Vie pratique & Loisirs

  • Oppression des femmes et destruction de la nature seraient deux facettes indissociables d'un modèle de civilisation qu'il faudrait dépasser : telle est la perspective centrale de l'écoféminisme. Mais derrière ce terme se déploie une grande variété de pensées et de pratiques militantes.
    Rompant avec une approche chic et apolitique aujourd'hui en vogue, ce livre restitue la richesse et la diversité des théories développées par cette mouvance née il y a plus de 40 ans : critique radicale du capitalisme et de la technoscience, redécouverte des sagesses et savoir-faire traditionnels, réappropriation par les femmes de leur corps, apprentissage d'un rapport intime au cosmos...
    Dans ce road trip philosophique alternant reportage et analyse, l'auteure nous emmène sur les pas des écoféministes, depuis les Cévennes où certaines tentent l'aventure de la vie en autonomie, jusqu'au nord de l'Inde, chez la star du mouvement Vandana Shiva. Elle révèle aussi les ambiguïtés de ce courant, où se croisent Occidentaux en quête d'alternatives sociales et de transformations personnelles, ONG poursuivant leurs propres stratégies commerciales et politiques, et luttes concrètes de femmes et de communautés indigènes dans les pays du Sud.

  • Des feux ravageant des milliers d'espèces animales et végétales aux pandémies, en passant par le dérèglement climatique, tout conspire à signer la faillite du projet moderne de contrôle intégral de la nature par l'ingénierie humaine. L'effondrement des sociétés industrielles deviendrait sinon certain, du moins probable. À l'ombre de ce curieux futur sans avenir, les nouvelles consciences politiques sont façonnées par un discours écologiste effondriste, qui ne cesse de s'étendre.
    Voilà qui paraît encourageant. À ceci près que cette collapsologie, autrement dit l'étude des effondrements passés, présents et à venir, et des moyens de s'y préparer, pourrait bien n'être qu'une énième recomposition du Spectacle. Cet ensemble de constats scientifiques, de grandes orientations éthiques et de conseils pratiques de survie participe de l'occultation d'une part de l'écologie politique. Celle qui a pourtant mené la critique la plus pertinente du capitalisme industriel, et a proposé les voies les plus sûres pour en sortir. En ce sens, la collapsologie est l'écologie mutilée.

  • La décroissance est plus que jamais nécessaire. La simplicité volontaire en est l'une des expressions : une philosophie pratique selon laquelle la vie se trouve ailleurs que dans l'accumulation indéfinie et le « tout, tout de suite ». Ainsi, des habitants de zone urbaine ou rurale vivent sans voiture, sans télévision, sans téléphone portable, et même parfois sans frigo... et soutiennent que l'on est plus heureux en possédant moins.
    Voici les parcours singuliers d'une cinquantaine d'entre eux. Ils nous expliquent les raisons de leurs choix, la manière dont ils vivent, leurs rapports aux autres, à la nature et aux savoir-faire. Chacun à leur manière, ils s'extirpent de la société de consommation et des grands réseaux techniques pour savourer une vie riche de sens et de liberté.

  • La décroissance est plus que jamais nécessaire. Ces cinquante penseurs - dont les oeuvres très diverses se déploient sur les deux derniers siècles - nous aident à comprendre pourquoi, et nous donnent des pistes pour sortir de la mégamachine et construire une société centrée sur l'humain. Leurs réflexions, profondes, intemporelles et clairvoyantes, exposées ici de manière simple et didactique, remettent radicalement en cause les processus de destruction de l'environnement, le culte de la croissance, l'esprit de calcul, la foi dans les technologies, l'aliénation par la marchandise... Elles en appellent à une sagesse immémoriale : il n'y a de richesse que la vie.

  • Vers une vie simple

    Edward Carpenter

    Publié en 1887, ce livre est un réquisitoire contre l'idéal qui prédomine alors en Angleterre : s'enrichir en fournissant le moins d'efforts possible. Toute une population rêve en effet de parvenir à l'état de consommateur passif qui vit aux crochets des autres.
    À l'économie politique bourgeoise qui détruit la fraternité, Carpenter oppose un tout autre idéal : que chacun se dépouille du superflu et se retrousse les manches pour répondre à ses besoins, tout en partageant et en s'entraidant avec ses prochains. S'appuyant à la manière d'un Henry David Thoreau sur sa propre expérience de retour à la terre, sur sa sensibilité à la nature et sur les principes de la simplicité volontaire qu'il expose ici, l'écrivain-maraîcher plaide pour un socialisme anti-industriel. Soit une production à petite échelle fondée sur le travail des paysans et des artisans, qui maîtrisent leurs moyens de subsistance.
    Non seulement une telle société décentralisée serait plus juste et égalitaire, mais elle permettrait aussi une plus grande liberté et un épanouissement des individus. Car l'homme n'est pas fait pour s'enfermer dans des villes fumantes, mais pour vivre au grand air et travailler avec ses mains. Voici l'une des leçons de ce magnifique traité de philosophie pratique.

