Hachette Jeunesse

  • « Kosh songea qu'il n'avait jamais vu les yeux de Lou dans le soleil.
    C'était parce qu'il pleuvait depuis maintenant quatre mois. Une pluie serrée, violente, une pluie de mousson qui paraissait blanche la nuit dans les phares ou la lumière, et faisait un voile gris sur toutes choses, le jour, à plus de quelques mètres. Le phénomène, inexplicable, échappait à toute logique, à toute prévision, à tout modèle, à toute saison.
    Il se perpétuait. Partout, les eaux avaient monté, les rivières enflées, on consolidait les digues, on en bâtissait d'autres, plus hautes, mais qui se révélaient de nouveau insuffisantes. Les montagnes ruisselaient. Les fleuves débordaient. Des plaines autrefois agricoles ressemblaient à des marécages (...) Mais Kosh n'avait pas besoin de voir le soleil les éclairer pour savoir que le vert des yeux de Lou était menthe à l'eau. Et qu'ils étaient la plus belle chose qu'il ait jamais vue. Surtout lorsqu'elle souriait. Qu'il la faisait sourire.
    L'eau monte, les digues sont sur le point de céder, il faut évacuer. Sur le port, les réfugiés se battent pour prendre place dans les derniers bateaux, pris de panique, convaincus qu'il s'agit là du dernier espoir de s'en sortir. C'est une cohue indescriptible et au moment d'embarquer, dans un mouvement de foule, Kosh est arraché à Lou. Dernier échange de regards.
    « Survis... » la supplie-t-il. « Survis, et moi, je te retrouverai. »

  • Komolo, ville "refuge", située à peine au-dessus de la nouvelle mer formée par le Déluge. 300 000 survivants s'y entassent, depuis la catastrophe. De la Tour où on la garde enfermée, Lou a vu arriver Noah, Kosh et Ombre, les rescapés du paquebot, accompagnés de Chiloé. Avec Malcolm, elle parvient à se précipiter au pied des murailles... Mais il est déjà trop tard : son amoureux et sa famille sont arrivés dans un hors-bord frappé de la tête de mort. Les jeunes gens sont accusés de piraterie. Désormais, une course contre la montre est engagée : il faut faire évader coûte que coûte Kosh et Noah. Quitte à frayer avec les trafiquants de la ville, à affronter les soldats, les prisons, la peur. Puis il faut fuir. Mais vers où ? Vers les bois hantés de réfugiés, dans les montagnes de Kamachka ? Ou vers Chaazam, repère de pirates, où les attend le dénouement ?

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