Hachette Littératures

  • La France, pays de manifs et de contestation, a un savoir-faire inégalé dans le domaine du maintien de l´ordre. Emeutes 2005, fronde anti-CPE 2006, comment le pouvoir a-t-il fait face à ces événements majeurs ? Comment l´Etat use-t-il du monopole de la violence qui lui est accordé ? Comment gérer une violence sociale elle-même plus ou moins acceptée, plus ou moins reconnue ? Comment ne pas provoquer un désordre plus grand quand le droit de manifester est inscrit dans la Constitution ? Quels sont les choix politiques qui vont conduire les forces de l´ordre soit à « encadrer », soit à « repousser », soit à interpeller les contestataires, selon les lieux, les époques, les effets souhaités ? Car, c´est ce que révèle ce livre : derrière chaque coup de matraque se niche une consigne, un ordre, une doctrine. Le maintien de l´ordre, savoir-faire de la police française et instrument politique : c´est tout l´enjeu de cette enquête, qui revient sur plusieurs moments forts de ces dernières années où le pouvoir fut sérieusement contesté et en dévoile les coulisses. C´est aussi, en creux, le portrait d´un certain... Nicolas Sarkozy, qui avait justement fait des forces mobiles d´intervention le pivot de toute sa pensée policière. Fruit de plus d´un an de travail, cette enquête donne la parole à des dizaines de témoins, côté ordre et côté désordres. Du casseur aux plus grands patrons actuels de la Police, du syndicaliste au responsable des RG, des organisateurs de manifestations sauvages à Claude Guéant, l´intime lieutenant du nouveau président de la République.

  • Jusqu'à ce fameux samedi, il ne s'était jamais rien passé d'extraordinaire à Joigny-les-Deux-Bouts, petite bourgade tranquille en fin de ligne du RER. Yéva, minijupe à ras et verbe haut, rêvait toujours d'une vie ailleurs. Jacquot, son mari chômeur, creusait une fosse dans le canapé à force de jeux télévisés. Leur fils Yeznig, déficient mental, recomptait ses dents après chaque repas. Son frère Tanièl, renvoyé du lycée pour avoir abîmé le conseiller d'orientation, peaufinait sa technique pour serrer les blondes. Le jeune Ali, Marseillais au gros nez, essayait de se fondre dans le décor. Et Magalie, la blonde du lycée, suivait à la lettre les conseils de son magazine préféré pour rendre crazy tous les mecs. Bref, la routine pour ces habitués qui, un matin, découvrent le patron de « leur » bar, baignant dans son sang. Un drame ? Pas pour les gens du Balto. Avec ce roman choral, Faïza Guène dévoile de nouvelles facettes de son talent, réussissant à se glisser avec autant d'aisance dans la peau de tous ses personnages. Humour, justesse du trait, Les Gens du Balto confirme que cette jeune romancière n'est pas devenue une figure des lettres par hasard.

  • Qu'est-ce qu'être un homme aujourd'hui ? Comment les pères, les fils, les amants, les conjoints se représentent-ils la virilité, l'autorité ou les rapports entre les sexes ? Le monde change et bombarde les hommes de questions auxquelles il leur est souvent difficile de répondre. D'autres s'en chargent pour eux et nous prédisent l'apocalypse : la confusion des genres et la féminisation des mâles seraient sur le point de provoquer l'effondrement du monde occidental ! Dans une société organisée autour de la suprématie des hommes sur les femmes, l'égalité fait peur. Au point, parfois, de provoquer un désir violent de retour en arrière, au temps où les hommes pouvaient exiger et exister sans se poser de questions. Et si nous étions, tout simplement, en train d'avancer ? Si ce malaise qui bouscule les hommes dans leur vie intime était un signe encourageant d'évolution vers une société plus apte à l'échange entre les sexes ? En comprenant comment se construisent les hommes, leurs forces et leurs fragilités, les peurs inconscientes dont ils doivent se libérer, on peut entrevoir déjà l'esquisse de cette société nouvelle, fondée non plus sur les relations de pouvoir entre les hommes et les femmes, mais plutôt sur l'harmonisation des sexes, sur la différence des individus, et sur l'intimité partagée. Rien d'apocalyptique, bien au contraire ! Serge Hefez est psychiatre, psychanalyste, thérapeute de couple et de famille. Il est également responsable de l'unité de thérapie familiale du service de Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il est l'auteur chez Hachette Littératures de La Danse du couple, avec Danièle Laufer, et de Quand la famille s'emmêle.

