La Decouverte

  • Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à vingt mille, soit à peine un tiers du Colisée ? À Constantinople, qu'est-ce qui a permis que 70% de la population succombe à la peste bubonique ? On ne peut plus désormais dépeindre l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement était resté stable pendant tout le temps de l'Empire. Grâce à des techniques comme l'étude des sédiments, des carottes de glace, des cernes des arbres, de l'ADN prélevé dans les dents et les ossements humains, on peut désormais réexaminer des périodes clés de l'histoire du monde en redonnant aux changements naturels le rôle qui a été le leur. On apprend ainsi que l'Empire romain tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne.

    Les changements climatiques ne sont jamais sans conséquence. Ils favorisent l'évolution des germes, comme dans le cas de Yersinis pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte. Les bains publics étaient de véritables bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les multiples greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats. Les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien à une vitesse jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé.

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  • Aucun ouvrage n'avait jusqu'à présent réussi à restituer toute la profondeur et l'extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l'émergence de l'agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
    C'est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire Homo domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l'État antique comme étape cruciale de la « civilisation » humaine.
    Ce faisant, il nous offre une véritable écologie politique des formes primitives d'aménagement du territoire, de l'« autodomestication » paradoxale de l'animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la sédentarisation et des logiques de la servitude et de la guerre dans le monde antique.
    Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l'évolution de l'humanité et sur ce que Rousseau appelait « l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes ».

  • Comment raconter l'histoire des langues, d'avant la naissance de l'écriture jusqu'à nos jours ? Comment rendre compte de ce fait social, qui joue un rôle majeur dans le destin de tous les peuples ? Comment saisir les langues, aux frontières poreuses, dans leur mouvement perpétuel et leur inventivité, elles qui se heurtent, cohabitent, s'influencent, s'éteignent ou se recréent ?
    Compte tenu du grand nombre de langues - environ 6 000 aujourd'hui -, l'ouvrage se concentre sur celles dont il est possible de raconter l'histoire.
    Un récit en trois temps : celui d'avant l'écriture, le plus souvent mystérieux ; celui des traditions orales et de l'écriture pratiquée par des élites ; celui, enfin, de la large diffusion des textes imprimés. Des phases qui, selon les régions, s'enchaînent à des périodes différentes.
    Composé de modules - une région, une époque -, le livre ménage différents parcours. Le lecteur suit le fil d'Ariane, du début à la fin, ou « entre » par un sujet qui l'intéresse, puis circule au gré de ses curiosités. Un voyage dans le temps et l'espace qui invite, sans négliger les classiques (l'hébreu, le grec, le latin, le sanskrit, etc.), à partir à la rencontre du javanais, du persan, du breton, du yiddish, du swahili, du quechua... ou des pidgins mélanésiens.

  • La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich. Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne.
    Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du « speed ». Mais, si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques.
    Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux « Patient A », Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Mais, au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.

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  • Puissante reine d'Afrique centrale, Njinga ne recula devant aucun moyen pour préserver son territoire des colonisateurs portugais esclavagistes. Au XVIIe siècle, cette figure guerrière transgressive, dont l'intelligence n'eut d'égale que la ténacité, défia toutes les lois du genre : politiques, religieuses, sociales.
    À la tête d'une armée de soldats femmes et hommes, la reine Njinga mena une guerre sans merci contre les envahisseurs qui ravageaient et dépeuplaient l'Afrique centrale, y capturant des esclaves pour les déporter au Brésil dans les plantations de canne à sucre. Njinga décida même de rejoindre la secte terrifiante des Imbangala cannibales afin de contrer un ennemi mieux armé. Elle sut aussi, en fin stratège, jouer les capucins contre les jésuites, véritables artisans de la colonisation et du trafic d'esclaves, pour conduire une campagne diplomatique d'ampleur. Elle finit par obtenir la reconnaissance de son royaume par le pape Alexandre VII et par conserver son indépendance.
    Femme libre, reine courageuse et fière qui défendit ardemment son rang et son africanité, Njinga reste vivante dans la mémoire des descendants d'esclaves, en Amérique comme en Afrique centrale. Linda Heywood rend enfin justice à ce personnage hors norme, qui a toute sa place dans l'histoire mondiale.

