Librairie éditions tituli

  • Bestiaire subtil est constitué de proses contemplatives du monde minuscule des insectes dans une langue disparue dont Alexis Buffet recueille, pour mieux se les approprier, les cendres volatiles. Brouillant les postures énonciatives et jouant sur des modèles qu'il se plaît à subvertir, l'auteur fait de l'insecte le vecteur fantasmatique d'une « rêverie-méditation sur l'homme, sur le monde, sur le temps, sur la création poétique » et l'érige en « acteur d'une histoire universelle » (Catherine Fromilhague). Sans doute le constat peut-il être étendu aux autres parties du recueil qui traitent les souvenirs et la terre de l'enfance comme un « monde révolu » que la langue a moins à charge de ressusciter dans sa véracité que de transmuer en « une sorte de réalisme supérieur, qui va jusqu'à la vision » (Bernard Dilasser).

  • Chaque fragment de dialogue amène le suivant par une sorte de nécessité mêlée d'un subtil jeu d'associations qui est la vie même. Un art de la conversation, en somme, mais qui n'a rien de mineur, tant s'en faut, et qui nous transporte, sans que nous y prenions garde, jusqu'aux questionnements les plus cruciaux. Les personnages sont vraiment incarnés, et la virtuosité des intrigues nous emporte avec un naturel qui relève du grand art.

  • 1776. Un jeune Parisien d'obscure condition rêve de devenir comédien et se lie d'amitié avec Jean-Jacques Rousseau, qui souffre plus qu'il ne jouit d'une célébrité entachée de rumeurs et de malentendus. A la suite d'une brouille, l'apprenti acteur lui dérobe le manuscrit tenu secret des Confessions. Peu de temps après la mort du philosophe accueilli pour les dernières semaines de sa vie au château d'Ermenonville par le marquis de Girardin, le jeune homme, accablé de remords, adresse à ce dernier une longue lettre.

  • À l'origine de ce livre, cette question : pourquoi tant de poètes se sont-ils engagés dans la traduction de poèmes en langues étrangères, scellés selon Dante dans l'intraduisi-bilité par « le lien musaïque » ? Quelle serait une éventuelle relation entre le désir de traduire et le souci de la poésie (Bonnefoy) ?

    Sans doute un rapport intime : quand ce souci cherche à donner du sens au sensible, c'est au moyen de la métaphore au sens large, apanage des poètes. Ils tirent, pour la forger, le meilleur parti de la polysémie des mots ; jetant des ponts inattendus entre eux, ils les disposent selon le rythme propre à leur langue maternelle. Ce processus correspond à la « traduction » à travers la grille de la langue (Celan), qui finit par rendre leur langage à la fois particulier et commun. Mais leur parole peut-elle ainsi toucher et tisser des liens au-delà des frontières linguistiques ? Aurait-elle une autre vie dans une autre langue ?


    Ce livre comporte une partie théorique qui interroge ces questions, suivie de trois articles consacrés à la pratique de la traduction des poèmes : ceux de Jacques Dupin par Paul Celan ; ceux de Michel Deguy par l'auteur lui-même ; ceux des haïkus de Bashô par divers poètes français.

  • « Un recueil politique, dans le meilleur sens du terme, une noirceur non exempte d'espoir, comme l'était le Germinal de Zola. Dans cette optique, l'âpreté du style, avec toutes les nuances de la caricature et de l'invective, jusqu'à la percussivité rythmique, sont parfaitement en harmonie avec la condition humaine représentée. » Pusteria

  • Journal d'une transmission féminine, Comme après rend hommage à la tante maternelle, suédoise, qui représentait pour l'auteure un modèle d'indépendance. La question de l'identité se décline à travers des jeux de miroir impliquant aussi d'autres figures de femmes ; l'exercice physique, la promenade ou la photographie servent de tremplin à la rêverie. Cette prose à l'apparence relâchée, de fait admirablement tenue, pourrait être le pendant français de la poésie de Mayrcker.

  • D'un recueil à l'autre, Bernard Dilasser s'efforce de viser, à travers les "mille feux de l'adieu", un sacré que, loin des abstractions désincarnées, il appréhende dans une sorte d'ivresse où l'on se roule "parmi les fruits rouges de la finitude". L'exercice est rude, sans doute, mais empreint d'une ardeur, ...

  • Deux thèmes s'entrecroisent dans La Visite : le doute progressif du narrateur, quant à ses origines, qu'instille avec une discrète cruauté la vieille dame à qui il rend visite, et la naissance soudaine et miraculeuse, en lui, d'une vocation poétique dont on devine qu'elle le sauvera de cette espèce d'effondrement de soi.

  • Dès que son mal de vivre commence à l'anéantir, Arvo Pallas s'en va, fermant derrière lui les portes de ses vies antérieures. Arvo Pallas est le nom fictif d'un être intense dont la vie, bien réelle, reste énigmatique. Ce récit polyphonique le suit dans sa trajectoire douloureuse : l'invasion de l'Estonie par l'Armée rouge, les réseaux des services secrets pendant la Guerre froide, le rôle du jeu d'échecs dans cette nébuleuse, la flambée des mouvements contestataires puis leur extinction. Les femmes de sa vie racontent un combat plus intérieur. Mais quels que soient les éclairages, intimes ou pas, Arvo Pallas ne coïncide jamais avec les portraits que les gens dressent de lui.