  • Hugo est un homo, il a 20 ans, il habite encore chez ses parents, et il s'ennuie. Tout change lorsqu'il débarque à Paris où son cousin Manu, pilier de la nuit gay, l'accueille dans son studio du marais. Drague aux terrasses des cafés, saunas, backroom, fêtes privées. Le petit provincial timide et romantique va-t-il se laisser emporter par la folie du quartier ? Le héros de Dans la peau d'un jeune homo a grandi. Hier, il nous faisait vivre son coming out. Aujourd'hui, il nous ouvre les portes du paradis homosexuel.

  • Au coeur du mois d'août 2008, la guerre entre la Russie et la Géorgie projette Mikheil Saakachvili, jeune président de quarante et un ans, au coeur de l'actualité mondiale.L'ennemi public numéro 1 de la Russie s'explique enfin sur sa vie, ses projets, ses rêves et la crise internationale actuelle. Pourquoi a-t-il choisi la confrontation avec la superpuissance russe en attaquant l'Ossétie du Sud? Est-il tombé dans un piège ou n'a-t-il fait que stopper une invasion en cours? Est-il comme le prétend le Kremlin un agent de l'Occident? Que veut-il réellement pour son peuple? Se considère-t-il toujours comme un révolutionnaire? Et qui est vraiment Vladimir Poutine? À toutes ces questions, et à beaucoup d'autres, Mikheil Saakachvili répond sans détour: révélations sur le déroulement de la guerre d'août 2008, clarifications sur ses liens avec Israël, George Bush, George Soros et la CIA, retour sur ses premiers démêlés avec le KGB lorsqu'il était étudiant à Kiev et Tbilissi, décryptage de la Révolution des roses, récit ému et drôle de ses années en France et aux États-Unis. «Pour vous l'Occident est un mot vague. Pour moi, il a toujours eu ce parfum de liberté qui donne sens à une vie», déclare Saakachvili. C'est un homme pétri de nos valeurs et de nos traditions qui s'exprime ici, avec une liberté de ton rarissime chez un chef d'État en exercice.

  • L'immigration est devenue en France un objet essentiel de controverse politique. Cet ouvrage, dirigé par Benjamin Stora et Émile Temime, rassemble les contributions de quatorze des meilleurs spécialistes des questions migratoires. Il présente l'état de la recherche aujourd'hui, selon trois grandes parties : les politiques de l'immigration, les problèmes économiques et sociaux rencontrés par les immigrés et enfin les représentations de l'immigration. La succession des statuts, lois et décrets définissant la place des étrangers n'a cessé de scander les politiques suivies, ne permettant pas toujours d'accueillir dignement les immigrés. La place croissante des femmes dans l'immigration, l'accélération des migrations du travail, la mondialisation du marché ont profondément transformé, en France comme en Europe, les flux et les modalités des mouvements migratoires. En ce début du XXIe siècle, les notions comme « intégration » ou « assimilation » sont remises en question. Ces débats révèlent les tensions entre modèle républicain français et dérives communautaires, réelles ou supposées.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La première moitié du XIXe siècle voit Paris accéder au rang de capitale de l´art lyrique : compositeurs et chanteurs étrangers affluent vers les grandes scènes de l´Opéra et du Théâtre italien.
    Des tragédies lyriques aux grands drames italiens, des oeuvres de circonstance aux désopilantes parodies de grands opéras, cette vie quotidienne nous fait côtoyer Rossini et Berlioz, le castrat Crescentini et la Malibran.
    Les grands triomphes de la scène et les petites anecdotes des coulisses ; l´émotion du public aux soirs de « premières » et l´organisation méthodique de la « claque » ; les vrais fanatiques de musique italienne et les faux opéras de propagande politique : autant de versants - authentiques et factices - de la vie musicale à ses heures de gloire dans une société élégante que ses divertissements conduisent des Tuileries à l´Opéra et du boulevard des Italiens aux salons aristocratiques.

