Quidam

  • Ils commencent par là. Par la suspension. Ils mettent, pour la toute première fois, les deux pieds dans l'océan. Ils s'y glissent. A des milliers de kilomètres de toute plage. A bord d'un cargo de marchandises qui traverse l'Atlantique, l'équipage décide un jour, d'un commun accord, de s'offrir une baignade en pleine mer, brèche clandestine dans le cours des choses. De cette baignade, à laquelle seule la commandante ne participe pas, naît un vertige qui contamine la suite du voyage.
    Le bateau n'est-il pas en train de prendre son indépendance ? Ultramarins sacre l'irruption du mystère dans la routine et l'ivresse de la dérive.

  • Taqawan

    Eric Plamondon

    • Quidam
    • 4 Janvier 2018

    « Ici, on a tous du sang indien et quand ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains ».
    Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s'emparer des filets des Indiens mig'maq. Emeutes, répression et crise d'ampleur : le pays découvre son angle mort.
    Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l'immensité d'un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source...
    Histoire de luttes et de pêche, d'amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d'un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

  • Oyana

    Eric Plamondon

    « S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie. » Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu'à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu'où les mots la mèneront, elle écrit à l'homme de sa vie pour tenter de s'expliquer et qu'il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d'autres. Elle n'a que deux certitudes : elle s'appelle Oyana et l'ETA n'existe plus.

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  • Toute seule Nouv.

    Évoquer la misère au quotidien. Ne pas en faire une métaphore. Comment conter la vie de pauvres gens en milieu rural désertifié.
    C'est l'histoire d'un couple. Lui, Paul Ladier, est un cheminot à la retraite, artiste peintre. Elle, Françoise, plus jeune, subit à présent cet homme devenu vieux. Les illusions se sont envolées. La peinture ne les a pas rendus riches. Ils vivent dans un ancien commerce, au centre d'un bourg, les toiles collées contre la vitrine.
    Françoise s'en débarrasse contre une poignée d'euros.
    Elle aimerait aussi se débarrasser du vieux, pesant.
    Paradoxalement elle y tient, comme on aimerait un père.
    Ou une personne par qui le lien donne sens au monde.
    Pauvres, à la marge du village, on leur fait parfois l'aumône d'un bout de viande, de quelques fruits.

  • Trencadis

    Caroline Deyns

    "Je montrerai tout. Mon coeur, mes émotions. Vert - rouge - jaune - bleu - violet. Haine -amour - rire - peur - tendresse". Niki hait l'arête, la ligne droite, la symétrie. A l'inverse, l'ondulation, la courbe, le rond ont le pouvoir de déliter la moindre de ses tensions. Délayer les amertumes, délier les pliures : un langage architectural qui parlerait la langue des berceuses. Aussi vit-elle sa visite au parc Güell comme une véritable épiphanie.
    Tout ici la transporte, des vagues pierrées à leur miroitement singulier. Trencadis est le mot qu'elle retient : une mosaïque d'éclats de céramique et de verre. De la vieille vaisselle cassée recyclée pour faire simple. Si je comprends bien, se dit-elle, le trencadis est un cheminement bref de la dislocation vers la reconstruction. Concasser l'unique pour épanouir le composite. Broyer le figé pour enfanter le mouvement.
    Briser le quotidien pour inventer le féérique. Elle rit : ce devrait être presque un art de vie, non ? "J'aime l'imaginaire comme un moine peut aimer Dieu".

  • Arelis Uribe met en lumière des personnages féminins, enfants ou adultes, des femmes ordinaires, écolières, étudiantes ou travailleuses, dont on parle rarement et qui sont issues des classes moyennes ou pauvres des quartiers de Santiago ou de la périphérie. Ses nouvelles parlent des quiltras, des femmes déclassées, de la discrimination dont elles sont victimes sur le plan économique et en raison de la couleur de leur peau, des femmes jamais représentés en littérature.
    Les cuicos (blancs des classes aisées) connaissent parfaitement leurs origines, contrairement aux quiltras. En mapudungun (langue mapuche parlée par les indiens du Chili), quiltro signifie chien. Comme au Chili les indigènes sont méprisés, le terme signifie aujourd'hui chien sans race, sans classe, et tout ce qui est mélangé.

