perestroïka, un diplomate mexicain en poste à prague est invité en géorgie à titre d'écrivain.
    Or la glasnosts'embrouille et notre homme est promené à moscou, à leningrad ; aussi le voyage se transforme-t-il en une galopade folle de scènes grotesques et de calamités joyeuses, pour se terminer à tbilissi l'irrévérencieuse, ivre de ce printemps politique. sous la plume d'un merveilleux érudit excentrique et rêveur, ce voyage est aussi une traversée de siècles d'art et de culture, et de toute la forêt sacrée de la littérature russe, de pouchkine à gogol à marina tsvetaïeva.
    Sergio pitol, prix juan-rulfo, vit au mexique.

  • En courts fragments, comme en autant d'instantanés qui n'ont pas froid aux yeux, ce roman nous présente Minette sous toutes les coutures et en découd avec certains mythes sur la féminité cousus de fil blanc. Nous y apprenons ce qu'elle fait à ses amants et ce que ses amants lui font, ce qu'elle aime ou n'aime pas, ce qu'elle pense de ceci ou de cela et notamment des hommes. Par exemple, elle ne croit pas du tout que les amibes soient des organismes vivants les plus simples, elle affirme que ce sont les mecs. Ils se réduisent à peu près à leurs couilles, dit-elle, où se loge également leur cerveau. Mais si elle a en elle cette affolante épice qui fait que les hommes lui courent après, il est vrai aussi qu'elle court après les hommes. C'est même une sacrée coureuse. Si, pour situer Minette dans l'histoire littéraire (et plus précisément celle des héroïnes romanesques), on prend un raccourci aussi serré que celui du Christ mort de Mantegna, on peut dire qu'au fond, à la tête du gisant, il y a la princesse de Clèves, à mi-chemin, sur la bosse géni(t)ale, Madame Bovary, et au premier plan, aux pieds, Minette Accentiévitch. Le pied !

    Afin de pallier au manque d'informations provisoire sur l'auteur, vous trouverez ici la présentation de lui-même que Vladan Matijevi . c fait dans Les Aventures de Minette Accentiévitch (page 143) : En 1952, le 16 novembre, quelques jours avant l'ouverture de son procès, meurt en prison le débauché H. H., héros du roman Lolita de l'écrivain Vladimir Nabokov. C'est d'ailleurs par cette information que commence le roman. En 1962, également un 16 novembre, naît Vladan Matijevi . c , écrivain qui couchera sur le papier les Aventures de Minette Accentiévitch. Il niera explicitement tout rapport entre son oeuvre et sa vie. En 2005, encore un 16 novembre, Vladan Matijevi . c, lors d'un déjeuner organisé pour fêter son anniversaire, offre à une jeune femme le roman Lolita. Il le fait afin que cette note sur l'auteur ait un sens et soit sympathique, mais aussi pour une autre raison...

  • Un médecin de Mexicali, le docteur Fidel Chacón, est tué alors qu'il enquêtait sur des enlèvements d'enfants survenus récemment dans cette ville-frontière de Basse-Californie. On l'a abattu alors qu'il filmait le repaire des kidnappeurs : la bande vidéo, miraculeusement retrouvée intacte, devient une précieuse source d'information. L'avocat part à Mexicali, sa ville natale, pour tirer au clair cette affaire. Les enlèvements d'enfants font partie d'un horrible trafic entre le Mexique et les États-Unis, des chirurgiens américains venant prélever clandestinement les organes pour les greffer à des enfants malades au nord de la frontière, dont les parents ont « commandé » l'opération au prix fort. La mystérieuse Molly qui organise ce trafic est associé à un jeune psychopathe, un tueur en série, Loverboy, qui est aussi son amant.

  • dans les rues d'une capitale latino-américaine, eduardo sosa, un jeune homme désoeuvré, décide de suivre l'intrigant jacinto bustillo, qui vit dans une voiture stationnée au pied d'un immeuble.
    quelques heures et autant de gorgées d'alcool plus tard, l'étudiant chômeur tue le clochard pour se glisser à ta fois dans ta chevrolet - jaune criard - et dans la personnalité de jacinto, ou du moins celle qu'il imagine. là, c'est la divine surprise : loti, beti, valentina et carmela, de somptueuses créatures toutes d'écailles vêtues, t'adoptent. ensemble, ils s'en vont pied au plancher régler quelques problèmes conjugaux du trépassé.
    et tant pis si leur virée contraint à ta fuite le gouvernement et met la moitié de la ville à feu et à sang.

