Littérature générale

  • Retour sur le parcours étonnant d'un grand écrivain Georges Simenon est connu dans le monde entier comme le père de Maigret. Mais la silhouette légendaire du commissaire fait souvent oublier les autres romans. Ici, on a voulu voir en l'auteur un romancier, tout simplement, et s'interroger sur un écrivain véritable phénomène littéraire de notre siècle. Autrement dit : découvrir le vrai Simenon. Une intéressante biographie littéraire mettant en relation les anecdotes de la vie de l'auteur avec ses oeuvres EXTRAIT En 1949, un journal canadien, sous le titre de « Pronostics pour l'an 2000 », proposait à ses lecteurs un classement des écrivains francophones qui franchiront le cap de cette fin de siècle : parmi les élus figurait Georges Simenon... Aujourd'hui, nous sommes presque au rendez-vous du troisième millénaire et le « père de Maigret » est considéré comme l'un des grands romanciers de ce siècle, même si d'aucuns voudraient le reléguer aux marges de la littérature officielle, entre le « polar » et les héritiers d'une tradition classique. Georges Simenon est un auteur qui ne laisse pas indifférent : depuis les années 30, il étonne et fascine des acteurs de l'institution littéraire aussi importants qu'André Gide. Pourtant ses détracteurs existent et interdiront au romancier belge d'entrer vraiment dans le sérail : depuis 1933, Georges Simenon espère obtenir un prix littéraire, mais le Goncourt lui échappera régulièrement... A PROPOS DE L'AUTEUR Bernard Alavoine est Maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne, Amiens (en 1998) et spécialiste de l'oeuvre de Georges Simenon. Il a participé également à l'ouvrage collectif Simenon : l'homme, l'univers, la création (1993).

  • L'auteur s'intéresse aux mécanismes de création littéraire chez le père de Maigret.
    Depuis les années 1950, Georges Simenon est reconnu par la critique pour son don particulier à rendre les atmosphères et à créer des ambiances à l'aide des sensations. Cependant, le romancier ne se contente pas de la vue et de l'ouïe mais s'approprie aussi l'odorat, le goût et le tactile. Comme le commissaire Maigret, Simenon se compare volontiers à une « éponge », parce qu'il enregistre plus ou moins consciemment les sensations. Cette capacité à s'imprégner, puis à reproduire dans ses romans le monde sensible est probablement unique.
    Aujourd'hui Georges Simenon est connu dans le monde entier, il reste cependant pour beaucoup de lecteurs le « père » de Maigret : cet essai souhaite montrer qu'il est avant tout un romancier qui a saisi avec justesse les angoisses de l'homme du vingtième siècle.
    Cet ouvrage passionnant explore un volet méconnu et néanmoins prolifique de l'oeuvre de Simenon.
    EXTRAIT
    Pour beaucoup de lecteurs, Georges Simenon est le romancier des canaux et des brumes du Nord, des atmosphères grises et pluvieuses, des notations exactes de l'univers quotidien. Tous ces clichés font partie de la « légende Simenon » et contribuent à entretenir le malentendu avec l'institution littéraire, même si depuis quelques années la position du romancier a sensiblement évolué. À vouloir « classer » Simenon dans les écrivains réalistes, le considérer comme le successeur de Balzac, on occulte ce qui fait la richesse du romancier : un mode de création original et un style faussement plat.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Universitaire, Bernard Alavoine a déjà publié Georges Simenon, parcours d'une oeuvre et Les Enquêtes de Maigret : lecture des textes chez Encrage Édition, ainsi que de nombreux articles en France et à l'étranger sur cet auteur.

  • L'un des tout premiers romans de guerre publiés à l'issue du conflit franco-prussien de 1870 Le 3 novembre 1870, Hector Malot note le projet d'un roman à faire : Le voyage en France est en ce moment lugubre ; dans les gares et en wagon on ne rencontre que des blessés qui sortis des hôpitaux retournent à leur pays : jambes coupées, bras amputés, balafres au visage. Et tous ces éclopés jeunes et vaillants. Que vont-ils faire dans la misère où nous entrons. Comment vont les accueillir celles qui les aimaient. Il y a là un roman à faire : le Blessé, volontaire par amour revenant estropié après avoir vu tout ce qu'il y a de caractéristique dans cette guerre, et remercié par celle qu'il aime. Ecrit dans sa maison de Fontenay-sous-Bois encore occupée par l'ennemi, Souvenirs d'un blessé paraît dès novembre 1871. Découvrez les oeuvres d'Hector Malot, publiées par Encrage Edition. Des romans réalistes et sociaux pour plonger au coeur du 19e siècle EXTRAIT Mon nom est Goscelin, ou plus justement pour être exact, Louis Goscelin d'Arondel, car s'il faut en croire la tradition, je descends des Goscelin d'Arondel qui accompagnaient Guillaume le Bâtard dans la conquête de l'Angleterre, et qui ont encore aujourd'hui des représentants à la Chambre des lords. Malgré cette noble origine, mon père consentit à donner son nom à une bourgeoise, fille d'un simple fabricant de papiers à Courtigis, sur les bords de l'Eure ; il est vrai que la bourgeoise était riche, tandis que le gentilhomme était pauvre. A PROPOS DE L'AUTEUR Hector Malot, né à la Bouille (près de Rouen), le 20 mai 1830, mort à Fontenay-sous-Bois, le 17 juillet 1907, devint, après des études de droit et des emplois de clerc de notaire puis de journaliste, l'auteur d'environ soixante-dix romans de veine réaliste, dans lesquels il offre un panorama fidèle de tous les milieux de la société de son siècle.

  • Présenté sous forme d'un recueil d'articles alphabétique, ce livre analyse l'oeuvre de Pierre Souvestre & Marcel Allain 1911 L'éditeur Fayard lance, à grand renfort de publicité, un roman inédit, écrit à quatre mains, qu'il va publier sous forme de gros volumes de sa collection « Le Livre populaire », durant trente-deux mois, et dont le personnage principal va très vite devenir une icône de l'imaginaire du vingtième siècle : Fantômas. 1981 Un jeune chercheur, récemment converti à la « littérature populaire », publie un livre, le premier entièrement consacré à l'étude de ce phénomène littéraire, en n'hésitant pas à entrer dans le détail de l'intrigue et des différentes composantes de l'oeuvre : cette Encyclopédie. 2011 Pour fêter dignement le centenaire de Fantômas, une nouvelle version de cette étonnante étude - qui a ravi les uns, en a agacé d'autres - paraît, enrichie d'une iconographie inédite. Des statistiques sur les lieux, les actions, les personnages, et un article pour chaque personnage central, chaque lieu important ainsi que pour les grands thèmes et composantes de l'oeuvre A PROPOS DE L'AUTEUR Fondateur d'Encrage, Alfu est un spécialiste de la littérature populaire française. On lui doit, outre L'Encyclopédie de « Fantômas » (1981), L'Encyclopédie de SAS et du Commander (1983).