  • Ce livre est une contribution à l'histoire du rêve en politique. Avant l'invention du 1er mai, seul le calendrier religieux scandait la vie des croyants à travers le monde ; avec le 1er mai, la classe ouvrière célèbre une fête laïque le même jour partout dans le monde ! En s'appuyant sur de nombreuses archives, images et témoignages, Danielle Tartakowsky nous introduit dans l'imaginaire politique construit depuis la fin du XIXe siècle. C'est en effet lors du centenaire de la Révolution française que les organisations ouvrières de vingt-deux pays se réunissent en congrès à Paris pendant l'Exposition universelle. Elles décident d'organiser une grande manifestation internationale, à date fixe et dans tous les pays pour s'affirmer ensemble contre les pouvoirs et obtenir la diminution du temps de travail. Danielle Tartakowsky nous livre l'histoire de ce jour de congé, de ses significations changeantes et imbriquées. Elle montre, par un retour à la chronologie, que le 1er mai a d'abord été un mythe avant d'être une date disputée par les pouvoirs politiques dans l'Europe des années 1930 : les régimes autoritaires s'en emparent et en modifient le sens ; après 1945, c'est une des rares dates à être célébrée à l'Est comme à l'Ouest de l'Europe et devient le symbole d'une adhésion commune à une forme d'État-providence. Plus récemment, ses valeurs ont de nouveau été disputées entre les manifestations des extrêmes droites européennes et des altermondialistes, tous deux contestant le libéralisme. Les cortèges se succèdent, le 1er mai demeure, tout en se transformant profondément. À travers l'analyse de cette journée de mobilisation, c'est toute une histoire politique de la France et de différents États dans le monde qui nous est donnée à comprendre.

  • Partant de sources diverses, littérature, épigraphie, archéologie, ce livre se veut une étude concrète de la vie des femmes dans la Rome antique. Les auteurs se sont intéressées à la position qu'elle occupent dans la société romaine, nullement symétrique à celle de l'homme, au même titre qu'à leurs pratiques quotidiennes et privées.On les observe dans leur intérieur ou leur jardin ; dans leur vie domestique ou dans les métiers qu'elles ont pu exercer ; en société, au théâtre ou en vacances, avec leurs enfants, leur mari ou encore leurs amants ; en compagnie de leurs amis, de leurs esclaves. Et, dans chacune de ces occasions, est interrogée la place au sein du droit, de la religion de ces femmes qui, officiellement, sont censées se taire, obéir à leur mari et rester chez elles à filer la laine.Une étude détaillée, illustrée par des reproductions au fil du texte, qui éclaire sous un nouveau jour un chapitre de l'histoire des femmes.Ancienne élève de l'Ecole française de Rome, Danielle Gourévitch est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, auteur de Le Mal d'être femme. La Femme et la médecine dans la Rome antique, Les Belles Lettres, 1984.Marie-thérèse Raespaet est professeur à l'université libre de Bruxelles, spécialiste de l'histoire des institutions romaines.

  • C'est dans une ferme misérable et isolée de la Lauze-Haute, contrefort aride dont les châtaigniers sont la plus grande richesse, que Pierre voit le jour. Il porte fièrement l'amour de ses racines mais la terre ingrate ne peut le nourrir. Contraint de se placer comme berger de l'autre côté du Causse, il rencontre Mélisse, amour inaccessible dans cette société rurale où l'on n'est que ce que l'on possède. Le refus du père chasse le jeune homme vers un autre exil, plus cruel encore, la mine. Pierre se révolte et part pour l'Amérique.
    II y mène une vie aventureuse de pionnier que Mélisse vient partager. Le couple vit à San Francisco des jours heureux : ils connaissent la fortune, puis un fils, John, leur naît. II faudra le tremblement de terre qui ravage la ville pour que la mémoire des origines reconduise les nouvelles générations au berceau de leurs ancêtres.
    Vaste métaphore sur la Terre, à la fois mère nourricière, sépulture et promesse de l'aube, Les Fiancés de la liberté nous font voyager des Causses rouergats aux eaux du Pacifique sans que Roger Béteille ne cesse jamais de tremper sa plume dans la sève du terroir.
    Roger BÉTEILLE enseigne la géographie à l'université de Poitiers. Il a déjà publié les Souvenirs d'un enfant du Rouergue et La Vie quotidienne en Rouergue avant 1914.

