Anacharsis

  • Voilà l'été. Berthe Morisot, peintre impressionniste, et Eugène Manet, son mari affable, quittent Paris pour une partie de campagne. Ils posent valises et chevalet dans une maison champêtre, havre d'une douceur estivale propice à toutes sortes d'expérimentations nocturnes.

    Dans ce roman formant un diptyque avec Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, Mika Biermann confond allègrement mots et couleurs, phrases et perspectives, écriture et peinture.
    De ces pages, comme d'autant de toiles, surgissent des méditations corrosives sur la chair comme matière à peindre.

  • L'oeil chafouin, le poil hirsute, Paul Cézanne crapahute dans la garrigue, suant sous son melon, le chevalet harnaché sur le dos comme à un baudet. Apparaît la bottine d'une femme gisant sur un talus, et c'est le drame.
    Trois jours dans la vie de Paul Cézanne suffisent à Mika Biermann pour faire sauter les écailles de peinture, gratter la trame, ajourer jusqu'à l'os le portraitiste de la Sainte- Victoire.
    Il transforme un thriller sordide en une Odyssée sur une mer de peinture, dans des pinèdes et des sous bois aux nuances fauves, sur les traces du peintre bourru, vaniteux et obsédé par des chimères grotesques qui n'engendrent pas la mélancolie.
    On en termine la lecture avec les doigts maculés de couleurs vives et l'oeil fringant.

  • Condamnés à l'accablement tyrannique d'une vie de bête de somme, les esclaves noirs américains se sont vus contraints d'avoir recours à l'arme libératoire du rire.Se jouant des codes de l'univers borné de la plantation selon les modes divers du conte animalier, de la blague ou du boniment, ils affirmaient leur humanité face à leurs bourreaux.

  • De Haraldr à la Dent Bleue au Xe siècle jusqu'à Valdimarr le Victorieux au début du XIIIe siècle, entre foi jurée, complots et trahisons, de puissants chefs se disputent la suprématie sur les mers du Nord, dans un monde où l'adoption du christianisme agit comme un levier de pouvoir ; on découvre dans cette saga, pour la première fois traduite en français, une Scandinavie médiévale rayonnante qui étendait son influence de l'Angleterre à la Russie.

  • Yellowstone, le Grand Canyon, les monts Adirondacks : Karl Jacoby entreprend ici de faire l'histoire de la fondation des parcs naturels emblématiques des États-Unis.
    Mais au-delà de l'Amérique des grands espaces tant vantée par les apôtres du « monde sauvage », il enquête sur la façon dont les législations sur la protection de la nature transformèrent en crimes les pratiques ordinaires des premiers habitants de ces contrées.
    À contre-courant de la légende dorée de l'environnementalisme américain, il dévoile l'envers du décor, et expose comment bûcherons, trappeurs, Indiens et autres chasseurs défendirent, au moyen de mille petits gestes clandestins, entre résistance et accommodement, leur propre rapport à l'environnement.
    Une histoire oubliée qui engage à penser autrement les politiques écologistes.

  • Adelmo Farandola, mène une existence revêche dans la montagne. Ermite lunatique et acariâtre, il n'a pas le souvenir très lucide. Les saisons se fondent en un brouillard opaque dans sa mémoire. Mais cet hiver-là surgit un chien. Bavard. Pétulant. La truffe en éveil. Il adopte Adelmo Farandola.

    Au printemps, la fonte des neiges révèle un pied humain non loin de leur cabane. Adelmo Farandola ne se souvient pas très bien des événements de l'an passé. À qui appartient ce pied ? Dans son esprit engourdi s'insinue une inquiétude croissante.
    Avec Le chien, la neige, un pied, Claudio Morandini compose un conte cruel, une de ces histoires à donner le frisson qu'on se raconte le soir à la veillée.

  • Cipriano Parodi, jeune Vénitien d'antique famille, est doté d'une imagination torrentielle d'où jaillissent des personnages échappés des plus extravagants romans d'aventures.