  • Découvrez l'histoire du plus célèbre commissaire du cinéma et de la télévision Le commissaire Maigret est aussi célèbre que Sherlock Holmes ou Hercule Poirot. Le héros créé par Georges Simenon en 1929 est entré dans la légende grâce au cinéma et à la télévision. Traduites dans le monde entier, ses enquêtes suscitent toujours la curiosité des lecteurs. Comment Maigret est-il né de l'imagination du romancier ? Quelle est sa méthode d'investigation ? Quelle place occupe-t-il dans un genre qui connaît une véritable évolution médiatique ? Autant de questions sur lesquelles s'arrête ce guide de lecture. Un guide de lecture unique sur le célèbre héros de Simenon EXTRAIT Aujourd'hui, le commissaire Maigret est célèbre dans le monde entier. Depuis 1931, le policier à la pipe poursuit une honnête carrière dans la littérature mais surtout au cinéma et à la télévision. Même s'il est parfois boudé par les jeunes générations, Maigret reste une figure incontournable du roman policier et tous les Columbo, Derrick ou Navarro lui doivent quelque chose... Le commissaire est toujours d'actualité comme en témoigne la bonne santé de la série interprétée par Bruno Cremer : 54 épisodes tournés de 1991 à 2005 alors qu'initialement les producteurs en avaient prévu 12 ! Quant à la série des « Jean Richard », même si elle ne fait pas l'unanimité, elle continue à être rediffusée régulièrement sur les chaînes européennes. Du côté de l'édition, les lecteurs ont le choix entre l'intégrale chez Omnibus et Le Livre de Poche... Sans oublier la bande dessinée avec plusieurs titres au catalogue. A PROPOS DE L'AUTEUR Bernard Alavoine, maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne, a déjà signé Georges Simenon, parcours d'une oeuvre, ainsi que de nombreux articles sur cet auteur.

  • Revivez l'histoire de la cathédrale d'Amiens Printemps 1236, la nef de la cathédrale d'Amiens est achevée. Néanmoins les bâtisseurs entrent dans la phase clé de l'élévation, la croisée des transepts. De plus le rite impose que la face de Dieu soit représentée au porche central afin que les offices religieux puissent s'y tenir. Le Livre d'Amiens ou le secret d'une cathédrale se situe à cette époque. Le lecteur est invité à entrer tour à tour dans l'intimité de Silvère, l'imagier sculpteur supposé du Beau Dieu, et de Jehan, l'appareilleur ou chef de travaux sous les ordres de l'architecte Renaud Cormont. Deux points de vue, celui d'un compagnon venu d'ailleurs et celui d'un fils d'échevin amiénois, pour faire revivre la ville d'Amiens au XIIIe siècle. La cathédrale d'Amiens est l'harmonie dans toute son élégance et sa splendeur, elle est l'apogée de l'art ogival. L'auteur y voit l'accomplissement du génie humain émanant de l'union de deux forces, celle de la connaissance - science et philosophie de l'alchimie - et celle d'une spiritualité authentique exprimée par la fraternité des compagnons et les sacrifices consentis par le peuple amiénois. Un roman historique empreint de spiritualité EXTRAIT Pour la première fois depuis bien longtemps, il ne s'était pas senti l'âme aussi légère en s'éveillant. Il ne se souvenait même pas d'avoir sombré dans le rêve répété de l'Atrocité hantant ses nuits depuis cette terrible Saint-Michel 1228. La cloche du couvent qui l'hébergeait résonna, il se prépara en toute hâte. Ce jour était décisif pour lui. Maître Thomas l'accepterait-il parmi les compagnons construisant le Grand Oeuvre ogival ? Sa vie d'errances et d'humiliations allait-elle enfin prendre un sens ? A PROPOS DE L'AUTEUR Marie-Françoise Hiroux, née en 1951 à Amiens, philosophe de formation, est une enseignante engagée dans la promotion de l'éducation et de la culture pour tous. Poète et photographe, elle a déjà publié plusieurs recueils de poésie et de nouvelles, et a exposé ses photographies dans des galeries amiénoises.

  • Clotilde Martory

    Hector Malot

    Un roman habilement construit, où Hector Malot dénonce sans concession les intrigues du prince Louis-Napoléon, et nous brosse un portrait riche en couleurs de la société et des caractères du début du Second Empire Le capitaine Guillaume de Saint-Nérée, officier rigoureux, honnête et loyal au régime républicain, se trouve à Paris au moment du coup d'Etat du 2 décembre 1851 ; il assiste impuissant et révolté au déroulement du complot et en décrit avec précision les mécanismes. De retour en garnison à Marseille, il est chargé de pacifier le pays varois, où se sont insurgés les partisans de la République. Il se retrouve écartelé entre son sens de l'honneur et l'amour qu'il porte à Clotilde, jeune Provençale, charmante, irrésistible et pleine de finesse, fille d'un vieux général de Napoléon Ier. Découvrez les oeuvres d'Hector Malot, publiées par Encrage Edition. Des romans réalistes et sociaux pour plonger au coeur du 19e siècle EXTRAIT Quand on a passé six années en Algérie à courir après les Arabes, les Kabyles et les Marocains, on éprouve une véritable béatitude à se retrouver au milieu du monde civilisé. C'est ce qui m'est arrivé en débarquant à Marseille. Parti de France en juin 1845, je revenais en juillet 1851. Il y avait donc six années que j'étais absent ; et ces années-là, prises de vingt-trois à vingt-neuf ans, peuvent, il me semble, compter double. Je ne mets pas en doute la légende des anachorètes, mais je me figure que ces sages avaient dépassé la trentaine, quand ils allaient chercher la solitude dans les déserts de la Thébaïde. S'il est un âge où l'on éprouve le besoin de s'ensevelir dans la continuelle admiration des oeuvres divines, il en est un aussi où l'on préfère les distractions du monde aux pratiques de la pénitence. Je suis précisément dans celui-là. A PROPOS DE L'AUTEUR Hector Malot, né à la Bouille (près de Rouen), le 20 mai 1830, mort à Fontenay-sous-Bois, le 17 juillet 1907, devint, après des études de droit et des emplois de clerc de notaire puis de journaliste, l'auteur d'environ soixante-dix romans de veine réaliste, dans lesquels il offre un panorama fidèle de tous les milieux de la société de son siècle.

