Hachette (réédition numérique FeniXX)

  • Tout a commencé rue Caumartin quand j'ai rencontré Liza. Dans son imper, elle grelottait comme si elle était malade. J'ai fait un truc que je ne comprends pas. J'ai pris sa main. Je lui ai dit : "Viens." Au parc des Buttes-Chaumont, elle a écrit un nom dans le sable : Peter. "Peter, qui est-ce ? lui ai-je demandé. - Je ne sais pas. Je ne connais personne de ce nom." Puis elle m'a avoué qu'elle avait un trou de mémoire : elle ne se souvenait plus de rien et éprouvait une angoisse atroce. Soudain, elle a éclaté en sanglots : "Philippe, est-ce que tu crois que j'ai tué quelqu'un ?" J'ai ri. Mais j'aurais voulu la serrer dans mes bras tant elle semblait avoir peur. J'étais prêt à tout pour Liza. Même si la chasse aux souvenirs s'annonçait difficile...

  • Gérard n'attend pas grand-chose de la vie. Ni contestataire ni même vraiment insatisfait, il a, à dix-neuf ans, pris son parti de l'existence sans éclat de petit employé de banque à laquelle il est promis. Et puis voilà qu'un rayon de soleil vient percer la grisaille : Johanna. Elle est drôle, raffinée, intelligente... Plus que lui, il est le premier à en convenir. Comment en serait-il autrement ? Elle a trente-cinq ans, elle a un métier, elle a voyagé. Elle a vécu, quoi ! Naturellement elle n'est pas libre... et le fait qu'elle soit allemande ne simplifie pas les choses. Qu'importe ! Lorsqu'il est près d'elle, Gérard a l'impression de vivre dans un monde à part. Et par contraste, que sa famille, ses copains, son travail lui paraissent ternes ! A tel point qu'il aurait tendance, comme dit son père, à cracher dans la soupe. Mais au nom de quoi ? C'est bien beau de découvrir la "vraie vie". Mais encore faut-il la mériter. Faute de quoi, sitôt entr'aperçue, elle risque de vous filer entre les doigts...

  • Will marchait vite, l'oreille aux aguets, le doigt sur le bouton de tir de son fusil calorifique. La ligne de battue des Protecteurs ne devait plus être bien loin à présent. Il la sentait, plus qu'il ne l'entendait, se refermer autour de lui. Lui, le gibier, le chasseur déchu, le renégat. Le réfractaire. Il aurait été si facile de se laisser aller, pensa-t-il. De se laisser prendre en charge, de marcher au pas, comme les autres. Mais, traversant son esprit, la vision de ses anciens compagnons d'armes transformés en robots fanatisés chassa tout regret de son esprit. Mais d'abord qu'espéraient-ils, lui et la poignée d'irréductibles que des mois de propagande et d'exercices abrutissants n'avaient pas réussi à corrompre ou à briser ? Être le grain de sable qui fera gripper la machine ?... Rêve dérisoire : les Protecteurs étaient passés maîtres dans l'art d'utiliser les restes...

  • Gérard n'attend pas grand-chose de la vie. Ni contestataire ni même vraiment insatisfait, il a, à dix-neuf ans, pris son parti de l'existence sans éclat de petit employé de banque à laquelle il est promis. Et puis voilà qu'un rayon de soleil vient percer la grisaille : Johanna. Elle est drôle, raffinée, intelligente... Plus que lui, il est le premier à en convenir. Comment en serait-il autrement ? Elle a trente-cinq ans, elle a un métier, elle a voyagé. Elle a vécu, quoi ! Naturellement elle n'est pas libre... et le fait qu'elle soit allemande ne simplifie pas les choses. Qu'importe ! Lorsqu'il est près d'elle, Gérard a l'impression de vivre dans un monde à part. Et par contraste, que sa famille, ses copains, son travail lui paraissent ternes ! A tel point qu'il aurait tendance, comme dit son père, à cracher dans la soupe. Mais au nom de quoi ? C'est bien beau de découvrir la "vraie vie". Mais encore faut-il la mériter. Faute de quoi, sitôt entr'aperçue, elle risque de vous filer entre les doigts...

  • Will marchait vite, l'oreille aux aguets, le doigt sur le bouton de tir de son fusil calorifique. La ligne de battue des Protecteurs ne devait plus être bien loin à présent. Il la sentait, plus qu'il ne l'entendait, se refermer autour de lui. Lui, le gibier, le chasseur déchu, le renégat. Le réfractaire. Il aurait été si facile de se laisser aller, pensa-t-il. De se laisser prendre en charge, de marcher au pas, comme les autres. Mais, traversant son esprit, la vision de ses anciens compagnons d'armes transformés en robots fanatisés chassa tout regret de son esprit. Mais d'abord qu'espéraient-ils, lui et la poignée d'irréductibles que des mois de propagande et d'exercices abrutissants n'avaient pas réussi à corrompre ou à briser ? Être le grain de sable qui fera gripper la machine ?... Rêve dérisoire : les Protecteurs étaient passés maîtres dans l'art d'utiliser les restes...

  • Tout a commencé rue Caumartin quand j'ai rencontré Liza. Dans son imper, elle grelottait comme si elle était malade. J'ai fait un truc que je ne comprends pas. J'ai pris sa main. Je lui ai dit : "Viens." Au parc des Buttes-Chaumont, elle a écrit un nom dans le sable : Peter. "Peter, qui est-ce ? lui ai-je demandé. - Je ne sais pas. Je ne connais personne de ce nom." Puis elle m'a avoué qu'elle avait un trou de mémoire : elle ne se souvenait plus de rien et éprouvait une angoisse atroce. Soudain, elle a éclaté en sanglots : "Philippe, est-ce que tu crois que j'ai tué quelqu'un ?" J'ai ri. Mais j'aurais voulu la serrer dans mes bras tant elle semblait avoir peur. J'étais prêt à tout pour Liza. Même si la chasse aux souvenirs s'annonçait difficile...

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