Fayard

  • Depuis quelque temps, presque chaque nuit, je fais le même rêve. Mes ancêtres me prennent par la main et m'entraînent: un paysan péruvien, un docteur catalan, le professeur du roi français Louis XIV... Et, comme par hasard, tous des guitaristes !
    Vous n'avez jamais l'impression que tous ces gens sont vous, des moments de vous-même ?
    Je ne comprends pas.
    Quelque chose me dit que vous avez déjà vécu de nombreuses vies. Je connais mal la guitare, mais il ne m'étonnerait pas qu'elle soit un drôle de cheval...
    Un cheval qui permet de circuler sans peine à travers les siècles !
    Tout cela n'est pas très scientifique.
    Vous croyez que la vérité est toujours scientifique?

  • Nos jeunes

    Alexandre Soljenitsyne

    Ce petit livre est un portrait de la jeunesse russe des années soviétiques.
    Libérée de tous les tabous, heureuse, dynamique, bâtissant dans l'enthousiasme un nouveau monde - telle est l'image qu'en donnait la propagande, telle est l'image dans nos mémoires. En trois tableaux, Soljenitsyne montre l'envers du décor.

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  • Avec Feydeau, au début du XXe siècle, le vaudeville retrouve toute sa vigueur. Il s'emploie à mettre en musique, selon une mécanique implacable de rebondissements comiques et grinçants, la bêtise et la muflerie du ménage désaccordé. Dans Mais n'te promène donc pas toute nue !, Feydeau expose la joyeuse déconfiture du mariage, pour le plus grand bonheur du spectateur voyageur.

  • Social, humain, local, durable.... Le développement a récemment revêtu des « habits neufs » qui satisfont les critères des organisations internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Mais la logique économique est restée la même, et le modèle de développement conforme à l'orthodoxie néolibérale.Or le développementisme repose sur des croyances eschatologiques en une prospérité matérielle possible pour tous - que l'on sait dommageable et insoutenable pour la planète. Il faut donc remettre en cause les notions de croissance, de pauvreté, de besoins fondamentaux, et déconstruire notre imaginaire économique, ce qui affecte l'occidentalisation et la mondialisation. Certes, il ne s'agit pas de proposer un impossible retour en arrière, mais de penser les formes d'une alternative au développement : notamment la décroissance conviviale et le localisme.

  • Des hommes politiques, on connaît les discours policés, les éléments de langage remis en phrases, la langue de bois dès qu´une difficulté se présente. Tout leur art est dans le contrôle d´un langage calibré. Et pourtant, le véritable homme politique se révèle lorsqu´il fend l´armure : soit en commettant cette petite erreur stupide, cette maladresse cocasse, ce lapsus fatal qui, d´un coup, résume l´homme et sa vérité ; soit en décochant une flèche venimeuse à son meilleur adversaire. Faire rire est la seconde nature des politiques. Quand les hommes politiques se lâchent, c´est un festival de férocité. Tous se damneraient pour un bon mot, un trait d´esprit ironique, une répartie cruelle, qui cloue le bec de l´adversaire et suscite l´hilarité générale. Aucun des ténors n´est absent : de Clemenceau à Santini, en passant par de Gaulle, Chirac, Mitterrand, Chevènement, mais aussi tous les acteurs de la présidentielle en 2012. Olivier Clodong a sélectionné 200 petites phrases politiques et raconte leur contexte.

  • Nouvelle édition, revue et augmentéeChaque année, au début de l'été, le G8 se réunit. Du 1er au 8 juin 2007, le sommet se tiendra à Heiligendamm, en Allemagne. Ce sera la trente-deuxième fois, depuis 1975, que les chefs d'État ou de gouvernement des pays les plus riches et les plus puissants du monde se rencontrent pour discuter ensemble des grands problèmes et trouver une entente.Ni gouvernement mondial ni exécutif de la planète, il ne faut pas pour autant en déduire qu'il n'est qu'un simulacre. Assumant le rôle de régulateur politique, indispensable en contrepoint à l'action de l'OMC et du FMI, le G8 a grandement contribué à construire le cadre institutionnel du néolibéralisme et veillé à l'application de ses préceptes.Pourtant, la prise de conscience des dégâts provoqués par la gestion économique, politique et militaire du monde est devenue si forte et si sensible que les mobilisations se sont multipliées. Mais la contestation qui s'affirme ne porte pas seulement sur la nature des politiques, donc de leurs conséquences, sur les conditions de vie des populations ; elle vise la nature de cette institution. C'est pourquoi le mouvement altermondialiste récuse la légitimité du G8 à s'arroger un rôle dirigeant dans la conduite des affaires de la planète.