    Après la parution de son premier ouvrage, il se voit invité à New York par le célébrissime écrivain Caspar Jacobi, monarque régnant sur la littérature populaire.
    En dépit d'une funeste prophétie que lui dévoila jadis une comtesse de carnaval, Cipriano se précipite. Escorté par ses remuantes créatures, il entre au service du Maître.
    Commence un jeu de dupes, un furieux combat dans l'arène de la fiction, où Cipriano va découvrir à ses dépens la puissance vampirique de la littérature.

  • Booming

    Mika Biermann

    Surgis du fin fond du décor, Lee Lightouch et Pato Conchi, le grand maigre et le petit gros, se rendent à Booming pour raison sentimentale.
    « Personne ne va à Booming » ; « Prenez un bonbon, je ne crois pas qu'ils en aient » : on les avait pourtant prévenu. Kid Padoon et sa bande font régner la terreur à Booming, le shérif à leur botte, le bordel à leur service, le saloon à leur disposition, le croque-mort aux petits soins.
    Mais ça n'est encore rien : il y a quelque chose de détraqué à Booming, un truc qui coince, qui débloque, qui recoince et qui vous rend cinglé.
    Accrochez-vous : Booming est un western quantique qui se joue des balles et du temps qui passe.

  • Jeremiah Johnson (ou John Garrisson, en fait peu importe) arriva dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXe sie`cle pour s'y faire trappeur.
    Mais l'assassinat de son e´pouse indienne le conduisit a` mener une sanglante vendetta contre la tribu des Crows. Me´chant, il mangeait cru le foie de ses ennemis.
    Ce livre rapporte sa le´gende.
    Bourre´ d'outrances, horrifiant, traverse´ par un humour sardonique et servi par un style alerte, Jeremiah Johnson le Mangeur de Foie, petit chef-d'oeuvre de la litte´rature folklorique ame´ricaine, adapte´ au cine´ma par Sydney Pollack avec Robert Redford dans le ro^le-titre, est aux antipodes du Nature Writing classique : c'est une ode a` la sauvagerie brute.

  • Ragnarr, le Viking dans toute sa gloire, sillonne les mers en quête d'exploits. Mais lorsqu'il s'élance à la conquête de l'Angleterre, il affronte un sort funeste : il est précipité dans une fosse aux serpents. Là, il déclame son chant funèbre, le Chant de Kraka, un somptueux poème scaldique. Ses redoutables fils, Ivarr sans Os, Hvitserkr le vigoureux, Björn Flanc de Fer et Sigurôr Serpent dans l'oeil, viendront assouvir une horrible vengeance sur son meurtrier, le roi Ella d'Angleterre.
    La Saga de Ragnarr loobrok, ici accompagnée de la traduction du Dit des Fils de Ragnarr et du Chant de Kraka, est un chef-d'oeuvre de la littérature scandinave ancienne. Elle hante l'Occident depuis des siècles ; aujourd'hui, la série Vikings lui est consacrée.

  • Avec ce troisième tome de Tristan, le roman flamboyant des chevaliers de la Table Ronde prend un tournant. Il s'ouvre sur la félonie du roi Marc, époux meurtris d'Iseult, qui s'emploie à nuire de toutes ses forces à l'honneur des dames et chevaliers. Et si ceux-ci parviennent à le circonvenir ; si Lancelot héberge en secret Tristan et Iseult sur son domaine de la Joyeuse Garde, refuge de leurs amours ; si le roi Arthur protège l'adultère des amants tout en refusant de voir qu'il est lui-même trompé ; si tout en somme devrait aller au mieux pour nos héros, l'inquiétude augmente au fil des pages.
    Des haines inexpiables accouchent de meurtres abjects, la mort frappe. Au milieu des exploits, de la joie et des hauts faits d'armes, de sombres nuées s'amoncellent, qui obscurcissent l'avenir.

  • À l'aube du 30 avril 1871, dans le canyon d'Aravaipa en Arizona, une troupe d'Indiens Tohono O'odahm, de Mexicains et d'Américains massacrait dans leur sommeil plus de cent quarante Apaches, en majorité des femmes et des enfants.
    Avec un authentique talent d'écrivain, Karl Jacoby interroge dans ce livre les raisons profondes de la violence dans l'Ouest américain et les ombres portées qu'elle projette encore aujourd'hui. En imprimant à son enquête la forme de quatre récits juxtaposés rapportant l'histoire de chaque communauté impliquée, puis la mémoire que chacune d'entre elles a gardé de la tuerie, il propose une vigoureuse réflexion sur les effets provoqués par les actes génocidaires dans la pratique historienne, le travail de mémoire et la production de la violence.

