Coups de coeur

  • James Joyce, dans une lettre à sa fille datée d'avril 1935, écrivait qu'il tenait Ce qu'il faut de terre à l'homme pour « la plus grande histoire jamais écrite ».

    Dans ce conte fantastique sur la cupidité et la vanité des désirs humains, Tolstoï raconte comment un paysan russe trop ambitieux voit tout à coup ses projets étrangement favorisés par le Diable...

    Inspiré à son auteur par un séjour dans la province de Samara, sur les terres des peuples bachkirs, Ce qu'il faut de terre à l'homme, publié en 1886, reste l'une des plus célèbres nouvelles de Tolstoï.

  • Blackwood

    Michael Farris Smith

    Après y avoir vécu un drame quand il était enfant, Colburn est de retour à Red Bluff, Mississippi. Il y trouve une ville qui se meurt en silence. Lorsque deux enfants disparaissent, les tensions alors sous-jacentes éclatent au grand jour, et la vallée s'embrase.

    La prose lyrique de Michael Farris Smith est à l'image du kudzu, cette plante invasive qui s'accroche à tout ce qui se trouve sur son chemin et étouffe lentement Red Bluff : plus le lecteur avance dans le livre, plus il se sent enlacé, retenu, pris au piège. Jusqu'à un final sidérant.

  • Somnyama Ngonyama - Salut à toi, Lionne noire ! résonne comme une incantation, une prise de parole courageuse, éblouissante, à la fois intime et collective.
    Cet ouvrage présente près de 100 photographies en noir et blanc réalisées par l'artiste entre 2012 et 2018. Vingt-quatre textes inédits, imprimés sur du papier noir en regard des images, révèlent les dimensions poétique, artistique et militante de ce travail.
    Zanele Muholi met son talent et la force plastique de son art au service d'un propos anthropologique et politique.
    Ses images, inspirées de son expérience personnelle, de faits historiques, de crimes actuels ou passés, dénoncent les clichés de notre imaginaire collectif.
    Avec dignité, pudeur et parfois humour, Muholi aborde, au fil de ses autoportraits, des questions aussi cruciales que l'injustice, l'homophobie, la représentation du corps noir, constituant ainsi une autobiographie visuelle autant qu'un manifeste de résistance.

  • Avec «Américaines solitudes», Jean-Luc Bertini traverse les États-Unis et s'interroge sur la place de l'humain pris dans cet immense décor. Il invente ce que Gilles Mora nomme dans sa postface «"une poétique de l'isolement"». Il s'agit-là d'un juste équilibre entre le photographe contemporain face à l'Amérique et cette touche humaniste héritée de la tradition française, qui lui permet de contourner habilement le "tableau photographique américain".

  • Dans la misère d'un bidonville haïtien, une toute jeune fille éprise d'une camarade de classe observe les adultes, leur violence, leurs faiblesses, leurs addictions... et tente de donner corps à ses rêves d'évasion. Le premier roman âpre et poétique d'un poète et dramaturge de vingt-six ans, notamment lauréat du Prix de la Vocation de la fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour son recueil de poésie «Nul chemin dans la peau que saignante étreinte» (Cheyne Éditeur, 2017).

    Coup de coeur

    Un premier roman fort et poétique d'un jeune poète et dramaturge.  

    lydie - Le Coureau

  • L'été de Katya

    Trevanian

    L'été 1914, Jean-Marc Montjean, jeune médecin tout juste diplômé, revient s'installer à Salies, petit village du Pays basque dont il est originaire. Rapidement, il est appelé à soigner Paul Treville dont la jolie soeur jumelle, Katya, l'intrigue de plus en plus. Bien accueilli chez les Treville, le jeune homme devient un ami de la famille, qu'il fréquente assidûment en dépit d'une certaine ambiguïté dans leurs relations. Et même s'il devine derrière leur hospitalité et leurs bonnes manières un lourd et douloureux secret, il ne peut s'empêcher de tomber éperdument amoureux de Katya, quelles qu'en soient les conséquences.