  • Aller aux fraises

    Eric Plamondon

    • Quidam
    • 4 Février 2021

    Aller aux fraises, c'est partir en voyage au Québec, avec une langue qui sillonne les bois, les champs, les usines, les routes sans fin, les bords de rivière. C'est le sort de ceux qui deviennent extraordinaires à force d'être ordinaires. On s'y laisse porter par les souvenirs d'un père qui s'agrègent pour devenir les légendes du fils. Ce fils qui veut construire son propre récit et qui retrouve sa mère le temps d'un nouveau cycle.
    Eric Plamondon raconte la démesure de l'ordinaire. C'est sur le vif, drôle et émouvant.

  • Le manège des oubliés Nouv.

    Ils se ressemblent. Ce sont des gens de l'ombre. Qui tentent de mener leur frêles embarcation à bon port en ramant souvent contre des vents contraires.
    Vivre est ordinaire mais pas facile. Beaucoup sont en bout de course. D'autres ne sont plus de ce monde. Ce qui ne les empêche pas d'avoir marqué leur passage. Et d'exister dans les mémoires.
    Cela a lieu sur terre, sur mer ou en ville. Parfois dans les cafés, où la parole se libère plus facilement. Défilent, entre autres, un homme au corps cassé qui fume du cannabis avec son chien dans une voiture sur cales, un voyageur qui s'arrête définitivement dans un hôtel d'Ostende, un boxeur sonné qui coupe ses idées noires en marchant sans relâche, la mort qui vient cueillir Nino Ferrer au milieu d'un champ de blé...

  • Pourquoi les hommes fuient capture, à traits précis et au plus près des gestes et mouvements, la trajectoire d'une jeune femme forte, indépendante, émouvante. Jane est une jeune guerrière (21 ans) hyperconnectée qui défriche son propre chemin : elle a perdu sa mère et ne sait pas qui est son père, mais audacieuse, elle fonce.
    Son univers commence insensiblement à basculer lorsqu'elle se lance à la recherche de celui-ci. Sa quête, qui questionne la paternité et la lâcheté masculine, mais aussi les conséquences de la célébrité (et de l'échec), interroge également les rapports humains dans un monde de plus en plus connecté, violent, hostile à une jeunesse prise entre présent perpétuel, hédonisme et appréhension du chaos.

  • Quand Sam Zabriski s'installe à Saint-Airy, dans le logis qu'on y appelle à mi-voix la Maison du Disparu, le destin de ce village champêtre au riche passé historique bascule. Ici, on se méfie un peu des étrangers. Ici, on décatit très bien entre-soi. Ici, on a des certitudes, dont celle que l'humanité se compose d'hommes et de femmes. Point. Or impossible de deviner à quel genre appartient Sam. Il se murmure que l'Escargot, comme on le surnomme rapidement, a fait du théâtre sans doute, été agent secret peut-être.
    L'incertitude et l'inconnu dérangent. Les tensions s'aiguisent, la violence monte, le drame couve. Après quelques escarmouches, la guerre est bientôt déclarée. Personne n'en sortira indemne. Roman noir, roman politique, étude de moeurs, Indésirable déroule cinq années de la vie d'un microcosme perturbé par l'arrivée d'un corps étranger. Et forge une langue pour exprimer le dissemblable.

