Circe

  • 38 ficelles, tours et autres passes pour garder raison à tout prix en ayant objectivement tort ou comment terrasser son adversaire en étant de plus mauvaise foi que lui. Un court traité à l'usage de quiconque croit sincèrement aux dividendes de la pensée. Rédigé à Berlin en 1830-31, ce traité fut publié pour la première fois en 1864. Il est suivi dans la présente édition d'une postface de Franco Volpi.

  • S'estimant proche de la mort, un roi décide de partager en trois son royaume, afin d'en doter ses filles : Goneril, Régane et Cordélia. Lors d'une vaste cérémonie où se décident à la fois le partage et les noces des trois héritières, il exige de chacune qu'elle lui fasse une déclaration d'amour qui scellera toutes ces donations. Mais alors que les deux premières le flattent avec ostentation et démesure, la troisième tient des propos raisonnable qui mettent le vieillard en fureur et l'amènent à maudire sa préférée...
    Qu'elle est la morale de Lear ? Apparemment il y en a deux, celle du fou l'exprime : Ne renonces pas au pouvoir ! Ne partage pas ton pays ! L'autre morale est comprise implicitement dans l'histoire : donne ton pays à qui tu veux ; mais n'attends pas qu'il te rendra heureux.

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  • La vie meurtrière

    Félix Vallotton

    • Circe
    • 19 Mai 1998
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  • La peste écarlate

    Jack London

    En l'an 2013, dans un monde que les magnats de l'industrie dominent, éclate une épidémie qui, en peu de temps, fait disparaître toute la race humaine. Soixante ans après, dans le décor apocalyptique d'une Californie retournée à l'âge de pierre, un vieil homme, l'un des rares survivants - très longtemps persuadé d'avoir seul survécu - , devant une poignée de gamins sauvages - les petits-fils des autres survivants - réunis autour d'un feu après la chasse quotidienne, raconte comment la civilisation s'en est allée en fumée quand l'humanité, sous le prétexte que l'on ne pouvait arrêter l'épidémie, s'est dépêchée de revenir, dans une frénésie de perversité, à des degrés inimaginables de cruauté et de barbarie. La peste écarlate est l'un des grands textes visionnaires de Jack London qui, ici encore, anticipe des thèmes qui deviendront obsédants un siècle plus tard.

  • " quelle horrible puissance m'a poussée vers vous ? la faiblesse attirée par la force ? celle qui tombe vers celui qui monte ! ou était-ce l'amour ? l'amour, ça ? vous savez ce que c'est, l'amour ? "


  • Les lectures et relectures de Sens unique de Walter Benjamin sont chaque fois des sortes d'aventures.
    Car le livre nous invite à traverser l'expérience, historique et subjective, sans rien dénier de ses difficultés, de ses défauts, de ses souffrances, mais sans rien renier non plus des traces qui s'y trouvent d'une émancipation possible. Il scrute sans complaisance et avec une impitoyable lucidité toutes les raisons de s'inquiéter de l'état du monde, mais il nous incite simultanément à ne pas passer à côté des leçons de vie et de justice qu'on peut aussi en retenir. La rue à sens unique conduit vers un terme inexorable, mais son parcours est une intarissable occasion de rencontres, d'ouvertures, de joies et d'intelligences partagées.

  • Apollon Bezobrazov

    Boris Poplavski

    • Circe
    • 17 Juin 2021

    Le décor est Paris dans les années 30, lieu d'exil de nombreux Russes déracinés par la Révolution d'Octobre, mais aussi un réservoir de toutes sortes de courants intellectuels et artistiques. Poplawski, compose une sorte de symphonie de grande ville, un panoptique dans lequel se déroule une série de rencontres fortuites, une rhapsodie de bruits, d'odeurs et de discours, à travers lesquels les personnages se laissent emporter, parfois trébuchant, parfois dansant.
    Le narrateur à la première personne, Vasily, rencontre le mystérieux Apollon Bezobrazov, un personnage plein de contradictions mais qui l'attire profondément. Tous les deux sont des existences perdues,se battent et interprètent leur futilité face à la liberté. La Russie appartient au passé, la France leur est encore étrangère.