    À la fois histoire d'amour et thriller psychologique, L'Été de Katya est un roman à part dans l'oeuvre de Trevanian, qui revisite avec virtuosité et nostalgie la Belle Époque et une certaine idée du romantisme.

  • Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.

    Coup de cœur

    Pour les endueillé.e.s qui ont relus 50 fois Harry Potter et A la croisée des mondes, il y a une solution!! Lisez la saga de la Passe-Miroir!

    Anaïs - Lilosimages

  • Lion est triste car la reine des gazelles ne veut pas de lui. Pour le consoler, Corbeau lui propose d'inviter tous ses voisins à un banquet. Corbeau chantera et Renard, musicien renommé, jouera pour eux. Mais une fois sous la tente, au milieu des victuailles, Renard s'aperçoit que le toit qui les accueille est constitué des peaux de toutes les victimes de Lion ! Vite, il faut trouver une solution pour sortir de ce bien mauvais pas.

    Un conte oriental adapté avec humour par Maria Diaz, conteuse, chanteuse et également autrice-illustratrice de livres pour enfants. Avec les images ensoleillées de Véronique Vernette, déjà illustratrice de l'album « Mamina m'a dit », pour un chat la nuit.

  • À la mort de sa mère, Paloma hérite d'une maison abandonnée, chargée de secrets au pied des montagnes cévenoles. Tout d'abord décidée à s'en débarrasser, elle choisit sur un coup de tête de s'installer dans la vieille demeure et de la restaurer. La rencontre de Jacques, un entrepreneur de la région, son attachement naissant pour lui, réveillent chez cette femme qui n'attendait pourtant plus rien de l'existence bien des fragilités et des espoirs.
    Ode à la nature et à l'amour, Saint Jacques s'inscrit dans la lignée de Suiza, le premier roman de Bénédicte Belpois, paru en 2019 aux Éditions Gallimard. Avec une simplicité et une sincérité à nulles autres pareilles, l'auteure nous offre une galerie de personnages abîmés par la vie mais terriblement touchants.

  • Cet album aux couleurs de l'aube raconte tout ce qui précède le moment du réveil : c'est le parcours du gardien du phare qui éteint la grande lanterne et enfourche son vélo. Il va croiser sur ce chemin la nature et tout un monde qui se réveille en cascade dans le détail et le très grand. Un petit crochet par la boulangerie et son odeur de croissant si matinale et un dernier coup de pédale jusqu'à la maison où un enfant attend ce veilleur les bras grand ouverts. Destiné aux tout petits, « Premier bonjour » raconte la bienveillance, rassurant sur la nuit, la promesse du lendemain et le réveil comme un rendez-vous chaleureux.

  • 2059. Paige travaille pour une organisation criminelle souterraine dans les rues de Scion-Londres, où elle récolte des informations en pénétrant dans l'esprit des gens. Car Paige est une marcherêve, une clairvoyante, et selon les règles de Scion, son existence même est déjà une trahison.

    Poursuivie puis arrêtée, elle est déportée vers une colonie pénitentiaire sur l'ancien territoire d'Oxford secrètement occupé par les réphaïm, une race venue d'un autre monde qui récolte et utilise les clairvoyants à ses propres fins.

    Paige se retrouve assignée au mystérieux gouverneur Arcturus. Celui-ci devient son maître. Son formateur. Son ennemi naturel. À ses côtés, elle va devoir apprendre à développer son pouvoir pour servir ses ravisseurs, mais surtout pour s'échapper de ce sinistre endroit où elle semble promise à une mort certaine...

    Coup de cœur

    Si vous cherchez une série détente dans un univers fantastique entre hunger game et twilight il vous faut absolument the bone season ! Dans un Londres orwellien où la magie est interdite, une héroïne déterminée à délivrer les voyants essaie de prendre le contrôle de la pègre.