  • A la veille de son départ au combat, Heller, lieutenant de l'armée prussienne, peintre dans le civil, se confronte, dans une longue lettre testamentaire, à un autre front, intérieur et non moins dévastateur, celui d'un amour impossible avec Else, une jeune Française rencontrée dans le Paris de l'avant-guerre. "Cendors, ici encore, déroute et enchante avec ce court roman dense et fiévreusement poétique qu'il dédie à la mémoire d'Alain-Fournier".
    Véronique Cassarin-Grand, L'Obs "Cette vibrante mélopée attribue à la poésie un rôle salutaire. "La poésie, c'est désimaginer le monde tel qu'on nous le vend. C'est découvrir qu'il n'est rien et que s'en éveiller est tout". Frédérique Roussel, Libération

  • "On n'est pas fait pour le monde commun, composé pour les paresseux, les peureux, gens morts dès la naissance, des larves dans la vase des temps, pauvres pensées ! plaisirs de quelques minutes, une corde de rappel tressée par la raison, un harnais de sécurité, des chiffres, des arguments, des discours, des justifications, des prétextes, éternelle mise à distance de l'être sous l'impossible. Je ne veux pas, je ne veux plus être à distance de l'impossible et de l'horreur.
    Je file droit vers eux. On y fera une pêche miraculeuse. On y gagnera une autre vie, une âme neuve". Des personnages aux instants de leur vie où tout se joue, quand on ne se résout plus à être ce que l'on était, quand on prend le risque, peut-être fatal, d'un pas de côté. Autant d'expériences fortes dont on ne revient pas. Etonnement et sidération qui marquent une seconde naissance. L'entrée dans le monde quand on n'était, avant, qu'en sa périphérie : Le Renvers.

  • Un cadenas sur le coeur

    Laurence Teper

    • Quidam
    • 3 Janvier 2019

    Ce roman raconte, en condensé, une partie de la vie de Claire, née au début des soixante et fille aînée d'une famille française apparemment ordinaire. Vie consacrée à la recherche de ses origines et animée par la volonté et le désir de comprendre ce qui se présente à elle comme des énigmes. Le roman est écrit au passé (imparfait et passé simple pour donner l'épaisseur du temps) et à la troisième personne, et mené essentiellement du point de vue de Claire.
    Ecrit dans un style fluide et naturel, le roman est construit en trois actes comme une tragédie (mais avec un épilogue heureux) : exposition des éléments nécessaires à l'intrigue et présentation du décor et des personnages ; obstacles et malheurs du personnage principal ;
    Résolutions et dénouement.

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  • Le pilon

    Paul Desalmand

    Un livre se penche sur son passé, de la sortie des presses à son départ plein d'espoir vers l'Afrique.
    Vingt ans d'une vie mouvementée. Il aime, est aimé, risque sa vie, rencontre des lecteurs et des lectrices, discute avec d'autres livres dans les librairies et les bibliothèques, s'interroge sur la marche chaotique du monde. Tout cela donne un roman picaresque et une méditation drôle sur notre finitude, doublés d'une variation à la Queneau sur le mot "pilon". L'humour, comme toujours, quand il n'est pas un confort, affleure au tragique.

  • L'enigmaire

    Pierre Cendors

    «L'humanité nous a donné un merveilleux aperçu sans avenir de sa destinée terrestre, nous avons soldé le sol. Sa marchandisation fut notre ruine».

    Orze, un village bombardé en 1916, a été transformé depuis en zone rouge interdite au public. Des fouilles archéologiques y révèlent une activité géomagnétique anormale et les vestiges d'un ancien culte chthonien. Ceux qui s'y rendent en reviennent inexplicablement changés. Trois inconnus - Laszlo Assenzio, surnommé Little Nemo, le premier «spacien», Adna Szor, une musicienne en deuil, et Sylvia Pan, une femme en quête de racines - se confrontent tour à tour aux mystères d'un territoire marqué par les révolutions croisées du règne naturel et de l'homme.
    Roman-monde d'un éclat sombre, juxtaposant les époques et les voix, L'Enigmaire explore les arcanes du vivant et nous invite à repenser la violence de la création et celle de l'homme. Ecrit en hommage à Andreï Tarkovski, il donne voix à l'esprit des lieux. Et couronne un travail de réflexion poétique quant au rapport au terrestre en s'articulant autour de deux pensées, celle d'Elisée Reclus qui écrivait : « L'homme, c'est la nature prenant conscience d'elle-même » ; et celle de Gary Snyder : « Les profondeurs de l'esprit, l'inconscient, sont nos propres étendues sauvages ».