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  • Pour qui s'intéresse à la société médiévale, la question écologique peut sembler secondaire au regard du rapport à Dieu, des formes de domination ou de l'organisation politique. Les sciences paléo-environnementales, l'archéologie moderne et les textes de l'époque suggèrent pourtant que leurs rapports à la nature sont bien l'une des grandes questions que se posent les hommes du Moyen Âge.
    Remettant en cause le cliché d'une période de stagnation, livrée aux calamités naturelles, l'auteur montre que ces rapports n'ont cessé d'évoluer. L'évêque mérovingien, le serf d'un domaine carolingien, l'hôte d'un village neuf du XIIe siècle, le théologien du XIIIe siècle, ou le maître de forge du XVe siècle ne partagent ni la même vision ni les mêmes attentes vis-à-vis de la nature. Après l'an mille cependant, la croissance démographique, l'amélioration des moyens techniques et la redécouverte de la science grecque ont peu à peu fait basculer l'Occident dans un nouveau paradigme. La maîtrise du monde sensible devient un but collectif légitime et réalisable. La nature est alors fortement mise à contribution. Ainsi, si l'ouvrage couvre le millénaire médiéval, le coeur de l'enquête reste le grand développement des XIe, XIIe et XIIIe siècles, moment crucial de l'« invention de la nature », gardienne de la Création et de ses lois, et d'une prise de conscience écologique qui n'en a pas encore le nom.

  • Au cours des cinquante dernières années, la recherche en alcoologie a considérablement progressé. En s'appuyant sur la synthèse de ces données scientifiques, publiées dans des expertises collectives de l'Inserm, et sur son expérience de praticien, le Docteur Philippe Batel expose ici de façon accessible à tous les principaux progrès que la recherche en alcoologie a accompli et qui se heurtent bien souvent aux idées reçues. Destiné aux personnes qui sentent que leur relation à l'alcool n'est pas toujours saine, à celles déjà dépendantes, à leur entourage, mais aussi aux professionnels du secteur médical et médico-social, cet ouvrage permettra d'appréhender les différents niveaux de risques face à une alcoolisation excessive, de comprendre les mécanismes de vulnérabilité, de dépendance et de codépendance et de connaître les différents traitements existants ; il donne ainsi accès aux vérités scientifiques face aux nombreux préjugés qui perdurent, pour « en finir avec l'alcoolisme ».

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  • La plupart d'entre nous avons été éduqués dans un esprit de compétition, de jugement, d'exigence et de pensée de ce qui est " bon " ou " mauvais ". Au mieux, ces conditionnements peuvent conduire à une mauvaise compréhension des autres, au pire, ils provoquent colère ou frustration, et peuvent conduire à la violence. Une communication de qualité entre soi et les autres est aujourd'hui une des compétences les plus précieuses. Par un processus en quatre points, Marshall Rosenberg met ici à notre disposition un outil très simple dans son principe, mais extrêmement puissant, pour améliorer radicalement et rendre vraiment authentique notre relation aux autres. Grâce à des histoires, des exemples et des dialogues simples, ce livre nous apprend principalement : à manifester une compréhension respectueuse à tout message reçu, à briser les schémas de pensée qui mènent à la colère et à la déprime, à dire ce que nous désirons sans susciter d'hostilité, à communiquer en utilisant le pouvoir guérisseur de l'empathie. Bien plus qu'un processus, c'est un chemin de liberté, de cohérence et de lucidité qui nous est ici proposé. Cette nouvelle édition est entièrement mise à jour, enrichie de nouveaux cas, d'un chapitre inédit sur la relation compassionnelle à soi-même et d'une préface d'Arun Gandhi, petit-fils du Mahatma Gandhi.