    Lilosimages

  • Le 30 novembre 1900, Oscar Wilde meurt, à 46 ans seulement, dans une chambre miteuse d'un petit hôtel rue des Beaux-Arts à Paris. Il avait été emprisonné cinq ans plus tôt pour homosexualité, et l'intégralité de ses biens avaient été saisis. Après deux ans de travaux forcés, une fois libéré, il avait quitté l'Angleterre pour Paris, sous une fausse identité, où il a vite sombré dans la déchéance. Démuni, alcoolique, il n'a plus écrit une seule ligne.
    Antithèse de cette fin de vie misérable, l'existence du dramaturge et poète irlandais a été conçue comme une oeuvre d'art. Il considérait en effet sa vie comme le lieu de son génie, tandis que son oeuvre n'était que celui de son talent. Wilde a toujours aimé se regarder dans le miroir de La Divine Comédie, jusqu'à en comparer des passages à des épisodes de sa propre vie. Sa mort, image du drame implacable d'un homme ayant tout eu et tout perdu d'un coup, n'est en outre pas sans rappeler le huitième cercle de l'Enfer de Dante, le Malebolge.
    Sous le pinceau virtuose de Javier de Isusi, dans une ambiance crépusculaire rehaussée par de superbes lavis sépia, se déroule l'inexorable descente aux enfers d'Oscar Wilde : dans les méandres de nuits parisiennes, entre alcool, voyous et prostitués, ou lors de rencontres avec Gide, Toulouse-Lautrec, les frères Machado et les rares amis qui ne l'avaient pas abandonné. Le récit de la chute du poète s'interrompt parfois pour donner voix et corps aux autres protagonistes de la tragédie qui se joue, à travers de brefs entretiens imaginaires délivrant anecdotes et impressions personnelles.
    Javier de Isusi ne se borne donc pas au rôle de biographe scrupuleux à l'ouverture de son petit théâtre sur la scène duquel défilent les trois dernières années de la vie d'Oscar Wilde. Il se pose en investigateur, interrogeant l'homme et l'oeuvre. Qui était cet écrivain déchu qui, quelques années plus tôt, outrait les conformistes avec ses phrases assassines et ses élégants paradoxes ? Le personnage Wilde avait-il fini par engloutir son créateur ? Pour quelles raisons avait-il cessé d'écrire à sa sortie de prison ? Tentant d'éclaircir ces quelques mystères, Javier de Isusi fait petit à petit tomber le masque du poète.
    Il dresse un portrait d'homme sans filtre tout en livrant un récit passionnant sur l'art et la vie, la morale et le plaisir, l'être et le paraître. Le 22 octobre 2020, Javier de Isusi s'est vu décerner le prestigieux Premio Nacional del Cómic, sous le parrainage du ministère de la Culture espagnol, pour La Divine Comédie d'Oscar Wilde.

  • « L'hiver du mécontentement », c'est ainsi que le journal le Sun qualifia l'hiver 1978-1979, où des grèves monstrueuses paralysèrent la Grande-Bretagne. Dans un Londres en proie au désordre, Candice répète pour incarner le Richard III de Shakespeare. Entre deux courses à vélo, la rencontre d'une Margaret Thatcher encore méconnue ou du jeune musicien Jones, elle essaie de se faire une place dans ce monde.

    Thomas B. Reverdy écrit le roman de cet hiver qui a sonné le glas d'une époque et accouché d'un monde sans pitié. Mais il raconte aussi comment de jeunes gens réussissent à s'y faire une place, en luttant avec toute la vitalité, la détermination et les rêves de leur âge.

    Librairie Georges vous conseille

    Dans une Angleterre au bord du gouffre, s’apprêtant à découvrir et embrasser le Thatchérisme, Candice est une jeune coursière qui parcourt les rues de Londres à pleine vitesse avec toute la fougue de sa jeunesse. Elle est aussi actrice de théâtre, préparant avec une troupe féminine la pièce Richard III qu'elle jouera sur les planches. Confrontée à un monde qui s'écroule et aux premières heures de celui à venir, elle tente de trouver sa place et un sens à son époque. Réflexion sur le pouvoir, ses racines et ses démons, mais aussi photographie d'une époque qui fera basculer l'Histoire, T. Reverdy nous livre un roman percutant et incisif qui interpelle. Glaçant mais également enragé ce récit sans concession résonne de manière troublante avec notre temps.