  • Thessalonique, janvier 833. Léon le protospathaire (« Premier porte-glaive »), mandaté par l'empereur Théophile, vient enquêter sur les affaires de l'archevêque. La ville, engourdie par le froid, est emplie de rumeurs. Au palais du gouverneur, à l'archevêché ou parmi les plus fortunés, les complots s'insinuent comme les reptiles dans des canalisations. Les couvents, où l'on révère les icônes malgré l'interdiction officielle, sont le refuge de femmes meurtries mais décidées. La cité est hantée par un répugnant « fou de Dieu », qui ne s'exprime qu'à travers les paroles des Psaumes. À peine Léon arrive-t-il qu'il trouve le gouverneur assassiné. La propre femme de celui-ci s'accuse du crime. Mais le protospathaire n'y croit pas, et se met en devoir de rétablir la justice.

  • Au milieu de la nuit du 14 juillet 1881, à Fort Sumner dans le Territoire du Nouveau-Mexique, William H. Bonney, mieux connu sous le nom de Billy the Kid, était révolvérisé par le shérif Pat Garrett dans des circonstances troubles.
    On soupçonna le shérif de n'avoir pas été très fairplay dans cette affaire.
    Offensé par la rumeur, il décida d'écrire dans les mois suivants La Véritable Histoire de Billy the Kid, avec l'aide d'un écrivaillon alcoolique notoire, afin d'établir son honorabilité.
    Au lieu de quoi, ce récit de la « vérité toute nue » donna lieu à une perle dela littérature populaire américaine, le roman fondateur de l'un des plus grands myhtes contemporains.
    Ce livre est à l'origine du film légendaire de Sam Peckinpah, Pat Garrett et Billy the Kid, avec Kris Kristofersson et James Coburn.
    Cette édition de poche sera augmentée de quelques photos des protagonistes de la vie de Billy the Kid.

  • Toute la mythologie de la chevalerie flamboyante rayonne dans ce chef-d'oeuvre de la littérature occidentale, où Arthur et la Table Ronde côtoient le fantôme d'OEdipe et les légendes de l'antique Bretagne.
    On découvrira, dans le premier tome de cette Iliade des chevaliers, les origines lointaines de Tristan et la naissance de sa passion interdite pour Iseult, tandis qu'affleure l'ombre de la quête du Graal.
    Roman de l'enfance de l'art, généreux, enjoué, il entrelace des intrigues par centaines sans jamais ralentir son grand galop.
    Un plaisir de lecture inouï.

  • Qui, de Tristan ou Lancelot, sera proclamé meilleur chevalier du monde ? Tous deux se livrent dans ce deuxième tome de Tristan à une étrange passe d'armes, qui se joue par réputation interposée.

    Le long des routes périlleuses qui les conduisent à la Table Ronde, entre batailles dans les forêts profondes, titanesques tournois et joutes galantes, ils seront emportés dans le tourbillon insatiable de l'ignominie et de la grandeur, dont personne, hélas, n'est jamais exempt.
    Risquer son honneur, déchoir et se relever, c'est l'essence de l'aventure. En voici l'expression première, pure comme une aube nouvelle.

  • Liutprand de Crémone accomplit au milieu du Xe siècle deux ambassades à Constantinople, alors l'une des plus grandes villes du monde. Lors de la première en 948, il pénétra dans les salles les plus somptueuses du Grand Palais, en présence de l'empereur de Byzance. Il fut abasourdi par le faste de la cour, dont il rendit compte dans un bref récit. Vingt ans plus tard, il revenait au nom de l'empereur germanique Otton. Mal reçu, éconduit, traité comme un laquais, il retourna en Occident pour écrire un portrait au vitriol du monde byzantin.
    Ces deux récits constituent un témoignage primordial sur la cour byzantine : c'est en témoin oculaire que Liutprand nous autorise à pénétrer en des lieux fantasmatiques ;
    /> Mais son propos est aussi fondateur du dédain occidental envers l'Europe orientale.