  • Candidat rebelle

    Bove-J

    José Bové s´invite dans la campagne présidentielle et décrète l´insurrection électorale contre le libéralisme économique. Il ne ressemble guère à tous les autres candidats. N´appartenant à aucun parti mais choisi par les collectifs unitaires antilibéraux et des dizaines de milliers de citoyens, il veut incarner la société civile qui lutte contre un monde injuste et qui invente un monde meilleur. À l´écart d´une classe politique qui, depuis vingt-cinq ans, pratique l´alternance sans changer la vie. Syndicaliste, altermondialiste, José Bové a décidé de passer de la résistance au pouvoir. Résolument contre Sarkozy et Le Pen, il met en cause la pusillanimité de la gauche traditionnelle. Et propose un ensemble de mesures pour une vraie alternative à la précarité et à l´insécurité sociale. Son ambition ? Être utile pour battre la droite. Son credo ? Démontrer qu´un autre avenir est possible.

  • En 1940, plus de 1800 000 soldats français ont été faits prisonniers. 1600 000 d'entre eux ont ensuite connu la captivité en Allemagne, près de 1 000 000 pendant cinq ans. La captivité a frappé toutes les couches sociales et toutes les classes d'âge entre 18 et 50 ans. Les P.G. sont, pour plus de la moitié, déjà mariés et souvent pères de famille. Plus qu'un simple épisode de la Seconde Guerre mondiale, la captivité est un phénomène social sans précédent. Privés de liberté, en exil en terre étrangère, séparés de leur foyer, torturés par la faim, contraints de travailler chez l'ennemi et pour lui dans les Kommandos, les P.G., du simple soldat de Stalag à l'officier d'Oflag, forment un monde divers et à part. 4% seulement d'entre eux réussiront leur évasion et 40 000 mourront en Allemagne. Le travail, exécuté dans des conditions souvent très dures, les met en contact direct avec la population allemande. Certains « privilégiés » sont employés dans des fermes... Mais d'autres connaîtront les chantiers, les carrières, l'usine ou la mine. Le retour, la réinsertion ne seront pas faciles non plus. Les hommes ont souffert. Ils ont changé, la France aussi. Il leur reste à réapprendre à vivre.
    Yves Durand Yves Durand enseigne l'histoire contemporaine à l'Université d'Orléans-La Source. Il participe depuis vingt ans aux travaux du Comité d'histoire de la deuxième guerre mondiale puis de l'Institut d'Histoire du Temps Présent. Spécialiste reconnu des années quarante, il a notamment publié Vichy 1940-1944, La Captivité, La France dans la deuxième guerre mondiale, Le Nouvel Ordre européen nazi et Les Causes de la deuxième guerre mondiale.

  • Tintin a existé et Hergé est son biographe. Tel est le constat de départ de cet ouvrage original, prolongement naturel aux albums. L'auteur donne un relief inattendu aux personnages et révèle enfin quelques-uns des mystères restés jusqu'à ce jour inviolés: pourquoi Louis XIV a-t-il donné le magnifique château de Moulinsart au chevalier François de Hadoque? Quel est le dstin de cette famille au cours des deux siècles qui séparent le corsaire du roi et le capitaine au long cours? En quoi la vie de Tintin, Haddock et Tournesol, va-t-elle être transformée du jour où ils deviennent châtelains, entourés d'amis de passage et des habitants du village? Poussez la grille du château; vous en serez les invités privilégiés. Attention : la lecture de La Vie quotidienne à Moulinsart vous donnera envie de redécouvrir tous les albums de Tintin!

  • Toutes les femmes ont en tête l'image d'une mère idéale à laquelle elles s'efforcent de ressembler. Mais oubliant que cet idéal est un fantasme, elles se culpabilisent de ne pas être à la hauteur. Dans la réalité, les choses sont beaucoup plus simples: pour un enfant, la mère parfaite, c'est toujours la sienne. Stéphane Clerget est pédopsychiatre. Danièle Laufer est journaliste, chef du service psycho au mensuel Bien dans ma vie.