    Karine - Librairie Georges

  • « On oublie à quoi ressemblent nos proches. Plus nous les regardons et moins nous les voyons. Elisa voulait réapprendre à voir sa soeur comme elle aurait aimé qu'on la voie, elle. » En apparence, Elisa a tout pour être heureuse. Un métier qu'elle aime, une petite fille de trois ans qui fait son bonheur, des amies qui lui sont chères et un mari dévoué. Mais ça, ce sont les apparences. Et elles cachent une réalité bien différente qu'Elisa garde pour elle, sans jamais oser en parler à personne. Qui pourrait la croire? Elisa a pris une décision. Encore quelques derniers détails à régler et plus qu'une journée à « tenir». Raconté tour à tour par les femmes présentes dans la vie d'Elisa, ce roman dresse le portrait de la femme que nous sommes.

    coup de coeur

    Construit à la manière d’un thriller, ce roman décortique avec réalisme les mécanismes de la violence conjugale. Un roman traversé par une tension extrême. Un dernier chapitre bouleversant. Un premier roman. Une belle découverte.

    lydie - Le Coureau

  • Terra Alta

    Javier Cercas

    Melchior, un policier au nom de roi mage, ex-repris de justice et fils d'une prostituée, qui a fait des «Misérables» de Victor Hugo son «vade-mecum» vital, mène l'enquête sur les terres de l'Ebre, à l'extrême sud de la Catalogne. Mais ici plus qu'ailleurs "tôt ou tard, tout s'explique par la guerre" et il devra faire sien le dilemme de Jean Valjean : "Rester dans le paradis, et y devenir démon, rentrer dans l'enfer, et y devenir ange !".

    coup de coeur

    Javier Cercas nous entraine avec son nouveau roman, dans l’extrême sud de la Catalogne, en Terra Alta, là où il ne se passe jamais rien….. Sauf que l’on vient de découvrir les cadavres d’un couple de riches industriels atrocement mutilés. L’enquête est confiée à l’inspecteur Melchior Marin, héros des attentats islamistes de 2017, ancien malfrat initié en prison à la littérature et à Victor Hugo.          Avec Javier Cercas, les affres de la guerre d’Espagne ne sont jamais trop loin, c’est ce que va découvrir Melchior Marin. Javier Cercas construit ce roman à la manière d’un thriller alternant la résolution du double meurtre et le parcours très singulier de ce jeune inspecteur. Une belle réussite. Hâte de lire les prochaines aventures de l’inspecteur Melchior Marin.  

    lydie - Le Coureau

  • Sortie parc, gare d'Ueno

    Yu Miri

    Dans le parc d'Ueno, un homme âgé s'est installé. Après une vie de labeur passée loin des siens, il imaginait une retraite paisible, en famille.
    Mais la vie en a décidé autrement. Après la mort de sa femme, il n'a pas la force de rester dans leur maison et préfère revenir se perdre dans l'anonymat de Tokyo. Sous les arbres, il se construit une cabane de bâches et de planches, affrontant ainsi le temps et les saisons. Posant son regard paisible sur les promeneurs, tendant l'oreille aux commentaires des visiteurs du musée attenant au jardin, aux chants des oiseaux comme aux mots insolites de ses compagnons de misère, le vieil homme vaque en silence aux abords de l'étang ou s'avance dans le hall de la gare, là où l'espace fourmille encore d'urgences et d'horaires, il se souvient.
    Dans le parc d'Ueno, le vieillard écoute la beauté et la misère mêlées. Mais les opérations spéciales de nettoyage sont de plus en plus nombreuses en ces lieux, épreuves chaque fois plus traumatisantes pour les sans-logis car il leur faut fuir, sans délai déconstruire leurs baraquements, effacer toute trace de leur dérive.
    Au passage de l'empereur, comme aux yeux du monde à l'approche des Jeux olympiques de 2020, il s'agit là de ne pas dénaturer l'image de Tokyo.