  • Raréfaction des ressources, extinction des espèces, dérèglement climatique : la nature est en crise. Le mouvement écologiste l'est tout autant : ses idées, privées de leur tranchant, ont été détournées par les gouvernements et les industriels pour tenter de retarder le désastre tout en générant de nouvelles sources de bénéfices.
    Dans un tel contexte, la pensée de Murray Bookchin, qui en appelle à un changement de vision globale, se révèle essentielle : on ne pourra pas faire disparaître la domination de l'humain sur la nature sans éliminer celle de l'humain sur l'humain. L'écologie doit donc se faire sociale si elle veut s'attaquer aux causes profondes des bouleversements actuels, que sont la production et l'échange pour le profit, le gigantisme urbain et technologique, et l'assimilation du progrès aux intérêts des entreprises.
    Les textes réunis ici, majeurs dans l'oeuvre de Bookchin, exposent son écologie sociale, dans sa théorie comme dans sa pratique « municipaliste libertaire », qui passe par la démocratie directe et la reprise en main de nos conditions d'existence. Ils déploient aussi toutes les implications éthiques et même esthétiques de ce projet politique, depuis la respiritualisation du travail jusqu'à l'établissement d'une nouvelle sensibilité et d'une nouvelle façon de vivre, un apprentissage continuel de la vertu et de la décence pour résister à la corruption sociale, morale et psychologique exercée par le marché et son égoïsme débridé.

  • Le « Progrès » ? Bernard Charbonneau le représente sous la forme d'un bulldozer qui transforme les paysages en terrains vagues et nivelle tout sur son passage. Au cours du xxe siècle, la croissance a entraîné l'exode rural, l'annihilation des sociétés traditionnelles, le triomphe de l'agrochimie. Le marché quadrille désormais la planète alors que l'accélération des transports et l'essor des télécommunications compriment les distances. Cette civilisation des machines est aussi celle de la dépersonnalisation : la banlieue s'étend, les modes de vie s'uniformisent, la culture de masse formate les esprits.
    L'État enfle, l'organisation se fait de plus en plus contraignante, les consommateurs passifs sont pris en charge jusque dans leurs loisirs.
    Et chacun est sommé de s'adapter au changement incessant.
    /> Standardisation, concentration, pollution... le développement exponentiel de la science, de la technique, de l'économie est ici analysé comme un phénomène social total. Face au totalitarisme industriel, l'écologie que défend Bernard Charbonneau est révolutionnaire, à la fois libertaire et conservatrice. Elle articule préservation de la nature et conquête de la liberté, et affirme la nécessité de décroître, de penser les limites et l'équilibre contre la quête destructrice de toute-puissance.

  • Proliférant sur l'ensemble de la planète, le stade est devenu le plus puissant symbole d'une société mondialisée en proie à la démence financière et à l'aberration technologique. Il se présente comme l'architecture de l'ordre sportif immuable, croisant technologie esthétisée et esthétique high-tech.
    Le stade a rapidement déployé et intégré les technologies numériques, faisant du sport un spectacle total et du stade un spectacle à part entière. Le spectateur rejoint ainsi le téléspectateur en tant qu'ils sont astreints aux mêmes écrans portable ou fixe, petit ou géant, contraints à une visualisation centripète ininterrompue, et soumis à une logique d'attention sinon de dépendance totale à la compétition sportive. Le regard y est arraché à toute possibilité d'une prise de conscience sur le monde.
    Il est hypnotisé, et étourdi par le vertige d'une recherche frénétique d'informations balancées à flux continu.
    Par le biais de nombreux exemples, ce livre analyse le processus de numérisation intégrale du stade devenu une petite ville envahie d'objets connectés et les enjeux sécuritaires qui lui sont consubstantiels. Il montre comment l'immense positivité d'un sport archaïque est sans cesse augmentée par la numérisation du lieu même de sa pratique, achevant de décomposer les sujets dans une réification toujours plus poussée.

    Sur commande
  • Depuis la fin des années 1960, le sport se trouve au coeur des industries culturelles et de divertissement des masses. Puissance matériellement dominante de la société capitaliste par la production et la marchandisation des « hauts-faits musculaires de l'humanité », l'institution sportive est en même temps la puissance spirituelle dominante.
    Elle s'est adjoint les services de penseurs qui distillent l'idéologie sportive. Ces sportologues professionnels ou amateurs, issus de tous les secteurs de la culture, de la science ou de l'art, donnent à un sport gangrené par les affaires (dopage, violence, corruption, mafia) ses lettres de noblesse. Masquant, distordant ou refoulant la réalité effective des conséquences délétères de la compétition sportive, ils s'unissent pour défendre les « passions sportives » et les « extases de la victoire ».
    Qui sont ces « chiens de garde», ces « courtisans » et ces « idiots utiles » du sport ? Quelle vision du monde et quel imaginaire social légitiment-ils par leurs théories-écrans ? Dans ce livre, Quel Sport ? déconstruit le prêt-à-penser sportif et les lieux communs (sportculture, sport-intégration, sport-éducatif, sport-santé, sport-fête, etc.) qui participent du retrait général dans le conformisme et de l'évanescence de l'esprit critique authentique.

    Sur commande
  • La Coupe du monde de football 2010 se déroule dans le pays de Nelson Mandela et de l'Apartheid. Le mythe de la réconciliation et de la naissance de la nation «arc-en-ciel» a fait long feu et aujourd'hui l'Afrique du Sud plonge dans la violence, la ségrégation sociale, la prostitution et le sida. Présentée comme une chance pour le pays, la Coupe du monde permet la militarisation de l'espace et l'occidentalisation forcée de l'économie tout en organisant le pillage des fonds publics au profit des grandes sociétés capitalistes.
    Dans ce développement de la «globalisation» économique qui vise à l'institutionnalisation d'un néocolonialisme, la Coupe du monde en Afrique du Sud est plus que jamais l'opium du peuple des townships, l'outil essentiel de son exploitation. Une nouvelle fois, le football, qui participe du processus de production capitaliste, se révèle être l'appareil de domination, de contrôle et d'aliénation des peuples. C'est l'éternelle histoire du foot à fric.

    Sur commande
  • La numerisation du monde - un desastre ecologique Nouv.

empty