Zvonimir Novak

  • Depuis l'instauration du suffrage universel, le spectre du politicien en campagne électorale hante la France. Le peuple de ce pays où l'on répugne à déléguer et à mandater s'est toujours méfié des candidats et des élus. Toutes les occasions sont bonnes pour les accuser de promettre la lune et de s'attribuer des privilèges exorbitants. Et comme cette nation a toujours concentré une forte densité d'artistes aux pinceaux engagés et d'illustrateurs enragés, elle exprime ses haut-le-coeur par le biais d'une production visuelle d'une insolence unique au monde. Des fournées d'images savoureuses d'impertinence, issues de la propagande militante, de l'imagerie populaire, mais aussi de la lutte électorale, vont ainsi sabrer avec éclat les ambitions des arrogants politiciens, à grand coup de vacheries crayonnées et de colère illustrée. Affiches, tracts, cartes postales, caricatures de presse et guérillas visuelles diverses, nous révèlent les mécanismes tordus de notre système politique et racontent les terribles batailles pour le pouvoir. Professions de foi, tracts de campagnes, programmes électoraux et portraits des postulants sont autant de témoignages de l'absurdité même de cette démocratie.
    Le grand cirque électoral relate avec truculence la guerre graphique qui y fait rage. C'est jubilatoire... et instructif.

  • Qui n'a jamais eu de tract entre les mains ? Diffi cile d'imaginer que ce modeste bout de papier, tout juste bon à être jeté, fut pendant longtemps une arme capable de provoquer des séismes politiques.
    Depuis qu'il existe sous la forme de libelle, de mazarinade ou de pamphlet, son pouvoir de nuisance n'est plus à démontrer.
    Si l'affi che couvre les murs, le tract occupe la rue où il circule facilement de main en main. Grâce à son petit format et à son impact visuel, il devient à l'approche du XXe siècle un outil essentiel pour mener des actions politiques et militaires. Information, contre-information, désinformation, guerre psychologique, propagande électorale et manifeste, la bataille du tract se joue sur tous les fronts.
    Pourtant, le rôle de cette « littérature de rue » reste encore largement sous-estimé voire méconnu. À travers l'étude de centaines de documents, souvent inédits, Agit-tract nous fait découvrir autrement un siècle de batailles idéologiques.
    De l'affaire Dreyfus à Mai 68, en passant par la Grande Guerre, le Front populaire, la Seconde Guerre mondiale, la guerre d'Indochine ou encore celle d'Algérie, le tract fut un moyen de diffuser des vérités souvent crues et affranchies de toute censure.
    S'il comble jusque dans les années 1970 les vides d'une information sous contrôle, le tract abreuve aussi d'illustrations une société dans laquelle les images étaient rares. Or, à l'instar de l'affi che, le tract fut un important support de créations graphiques. Pour appâter, convaincre ou informer, les mots ne suffi sent pas, il faut aussi des idées et de bons visuels. Toutes les techniques sont mobilisées pour amadouer l'homme de la rue : bandes dessinées, caricatures, photomontages, illustrations à la plume, au fusain ou à la gouache, rien n'est trop bien pour l'intox, rien n'est trop beau pour triompher.

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  • Lutte des signes et combat politique se mêlent.
    L'imagerie de la gauche et de l'extrême gauche occupe aujourd'hui bien plus l'espace public et notre imaginaire que celle des droites. L'image serait-elle par essence émancipatrice ? La droite utilise-t-elle d'autres moyens pour convaincre et mobiliser ? Ce livre montre que sa propagande graphique n'a pourtant jamais cessé. Elle a même été souvent surprenante et explosive ! Campagnes de soutien au général Boulanger, activisme désespéré de l'OAS, multiplication des affiches sous Pétain, tribulations poujadistes, virtuosité visuelle du gaullisme à la Libération, qui sombre dans les pommes de la chiraquie 50 ans plus tard, Front national producteur d'images en tout genre, impact graphique des identitaires aujourd'hui...
    Ce livre raconte l'histoire visuelle de la droite et de l'extrême droite en France depuis 1880. Analyser la production graphique et confronter les thématiques de ces courants politiques permet de saisir leur idéologie et de comprendre leur histoire. Quels symboles utilisent-ils ? Quelles valeurs défendent-ils ? Qu'en est-il du racisme et de la xénophobie ? Existe-t-il toujours une imagerie antisémite ? Comment sont représentés la gauche, les femmes, les jeunes ? Laissons parler les petits papiers, en sachant qu'une bonne image ne s'oublie jamais !

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  • Depuis quarante ans, l'autocollant politique fleurit nos murs. Son terrain de prédilection : le mobilier urbain. Mauvaises herbes des panneaux de signalisation, des boîtes aux lettres, des bancs publics, il est chez lui. partout. Il n'a aucun respect, le malséant ! Si bien qu'il peut atterrir sur le coeur d'un manifestant, sur le front d 'une femme en colère, le contact est immédiat, un collé serré avec le revendiquant, l'exaspéré, le militant devenu homme-sandwich des signes. La clef de son succès se trouve bien là, dans cette aptitude à passer d'un support à un autre.
    Est-il un dérivé historique de l'affiche ? Non ! Issu d'une autre branche, celle de la petite imagerie d'influence, héritier des vignettes emblématiques de la Révolution Française, du papillon et de l'insigne de journée, l'autocollant est un concentré de graphisme. Pourtant il n'a fait l'objet d'aucune étude d'ensemble. Il est donc temps de réparer cette injustice et d'ouvrir notre regard sur le monde des signes politiques.
    Car ce bel éphémère écrit l'histoire au quotidien, celle vécue par le principal acteur de terrain : le militant. Rafraîchisseur de mémoire, un voyage en autocollant permet de revivre des événements oubliés, une manifestation mémorable, un meeting passé inaperçu. Bavard insatiable, il « balance » tellement qu'il devient un indicateur privilégié de l'identité des structures militantes et un révélateur de notre culture politique. Cet agitateur d'idées, véritable transpiration des villes, prouve que nos sociétés sont encore bien vivantes !

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