  • Revivez une odyssée incroyable au coeur des tranchées ! Durant la Grande Guerre, Arnould Galopin (1863-1934) devient correspondant de guerre et se rend sur le front. Il en ramène la matière de nombreux articles - dont certains seront repris en librairie dans Sur la ligne de feu (Carnets de campagne d'un correspondant de guerre) chez De Boccard, en 1917 - et de plusieurs romans qui paraissent en feuilletons dans la grande presse quotidienne. Dans Les Poilus de la 9e, il met en scène une escouade - de la 9e compagnie du 388e régiment d'infanterie (VIe armée, 37e division) - dont on va suivre l'odyssée, rapportée par l'un de ses membres, le soldat Jules Parizot - ouvrier parisien dans le civil. Ce roman est un excellent exemple du «?roman de tranchée?» populaire qui conserve la verve des récits d'aventures traditionnels tout en évoquant la terrible réalité du moment?: un conflit dont on ne connaît pas encore - ni de sitôt - l'issue. Un roman historique de la Grande Guerre qui vous tiendra en haleine EXTRAIT D'abord, que je vous présente les poilus de la 9e. Ils sont quinze en tout et pour tout... pas un de plus, pas un de moins... Les autres sont restés là-bas, dans les plaines de Belgique, de la Marne, ou ailleurs ! De ceux-là nous ne parlons plus - à quoi bon chanter des de profundis ? - mais nous y pensons quelquefois. On ne s'est pas battu un mois ensemble sans se lier un peu d'amitié, n'est-ce pas ? Le sergent Robin, qui est un dur à cuire - il a rempilé deux fois, - prétend qu'il ne faut jamais pleurer les disparus parce que ça enlève tout courage... Si l'on doit parfois songer à eux, c'est uniquement pour tâcher de les venger. Drôle de corps, le sergent Robin ! Grand sec, le nez pointu, la moustache effarée, il court sans cesse, en agitant le bras droit, comme s'il sabrait quelque chose d'invisible. Au demeurant le meilleur garçon du monde. Il en est encore à donner une punition, et Dieu sait cependant, s'il pourrait en distribuer des « crans », car il y a, parmi ceux de la 9e, trois farceurs de Parisiens qui ont failli le rendre fou avec leurs montages de bateaux. A PROPOS DE L'AUTEUR Arnould Galopin est né en 1863 et mort en 1934. Salué par la critique et par ses pairs, en remportant le Grand Prix de l'Académie française pour Sur le front de mer, Arnould Galopin s'illustre dans le genre de la science fiction et du policier et dédie quelques-unes de ses oeuvres à la jeunesse. Il est notamment le créateur de Ténébras, l'adversaire farouche de Fantômas, du célèbre Allan Dickinson, mais aussi d'Edgar Pipe, personnage infuencé par Arsène Lupin. On remarquera également un style d'écriture commun à celui de Jules Verne et de H. G. Wells. Arnould Galopin est aussi l'auteur de quelques poèmes.

  • Découvrez les oeuvres et la vie du grand romancier noir Léo Malet Léo Malet (1909-1996) est le père de Nestor Burma, le premier grand détective privé de la littérature française, immortalisé à l'écran et en bande dessinée. Son parcours, de la poésie surréaliste au roman d'énigme noir, se caractérise par une personnalité littéraire hors du commun. Véritable figure tragique, c'est seulement à la fin de sa vie, abandonné par l'envie d'écrire, qu'il connut le succès que mérite son oeuvre. Après Fantômas, les séries d'espionnage et Gaston Leroux, Alfu (Alain Fuzellier), fondateur et directeur de la revue Encrage puis d'Encrage Edition, continue d'explorer la littérature « populaire » et son influence sur l'imaginaire de notre temps. Pour la première fois, un ouvrage d'Encrage Edition entièrement consacré au père du détective Nestor Burma EXTRAIT Dans l'éditorial du n°8 de la revue Polar(janvier 1980), François Guérif déclare : « Il est un des tout premiers (sinon le premier) à qui l'amateur de polar français se doit de rendre hommage. Son apport dans ce domaine est considérable. » Michel Lebrun et Jean-Paul Schweighaeuser écrivent dans Le Guide du polar (Syros, 1987) : « Léo Malet ne doit rien à personne, mais le roman policier moderne lui doit tout. » A PROPOS DE L'AUTEUR Fondateur d'Encrage, Alfu est un spécialiste de la littérature populaire française. On lui doit, entre autres, L'Encyclopédie de « Fantômas » (1981) et L'Encyclopédie de SAS et du Commander (1983).

  • Découvrez les oeuvres et la vie du grand romancier d'aventures Gaston Leroux Ce premier volume propose une présentation courte mais complète de l'oeuvre du célèbre père de Rouletabille et de Chéri-Bibi, après un rappel de sa biographie, selon le plan commun à tous les volumes de la collection : introduction (enjeux actuels), biographie, présentation thématique de l'oeuvre, réception critique, bibliographie commentée complète et détaillée, filmographie. Ce présent ouvrage est le premier en France entièrement consacré à Gaston Leroux, grand journaliste, homme de théâtre à la vocation contrariée et perpétuel joueur qui devint le plus troublant des romanciers d'aventures de notre siècle. Pour la première fois, un ouvrage entièrement consacré à Gaston Leroux par Encrage Edition EXTRAIT Gaston Leroux n'échappe pas à la règle des romanciers prolifiques dont le public ne lit avant tout que les oeuvres les plus célèbres, oubliant de s'intéresser à d'autres titres pourtant tout aussi intéressants si ce n'est plus. Leroux, pour beaucoup, est surtout le père de Rouletabille, le petit détective français qui dame le pion à ses aînés anglo-saxons, et de Chéri-Bibi, le bagnard innocent poursuivi par une fatalité tout droit descendue de l'Olympe. Il est encore l'auteur du Fantôme de l'Opéra dont le cinéma s'est de nombreuses fois emparé pour des adaptations fidèles (le film avec Lon Chaney de 1925) ou lointaines (Phantom of the paradise de Brian de Palma), et de La Poupée sanglante, roman pseudo-fantastique qui a connu la gloire du petit écran. A PROPOS DE L'AUTEUR Fondateur d'Encrage, Alfu est un spécialiste de la littérature populaire française. On lui doit, entre autres, L'Encyclopédie de « Fantômas » (1981) et L'Encyclopédie de SAS et du Commander (1983).