  • On a longtemps pensé que l´ère des villes était close : la post-modernité les aurait entraînées dans la déroute de l´industrialisation, de l´urbanisme planifié, de la centralité administrative, au profit d´une prolifération urbaine qui déborde de toutes parts, de la multiplication des réseaux, de l´effacement des territoires devant les flux. Or ce livre montre l´inverse : non seulement les villes persistent, mais elles renforcent leur identité et leur emprise. Qu´elles mettent en avant leur patrimoine ou qu´elles renouvellent la fonction capitale, les villes imposent plus que jamais les formes de la nouvelle civilisation urbaine : il y avait 800 millions d´urbains en 1950, 5 milliards sont prévus en 2030. Mais la ville, c´est aussi la mondialisation en acte : le développement de l´emploi, l´équilibre social résidentiel, la sécurité des habitants, la gestion des mobilités, la sauvegarde de l´environnement s´affirment comme des objectifs communs à toutes les grandes villes contemporaines, du Nord comme du Sud, quels que soient leurs niveaux de développement économique ou leur mode de gestion politique. Plus compactes, nos villes sont aussi plus vulnérables, au point de devenir parfois la cible de nouvelles formes de terrorisme. Comment dès lors parvenir à un gouvernement de la ville qui sache assumer ces défis tout en faisant droit à des exigences de participation renouvelées des habitants ?

  • Un essai sur les métamorphoses du conflit social et son évolution depuis le XIXe siècle : comment l'exploitation économique laisse place à la gestion de l'entreprise, les revendications de pouvoir à la question politique de la citoyenneté.
    Le point sur les lieux du conflit (l'usine relayée par l'« étatisation du conflit salarial ») et sur les mobilisations liées à ce dernier (de la « mobilisation générale » aux conflits de règles).
    Une analyse des assises du conflit (les classes moyennes ont remplacé les ouvriers), de sa socialisation (des solidarités de base à l'État-providence) et de ses enjeux (la « privatisation des mouvements sociaux » succède à la révolte du travail).
    Une réflexion sur la nature du conflit les « communautés de luttes » tendent à remplacer les conflits de classes ; et sur la théorie du conflit : la notion de citoyenneté politique tend à accompagner la régulation du système.
    Guy GROUX est sociologue et directeur de recherches au CNRS. Il a publié, avec Catherine Lévy, La Possession ouvrière (Éditions de l'Atelier, 1993) et avec Guillaume La Chaise (pseudonyme collectif), Crise de l'emploi et fractures politiques (Presses de Sciences Po, 1995).

  • Imagine-t-on qu'à la veille de fuir la capitale, le 2 septembre 1914, le gouvernement français convoque Mme Fraya, une voyante mondaine, pour lui demander si l'ennemi s'emparera de Paris ? Sait-on que le président Raymond Poincaré a reçu cette même Mme Fraya à l'Élysée en 1917 pour lui poser des questions sur la fin de la guerre ? Ou encore qu'il a reçu une jeune bergère vendéenne qui, se croyant une nouvelle Jeanne d'Arc, prétendait avoir reçu de Dieu la mission de bouter l'ennemi hors de France ? Le prophétisme et la voyance : un aspect méconnu de la Grande Guerre. Pour répondre aux angoisses des Français, en ces temps de malheur, d'innombrables prédictions, des plus farfelues souvent, professées par divers charlatans, voyants, médiums ou autres tireuses de cartes, sont faites. Cette envolée de l'irrationnel est conditionnée par la peur de la mort. On se raccroche à tout ce qui peut redonner un peu de confiance. Jean-Yves Le Naour rend compte ici d'une culture populaire, longtemps ignorée par les historiens, et offre une nouvelle approche pour la compréhension du premier conflit mondial.