  • À travers ces nouvelles traduites par Nancy Huston et considérées par Virginia Woolf comme un «couloir» menant du roman "Mrs Dalloway" à "Vers le phare", des invités ignorés de la soirée de Clarissa Dalloway entrent en scène. Orchestrant entre eux des rencontres subtilement dissonantes en marge de la mondanité, Virginia Woolf débusque avec une poésie insolite leur intimité.

  • Ça commence par du malheur : le père qui brise les vitres avec son visage de fou et son odeur de fleurs mortes, qui ne sera bientôt plus qu'un fantôme ; la haine de la grand-mère ; le collège trop loin de la savane. Puis le bonheur qui émerge lentement : l'amour de la mère, de la soeur qui a une tête de chat, de l'homme gros qui les fait rire, d'Aldana, la plus belle créature vivante humaine, animale ou végétale que le garçon ait jamais vue.
    Les histoires d'enfance d'un enfant roux qui se prend pour un jaguar, racontées par fragments, de la folie nocturne du père jusqu'à la danse finale du loup. Des fragments hallucinés, poignants, drôles. Un étrange chant d'amour à la vie, à l'enfance dans ce qu'elle a de plus irréductible, de plus sauvage.

  • Neuf histoires inquiétantes et profondes comme l'eau des puits où se mêlent la loufoquerie et le tragique, la chimère et le désastre, le souvenir et l'angoisse. À la fois la galère et le galérien, l'homme ambigu y décline sa nature en nuances qui vont de l'hostilité jusqu'à la mansuétude, en passant par les rêveries amoureuses et les impulsions meurtrières. Neuf histoires contrastées où, touchés par la grâce ou dévastés par la violence de la fatalité, les êtres pourchassent la vie heureuse et espèrent la mort paisible, pendant que le monde, né un matin d'Épiphanie sous la lune couleur d'os, glisse comme un vaisseau négrier vers les ténèbres où l'on ne voit plus que la nudité des restes de l'ultime boucherie. Une écriture toujours éblouissante, où l'imagination, l'érudition et l'émotion se mêlent en un troublant bouquet. Il y a du génie dans cette violence narrative qui ne dit pas son nom, mais qu'une extrême maîtrise vient arracher au silence insupportable désormais. Car l'espèce de désespérance, de lucidité un peu effrayante qui émane de ce livre est une traduction saisissante des sottises de nos dogmes religieux et, sans doute aussi, de nos démons personnels.

  • Jésus-Christ buvait de la bière dépayse le lecteur en le plongeant d'emblée dans un village rural de l'Alentejo, au Portugal. Au premier plan, Rosa, quinze ans, une adolescente à l'érotisme brut. Elle rêve aux héros de ses romans policiers et westerns, et suce comme des bonbons des cailloux qui lui rappellent des moments plus ou moins heureux de sa jeune existence. Son grand-père s'est jeté dans un puits, sa grand-mère devenue veuve, Antónia, s'est emmurée dans sa vieillesse, sa mère, Isabel, archéologue, a épousé un paysan de condition inférieure, João Lucas Marcos Mateus, puis, vite lassée de son mari, est tombée dans l'alcoolisme et la nymphomanie, devenant pour Rosa l'incarnation de la Sainte Vierge avant de disparaître définitivement.
    Se sentant proche de la mort, Antónia a un rêve qu'elle confie à sa petite-fille : se rendre en Terre sainte ! Un désir qui sera bien étrangement exaucé par le petit cercle de Miss Whittemore, la millionnaire anglaise qui a racheté le village. Celle-ci dort dans le squelette d'une baleine et y héberge un sage hindou, un sorcier yoruba africain et le professeur Borja, un vieil illuminé. N'ont-ils pas tous décidé de déguiser ce modeste village en Jérusalem, organisant même un repas de Cène où l'on boira. de la bière ? Car - nombreux sont ceux qui l'ignorent - c'était la boisson de prédilection de Jésus-Christ.
    Un livre à la fois bouleversant et désopilant, semé d'histoires gigognes, qu'on lit à bride abattue, immergé dans un monde rural baroque où se télescopent - pour le plus grand bonheur d'un lectorat varié - personnages frustes et érudits excentriques.

  • On joue vraiment de drôles de choses sur les tapis verts de la frontière, entre officiers des stups américains et mexicains.
    Quand il accepte de faire la preuve qu'un parieur invétéré trouvé criblé de balles n'était pas un narco, Morgado, le plus privé des privés, s'engage dans une enquête sanglante entre toutes. Un noir de noir porté au sommet de la corrosion.

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