Entreprise, économie & droit

  • Le développement de la culture de masse a entraîné l'érosion des formes autonomes de culture populaire et la dissolution des liens sociaux au profit d'un monde artificiel d'individus isolés, fondement de la société de consommation.
    Le capitalisme ne peut donc être réduit à un système d'exploitation économique, il représente un "fait social total".II ne tient que sur l'intériorisation d'un imaginaire et grâce au développement d'une culture du divertissement permanent. Cette uniformisation des comportements et des aspirations se présente comme l'affranchissement de toutes les contraintes (sociales, spatiales, temporelles, etc.).
    Survalorisée et triomphante, la culture de masse (séries américaines, nouvelles technologies, football, jeux vidéos, etc.) trouve des défenseurs même chez les intellectuels dits contestataires. Il est donc urgent et nécessaire de mener une critique intransigeante du mode de vie capitaliste et de démontrer comment notre civilisation du loisir participe de la domestication des peuples.

  • Découvrez Le cauchemar pavillonnaire, le livre de Jean-Luc Debry. Les zones pavillonnaires, affublées à l'occasion du joli nom de lotissement, envahissent inexorablement les abords des villes et des villages, selon un modèle administratif et économique qui, indifféremment du lieu, se reproduit à l'identique. Elles incarnent un idéal et un mode de vie fondés sur l'aliénation désirée. L'obsession de l'hygiène et de la sécurité, le culte de la marchandise et de la propriété privée ont remplacé les solidarités et la culture de résistance des classes populaires.
    L'expérience de la relation à autrui se réduit au désir mimétique de posséder les mêmes signes de la réussite individuelle. Cet univers, parfaitement structuré, enferme l'imaginaire dans un espace étriqué, accentue le repli sur soi et appauvrit la vie sociale. L'espace, quadrillé, découpé en plans de circulation, repose sur une logique de flux. La notion de "ville" ?et bientôt de "campagne"? s'efface. Désormais réduites à leur centre historique, les villes sont cernées par des zones spécialisées: industrielles, commerciales, résidentielles, vertes, de loi-sir... Les enjeux de pouvoir se sont toujours traduits dans l'organisation de l'espace social. Tout système politique peut être analysé au travers de son architecture. Ce livre permet de comprendre celui dans lequel nous vivons.

  • La civilisation industrielle ne s'est pas imposée sans résistances. De grands esprits critiques se sont toujours levés contre la liquidation des artisans et des paysans, contre la destruction de l'environnement et le bouleversement des modes de vie, contre l'emprise du marché et des machines sur les individus. La contestation de l'idéologie du Progrès que porte aujourd'hui le courant de la décroissance se situe dans cette longue filiation.
    Parmi ces illustres devanciers, les cinquante penseurs présentés ici - dont les oeuvres très diverses se déploient sur les deux derniers siècles - ont de quoi alimenter les réflexions actuelles de toutes celles et tous ceux qui aspirent à une société centrée sur l'humain, et non plus soumise à la mégamachine. Leurs pensées, profondes, intemporelles et clairvoyantes, exposées dans ce livre de manière claire et didactique, remettent radicalement en cause le culte de la croissance, l'esprit de calcul, la foi dans les technologies, l'aliénation par la marchandise...
    Elles en appellent à une sagesse immémoriale : il n'y a de richesse que la vie.

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  • Un penseur a joué un rôle déterminant dans la formation des intellectuels critiques qui sont aujourd'hui en vogue : Louis Althusser. Dans l'après-68, ce philosophe marxiste, fi gure de proue du structuralisme, membre du Parti communiste mais adulé par les étudiants maoïstes, est considéré comme une référence par Alain Badiou, Jacques Rancière, Étienne Balibar, Christian Baudelot, Emmanuel Terray ou Manuel Castells.
    Son infl uence s'étend même peu à peu jusqu'aux pays anglo-saxons, chez des auteurs comme Perry Anderson, Fredric Jameson, ou plus tardivement Judith Butler.
    À contre-courant, l'historien britannique E. P. Thompson estime que ce marxisme académique n'est rien d'autre que l'opium d'une bourgeoisie intellectuelle venue s'encanailler à l'extrême gauche. En 1978, il rédige ce livre énergique et drôle dans lequel il argumente pied à pied contre le dogmatisme d'Althusser et de ses disciples. Leur prétention à hisser le marxisme au rang de science, le caractère réductionniste et mécanique de leur approche de l'histoire ou de la société, ainsi que le parfum de stalinisme qui entoure leurs positions, font ainsi l'objet d'attaques virulentes.
    E. P. Thompson prône une reprise des concepts d'aliénation et de réifi cation, et en appelle à relever le drapeau de l'humanisme pour élaborer une critique du capitalisme qui rejoigne les valeurs morales des classes populaires. Ce faisant, il taille en pièces les présupposés théoriques de cette intelligentsia pseudo-radicale qui occupe aujourd'hui encore le devant de la scène.

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  • Le management, cette technologie sociale érigée en discipline scientifique par les"gourous" du rendement, coachs, consultants et autres penseurs des organisations, serait la manière la plus efficace de gérer des individus et des projets pour atteindre des objectifs.
    Entendez plutôt : comment obtenir toujours plus avec toujours moins de moyens. Avatar de l'économisme, c'est-à-dire de l'économie pensée comme finalité de l'activité humaine, le management entend faire de l'homme une ressource qui doit être rentabilisée le plus possible, et ce dans tous les domaines. Il s'agit de tout étudier, tout formaliser, tout programmer, tout vérifier, au nom de l'anticipation permanente, du contrôle et de l'évaluation, de la qualité et de la performance.
    Le management est une discipline - au sens disciplinaire du terme - médiocre et subtile à la fois. Médiocre car elle tente d'opérer une réduction anthropologique qui ferait de nous, corps et âmes, les instruments du profit édifié en principe existentiel. Subtile car elle est aussi bien capable de nous susurrer des mots doux que de nous presser comme des citrons, sous prétexte de favoriser notre réussite, et même notre "bonheur".

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  • IBM, Thalès, Clinatec : un filet global de capteurs électroniques, des outils informatiques pour traiter des myriades de données, un laboratoire pour "nous mettre des nanos dans la tête".
    Nous entrons dans la société de contrainte. Au-delà de ce que la loi, les normes sociales et la force brute ont toujours imposé ou interdit aux sans-pouvoir, des innovations issues de l'informatique et des statistiques, des nana et neurotechnologies, des super-calculateurs et de l'imagerie médicale, permettent bientôt la possession et le pilotage de l'homme-machine dans le monde-machine. La gestion de flux et de stocks d'objets au lieu de la perpétuelle répression des sujets : macro-pilotage d'ensemble et micro-pilotage individuel.
    Voilà ce que montre ce livre à travers des cas concrets et leurs effets voulus autant qu'inéluctables. De ces exemples d'un mouvement général, il ressort : que la possession est l'état de ceux que gouverne une puissance étrangère (neuroélectronique) qui les prive de leur libre arbitre et en fait l'instrument de sa volonté ; que la guerre est une violence destinée à contraindre autrui à faire nos volontés ; que la technologie est la continuation de la guerre, c'est-à-dire de la politique, par d'autres moyens ; que l'innovation accélère sans fin le progrès de la tyrannie technologique.
    Que nul ne peut s'opposer à l'ordre établi ni au cours des choses sans d'abord s'opposer à l'accélération technologique.

    Indisponible
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