  • 00 h 44, le 21 janvier 2006, à Bagneux, les policiers localisent pour la dernière fois le portable d'Ilan Halimi, jeune homme de vingt-trois ans, sans histoire, employé dans un magasin de téléphonie mobile. Le lendemain, une demande de rançon parvient à son amie par l'intermédiaire d'une boîte mail anonyme.Commence alors une incroyable, et malheureusement vaine, traque policière. Trois semaines de filatures, de tâtonnements, de fausses pistes et d'opérations ratées, avec d'un côté la crim, la prestigieuse brigade criminelle de Paris, et de l'autre une bande de jeunes, le « gang des barbares », menée par Youssouf Fofana. Le 13 février, Ilan est retrouvé nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures. Incapable de s'exprimer, il est mort pendant son transfert à l'hôpital. Trois semaines décortiquées dans ce livre, heure par heure, pour essayer de comprendre cet échec douloureux, le premier essuyé par le 36 quai des Orfèvres dans une affaire de kidnapping.Comment des jeunes férus de technologie ont-ils pu manipuler les meilleurs flics de France ? Pourquoi ces derniers ont-ils décidé de rompre le contact avec les ravisseurs au bout de deux semaines ? Pourquoi ne pas avoir réussi à les localiser plus tôt ? Pourquoi n'avoir diffusé les portraits-robots qu'après la mort d'Ilan ? Témoignages d'officiers anonymes, entretiens officiels, reconstitutions, une enquête au coeur d'un ratage policier...

  • Comment penser les nouvelles technologies ? Après avoir enquêté dans plusieurs entreprises, Bernadette Bensaude-Vincent met à jour une vérité paradoxale : le meilleur moyen d'élaborer la philosophie des matériaux nouveaux est de reprendre les interrogations fondatrices de la pensée antique et, notamment, la notion de mixte qui permettait de comprendre ensemble, l'unité et la variété, le même et l'autre. En effet, les nouveaux matériaux (composites à fibres de carbone, kevlar, etc.) requièrent des techniques de conception et de fabrication inédites qui mélangent des éléments hétérogènes sur le modèle du monde vivant.
    Cette originale confrontation entre le monde industriel d'aujourd'hui et la philosophie ancienne invite le lecteur à repenser la nature et l'artifice, à reconsidérer le mixte, au-delà d'une pensée pauvre de l'identique et du différent.
    BERNADETTE BENSAUDE-VINCENT enseigne l'histoire et la philosophie des sciences à l'université de Paris-X.
    Elle a publié Langevin : 1872-1946, science et vigilance, Belin, 1987 ; Lavoisier : mémoires d'une révolution, Flammarion, 1993, et en collaboration avec Isabelle Stengers, Histoire de la chimie, La Découverte, 1993.

  • L'image classique de l'homme paléolithique, misérablement accoutré de haillons, condamné à pourchasser le gibier et fuyant au fond des grottes, a bien changé. Certes, l'homme de ces temps n'avait pas encore appris à domestiquer ni les plantes ni les animaux, mais il connaissait parfaitement son environnement et tirait parti de toutes ses ressources avec beaucoup d'intelligence. De plus, il suffit de se plonger dans l'univers de cavernes ornées telles que Lascaux, Niaux, ou encore la grotte Chauvet, récemment découverte en Ardèche, pour mesurer la richesse de l'imaginaire et des conceptions religieuses de ces grands chasseurs.
    Dans un style simple et direct, servi par une belle érudition, Sophie A.de Beaune nous fait découvrir par le détail leurs habitations, la façon dont ils se nourrissaient, s'habillaient, leurs activités de tous les jours, leurs distractions, leurs croyances, leur art. En découvrant cette culture, on ne peut s'empêcher d'avoir une immense admiration pour ces hommes qui ont su marier avec panache la dextérité des grands chasseurs et celle d'artistes talentueux.

