La Cardere

  • Si les moutons traînent derrière eux une réputation d'animaux stupides, c'est la faute de Panurge. Or les moutons n'adoptent de comportement « moutonnier » que lorsqu'ils sont d'accord et y trouvent de l'intérêt : il n'y a pas de moutons idiots, juste des animaux « mal élevés ». Une philosophe et un écologue ont retracé, avec une dizaine de bergers, une aventure rarement évoquée, celle où des animaux apprennent à des humains à leur apprendre. Leur objectif : comprendre comment cet apprentissage se construit.
    Cet ouvrage révèle un fait peu connu : bergers et brebis sont engagés dans une conversation permanente, faite d'apprentissages réciproques et de respect. Ensemble, ils créent de la cohérence et cultivent l'idée de ce que peut être la possible beauté du monde. Les moutons font mieux : ils réalisent cette idée. Et ils le font, notamment, en mangeant.
    Composer avec les moutons, voilà ce qu'apprennent à faire, au quotidien, ces bergers. Humains et animaux s'engagent ensemble dans la création, non seulement d'un accord, mais également d'un éthos des manières d'habiter le monde. Tout un art de reconstruire l'étoffe un peu partout abîmée des continuités sensorielles. C'est cela aussi, composer avec les moutons.

  • Bergers, alpages et pastoralisme appartiennent-ils à l'Histoire ?
    Alors que beaucoup leur fabriquent une ima ge passéiste d'activité « traditionnelle » teintée de nostalgie, cinq cent mille brebis transhument chaque année entre Provence et Alpes. Signe de la vivacité de la culture pastorale du Sud de la France.
    Sur la base d'une ethnographie précise, Guillaume Lebaudy anal yse la culture de la mobilité des bergers et des troupeaux.
    Il nous donne à comprendre un métier qui suppose des savoirs et savoir-faire, mais aussi une obsession de la domestication commune à tous les éleveurs et bergers dans le monde. Se dévoi le peu à peu tout le génie de ce métier dans ses mutations pour composer au fil du temps avec les évolutions de nos so ciétés. Sans pessimisme mais avec lucidité, cet ouvrage alerte sur la crise actuelle de la culture pastor ale et met en lumière ses enjeux enviro nnementaux, territoriaux, administratifs, sociaux et culturels.

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  • Quel avenir pour l'alpage, ce lieu commun bien singulier ?
    Les espaces pastoraux se distinguent par leurs modes de collaboration originaux : le contrat de travail y constitue un enjeu central de la coopération entre berger-e-s et éleveur-se-s. Singulier, l'alpage est aussi objet d'approches plurielles, sources de débats, de tensions, voire de conflits. De ces relations dynamiques, comment en tirer des moteurs d'innovations et de prospectives, pour que la pérennité de l'alpage en tant qu'outil collectif ne soit pas menacée ?
    Le « métier » est soumis à des contraintes externes fortes : rude loi du marché, tracasseries administratives, conséquences des phénomènes de prédation, du côté éleveur ; prédation en alpage, exigences techniques croissantes, relation avec les touristes et randonneurs, horaires de travail, risques professionnels, habitat en site isolé, forte saisonnalité du métier, précarité socioprofessionnelle, du côté berger.
    Mais l'écart culturel se creuse entre le groupe social des gardiens de troupeaux et celui des éleveurs. Le risque de perte des savoirs et des compétences, sentiment partagé par les éleveurs et les bergers, est une question cruciale. Pourtant les gardiens de troupeaux d'aujourd'hui et de demain ne renouvellent-ils pas le rapport aux animaux et aux territoires pastoraux ? Les éleveurs employeurs, eux aussi porteurs de regards nouveaux sur les articulations entre économies et ressources naturelles, ne doivent-ils pas mieux formuler leurs exigences, définir des profils de poste précis, les objectifs à atteindre et les critères d'évaluation de leurs salarié-e-s, ainsi que les marges de progrès ?

    Ouvrage collectif proposant un regard multiple sur l'alpage (historique, descriptif et prospectif), dans le champ des sciences humaines et sociales, L'Alpage au pluriel invite les contributeurs à « se lâcher » sans se radicaliser, afin d'enrichir le débat, de diversifier l'expression de la profession, et d'apporter ainsi des voix plus distanciées à la problématique de la relation centrale éleveurs-bergers. Dans un tour d'horizon des différents points de vue, cet ouvrage pose les bases d'une construction résolument tournée vers l'avenir de professions et fonctions complémentaires, convergeant vers un pastoralisme durable et producteur de richesses et de culture.
    Les 27 contributeurs de cet ouvrage sont des berger-e-s (et enfants de), un éleveur, un aide-berger, des agents de développement local, d'accompagnement et de représentation professionnelle (services pastoraux, Mutualité sociale agricole, groupements pastoraux, associations de bergers), des scientifiques (historiens, géographes, sociologues, ethnologues, botaniste), un éditeur en pastoralisme.

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  • Ce petit manuel est destiné à faciliter la préparation et le bo n déroulement de l'estive. Conç u et rédigé avec l'aide de plu- sieurs berger-e-s, il s'adresse en premie r lieu aux berger-e-s, mais également aux vi siteurs de l'alpage, curieux d'en savoir davantage...
    Objectif : préserver et conforter le plaisir, voire la passion, qu'on éprouve à garder un trou peau en estive. Car le plaisir de passer une saison près des cimes auprès des brebis est une des principales motivations des berger-e-s d'alpage.
    Plaisir, passion, certes, mais sans per dre de vue que « faire le berger » impliq ue un mélange de prudence, d'humilité, de respect de soi et des autres, d'amour, de soins et de respect des animaux que l'on vous confie, de savoirs et de savoir- faire divers, de techniques et de valeurs, révélés au fil des pa ges... et des jours. Car il est vrai qu'à tout âge le berger a toujours à apprendre de la montagne, du troupeau et de son métier.

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