  • Dans l'élan de ses vingt-cinq ans, Paul VerLaine publie en 1869 les Fêtes galantes. En vingt-deux tableaux, dans te cadre badin d'un XVIIIe siècle recréé, il avoue son impérieux besoin de sentiments sincères et partagés, et cède à La sensualité des jeux amoureux. Ses poèmes résonnent de sa musique légère, entre fièvre et frivolité. Qui pourrait rester insensible à tant d'émotions, murmurées sur le ton de la confidence?

  • La prostitution revêt aujourd´hui dans son organisation des formes directement inspirées par la mondialisation financière. La logique néolibérale a trouvé dans le système prostitutionnel un « secteur » privilégié où se déployer, qui génère d'énormes profits : trafiquer les êtres humains d'Asie, d'Afrique ou d'Europe et les prostituer procure beaucoup de bénéfices pour peu d'investissements.Cette mondialisation-là, qui n'épargne aucun pays, illustre le processus de la marchandisation généralisée, à laquelle n'est mise aucune limite.C'est dans ce contexte que quelques pays ont choisi de légaliser et réglementer la prostitution : aux Pays-Bas ou en Allemagne, elle est considérée comme une banale "prestation de service".Est-ce là une voie à suivre ? C'est oublier la violence qui est faite aux femmes, et au-delà d'elles l'atteinte qui est portée à la dignité humaine. Est-on prêt à renoncer au respect des droits humains ?

  • _ J'ai effacé tes empreintes, a dit mon grand-père. Tu n'as pas fait du joli travail, Charles. Avoir quinze ans ne constitue pas une excuse. Quand on accepte de faire quelque chose, on va jusqu'au bout... Quand j'ai tué mon premier Allemand, j'avais seize ans. Tu auras juste fait ça un an plus tôt que moi.

    _ Je ne l'ai pas tué!

    _ Ah nonoe C'est bizarre, parce qu'il ne respirait plus du tout quand je l'ai trouvé.

  • L'aigle

    Ismaïl Kadaré

    _ il y a dans cette ville un aigle qui me rappelle une vieille légende. celle-ci dit que le rapace te porte là où tu le désires à condition que, durant le vol, tu lui donnes des morceaux de ta propre chair...

    _ naturellement, mon frère! en ce monde, chacun cherche à arracher quelque chose à l'autre. on te réclame d'abord un bras ou une jambe, puis tout ton corps, pour en arriver à ton âme. mais tu n'as besoin de trouver personne... cherche plutôt en toi-même. dans ton propre cerveau, comprends-tuoe c'est là que tu trouveras.

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  • Dis oualla !

    Azouz Begag

    Ils sont jeunes. Ils vivent en bande. Une cité est leur seule patrie.

    Vincent, rêveur et imprévisible, ne sait communiquer que par la violence, physique ou verbale.

    Luis, " né avec un pied en Espagne, un autre en Italie, un autre en Yougoslavie, un autre à Istanbul ", cherche sa place.

    Momo écrit un livre. Un jour, la première phrase du livre disparaît, puis la deuxième, puis la troisième. Elles s'effacent du cahier, laissant un blanc derrière elles, et réapparaissent dans la bouche de Vincent.

    Les mots, comme les armes, suivent toujours des parcours secrets et périlleux.

    Azouz Begag est né à Lyon en 1957. Sociologue de la ville, chercheur au CNRS, il est l'auteur de nombreux romans dont Le Gone du Chaâba (prix Sorcières 1987) et Zenzela qui vient de paraître aux Editions du Seuil.

  • Nous vivons une époque où l'imaginaire du complot mondial semble se confondre avec l'imaginaire politique tel qu'il s'est mondialisé. On ne saurait s'étonner de constater que la croyance au complot donne l'illusion d'expliquer ou de pouvoir expliquer certains événements paraissant incompréhensibles ou inintelligibles. C'est là sa fonction principale. C'est la grande « utilité » de ce qu'il est convenu d'appeler la « théorie du complot » (conspiracy theory) : répondre à une demande. Croire au complot, c'est se mettre en mesure de donner du sens à ce qui en paraît dépourvu, et qui inquiète. Or, avec l'évolution chaotisante liée à la mondialisation, l'obscurité semble s'accroître avec l'incertitude, laquelle provoque le désarroi et nourrit des angoisses. D'où l'intensification de la demande de sens, et l'extension du domaine du complot. Une extension indéfinie, sans terme assignable. Car le soupçon de complot est fabriqué avec ce que Tocqueville appelait les « gros lieux communs qui mènent le monde. »

  • " Si vous voulez savoir ce qu'est un cheval intelligent, c'est exactement comme les gens: quelqu'un qui se laisse mener par sa curiosité.

