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Portrait du gulf stream. eloge des courants. promenade
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Portrait du gulf stream. eloge des courants. promenade

À propos

Dans ma famille, de tradition catholique, nos prières se devaient de rendre hommage à Dieu (pour l'ensemble de son oeuvre). Mais, tout de suite après, il nous fallait dire notre gratitude au Gulf Stream (pour la chaleur de l'eau et la tiédeur de l'air).Chaque fois que nous sortions, grelottants, de nos bains glacés de Bretagne, une grand-mère était là pour s'exclamer: «Remercie donc le Gulf Stream! Sans lui, notre mer serait froide.»Et chacune de nos promenades au jardin s'accompagnait de gloussements: «Qu'il se porte bien ce palmier, il me rappelle Alger. Qu'il monte haut cet agave, on dirait Madagascar!»Au fond, le Gulf Stream nous consolait de la perte de nos colonies. Bien des années ont passé. Et aujourd'hui mon cher Gulf Stream m'inquiète.Sa santé me préoccupe. Va-t-il un jour, bientôt, comme on le dit, s'arrêter de couler?Qu'adviendra-t-il de la douceur de nos climats?Longtemps, j'ai fermé les yeux.Mais le moment est venu.Je ne suis pas scientifique. Plutôt promeneur.Alors, des violents remous du détroit de Floride aux maelströms de Norvège, des rivages fleuris d'Écosse aux abords légendaires de Nantucket, je suis allé, par les chemins de terre ou de mer, rencontrer les savants et les lieux.Couverture: Carte de l'Amérique, Atlas de J. Blaeu, 1686, Rotterdam, Musée maritime, © G. Dagli Orti.

Rayons : Littérature générale > Récit

  • EAN

    9782021015171

  • Disponibilité

    Disponible

  • Action copier/coller

    Non

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    Non

  • Partage

    Dans le cadre de la copie privée

  • Nb Partage

    6 appareils

  • Poids

    1 679 Ko

  • Distributeur

    ePagine

  • Diffuseur

    Média Diffusion

  • Entrepôt

    ePagine

  • Support principal

    ebook (ePub)

Erik Orsenna

Je suis né à Paris, le 22 mars 1947 (de mon vrai nom Erik Arnoult), d'une famille où l'on trouve des banquiers saumurois, des paysans luxembourgeois et une papetière cubaine. Après des études de philosophie et de sciences politiques, je choisis l'économie. De retour d'Angleterre (London School of Economics), je publie mon premier roman en même temps que je deviens docteur d'État. Je prends pour pseudonyme Orsenna, le nom de la vieille ville du Rivage des Syrtes, de Julien Gracq.
Suivent onze années de recherche et d'enseignement dans le domaine de la finance internationale et de l'économie du développement (Université de Paris I, École normale supérieure). En 1981, Jean-Pierre Cot, ministre de la Coopération, m'appelle à son cabinet. Je m'y occuperai des matières premières et des négociations multilatérales. Deux ans plus tard, je rejoins l'Élysée en tant que conseiller culturel (et rédacteur des ébauches de discours subalternes). Dans les années 1990, auprès de Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères, je traiterai de la démocratisation en Afrique et des relations entre l'Europe du Sud et le Maghreb. Entre-temps, j'ai quitté l'Université pour entrer, en décembre 1985, au Conseil d'État. Conseiller d'État depuis juillet 2000, je suis actuellement en disponibilité.
J'ai toujours voulu avoir un autre métier que l'écriture, d'abord pour être libre de donner le temps qu'il faut au livre. Le livre doit être le lieu de la liberté. J'écris chaque matin, pendant deux heures. Restent vingt-deux heures, largement de quoi s'occuper. Mes autres métiers me renseignent sur l'univers.
Parallèlement à mes activités administratives, j'ai donc écrit sept romans, dont La Vie comme à Lausanne, prix Roger Nimier 1978, et L'Exposition coloniale, prix Goncourt 1988. J'ai été élu, le 28 mai 1998, à l'Académie française, au fauteuil de Jacques-Yves Cousteau (17e fauteuil).
En plus de l'écriture, les voyages, la mer et la musique tiennent une place essentielle dans ma vie et dans mes livres. Ces passions, je les dois beaucoup à ma famille.
Ma mère m'a donné la passion des histoires et de la langue française.
Mon père, dont la famille avait une maison sur l'île de Bréhat, m'a enseigné la mer, les marées, les bateaux, les voyages au loin. Je préside d'ailleurs le Centre de la Mer (Corderie royale, à Rochefort).
J'entendais, de l'autre côté du mur, mon frère répéter inlassablement ses exercices de guitare. Et mon grand-père, qui me parlait de nos ascendances cubaines, esquissait de temps à autre, en dépit de sa corpulence, des pas de salsa.
Je n'ai fait que prolonger ces héritages.

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