  • L'auteur revisite le contexte historique et scientifique qui a mené Jules Verne à l'écriture.
    Issu de travaux menés depuis une trentaine d'années, ce livre propose une relecture passionnante d'un maître en science de la fiction.
    Science et littérature ne sont pas toujours associées de manière harmonieuse. Tout en se référant à des travaux scientifiques, Jules Verne développe un jeu avec l'imaginaire, avec les territoires encore inconnus, faisant jaillir des monstres de certaines inventions scientifiques. Même si son oeuvre frôle souvent le domaine du fantastique, les incursions y sont rares mais d'autant plus intéressantes à observer.
    Romans d'aventures, les écrits de Jules Verne jouent volontiers avec les conventions du genre : de nombreux romans se présentent comme des jeux avec le lecteur, jeu du chat avec la souris, mais aussi clins d'oeil qui renvoient brusquement le lecteur d'un roman vers un autre. La science romanesque de Verne présente une large palette.
    Enfin, le travail d'écriture romanesque repose sur la juxtaposition de voix issues de diverses origines. Elles constituent un feuilleté du texte romanesque où s'expriment les multiples discours de l'époque, y compris ceux d'autres auteurs. C'est tout le XIXe siècle qui se fait entendre.
    La science est donc souvent un prétexte dans la démarche de Verne, apportant le plaisir de jouer avec les références, les conventions du fantastique, le lecteur et même les grands textes littéraires.
    Un ouvrage passionnant et richement documenté qui explore des aspects encore inédits des romans de Jules Verne.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Daniel Compère est un historien du livre et un spécialiste du roman populaire. Il est Maître de conférences à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3.

  • Un ouvrage intéressant qui reprend le point de vue d'un militaire avant la Première Guerre mondiale Loin de l'idée reçue d'un XIXe siècle marqué par une phase de paix entre les guerres de Napoléon et la Grande Guerre, la correspondance familiale de l'officier du génie Ernest Ballard témoigne de la violence des premières phases de la conquête de l'Algérie en 1831 et 1841 qu'il décrit à ses parents. Reparti en Méditerranée orientale en 1855, le capitaine Ballard, désormais officier d'état-major relate à son épouse l'expédition de Crimée, de son départ de Marseille à son débarquement à Constantinople, puis de Sébastopol au camp de Traktir. Ce témoignage épistolaire inédit est d'autant plus exceptionnel que ce polytechnicien est un adepte du fouriérisme, actionnaire de l'Union agricole du Sig près d'Oran, lecteur de la Démocratie pacifique de Victor Considérant. EXTRAIT Alger, le 21 novembre 1831 Ernest à sa soeur Louise Ballard On m'a rappelé à Alger pour être meunier, c'est à dire surveiller les travaux que l'on avait à faire à des moulins que l'on avait établis depuis six mois et qui ne vont pas. Depuis mon arrivée, je n'ai eu le temps de connaître que le chemin d'Alger aux moulins et pas autre chose. Enfin, imagine-toi que je n'ai pas seulement vu la Casbah, c'était cependant le moins qu'on pouvait faire, de sorte que je ne t'apprendrai presque rien de ce pays. Je ne me suis trouvé qu'une seule fois l'occasion de parler bédouin, langue épouvantable, à laquelle personne ne mord ; il est très peu de personnes dans l'armée qui l'entende et encore moins qui la parle. Mais si les personnes qu'on rencontre ont une figure française, il n'en est pas de même des maisons qui ont une tournure algérienne et qui ne ressemblent en rien aux nôtres. Toutes les fois qu'on aperçoit une maison ayant des fenêtres de plus d'un pied carré, on peut dire qu'elle n'est pas habitée par des naturels du pays, qui n'ont que de très petits jours, grillagés dans la rue et placés à un pied au-dessus du sol des appartements. C'est derrière ces jours que les Algériennes se mettent pour regarder les passants, ce qui est le seul délassement pour elles.

  • Embarquez à bord du Nevermore en direction d'une Nouvelle Terre, mais à vos risques et périls... Sélectionnés pour leurs qualités morales et physiques afin de peupler une nouvelle Terre, Liane, Génio et bien d'autres, voyagent à bord du Nevermore, un vaisseau spatial qui voyage presque à la vitesse de la lumière. La routine et l'ennui s'installe jusqu'à ce que leur chemin croise celui d'une comète radioactive. La descente aux enfers commence et c'est l'hécatombe parmi les passagers. A l'arrivée, un seul survivant, mais à quel prix ? Son corps se transforme, sa peau prend l'allure de l'écorce, son sang celui de la sève et la durée de sa vie s'allonge... pour très longtemps. Que vont découvrir, ceux qui après tant d'années, vont à leur tour poser leurs pieds sur cette planète ? Un roman d'anticipation à la fois angoissant et poétique qui vous tiendra en haleine ! EXTRAIT - Jamais plus... Le front au hublot Liane contemplait l'étendue noire où les astres piquetaient leurs gemmes, fixes comme des regards de statues. Et l'expression désabusée s'était exhalée de son coeur. Sans s'en rendre compte, elle avait dû parler tout haut. Elle n'entendait pas, dans le couloir de l'astronef, le pas de Génio, le vrombissement incessant rongeant tous les bruits. Et puis le revêtement de plastique permettait de s'approcher en silence. Un bras viril glissa le long de la taille de la jeune femme. Instinctivement, elle sursauta et se rassura en le reconnaissant : - Pourquoi ces soupirs, chérie ? Te voilà mélancolique... Il était grand, solide. Ses cheveux noirs et abondants de Latin se plantaient assez bas sur le front, lui donnant une impression de rudesse démentant la grâce des traits. Il souriait, confiant dans la réussite de l'expédition, étrange prospection interstellaire qui devait trouver son couronnement dans toute une série de mariages. Liane leva vers lui ses beaux yeux clairs, un peu tristes dans le visage rosé. Elle ne dit rien, puis appuya sa chevelure dorée contre l'épaule puissante. - Nevermore... Jamais plus... Pourquoi avoir ainsi baptisé notre navire ? A PROPOS DE L'AUTEUR Maurice Limat est né le 23 septembre 1914 à Paris et mort le 21 janvier 2002 à Sèvres. Écrivain, ses genres de prédilection sont la science-fiction, les romans policiers et d'espionnage. Sa production est particulièrement abondante et polymorphe. Il fut publié avant-guerre par la maison d'édition Ferenczi & fils, puis principalement au Fleuve noir - dont il était l'un des piliers - pour ses oeuvres de science-fiction, ainsi qu'à la Société des Éditions Générales pour ses romans d'espionnage. Féru d'occultisme, il s'est aussi essayé au fantastique, au théâtre et à la poésie. Il a publié des romans sous divers pseudonymes, notamment Maurice Lionel, Maurice d'Escrignelles, Lionel Rey et Lionel Rex.