  • Le poète Mandelstam, recherché pour ses poèmes contre Staline, passe trois nuits chez le dramaturge Meyerhold. Mandelstam est clairement hostile au régime soviétique, tandis que Meyerhold écrit et mets en scène des pièces de propagande à la gloire de l´URSS. Un dialogue entre deux visions de l´art et de la liberté sous le communisme, avant que les deux hommes n´affrontent le même destin tragique.

  • Le monologue du poète inspiré par ce qui l'entoure en ces lieux habités : la maison aux mille pièces, le jardin aux mille plantes, environnement riche en objets chargés d'ans et de vivants, auxquels elle adresse ces mots dans une quête éperdue pour les rejoindre.

  • Chaque page de ces poèmes en prose est une contemplation de petits paysages. Des paysages pensants qui nous regardent désormais plus que nous les regardons.

  • Reynier questionne le mystère poétique, introduisant de la durée dans le hors-temps au plus près de la réalité sensorielle du rapport sexuel, qui est d'ordre spirituel : tentative d'extraire la "chair" de la relation, pour l'écrire ; en correspondance avec le cosmos, le désir de l'Autre et son assouvissement sont crûment détaillés dans de puissants poèmes à la forme très aboutie.

  • Dans un monologue, le personnage principal, metteur en scène, présente son projet de mise en scène du Misanthrope de Molière devant la troupe de la Comédie Française, s'attachant aux subtilités de la pièce et aux spécificités de chacun des personnages.

  • Le chant du merle au sommet d'un frêne ; les branches d'un pommier escaladé tel un mât de navire ; des fleurs de pivoine rouge sang : autant de signes accueillis comme une incitation à lire et à formuler. Les paysages familiers ne cessent d'ouvrir, chez le poète et son double, le lecteur, l'appétit de nommer avec celui d'agrandir et d'enchanter l'espace.

  • Fagots de lumière marque une nouvelle étape dans la démarche poétique de Bernard Dilasser, qui vise à une sorte de célébration paradoxale de figures essentiellement phobiques en même temps qu'à un détachement du moi, dans ce qu'il a d'imaginaire.

  • Cet essai rend justice au poète Pierre Reverdy (1889-1960) : solitaire, secret, vivant retiré à Solesmes, il a marqué en profondeur toute la création poétique contemporaine. Proche des peintres cubistes, il témoigne en son temps d'une « transformation fondamentale de l'art ». Chacun de ses poèmes élève la parole à la hauteur d'une véritable tragédie spirituelle, où la condition humaine se révèle à nu, dans un intemporel bouleversant. Avec lui, « on franchit l'émotion qui barre le chemin et sans se retourner on va toujours plus loin. »

  • En réponse à l'augmentation incessante des oeuvres sur terre, Mathias Richard propose une nouvelle forme littéraire : le syntexte, texte synthétique condensant en textes très courts de très grandes quantités de langage issues de sources multiples. De ces textes courts, téléscopant les sens, les tonalités, les esthétiques, émerge une voix, un discours, fait de tous les mots du monde.

  • Ces trois pièces évoquent des événements historiques majeurs, dressant les portraits en action de deux souverains de la famille angevine, Jeanne, reine de Naples au XIVe siècle, et le Roi René, un siècle plus tard, tous deux ayant été, en leur qualité de «comte» et «comtesse», possesseurs de la Provence, qui rejoindra le domaine royal et sera française peu après la disparition de ce dernier, tandis que le Comtat Venaissin et la ville d'Avignon, - département actuel du Vaucluse -, resteront des états pontificaux jusqu'à la Révolution, et ne seront rattachés à la France qu'en 1793. C'est dans le Luberon, aux limites sud du Comtat, qu'en avril 1645 ont été pourchassés et massacrés comme hérétiques les paysans « vaudois », nom issu de leur maître Valdo, précurseur du protestantisme dès le 12ème siècle.


  • C'est en américain contemporain que ce traducteur s'essaie aux fables, recréant l'humour et le ton du texte initial dans une version allègre où les trouvailles abondent. Il se sert très à propos des tournures énergiques du parler familier, afin de garder sans cesse la verve incisive du fabuliste. Confronté à la langue française du 17ème siècle, ce très moderne travail de traduction mis en regard avec les gravures anthropomorphiques de Sophie de Garam, est des plus réjouissants.

  • Fable pour l'hiver est une traversée. Un aller-retour entre l'écrit et le jeu, un va-et-vient entre l'hiver et le jardin, le dedans et le dehors, la fable et le théâtre. D'un bord à l'autre, de ce qui précède l'écriture jusqu'à la représentation elle-même.

  • Le numéro 1 d'Envers propose des variations autour de la figure du chef : entretiens, articles d'analyses et textes de création. Avec la participation de Jean-Philippe Domecq, romancier et essayiste, auteur notamment Robespierre, derniers temps (1984)

  • S´il est vrai que la poésie nous libère du moi, dans sa dimension imaginaire et, du même coup, aliénante, ce recueil est la chronique d´un lent détachement. Mais, bien loin de se limiter à une ascèse, il vise, dans le même mouvement, à susciter des instants d´« extase matérielle », à la manière des haïkus.

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