  • Un témoignage littéraire sur l'attentat du Bataclan en novembre 2015. L'écrivain, blessé pendant les événements, évoque l'absurdité, le bouleversement, la violence et l'émotion provoqués par les assassinats terroristes.

  • Athènes dans l'après-guerre. Dans la grisaille, la brume et les fumées de l'usine à gaz, les lumières de la ville apportent l'illusion d'échapper à la misère. Bèba s'occupe d'une verrerie artisanale, affligée d'un mari en dépression et de deux vendeurs inefficaces et improductifs. Bèba, c'est la jeunesse, ses luttes, ses espoirs et ses déceptions, la force et la résistance qu'elle oppose aux contrariétés de la vie, à ses déboires.
    Tendre, lyrique et poétique, d'une rare maîtrise du récit et de la langue, La Verrerie donne à cette histoire d'une femme, qui voit s'éteindre un à un ses rêves les plus chers, une profondeur et une vérité qui font de ce roman, classique de la littérature grecque, un texte fascinant à (re)découvrir.

  • Dans une maison du Nord de Londres, Helena s'attelle à écrire un livre sur l'artiste américain Joseph Cornell tout en s'interrogeant sur sa soeur Alice, qui travaille dans un orphelinat en Tchétchénie. Sa soeur qui la laisse sans nouvelles ("Même dans mes rêves, elle ne m'en donne pas") et dont elle est convaincue du mépris quant au confort de sa vie privilégiée, loin des horreurs de la guerre. Survient, Ed, un photo-reporter tchèque de retour de Tchétchénie qui prétend avoir travaillé avec Alice et apporter de ses nouvelles, et qui souhaite être hébergé pour quelques jours.
    Hotel Andromeda tisse des ponts inattendus entre l'univers de Joseph Cornell et un pays livré à l'atrocité. L'art n'est-il pas ce qui permet d'affronter la catastrophe ?

  • Hemlock

    Gabrielle Wittkop

    Labyrinthe arachnéen, Hemlock évoque les destinées tragiques d'une Italienne de la post-Renaissance - Beatrice Cenci -, d'une Française du Grand Siècle - la marquise de Brinvilliers - et d'une Anglaise de l'époque edwardienne en Inde - Mrs Fulham -, entraînées dans le vortex du crime par l'enchaînement des circonstances, leur faiblesse et leur passion. Au-delà des contingences chronologiques, des visions récurrentes, des lieux, des objets, des leitmotive les relient entre elles.
    Comme aussi à Hemlock, une femme de notre temps, étrangère à leurs crimes mais déchirée entre les espérances et les craintes d'une situation extrême dont la présence, véritable fil d'Ariane, domine tout le livre. Dans ce texte tumultueux rigoureusement articulé autour des angoisses de Hemlock, rien n'est aléatoire et l'apparent arbitraire obéit à des lois aussi inéluctables qu'insolites. Quant aux trois meurtrières, le cheminement de leurs histoires illustre les mots de Shakespeare, que l'auteur place en exergue de son ouvrage : "Seigneur ! Nous savons ce que nous sommes, mais ne savons pas ce que nous pouvons être".
    Une fresque grandiose au charme vénéneux. Gabrielle Wittkop est née le 27 mai 1920 à Nantes et décédée le 22 décembre 2002 à Francfort. Elle rencontre dans le Paris sous occupation nazie un déserteur allemand homosexuel du nom de Justus Wittkop, âgé de vingt ans de plus qu'elle. Ils se marient à la fin de la guerre, union qu'elle qualifiera d' "alliance intellectuelle" . Son mari se suicide en 1986, alors qu'il est atteint de la maladie de Parkinson.
    Gabrielle Wittkop affirmera "Je l'y ai encouragé. J'ai raconté ça dans Hemlock".