  • La sublimation des forces de l'armée française face à l'invasion allemande En 1912, le grand écrivain militaire Emile Driant, dit capitaine Danrit, rédige un roman dont le cadre est un conflit entre son pays et l'Allemagne, profitant de l'occasion pour valoriser une arme d'élite : le génie. Initialement publié dans le Journal des Voyages, ce roman qui a pour titre Robinsons souterrains et relate l'odyssée d'un groupe de sapeurs au cours de l'attaque d'un fort tenu par l'ennemi, va connaître une destinée surprenante, du fait du déclenchement du premier conflit mondial. Il est reproduit dans un grand nombre de journaux, au cours des premiers mois de la guerre, essentiellement les quotidiens de province, ce qui incite Danrit à le revoir, avant tout à cause de l'attaque en règle qu'il contient contre les pacifistes, au premier rang desquels les instituteurs. Aussi trouve-t-il le temps, non pas réécrire son roman, mais du moins de lui apporter quelques modifications. Danrit meurt au combat, devant Verdun, au début de l'année 1916. Même si son dernier roman - rebaptisé La Guerre souterraine - n'est pas, à proprement parler, un roman de guerre écrit durant le premier conflit mondial par un militaire de carrière, comme le seront ceux d'un Georges de Lys, il a bien sa place dans cette collection car il en contient le thème principal, la guerre, et traduit l'esprit de l'époque, celle de l'Union sacrée face à l'invasion allemande. Un roman d'aventures historique de l'époque de la Première Guerre mondiale qui ne manque pas de rythme ! EXTRAIT - Non, encore une fois, non que je vous dis ! - Voyons, mon adjudant !... - Inutile d'insister. Jamais je ne vous donnerai une autorisation pareille, quand c'est votre tour de prendre le service. - Mais puisque je serai revenu à temps pour le prendre, mon service ! - On ne sait jamais. Et puis la consigne est formelle : défense d'aller dans les villages voisins ; il y a encore trop de patrouilles allemandes qui passent la Moselle la nuit et qui viennent rôder par ici : ce serait du propre de vous faire pincer le jour de votre arrivée... - Oui. Mais il y a toujours moyen de se défiler... Je suis sûr que le capitaine ne me refuserait pas, mon adjudant, si je lui expliquais... - Le capitaine est à l'ambulance avec un éclat d'obus dans la jambe ; le lieutenant est à la tranchée jusqu'à demain matin, et moi je suis seul à la compagnie et je vous dis non... Est-ce compris ? - C'est bien ! A PROPOS DE L'AUTEUR Sous le nom de plume de Capitaine Danrit se cache l'officier militaire Emile Driant, né en 1855 et mort à Verdun en 1916. Emile Driant développe très tôt une prédisposition pour une carrière dans l'armée, s'illustrant particulièrement lors de ses études à Saint-Cyr. Brillant officier, Emile Driant devient parlementaire libéral lorsqu'il prend sa retraite militaire. Il utilisa le pseudonyme "Capitaine Danrit", anagramme de son nom, afin d'éviter la censure. Ses romans d'aventures militaires, influencés par le style de Jules Verne, ont connu un succès considérable.

  • Intrigues familiales sous fond de scènes criminelles Les Mystères du Temple est un petit chef-d'oeuvre de puzzle familial et criminel. Peu de personnages sont en scène - contrairement à la légende qui veut que Ponson du Terrail devait employer des marionnettes pour s'y retrouver - mais ils ont tous entre eux des rapports complexes. Ainsi par exemple, d'emblée, s'affrontent deux hommes dont l'un est le fils légitime du marquis de Hauteserre mais non son fils biologique, et l'autre son véritable fils, mais né d'une liaison adultère. Selon un procédé courant, l'auteur apprend à ses lecteurs le passé de ses personnages par l'intermédiaire de manuscrits prévus à cet effet et que l'on vole ou détruit selon l'intérêt du moment. Mais l'aspect le plus frappant de ce roman est l'intensité du registre criminel. Le crime semble être roi... Ce roman est paru dans le journal L'Omnibus, du 4 décembre 1862 au 26 avril 1863. Un supsense saisissant qui s'intensifie au fil des pages ! EXTRAIT Un matin d'hiver, comme le jour commençait à poindre, un homme qui marchait furtivement, le nez dans son manteau, se retournant de temps à autre pour voir s'il n'était point suivi, s'arrêta vers le milieu de la rue Nazareth, devant une boutique encore fermée, au-dessus de laquelle on lisait : Jacob Isambart marchand d'habits - C'est bien là, se dit-il en examinant cette enseigne. Et il frappa. Il avait plu toute la nuit, le ciel était gris, les trottoirs couverts de boue. L'homme qui frappait à la porte du marchand d'habits semblait avoir marché une partie de la nuit, si on prenait garde à sa chaussure dont le vernis avait disparu sous une épaisse couche de fange, et à son pantalon noir crotté jusqu'au genou. Cependant l'ensemble de sa mise sentait l'élégance, et ce n'était pas évidemment le besoin qui amenait cet homme dans un de ces antres soumis à patente, où le pauvre monde va chercher un peu d'argent en échange de ses habits. A PROPOS DE L'AUTEUR Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • Revivez les premiers épisodes de la Grande Guerre ! Lors de sa publication dans Le Petit Parisien au début de l'année 1915, Sur les routes sanglantes de Jules Mary est qualifié de « récit de la Grande Guerre ». L'action se déroule en effet pendant le conflit : elle commence début juillet 1914, ce qui permet à l'auteur de mettre en scène la déclaration de guerre, la mobilisation, l'arrivée des soldats face à l'ennemi, les combats en Belgique, et l'épilogue se déroule en octobre 1914 près du village de Vailly dans l'Aisne, non loin du Chemin des Dames (où a eu lieu la première bataille de la Marne, fin août-début septembre 1914). Dans ce contexte particulier, Jules Mary développe une intrigue complexe comme il aime à en nouer dans ses récits. Soulignons la maîtrise narrative d'un romancier qui écrit pendant le déroulement de la Grande Guerre, vraisemblablement fin 1914, et parvient à y situer un récit qui relève tout à la fois de l'enquête policière, du récit d'espionnage, du drame familial et sentimental, et, bien sûr, du roman de guerre. Un roman historique au suspense haletant grâce à son intrigue d'espionnage EXTRAIT Au printemps de cette année-là, l'état-major achevait un voyage d'études sur les lignes de l'Oise, de la Somme et de l'Aisne. Les autos s'étaient arrêtées au pied d'un coteau, entre Vailly et Craonne. Les officiers avaient monté la côte et, la jumelle aux yeux, admiraient le joli paysage de fraîcheur et de verdure qui s'étendait à perte de vue en un panorama sur lequel s'abaissait lentement le déclin du soleil. Sur le versant des côtes, Chavignon, Vailly, Berry-au-Bac étalaient leurs maisons couvertes d'ardoises des Ardennes, et le filet de l'Aisne serpentait à leurs pieds en longs et multiples anneaux qui semblaient garder, en descendant vers Soissons et Compiègne, les reflets des sombres frondaisons de la forêt d'Argonne. Sur le haut du plateau où les officiers venaient de s'arrêter, le Chemin des Dames profilait sa régularité parfaite parallèlement à la rivière, en frôlant la ferme d'Heurtebise et la tour du vieux moulin à vent de Vauclère, d'où Napoléon suivit les détails de la bataille en 1814. Vers le sud, un étroit repli de cette vallée d'ombre, de fraîcheur et de repos est traversé par le ruisseau du Ployon et se barre du côté de l'Aisne par un long talus naturel appelé bois des Couleuvres. Là, est le village de Craonnelle... Au long du Ployon, des moulins. A PROPOS DE L'AUTEUR Jules Mary est né en 1851 et mort en 1922. Officiant en tant que franc-tireur pendant la guerre franco-prussienne, l'écrivain se lie d'amitié avec Arthur Rimbaud qu'il rencontre au cours de son séminaire à Charleville. Membre de la Société des Gens de Lettres et décoré de la Légion d'Honneur, Jules Mary fut fortement influencé par le mouvement littéraire du naturalisme, et en particulier par la fresque politique et historique de Victor Hugo, Les Misérables. L'un des thèmes principaux de ses romans est "l'erreur judiciaire".

