Actes Sud

  • Dans un train qui l'emmène vers les lieux de son enfance, le narrateur voit s'asseoir à côté de lui une femme au comportement étrange, qui entreprend de lui raconter son histoire.
    Il essaie d'échapper aux confidences, mais lila insiste, lui raconte sa vie ordinaire, l'aveu d'adultère du mari, la fuite, le drame qu'elle a vécu dans un village où un crime fut commis. c'est là qu'elle retourne aujourd'hui, c'est aussi là qu'il se rend. par lâcheté, ou pour tromper son ennui, parce que cette femme surtout a le charme de l'inquiétant imprévu, le narrateur l'écoute, passe de la compassion à la complicité.
    Il cédera encore quand elle demandera le pire. qui n'a pas en lui quelques renoncements ou lâchetés inavouables ? minutieuse description d'un engrenage implacable et finalement meurtrier, une simple chute renvoie le lecteur à ses peurs intimes et dévoile les hommes comme seules les femmes semblent les connaître, infiniment cruels et durs.

  • Confronté à cécile, pratiquement le sosie de sa fille suicidée, andré martin, flic anonyme, apprend à jouer avec le feu de la mémoire.
    Cherchant avant tout sa présence, il prolonge les interrogatoires de la jeune femme, laquelle trouve en lui le confident dont elle avait besoin. tandis qu'elle lui détaille l'affaire à laquelle elle est mêlée, le policier plonge dans l'amertume du deuil inachevé de sa fille, seul espace où il parvient à se sentir humain. un jeu sans joie s'installe entre eux. martin s'en délecte, s'en saoule jusqu'à souffrir, dix ans plus tard, d'une gueule de bois meurtrière.
    Michèle lesbre excelle à rendre la grisaille des existences comme la gaieté brûlante d'un regard, mais plus encore à démonter les dérèglements de chacun, les petites folies qui font tous les jours les grands drames. que la nuit demeure résonne de la " petite musique " si particulière qu'elle a su faire entendre dans le tintamarre du polar français.

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