  • Philosophie de l'amour

    Georg Simmel

    • Circe
    • 17 Janvier 2019

    Simmel considère l'amour comme le fruit d'une motivation primaire, étrangère à l'opposition entre action égoïste et action altruiste. L'éros abolit toute distance entre le je et le tu, en vertu d'une projection de sentiments qui entraîne la complète solidarité, l'adhésion absolue de l'objet au sujet. L'essence de l'amour est par conséquent unitaire ; elle n'est pas la synthèse de facteurs hétérogènes, bien qu'elle se manifeste via une variété de modes et d'attributs différents : sensualité et sentiment, instinct et affection, attirance et sympathie.
    Ainsi interprété, l'amour est avant tout un rapport que l'individu entretient avec lui-même, sorte de défi de réalisation de soi individuel et irrésolu, qui a pour effet une tension érotique continuelle

  • Limite

    Remo Bodei

    • Circe
    • 19 Août 2021

    Où se trouve la ligne de partage entre le bien et le mal, entre le licite et l'illégal?
    Biologie, morale, religion, sexe, environnement: existe-til encore des limites infranchissables dans nos vies? Les progrès imparables de la science verront émerger un homme génétiquement modifié, capable de manipuler la vie et la mort et de révéler les énigmes de la matière et du cosmos. Avec quels risques? Réfléchir sur les limites, essayer de les distinguer et réaffirmer la validité de certaines, tout en remettant en question nos désirs, objectifs et espaces de liberté font partie des défis les plus urgents.

  • Les poésies d'amour

    Ossip Mandelstam

    • Circe
    • 4 Novembre 2016

    Si la poésie amoureuse, comme le relevait Nadejda Mandelstam, tient une place quantitativement modeste dans l'héritage du poète, on ne saurait la qualifier de « périphérique » pour autant que ces quelques poèmes marquent des jalons essentiels de son parcours. Préparant, lors de son exil à Voronej, une émission radio sur la jeunesse de Goethe, Ossip Mandelstam notait que les femmes aimées avaient été pour le poète allemand « les passerelles solides par lesquelles il passait d'une période à une autre ». Sans doute parlait-il également pour lui-même tant il est frappant que chacune des phases de son oeuvre est encadrée, introduite et close par les quelques poésies que lui inspirèrent les différentes « muses » ...

  • La guerre des chats

    Félix Lope De Vega

    • Circe
    • 22 Avril 2021

    Transports ardents, rixes, jalousie féroce, ruses, tourments, prostration et révolte de l'amant délaissé, La Gatomaquia (1634), titre original de l'oeuvre, passe en revue toutes les sauvages turbulences du sentiment amoureux. Parodie de l'épopée classique, depuis l'Illiade jusqu'au Roland furieux, ce poème narratif héroï-comique, qui joue avec un humour burlesque sur les ressorts de la comedia du Siècle d'or, témoigne aussi d'un regard passionné : celui de son auteur, le célèbre dramaturge Lope de Vega, sur la réalité des errances félines par les toits et dans les cuisines, au point du jour ou au coeur des nuits étoilées de la Villa y Corte, le Madrid populaire et pittoresque du XVIIe siècle.

  • On pourrait croire que l'étranger est omniprésent. Peu de thèmes font en tout cas l'objet de discussions aussi animées, que ce soit dans l'arène politique, au café du commerce ou dans les médias - et à chaque fois, on parle des étrangers, de se défendre, de régulation et d'intégration. Né en Suisse d'un père trinidadien, Martin R. Dean connaît ces débats, mais il connaît surtout une expérience qu'il a fait fructifier dans bon nombre de ses romans. En une sorte d'autorencontre, il part sur les traces de sa propre métamorphose, tant l'étranger, la rencontre avec l'Autre, en voyage ou dans la littérature, a fait de lui ce qu'il est.
    Et il en arrive à une conclusion surprenante : l'étranger, capital réel de la modernité, est menacé de disparition dans le processus de la globalisation.