  • Hommage à la comédie de moeurs, le roman joue avec les contraintes du genre :
    Intrigue à rebondissements, tonalité ironique et humoristique, travestissements, manipulations, importance du dialogue.
    L'argument est, comme souvent dans les comédies, improbable et invraisemblable : un romancier célèbre recrute un jeune imitateur talentueux et le charge de répondre à sa place au téléphone, en imitant sa voix, le temps pour lui d'achever le livre sur lequel il travaille sans être constamment importuné.
    Le Répondeur met en scène le «petit milieu» éditorial et artistique parisien dont il fait défiler les figures emblématiques, l'écrivain solitaire travaillé par une misanthropie bienveillante, l'éditeur, le journaliste culturel ambitieux et cynique, la jeune artiste talentueuse et névrosée.

  • Sez ner

    Arno Camenisch

    Sez Ner est le récit détaillé d'un été à l'alpage, dans la Sursilva des Grisons, au pied du Sez Ner. Un texte à la fois poétique et documentaire. Quatre hommes y passent l'été: l'armailli, l'aide-armailli, le vacher et le porcher, dans l'ordre hiérarchique, réduits à leur fonction. Avec eux, les vaches, les cochons, la chèvre et le bouc, plusieurs chiens, un chat, des poules et leur coq. Pas de femmes, sauf la bergère du chalet voisin, qu'on voit rarement. En trois cents fragments, Camenisch dissèque le quotidien du petit groupe en autant d'images fortes. Sans commentaires ni psychologie, il restitue le travail, la routine, le temps qu'il fait, le temps qui passe.
    Un travail sur la langue pour une musique ironique, parfois déchirante. "J'aime le texte sous le texte", dit Arno Camenisch.

  • Finir les restes

    Frederic Fiolof

    • Quidam
    • 4 Février 2021

    Associant des registres croisés (prose poétique, récit autobiographique, fiction, analyse réflexive), Finir les restes a pour fil rouge la « plainte » dont le modèle lointain et matriciel est peut-être à chercher du côté du Livre de Job. Finir les restes interroge l'humaine impossibilité de se conformer à la mort et démythifie souvent, de manière émouvante ou humoristique, les subterfuges ou les constructions sociales qui visent à la rendre tolérable. Dans un style le plus souvent simple et direct, ce «tombeau» se réapproprie les grands questionnements qui touchent à la mort. Par ses accents et variations, il s'inscrit dans un éventail qui va de Quelque chose noir de Jacques Roubaud et Nous deux encore de Michaux au Livre de ma mère d'Albert Cohen et Le premier homme d'Albert Camus.

  • Ustrinkata

    Arno Camenisch

    C'est le dernier soir à L'Helvezia, le bistrot du village racheté par des investisseurs. Tous les habitués sont là : la Tante, hôtesse de tout son monde, la Silvia, l'Otto, le Luis, l'Alexi, et les autres aussi, encore vivants ou déjà morts. L'alcool coule à flots et ça fume à tout-va. On est en janvier et il ne neige pas. Il pleut comme vache qui pisse. C'est quoi cette bizarrerie climatique ? Le déluge ? On cause de ça, de tout, sans discontinuer.
    Ressurgissent alors les histoires enfouies de ce village qui pourrait bien être le centre du monde. La fin est proche, mais tant qu'il y a quelqu'un pour raconter, on reprend un verre. Ce Prix suisse de littérature 2012 s'avale cul sec !

  • Fraîchement débarqué au Québec, un écrivain français se retrouve catapulté dans le monde remuant des garderies montréalaises. Croisant la route de Lulu l'hyperactif, de Mathieu le Zen Master ou de Tiah la princesse inuit, il apprend à connaître " la Belle Province " à travers ses enfants, ses éducatrices, ses routines et ses grèves. Galerie de portraits, compilation poétique et mordante de deux cents journées de travail, Ca fait longtemps qu'on s'est jamais connu est la découverte d'un Québec carrefour pacifique de toutes les cultures, où les langues se mêlent dans un joyeux désordre identitaire.
    Un Québec frappé de plein fouet par l'austérité, qui " ferme sa gueule et s'organise ". C'est aussi le témoignage d'un infiltré parmi des êtres fragiles, bouillonnants. Une déclaration d'amour aux petites gens, résistants magnifiques, excentriques et exaltants.

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