  • Quel était leur quotidien lors de la Première Guerre mondiale ? Femmes et gosses héroïques est un recueil d'écrits de circonstances, mots, réflexions et nouvelles de guerre, publié en 1915. Il présente l'originalité de donner la vedette à des femmes et à des enfants, qui apparaissent comme des exemples de courage et de patriotisme à imiter alors que la guerre s'installe dans le quotidien des Français. L'ouvrage se caractérise aussi par une grande variété : dans la forme adoptée par les textes, la nationalité et la condition des personnages, ou encore les lieux où se révèle leur héroïsme - à l'arrière, au front, à Paris, en province, en Allemagne, en Pologne... Avec des récits tantôt dramatiques, tantôt pleins d'une savoureuse ironie, il permet d'apprécier le talent de nouvelliste d'un auteur davantage connu pour ses romans d'aventures. Découvrez la vraie vie de ces femmes et de ces enfants, au front comme à l'arrière EXTRAIT Lineke (diminutif affectueux d'Aline) est toute blonde et toute rose. Elle a grandi dans la Flandre catholique. Sa petite âme simplette et pure réprouvait naturellement la violence. Elle ne concevait que pardon, excuse, miséricorde, même pour les pires coupables. Je la rencontre. Est-ce pour la taquiner ? Peut-être ; mais je lui dis : - Vous avez lu... à tel endroit... cette hécatombe d'Allemands ? Ses paupières palpitent. Elle pâlit un peu en murmurant : - Et des nôtres ? - Oh ! beaucoup moins. La proportion est de un à cinq. Son visage s'éclaire. Elle joint les mains, et fervente : - Que Dieu soit béni ! A PROPOS DE L'AUTEUR Paul d'Ivoi est le nom de plume de Paul Deletre, né en 1856 et mort en 1915. Auteur de pièces de théâtre de boulevard, Paul d'Ivoi est surtout connu pour sa série Les Cinq sous de Lavarède et pour la série des Voyages excentriques, fortement influencée par Les voyages extraordinaires de Jules Verne.

  • Plongez-vous au coeur du conflit entre la Russie et le Japon ! Parmi la vingtaine de romans d'aventures militaires qu'Emile Driant signe Capitaine Danrit, L'Invasion Jaune occupe une place à part. Après L'Invasion Noire, oeuvre de jeunesse publiée en 1894, qui décrivait la submersion de l'Europe par les peuples africains, il s'agissait maintenant des masses asiatiques. On était en 1905, à l'époque de la guerre russo-japonaise et du « grand tournant de la politique mondiale », titre du livre de l'ambassadeur Maurice Paléologue. Le roman peut ainsi être lu à deux niveaux, soit une suite d'aventures haletantes, soit l'évocation d'une situation politique internationale tendue et complexe. Les politiques internationales sont au coeur de ce roman d'aventures qui ne manque pas de rythme EXTRAIT Dans l'un des vastes couloirs de granit rouge qui couraient dans les sous-sols du gigantesque palais du milliardaire sir Jonathan Wishburn, de San Francisco, une ombre se glissait dans un silence spectral. Homme ou femme ? La longue robe de soie bleue qui emprisonnait d'un fourreau moiré son corps maigre et souple aux allures félines, eût trompé de loin un observateur peu exercé ; mais il suffisait de regarder un instant le faciès du personnage, à la lueur opaline d'un des globes électriques qui nuit et jour éclairaient l'opulente demeure, pour reconnaître en lui un Japonais de race, au type fortement accusé, mélange apparent de vieil ivoire, de laque et d'acier. De petite taille, mince et souple, les membres grêles, il appartenait manifestement à la race aristocratique nippone, avec sa peau d'un blanc jaunâtre, ses attaches fines, son front haut, son nez fin et ses grands yeux en amande ombragés d'épais sourcils d'un noir bleu. Quel était son âge ? Aux nombreuses petites rides qui plissaient son front, on pouvait seulement affirmer qu'il n'était plus jeune. Il marchait avec précaution, chaussé d'épaisses sandales de feutre et semblait glisser sur les mosaïques de marbre aux dessins polychromes. De temps en temps il s'arrêtait, écoutait en se redressant. Il était bien seul. A PROPOS DE L'AUTEUR Sous le nom de plume de Capitaine Danrit se cache l'officier militaire Emile Driant, né en 1855 et mort à Verdun en 1916. Emile Driant développe très tôt une prédisposition pour une carrière dans l'armée, s'illustrant particulièrement lors de ses études à Saint-Cyr. Brillant officier, Emile Driant devient parlementaire libéral lorsqu'il prend sa retraite militaire. Il utilisa le pseudonyme "Capitaine Danrit", anagramme de son nom, afin d'éviter la censure. Ses romans d'aventures militaires, influencés par le style de Jules Verne, ont connu un succès considérable.