  • La fatalité revêt aujourd'hui les traits de la nécessité économique : nous n'aurions plus d'autre choix que de nous y soumettre.
    Comment échapper à ce destin funeste ? En critiquant le discours économique dominant, assurément. Mais si ce discours triomphe partout, n'est-ce pas que sa critique a échoué ? Il lui a manqué, en définitive, de ne pas assez rompre avec les postulats fondateurs de la vision économique du monde : la certitude que l'être humain est d'abord un Homo oeconomicus ; la croyance à la clôture de l'ordre économique sur lui-même ; la foi dans la visée d'une science économique.
    D'où ces multiples projets, toujours avortés, de créer une " autre économie ", plus rationnelle ou plus humaine, ou d'édifier une autre science économique, plus scientifique. Or, viser une " autre économie ", c'est encore accréditer l'idée que l'essentiel serait d'ordre économique. Aspirer à une " autre science économique ", c'est encore croire en la science des économistes et contribuer à sa consolidation.
    Plutôt que d'élaborer des alternatives aussi fracassantes que décevantes, Alain Caillé se propose donc ici d'apprendre à " dé-penser " l'économique, en le soustrayant au monopole des économistes pour le placer sous les regards croisés de l'anthropologie, de l'histoire, de la philosophie et de la sociologie. Au bout du compte, l'économique se trouve ainsi replacé dans la perspective du politique. Que gagne-t-on à ce déplacement du regard, à la fois modeste et ambitieux ? Rien, diront sans doute certains.
    Le principal, penseront peut-être quelques autres...

  • Plusieurs millions de musulmans vivent aujourd'hui dans les pays de l'Union européenne et aux États-Unis.
    L'expérience de la condition minoritaire en contexte démocratique constitue un puissant facteur de changement au sein de ces communautés, occulté par le fracas d'une actualité internationale qui associe trop souvent islam et intégrisme. Le passage de sociétés où l'islam est majoritaire et central à des sociétés sans Dieu transforme de manière décisive et inédite la religiosité des musulmans privatisation et individualisation y deviennent des traits inédits des croyants de l'islam, confrontés comme les autres croyants aux effets dissolvants et émancipateurs des sociétés sécularisées.
    C'est cette formidable mutation qu'éclaire ce livre novateur, nourri d'enquêtes menées depuis plusieurs années sur les deux continents. Jocelyne Cesari y présente les transformations de l'autorité islamique liée à la condition minoritaire, ainsi que l'influence des formes mondialisées de l'islam, wahhabites et Frères musulmans, sur les débats théologiques et la lutte pour l'imposition d'une orthodoxie islamique.
    À l'opposé de ces forces conservatrices et parfois réactionnaires qui attirent certains musulmans d'Europe et des États-Unis, elle décrit aussi l'émergence d'une nouvelle élite intellectuelle et religieuse, plus ouverte et partie prenante des débats majeurs (démocratie, droits de l'homme, statut de la femme, apostasie...) qui agitent le monde musulman aujourd'hui. Un ouvrage décisif pour mieux comprendre, au-delà des clichés, la diversité et les transformations profondes des islams de la diaspora.