  • Ils se désolaient, mais c'était au moins ensemble ; quand tout à coup tomba sur eux la catastrophe la plus inattendue : le pane se mit en route pour Moscou, en emmenant avec lui Ivan Zolotarenko. Celui-ci eut beau lui demander de ne pas y aller, le pane était tellement cruel, impitoyable, qu'il aurait fallu seulement s'incliner bien bas sans rien obtenir.
    - Adieu, les enfants ! dit Ivan en quittant sa famille, adieu mes clairs faucons ! Honorez votre mère, vivez en bonne entente entre vous, n'offensez personne. Adieu mes enfants chéris ! Et toi, chère femme, ne garde pas un mauvais souvenir de moi, malheureux que je suis, qui t'ai plongée dans un abîme, et qui maintenant t'abandonne. Je serai châtié pour faire couler tes larmes !
    Olessia ne pleure pas, reste immobile, blanche comme un linge, sans détourner les yeux d'Ivan, sans se dégager de ses bras. Le pane se met à crier :
    - Plus vite, plus vite !
    Ivan serra Olessia une dernière fois contre son coeur et partit en courant. Alors Olessia se ressaisit : il n'est plus là, il est déjà loin... seul un tourbillon de poussière marque sa trace.
    - Mes enfants, s'écria-t-elle, mes enfants ! Maintenant nous n'avons plus un seul défenseur, personne pour nous aider ; nous restons seuls au monde !
    Cet ouvrage rassemble un choix de contes russes écrits par Alexandre Afanassiev, ainsi que le recueil des contes ukrainiens de Marko Vovtchok, traduits en russe par Ivan Tourguéniev et présentés ici en français pour la première fois. Ces derniers peignent la vie difficile, voire insupportable, d'Ukrainiens soumis à la toute puissance des propriétaires polonais.

  • En 1881, Jules Ferry institue l´école laïque, gratuite et obligatoire. Une démocratisation qui passe par un recrutement massif d´instituteurs. Bons élèves issus de milieux populaires, souvent fils de paysans, les « hussards noirs » bénéficient d´une ascension sociale qui fait d´eux de véritables « notables du savoir ». Les femmes ne sont pas en reste, avec la création d´écoles de garçons et de filles, ce qui féminise largement le corps enseignant. Bientôt, les instituteurs s´imposent comme un groupe social fortement attaché à une République qui leur a donné leur « chance », en rivalité avec les prêtres dans la formation des enfants. La loi de 1905 établissant la séparation des Églises et de l´État signe la victoire des instituteurs, renforçant encore leur identité. Du recrutement des maîtres à leur formation dans les écoles normales ; de la discipline à la « leçon de choses » ou à l´instruction civique ; du tableau noir à la distribution des prix ; Xavier Darcos dresse un tableau pittoresque du quotidien des instituteurs à l´époque de Jules Ferry. Riche de témoignages et d´anecdotes, L´École de Jules Ferry ne néglige pas la réflexion sur l´école et la laïcité aujourd´hui, thèmes de la loi du 3 mars 2004, dont l´auteur, alors ministre, fut l´un des principaux promoteurs.

  • C'est aujourd'hui l'amour qui régit nos rapports intimes, à l'exclusion de tout autre principe. Ainsi dans le cadre de la famille, l'amour supplante l'autorité et loi. Désormais, on fonde le lien familial sur un sentiment par définition instable et fugitif. Qu'en est-il pour nos enfants ? L'amour qu'on leur porte échappe-t-il aux égarements du coeur et aux changements de température affective ? Voilà l'idée dominante du moment : on aimerait nos enfants pour toujours, d'un amour idéalisé. Cette relation prend alors une importance inédite et une nouvelle dépendance s'établit : non plus celle de l'enfant vis-à-vis du parent, liée à son immaturité, mais au contraire celle du parent vis-à-vis de l'enfant qui devient le pilier d'un rapport stable : le parent a besoin de son enfant. Faire de l'amour la seule fondation du lien n'est pas dépourvu de risque. Car l'amour est un sentiment ambivalent et violent. Cette violence s'exprime pourtant dans les attentes narcissiques envers nos enfants qui doivent être parfaits pour justifier tout ce qu'on leur sacrifie. Comment aimons-nous nos enfants ? Cet amour est-il aussi pur et désintéressé qu'on le prétend ? Pourquoi avons-nous tant de mal à faire preuve d'autorité et à punir quand c'est nécessaire ? Pourquoi avons-nous si peur de ne pas être aimés de nos enfants ? Mêlant sa pratique de psychanalyste et de thérapeute familiale à une réflexion historique sur l'évolution de la famille, l'auteur nous incite à réfléchir sur notre rôle de parents...

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