  • Embarquez pour une odysée autour du monde ! Publié en 1875, La Conquête de l'air d'Alphonse Brown fut salué par Le Petit Journal comme la première imitation de Jules Verne. Le roman a un côté vernien en effet, avec, au début, le pari d'accomplir le tour du monde en quarante jours. Pour faire mieux que Phileas Fogg, Marcel Valdy utilise une machine volante qu'il vient d'inventer, le Céleste qui va lui permettre de gagner son pari. Comme son auteur modèle, Brown décrit tant la fabrication de l'engin que son fonctionnement et les diverses péripéties qui en soulignent les capacités. L'anticipation technique accompagne la vulgarisation géographique : le lecteur suit les personnages dans divers pays à chaque atterrissage du Céleste et observe, inquiet ou amusé, le comportement des populations autochtones envers leurs visiteurs. Brown cite les mêmes sources que Verne en particulier La Landelle, Arthur Mangin, Wilfrid de Fonvielle et Louis Figuier. Le lecteur familier des « Voyages extraordinaires » pourra relever combien les éléments de ce récit ressemblent à ceux des romans verniens : des bateaux, un volcan en éruption, des protagonistes appartenant à diverses nationalités - des Français, un Américain, des Russes et des Anglais. Sans oublier la disparition finale de la machine extraordinaire et la préoccupation souvent répétée de la nourriture. Ces thèmes, souvent analysés comme des obsessions de Verne, ne sont-ils pas ceux de l'imaginaire d'une époque ? L'intrigue est bien menée par Alphonse Brown, même si, encore une fois par comparaison avec un roman de Verne, on ne trouve pas ici de scène grandiose, de combat, ni de suspense final. Un roman d'aventures palpitant retraçant les progrès et innovations techniques de la fin du XIXe siècle EXTRAIT Le 1er septembre 18** vers huit heures du soir, plusieurs personnes étaient rassemblées dans le salon de conversation du grand hôtel d'Arcachon. Le refroidissement subit de la température, la pluie fine et serrée qui tombait au dehors, expliquaient cette réunion insolite. Il fallait tuer le temps, ainsi qu'on le dit vulgairement, et les baigneurs le tuaient en babillant. Quelquefois, cependant, la causerie devenait languissante, et chacun écoutait silencieusement le clapotage des vagues sur la plage sablonneuse ou le mugissement du vent qui secouait les rameaux des pinadas. Plusieurs groupes s'étaient formés ; chaque personne, selon son caractère, son humeur ou le caprice du moment, pouvait varier son babil. Dans un coin on parlait littérature, dans l'autre la discussion était toute politique. Mais le groupe le plus animé était celui où l'on s'entretenait des explorations lointaines et des voyageurs qui les avaient entreprises. A PROPOS DE L'AUTEUR Alphonse Brown commence à publier des romans à partir de 1875 et est alors salué comme l'un des premiers imitateurs de Jules Verne. Son oeuvre est en effet constituée de romans d'aventures à travers le monde, où il ne néglige ni la partie didactique, ni le progrès scientifique (notamment dans les moyens de transport) : dans La Conquête de l'air (1875), on vole grâce à un engin mi-aéroplane, mi-ballon.

  • Confitou

    Gaston Leroux

    Quand un jeune Français se rebelle contre l'armée allemande Le jeune Confitou, fils d'un père français et d'une mère allemande, et plutôt enclin à suivre l'exemple de sa mère, change totalement de sentiments lorsque les Allemands arrivent. Il va même prendre les armes pour trahir sa mère et son oncle, officier allemand, et aider à la libération de son village... Ce court roman, paru en feuilletons quotidiens, inaugure les textes « de guerre » de Leroux qui monte au front littéraire. Le thème des « atrocités allemandes » est au centre de l'oeuvre. Un roman historique rythmé qui vous replongera au coeur de la Première Guerre mondiale EXTRAIT - Comment va Mme Raucoux-Desmares, mon cher maître ? On ne la voit plus ! - Elle est un peu souffrante, répondit évasivement le célèbre professeur Raucoux-Desmares à la petite Mme Lavallette qu'il avait croisée dans le vestibule de son fameux institut de Saint-Rémy-en-Valois, transformé, sur son initiative, en hôpital militaire ; et il hâta le pas vers la sortie. Il venait de passer encore une nuit blanche, car le dernier train du Nord avait laissé à Saint-Rémy une douzaine de grands blessés qui avaient dû être opérés d'urgence. Depuis trois jours il n'avait pas dormi huit heures. Enfin, il allait être cinq heures du matin ; on attendait d'autres blessés à onze heures. Il n'avait pas de temps à perdre et son repos devait être aussi précieux aux autres qu'à lui-même. C'est sans doute ce qu'il aurait désiré que la petite Mme Lavallette comprît bien ; mais elle courut derrière lui. A PROPOS DE L'AUTEUR Gaston Leroux est né en 1868 et mort en 1927. Figure majeure du roman policier aux nuances fantastiques au XIXe siècle, Gaston Leroux commença sa carrière en tant que chroniqueur judiciaire, après s'être fait remarqué pour sa version du procès d'Auguste Vaillant. Ses succès notoires sont Le Mystère de la Chambre Jaune avec le célèbre reporter Rouletabille, et Le Fantôme de l'opéra. Gaston Leroux a également milité de nombreuses fois dans ses écrits contre la peine de mort.