  • Les poésies d'amour

    Anna Akhmatova

    • Circe
    • 24 Août 2017

    La nouveauté radicale d'Akhmatova résidait moins dans la « déferlante amoureuse » de sa poésie que dans une poétique inédite. Ayant « puisé dans la prose russe du dix-neuvième siècle sa sensibilité morale, la vérité des motivations psychologiques », elle fait de chaque poème un fragment de nouvelle ou de roman, une page arrachée à un journal intime, retraçant toutes les phases et situations de l'aventure amoureuse.
    «L'héroïne lyrique», comme le notait dès 1923 le poéticien Boris Eichenbaum, est un oxymore incarné, tressant l'émouvant et le sublime au terrestre et à l'effrayant, la simplicité à la complexité, la sincérité à la malice et la coquetterie, la bonté à la colère, l'humilité monastique à la passion et la jalousie ».

  • Le conflit

    Georg Simmel

    Le conflit est un élément inhérent aux sociétés au même titre que l'entente ou le compromis.
    Son rôle n'est pas unilatéralement pernicieux ou désastreux, mais polyvalent. s'il peut être, certes, un facteur de désolation pour les sociétés, il peut être également un facteur de leur épanouissement. facteur de désunion, il est aussi une forme essentielle de toute socialisation. simmel aura été sans doute l'initiateur de cette façon de penser pour avoir mis en évidence les éléments proprement socialisateurs du conflit.

  • Les poésies d'amour

    Marina Tsvetaïeva

    • Circe
    • 19 Novembre 2015

    "Chaque vers est enfant de l'amour » écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'énergétique passionnelle est e ectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infi nie des « muses » masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la sou rance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un « absolu de l'amour »

  • Etudiant l'importance du secret dans la vie sociale, Georg Simmel nous rappelle que si la société est " conditionnée par le fait de parler ", de communiquer, elle est aussi " modelée par la capacité de se taire ". Les utopies communicationnelles ont sans doute à se mesurer aussi à cette dernière capacité.

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  • Alexandre Blok (1880-1921), première grande voix dudit Âge d'argent de la poésie russe, apparut comme le maître de l'école symboliste dès le cycle De la Belle Dame, jusqu'à des chefs-d'oeuvre tels que La jeune fille dans le choeur chantait et L'Inconnue. Toutefois, sa poésie d'une incomparable musicalité, non sans écho verlainien, n'allait pas tarder à dépasser le cadre du symbolisme pour s'imprégner d'une vision tragique, puissamment prophétique des réalités de son temps, en particulier dans les poèmes sur la Russie, « épouse et mère », où il retrouve l'acuité lucide et cristalline d'un Pouchkine et d'un Lermontov.
    D'abord favorable aux révolutions de février et octobre 1917, dont il attendait avant tout une « transfiguration de l'homme », il est vite déçu, et cesse d'écrire.

  • La fatigue d'épuisement est une fatigue de puissance positive. Elle rend incapable de faire quelque chose. La fatigue qui inspire est une fatigue de puissance négative, à savoir du ne-pas-faire. Même le Shabbat qui signifie à l'origine arrêter, est un jour du ne-pas-faire, un jour libéré de toute intention de faire, pour reprendre Heidegger, de toute inquiétude. Il s'agit d'un temps intermédiaire. Après la création, Dieu déclara que le septième jour serait sacré. Le jour de l'intention-de-faire n'est donc pas sacré mais c'est le jour du ne-pas-faire qui l'est. C'est un jour où on pourrait utiliser l'inutilisable. C'est le jour de la fatigue. Le temps intermédiaire est un temps sans travail.

  • " La Chienne a adopté les Ancsa au printemps 1948 ", c'est ainsi que commence le roman. Les Ancsa, un couple d'âge mûr, vivent dans la banlieue de Budapest, alors que la Hongrie est en ruine et commence seulement à se relever du cauchemar de la Seconde Guerre mondiale. Le gouvernement communiste promet de mettre de l'ordre dans le pays. M. Ancsa, qui est ingénieur, est aussi enthousiaste d'aller travailler pour construire le futur que d'oublier le passé. La seule chose à laquelle il peut encore consacrer du temps, c'est une petite chienne, qui attend sa première portée. Mais Niki sait beaucoup de choses, et ce déjà bien avant qu'elle fasse partie de la maison des Ancsa. Quand le nouveau travail de M. Ancsa les a contraints à prendre un appartement en ville, ils l'ont gardé avec eux. Puis, lors d'une répression politique, M. Ancsa disparaît sans laisser de trace. Pendant cinq ans, il ne réapparaît pas ; cinq ans d'absence, de silence, de peur et de lutte ; cinq ans durant lesquels Mme Ancsa n'a que Niki et Niki n'a que Mme Ancsa.
    L'histoire de Niki, une chienne ordinaire, et des Ancsa, un couple non moins ordinaire, est une parabole extraordinairement émouvante, sans toutefois donner dans la sensiblerie, sur l'attention, la gentillesse et la résistance de l'amour. À l'instar de Des Souris et des hommes, Niki est un chef-d'oeuvre de la mise en évidence de l'inhumanité de l'homme envers l'homme. Avec une naïveté astucieuse, Déry retransmet (ou imagine), avec le plus grand sérieux, toutes les secousses de l'âme de Niki. Il met, en quelque sorte, le réalisme psychologique du roman contemporain à la disposition d'un fox-terrier.