    Ceux qui aiment les courses, profondément, ne les aiment pas pour l'argent, ils ne tombent pas amoureux dans la perspective de tirer de cette liaison dangereuse un profit. Ils jouent. Ils crient, perdent, gagnent. Ils se font péter le coeur, la bourse, ils sont libres, ils n'ont pas d'enfants à nourrir, pas de traites à payer, ils y vont l'après-midi, quand tous les autres travaillent à des choses petitement rentables. " Né en 1956, aucun diplôme, Christophe Donner a débuté dans le cinéma comme acteur, puis comme monteur. Il commence à raconter sa vie vers l'âge de vingt ans et publie son premier roman chez Fayard, Petit Joseph.

    Auteur de nombreux livres pour tous les âges, il continue le récit de ses aventures personnelles au Mexique, aux Etats-Unis, en Russie, en afrique...

  • Karim a trouvé le moyen de vivre riche et heureux avec Natalia: gagner un pays en guerre, acheter une voiture, et faire le taxi pour les reporters. Cinq dollars par journaliste et par minute de trajet, tarif un peu cher mais comprenant les risques d'embuscades et de rafales perdues...

    En attendant, il faut quitter Cherbourg. Qui dira l'utilité d'une balle de ping-pong pour voler une Honda groseille sur le parking de la zone portuaire?

    Reste le plus difficile: rejoindre un bon petit conflit bien rentable.

  • Elle a seize ans, se prénomme Solange, vit à Laval (Mayenne) et s'intéresse d'abord à son corps qu'elle juge (à son bon droit) superbe.

    Un homme la remarque. Il cherche de " vraies jeunes filles d'aujourd'hui " pour une série télévisée.

    Solange devient Léa et monte à Paris.

    Boîtes, rencontres, castings, studios, bouts d'essais... la montée vers la gloire d'une native de la Mayenne, jamais dupe.

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  • Pour quelle raison, à la suite de quelle promesse, Laurent, le vieux caddy accumule-t-il les balles de golfoe Pourquoi, sur chacune peint-il un mot basqueoe Arrêtera-t-il son étrange collection quand sera dépassé le chiffre, semble-t-il fatidique, de cinquante-cinq mille cinq cent cinquante-cinqoe Tous ces mystères ont la même source. Cinquante années plus tôt, un beau jour de mars 1944, pour oublier leurs soucis, deux hommes jouent au golf en bordure de l'Atlantique. L'un, allemand, est gestapiste; l'autre, français, dirige la milice. Chemin faisant, ils parlent de leur autre sport favori: la chasse aux résistants. Pourquoi se méfieraient-ils de deux enfants qui portent leurs sacsoe Jacques Roubaud, poète, mathématicien, romancier, essayiste, ex-joueur de gô et membre de l'Oulipo, nous donne ici une manière de conte. Il est l'auteur d'une oeuvre importante dont L'Enlèvement d'Hortense (1987), Le Grand incendie de Londres (1989) et Mathématique: qui vient de paraître aux Editions du Seuil.

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  • " Assez gagné de temps. Assez rusé avec ta trouille. Lève les yeux. Ose. Elle est là, dans l'immeuble d'en face, à son balcon du quatrième étage... Elle est trop loin pour que je voie si elle sourit, de ce petit sourire tordu qu'elle a souvent et qui se moque. Elle est trop loin pour voir mes mains trembler... " Paul a quatorze ans, une mère qui travaille jour et nuit pour éloigner les huissiers, et un père latin lover de bas étage. A son âge, on peut plaire aux filles sans se plaire à soi-même, se sentir plus adulte que les adultes eux-mêmes.

    Christian de Montella a exercé divers métiers, fait des études de lettres et de philosophie, quelques livres et trois fils.

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  • Comme des héros

    Lionel Duroy

    Maman, qui nous avait regardés partir avec un sourire tranquille, semblait affolée maintenant. Papa a dû lui répéter au moins dix fois que la guerre était tout à fait finie à Mostar et qu'on ne risquait rien. "Absolument rien ma chérie." Moi, au fond, j'étais assez content qu'elle se fasse du souci pour nos vies, ça avait tout de même plus d'allure que ses larmes parce que je ne passais pas en cinquième! Je me suis senti grandir d'un seul coup: nous étions comme ces héros des films qui s'embarquent pour le front et dont les mères sanglotent sur le quai de la gare.