  • Des récits de chasse plein de rebondissements, à la frontière du fantastique !
    Chasseur tout autant que romancier, Ponson du Terrail offre, au début de sa carrière, sa collaboration à un journal spécialisé dans les récits cynégétiques, Le Journal des Chasseurs.
    Des textes en partie autobiographiques, comme Une campagne de chasse avec les bandits corses (1851), La Chasse au chamois (1855) ou Histoire d'un loup vidé et d'un évêque de Nevers (1856), voisine avec d'authentiques textes de fictions, tel Le Castel du diable (1852) - dans le registre du fantastique expliqué, - Histoire d'un couteau de chasse (1854) et surtout le court roman Le Nid de Faucons (1853) - dont le thème étonnant est celui de la chasse à l'homme !
    Le recueil proposé ici est inédit : seuls deux des textes ont parus en librairie au XIXe siècle !
    EXTRAIT
    Après le dîner, on remonta au boudoir, où le café était servi.
    Les deux époux et leur hôte y étaient à peine, lorsque reparut le majordome qui avait annoncé le dîner et servi à table.
    Il portait un grand plat d'argent.
    Sur ce plat était le mystérieux couteau de chasse : à côté du couteau était une de ces bagues d'homme qu'on nomme chevalières. Il plaça le tout sur la cheminée et se retira, au grand étonnement de mon grand-père, qui demeura muet et n'osa faire une seule question.
    La vicomtesse ne leva point les yeux sur le plat, pas plus qu'elle ne les levait sur les trophées des murs.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • La Messe noire

    Ponson Du Terrail

    Intrigues et complots à la cour de France au XVIe siècle...
    La Messe noire, « aventures de cape et d'épée » dont l'action se déroule à Paris au XVIe siècle, publié originellement dans Le Gaulois, du 1er avril au 9 juillet 1869, est un roman qui repose sur deux thématiques majeures chez Ponson.
    La première occupe une grande partie de son oeuvre : il s'agit de l'aventure historique, à laquelle se rattache le deuxième grand cycle qui fit sa notoriété :La Jeunesse du roi Henri, et ses suites.
    La seconde est celle du fantastique dont le moins qu'on puisse dire est qu'il aura entretenu avec elle des rapports ambigus. Ici, il joue avec son lecteur comme le chat avec la souris, le ballottant entre des points de vue diamétralement opposés.
    Enfin, il s'agit d'un roman d'espionnage dans lequel des enjeux géopolitiques importants sont en cause.
    Une passionnante aventure, à la fois historique et fantastique !
    EXTRAIT
    Les bourreaux, comme les rois, ont leur dynastie.
    Les seconds se transmettent le sceptre et la main de justice de père en fils ; les premiers, le glaive sanglant.
    Caboche était le descendant du trop fameux Simon Caboche qui joua un rôle au temps de Charles VI.
    Son aïeul avait été l'homme des guerres civiles, et d'écorcheur de bêtes il s'était fait justicier.
    Puis il avait fait souche de bourreaux comme on fait souche de rois.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • À travers trois histoires de femmes, l'auteur nous plonge dans le monde littéraire et artistique de son époque.
    Ce roman de Ponson possède une particularité unique : c'est le seul roman qui n'ait pas paru dans la presse avant d'être publié en librairie. D'ailleurs, il n'a jamais connu qu'une seule édition, chez Dentu qui a bien pris la précaution d'indiquer le mot « inédit » dans son catalogue des oeuvres de Ponson du Terrail. Visiblement, ce dernier a répondu à une demande particulière de l'éditeur officiel de la Société des Gens de Lettres - depuis 1859.
    Un des aspects les plus intéressants du roman est son décor social. Il n'est, cela dit, pas atypique chez Ponson qui, dans tous ses romans « contemporains », qu'ils soient des villes ou bien des champs, décrit le monde qui l'entoure. À Paris, il connaît bien l'univers des aristocrates modestes et des petits bourgeois, des domestiques et des artisans, et, surtout, des gens de lettres et des artistes. C'est chez ces derniers qu'il nous fait pénétrer ici.
    Un récit social réaliste, sans aucun doute inspiré des contemporains de son auteur.
    EXTRAIT
    Aspasie donnait un bal.
    Pour dire la vraie vérité, Aspasie s'appelait Marguerite.
    Mais il serait convenable avant tout de prendre un juste milieu entre les bourgeois féroces qui veulent que chaque lorette soit la fille d'un portier, et le gandin naïf qui les croit issues des Montmorency par les femmes.
    Donc il faut vous dire la provenance de Marguerite qui se nommait Aspasie.
    Aspasie était la fille d'un petit employé qui avait fait des miracles, avec ses dix-huit cents francs, pour élever sa famille.
    Il avait fait un sous-lieutenant de son fils, il voulait que sa fille entrât dans un pensionnat.
    Et comme Marguerite, à dix-sept ans, était gentille, spirituelle et gaie, elle avait jeté son bonnet par-dessus le chapeau d'un joli garçon, en guise de moulin.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

  • Un roman d'aventures historiques épique et truffé de rebondissements !
    La Cape et l'épée n'est pas le premier roman d'aventures historiques écrit par Ponson et pourtant c'est lui qui porte le titre emblématique du genre - dont on trouve des occurrences bien avant lui.
    Récit d'amour et de batailles privées plus que de situations et de conflits relevant réellement de la grande Histoire, ce roman possède bon nombre de qualités qui feront le succès de l'auteur : rapidité de l'action, suspense et retournement des personnages, quiproquos... auxquels s'ajoute une morale qui lui est chère : solidité inébranlable de la fraternité et de l'amitié, fidélité aux idéaux de la caste et de la patrie.
    L'époque est celle de la mort de François Ier et du début du règne de Henri II. Elle précède donc juste l'époque favorite de Ponson : les guerres de religion, la fin des Valois et la prise du pouvoir par Henri IV... Et y apparaît déjà un personnage qui occupera une place incomparable dans son oeuvre : Catherine de Médicis, ici modeste dauphine.
    Un véritable classique du genre !
    EXTRAIT
    À Milan, la noble ville, il y avait, vers l'année 1544, un armurier célèbre, du nom de Guasta-Carne, ce qui voulait dire Gâte-Chair.
    Maître Guasta-Carne avait forgé les plus nobles épées qui eussent étincelé depuis un demi-siècle au soleil poudreux des champs de bataille ; il avait ciselé les plus fines armures et trempé les dagues les meilleures qui jamais eussent rebondi sur le haubert d'un gentilhomme.
    Il avait fabriqué la cuirasse que François Ier portait à Marignan et le casque qui couvrait la tête de l'empereur Charles-Quint les jours de bataille.
    Quand deux gentilshommes avaient querelle d'amour ou d'honneur, et qu'il leur paraissait convenable d'en appeler au jugement de Dieu, c'était chez Guasta-Carne, l'armurier, qu'ils allaient quérir les rapières destinées à cet usage. Le maître n'était point seulement un ouvrier merveilleusement habile, un trempeur justement renommé, c'était encore un professeur sans rivaux en la galante science de l'escrime, un maître d'armes dont la réputation éclatante faisait pâlir la gloire des plus savants tireurs de l'Italie.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ponson du Terrail est né en 1829 et mort en 1871. S'inspirant tout d'abord du genre gothique, Ponson du Terrail se tourne rapidement vers le roman-feuilleton, style dont il devient une figure emblématique. Dans la veine des Mystères de Paris d'Eugène Sue, il crée le célèbre personnage de Rocambole.

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