  • L'expédition scientifique de L'Astrofant dans les contrées antarctiques était de calibre standard, avec au programme un petit supplément ludique : envoyer dans le ciel de minuit le 31 décembre 2000 un feu d'artifice depuis le pôle Sud pour célébrer l'avènement du nouveau millénaire. Du gâteau.
    Prétendre que tout a dérapé sur les pentes d'un iceberg serait trop facile - et très en-deçà de la vérité. Mika Biermann est parvenu à retracer la chronique de cette nef des dingues dans un récit polyphonique parfaitement givré qui inaugure d'éblouissante manière le roman d'aventures du XXIe siècle.

  • Isabelle Merle propose dans cet ouvrage une histoire de la colonisation de la Nouvelle-Calédonie à travers une plongée par en bas dans le monde des « petits blancs », ces populations appelées à s'enraciner dans des terres australes spoliées à leurs habitants originels. Déportés du bagne, Communards ou de droit commun, ou « colons libres » venus commencer une vie nouvelle, ces hommes et femmes, « matière première » d'un projet de peuplement aux antipodes, constituent une société complexe dont l'historiographie fait souvent peu de cas.
    Comprendre les mécanismes profonds de la colonisation suppose pourtant de prêter attention à ce monde transplanté, traversé de tensions, conflits et contradictions dont les effets se font largement sentir aujourd'hui encore.

  • U'y a-t-il dans le nom d'un dieu ? « Zeus tonnant », « Lune aux trois visages », « Baal de la Force » ou l'énigmatique « YHWH » recèlent dans leur simple énoncé le surgissement d'une forme, l'éveil d'une puissance surhumaine.

    De la Grèce à Palmyre, Tyr ou Babylone, les appellations des dieux manifestent leurs domaines de compétence et leurs capacités d'action aussi bien que les usages qu'on en fait dans les sociétés polythéistes.
    À travers l'étude de ces noms, les douze chapitres de cet ouvrage déploient ainsi une galerie de portraits de divinités qui nous convie à la découverte des aspects changeants du divin sur tout le pourtour de la Méditerranée antique.

  • Cette histoire au ras des flots restitue aux Océaniens de Tahiti, d'Hawai'i, des Fidji ou du Vanuatu leur place d'acteurs parmi les baleiniers, explorateurs, militaires, missionnaires et autres négociants venus conquérir les populations insulaires.
    À suivre les tribulations des uns et des autres, on découvrira un monde plongé dans la dévastation, riche pourtant de dynamiques qui ont configuré le Pacifique d'aujourd'hui.

  • Voyages aux pays des Géants d'Oddr aux Flèches, ce recueil des sagas légendaires islandaises les plus étincelantes rassemble toute la matière des mondes magiques scandinaves. Confrontés le plus souvent à une funeste destinée, les héros de ces récits hauts en couleur affrontent trölls, sorciers, guerriers-fauves et autres monstres des franges du réel, et leur soif d'aventures les pousse vers des quêtes insensées qui forment autant de romans dont William Shakespeare, Richard Wagner et surtout J.
    R. R. Tolkien surent en leur temps s'inspirer pour bâtir leur propre mythologie littéraire et poétique. Ce livre propose des sagas parues chez Anacharsis, d'autres, épuisées, publiées chez d'autres éditeurs, et des sagsa inédites.

  • De retour à Venise après des mois d'exil, Francesco Sacredo découvre que son père a dilapidé leur fortune au jeu contre la comtesse borgne Mathilde von Wallenstein. Celle-ci propose au jeune homme de miser sa propre personne, corps et âme, contre le retour de ses biens. Totum ou nihil, tout ou rien, sur un seul lancer de dés. Il perd ; et aussitôt prend la fuite.

    Harcelé par les spadassins de la comtesse, la mort aux trousses, il prolongera à l'infi ni cette partita contre la carnassière comtesse.
    Maestro de l'art de la fiction, Alberto Ongaro convoque dans ce roman d'aventures les élégances vénéneuses de Casanova aussi bien que l'exubérance de Fellini.

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