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  • " Dans ce travail, je poursuis deux objectifs. L'un consiste à rectifier les erreurs les plus graves de Théorie de la Justice, qui ont obscurci les idées principales de la Justice comme équité, ainsi que j'ai nommé la conception de la justice présentée dans ce livre. Comme j'ai toujours confiance en ces idées, et que j'estime que les difficultés les plus importantes peuvent être résolues, j'ai entrepris cette reformulation. J'essaie d'améliorer l'exposition, de corriger un certain nombre d'erreurs, d'inclure quelques révisions utiles, et d'esquisser des réponses à certaines des objections les plus communes. Je remanie également l'argumentation à de nombreux stades. " L'autre objectif est de, mettre en relation, dans le cadre d'une présentation unifiée, la conception de la justice présentée dans Théorie de la Justice avec les principales idées qui figurent dans mes essais publiés à partir de 1974. Théorie de la Justice est un livre de plus de six cents pages, et les essais les plus importants (qui sont à peu près une dizaine) portent le total à près de mille pages. De plus, les essais ne sont pas parfaitement compatibles entre eux, et les ambiguïtés de l'exposé de certaines idées - par exemple, celle d'un consensus par recoupement - rendent difficile d'y voir une position claire et cohérente. Le lecteur intéressé a droit à une aide pour comprendre la manière dont les essais et Théorie de la Justice peuvent se compléter, pour déceler les endroits où les révisions interviennent, et pour apprécier le changement qu'elles représentent.

  • " Je n'aurais jamais pu imaginer qu'un allaitement réussi pouvait apporter tant de satisfaction et de plaisir.
    Chaque tétée est une nouvelle expérience. " Voilà ce que toute maman devrait pouvoir dire de l'allaitement maternel après avoir mis en pratique les conseils de ce livre. Allaiter, c'est simple : il suffit, pour la mère, de faire confiance à son corps et à son bébé pour trouver jour après jour les bons gestes. Il suffit, à la maternité, de laisser faire avec bienveillance et d'aider avec compétence. Le Guide de l'allaitement et du sevrage est un outil de base précieux pour comprendre (physiologie), pratiquer (gestes élémentaires) et plus tard quitter (différents modes de sevrage) le monde bienheureux des tétées.
    Il envisage tous les cas particuliers de naissance (césarienne, naissance prématurée, naissances multiples, enfant hospitalisé...). Il présente diverses techniques d'allaitement (relactation, micro-sevrage, allaitement à distance...) indispensables pour allaiter à la carte. Enfin, il montre, à travers un témoignage vivant, comment se passe concrètement un allaitement, de la naissance au sevrage, en passant par la reprise d'activité et l'allaitement sur le lieu de travail.
    Fruit d'un dialogue entre mamans et professionnels de santé, le Guide de l'allaitement et du sevrage, écrit dans l'esprit des recommandations OMS/UNICEF du Code international et de l'initiative " Hôpital ami des bébés ", s'adresse aux mamans qui cherchent de bons conseils pour réussir leur allaitement, ainsi qu'aux professionnels de la santé qui souhaitent transmettre des connaissances simples et efficaces, et créer un environnement favorable à l'allaitement maternel.
    Un outil de base pratique, facile et complet pour réussir son allaitement de la maternité à la maison.

  • L'audit est un procédé ancien, dont le fondement est simple : dès lors qu'une personne confie des ressources à une autre, celle-ci se voit dans l'obligation, juridique ou morale, de justifier ses actions, de rendre des comptes.
    Au cours des trente dernières année, l'audit a connu un essor considérable, donnant naissance à un secteur économique important qui, après avoir colonisé le secteur privé, s'est étendu au public. Pourquoi une telle expansion ? L'audit est-il un facteur d'efficacité ? Quelles sont ses fonctions réelles ? S'il existe une littérature technique abondante sur l'audit, décrivant ses outils et avantages supposés, peu d'analyses ont été menées sur la signification de son développement.
    Michael Power est le premier à s'être interrogé sur ce phénomène et à en montrer les multiples paradoxes. Il constate que l'audit n'a pas empêché fraudes et faillites, particulièrement nombreuses depuis les années 1980, et que cet écart observé entre les attentes et les réalisations ne semble pas remettre en cause la foi dans son utilité. Bien plus, il semblerai que les échecs de l'audit ne font que le renforcer.
    Dès lors, comment comprendre le succès de cette pratique coûteuse et comportant à terme des risques non négligeables ? Cet ouvrage, devenu une référence, intéressera aussi bien les professionnels concernés que les étudiants en gestion et sciences économiques. Une préface inédite de l'auteur vient compléter cette édition française.

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