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  • La bien-aimée

    Thomas Hardy

    • Circe
    • 27 Avril 2005

    La Bien-Aimée raconte l'histoire d'un sculpteur, Jocelyn Pierston, qui abandonne son amour de jeunesse pour une autre femme, qui le quittera. De nouveau seul, Jocelyn part à la recherche de la beauté absolue et se met en quête de l'idéal féminin. Mais il n'arrive pas à trouver cet idéal et ce dernier prend les formes de différentes femmes sans pouvoir se fixer. Pierston essaie de trouver cette Beauté Divine au travers de ses sculptures et il devient un artiste reconnu à Londres.
    Il enchaîne alors les aventures amoureuses, à la recherche de l'être idéal. Mais lorsqu'il retourne sur son île natale, il tombe amoureux de la fille, puis de la petite-fille, de son premier amour, qui sont pour lui l'incarnation de la jeunesse et de la beauté. Ce livre représente bien sûr la quête de l'être parfait, d'un amour idéal et de la beauté absolue, qui ici ne prendra fin qu'à cause de la vieillesse et de la maladie : Pierston, de retour à Londres, tombe gravement malade et perd son sens de la beauté. La malédiction qui faisait apparaître et disparaître sa Bien-Aimée sous les traits de femmes successives est enfin rompue. Et Jocelyn ressent enfin le poids des années et le ravage du temps. À
    soixante ans passés, il épouse Marcia Bencomb avec qui il se retire sur
    l'île et vivra paisiblement. La Bien-Aimée est le dernier roman publié par Thomas Hardy (1840-1928).

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  • Incidents

    Daniil Harms

    • Circe
    • 21 Novembre 2019

    Daniil Harms est aujourd'hui un classique de la littérature universelle, aux côtés de Gogol, Jarry, Beckett, Ionesco et Mrozek. Pourtant, de son vivant, seulement deux courts textes pour « adultes » furent publiés, et Harms ne serait resté qu'un merveilleux auteur pour les enfants si le philosophe Yakov Drouskine, membre comme lui du groupe Obèriou (Association de l'Art réel), n'avait sauvegardé ses manuscrits. Inversions ontologiques, tropismes alogiques, récurrences verbales et situationnelles, invagination des signes : Daniil Harms avait fini par croire que le réel absurde de l'époque stalinienne, mais aussi de l'essence de l'homme, pourrait être miraculeusement métamorphosé par un « retour de langue », du langage affranchi de tout esthétisme.

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  • Le veilleur de nuit

    Kwang-Chung Yu

    • Circe
    • 7 Janvier 2021

    Le poème le plus célèbre de Yu Kwangchung, intitulé « Nostalgie » (1974), résonne encore aujourd'hui dans tout le monde sinophone comme symbole d'un exil douloureusement vécu. Yu Kwangchung incarne à sa manière la figure du migrant, qui, tout en ne cessant de se référer à la Chine continentale, élabore une écriture de l'exil où certaines images récurrentes - celle de la mère traduisent la force du lien affectif qui l'unit à une terre quittée peu après l'âge de vingt ans. Le motif de la carte géographique traduit son perpétuel sentiment de migration. Les visions marines, l'invocation de Mazu, la déesse des pêcheurs, rappellent la situation insulaire de Taiwan. Paysages de Taiwan ou de Chine, nostalgie, amour, vie et mort, évocations d'oeuvres d'art constituent ses thématiques privilégiées.

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