  • Un monsieur bien mis

    Jean Vautrin

    Une ville de banlieue avec sa gare de banlieue, ses barres de béton, ses éboueurs noirs dans leurs uniformes fluo, ses ahènepéistes et ses trois-huit, ses bandes de bric et de broc et ses crânes trop rasés. Un monsieur bien sous tous rapports file un balayeur des rues jusque dans l'ascenseur de sa cité-dortoir. Montent avec eux un camionneur balèze, un couple en bisbille, un petit rouquin avec son jeu japonais, un électeur de Le Pen, une jeunesse maghrébine... Panne entre deux étages. Un cadavre de nègre découvert un peu plus haut quand les portes se rouvrent... Qui a joué du couteau dans le noir de la cabine?

    Romancier, cinéaste, Jean Vautrin a obtenu le prix Goncourt en 1989 pour Un grand pas vers le bon Dieu. Il est l'auteur avec Dan Franck des Aventures de Boro, reporter photographe (Fayard, quatre volumes déjà publiés). Son dernier livre paru est Le Roi des ordures (Fayard, 1997).

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  • Blaise Pascal (1623-1662), homme multiple, mathématicien et physicien de génie, inventeur de la machine à calculer et des transports en commun, ne manifeste pas seulement dans les Pensées l'ardeur inquiète du mystique : il y déploie une technique consommée de l'argumentation, « forçant » pas à pas son lecteur-adversaire, le libertin, vers la conversion. Une redoutable efficacité dont L'Art de persuader nous livre les clés. Ce texte de maturité, peu connu, rédigé vers 1660 à l'attention d'Arnauld et Nicole (qui travaillaient de leur côté à un Art de penser), constitue un véritable « discours de la méthode » janséniste en matière de rhétorique. Il est accompagné, dans la présente édition, de la première des Provinciales (1655), où Pascal se révélait, d'emblée, un polémiste de premier ordre.

  • Rimbaud rompt avec la poésie en 1873. Pour le jeune homme, alors âgé de 19 ans, commence une autre vie. Après un bref passage à Chypre, il part pour la corne de l'Afrique en 1880. Ses séjours sur les hauts-plateaux du Harar, en Abyssinie, alternent avec des replis forcés à Aden. Il cherche à faire fortune par tous les moyens, la photographie, la chasse à l'éléphant, le commerce d'armes et de cotonnade, le trafic d'ivoire, le négoce du café, de l'encens... C'est par les lettres qu'il adresse à sa mère et à sa soeur - de 1880 à 1891, avant son retour précipité en France - que nous connaissons cet autre Rimbaud.

  • Après avoir été pâtissier, militaire puis professeur de langues vivantes, Jean-Pierre Brisset (1837-1919) appartient à une lignée de poètes illuminés, théoriciens créateurs et farfelus qui ne se déprennent jamais de leur sérieux. En 1900, il entend révéler les origines de l'espèce humaine et du langage dans un nouvel Évangile qu'il fait tirer à son compte à mille exemplaires et distribue gratuitement : La Grande Nouvelle. Il y dévoile la Grande Loi cachée dans la parole et, par le jeu de l'homophonie, forge une conception de l'évolution humaine surprenante : l'homme descend de la grenouille. Son entreprise ne manqua pas d'être saluée par les surréalistes et par Jules Romains, Max Jacob et Stefan Zweig qui décernent à ce « fou littéraire » le titre de « Prince des penseurs ».

  • Après la parution de Quand les politiques se lâchent, à l'automne 2011, tandis que la campagne électorale battait déjà son plein et que la pression était à son maximum dans les appareils politiques, j'eus le plaisir de voir venir à moi des élus, qui me confièrent des anecdotes survenues à l'Assemblée nationale, au Sénat ou dans leur Conseil municipal... et certains me firent le reproche de ne pas figurer dans le livre. Certes, pourquoi se limiter dans les dérapages et les vacheries font aussi le cours de la politique ? Comme les politiques n'arrêtent finalement jamais de faire des "fautes de carre", j'ai réuni 200 nouvelles anecdotes, traits d'esprit et répliques savoureux, qui sortent de l'ordinaire et font prendre un tour inattendu au discours ou au débat. Bref, des saillies qui montrent nos politiques dans tous leurs états...

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