    coup de coeur

    Un roman qui dévoile un autre Japon. Roman sobre et fort. Une belle découverte.    

    lydie - Le Coureau

  • Ce roman de l'auteure des «Mémoires d'un chat» suit le trajet de la ligne Imazu de la compagnie de chemin de fer privée Hankyû. Organisé en deux parties de huit chapitres chacune (comme les huit arrêts du train), il se déroule au printemps dans le sens Takarazuka-Nishinomiya, et en automne pour le retour. À chaque arrêt, de nouveaux passagers montent, se parlent, s'observent. Et, d'un trajet à l'autre comme d'une saison à l'autre, le lecteur se fait l'observateur des paysages changeants, des multiples trajectoires de la vie et surtout de l'évolution de chacun des personnages montés à bord.

    coup de coeur

    Au fil des arrêts en gare que dessert la ligne ferroviaire reliant Takarazuka à Nishinomiya, les passagers se croisent, se parlent, se lient, s’observent. Nous suivons quelques destinées, nous les retrouvons au retour. Un excellent voyage au cœur de la société japonaise.

    lydie - Le Coureau

  • Le grand tour

    Sandrine Bonini

    Au sein du prospère duché d'Hextre, trois adolescents effectuent, chacun de leur côté, un voyage initiatique jusqu'aux confins du monde connu.  Aventure, intrigues politiques et voyages en pleine mer, ce roman passionnant et richement illustré de cartes et autres inventaires nous entraîne sur les traces d'Aglaé, Siebel et Arto, aux prises avec un pouvoir injuste. 

    Coup de cœur de Stéphanie

    Dans le Grand Duché, votre destin est tout tracé.  Aglaé, Siebel et Anto suivront-ils le parcours imposé ?  Intrigues politiques, aventure, exploration, amour et originalité. Un roman passionnant. Vite la suite !  Dès 12 ans. 

    Stéphanie - La Machine à Lire

  • C'est décidé, je vais faire une fugue. Je m'appelle Gaspard, j'ai 10 ans (enfin presque).
    Donc après-demain ou après-après-demain, je pars à la conquête du monde (ou du moins je pars de chez moi).
    Mais avant, il faut que je m'organise, et j'ai des questions :

    - OÙ ALLER : UNE ÎLE, UNE VILLE, LA FORÊT ?
    - COMBIEN DE JOURS ?
    - QU'EST-CE QUE JE DOIS PRENDRE AVEC MOI (ET COMBIEN DE PAIRES DE CHAUSSETTES) ?
    - EST-CE QUE JE DOIS PRÉVENIR MES PARENTS ?
    - COMMENT ON ÉLOIGNE DES LOUPS S'IL Y EN A ?
    - ET JE VAIS MANGER QUOI ?

    Car une aventure, ça se prépare.

  • Elle s'appelait Violante. Elle était arrivée après nous à l'école, et elle restait toujours un peu à l'écart. Avec sa tignasse de cheveux noirs, sa tache rouge sur la joue et son regard de flamme, elle ressemblait à une sorcière. On s'en méfiait, et on s'en moquait. Elle nous inquiétait, et elle nous fascinait. Mais quel était son secret ?

  • éveils

    Juliette Mancini

    Grandir. Se confronter aux autres, faire face aux premières déconvenues, au regard de l'autre, aux attentes du monde. Et puis faire des découvertes. Comprendre, se révéler à soi, aux autres. Se construire. A travers des bribes de sa vie et de son parcours, Juliette Mancini se raconte, elle, mais aussi le monde dans lequel elle a grandi. La légende viriliste du grand-père qui a fait la guerre ; les premiers clichés sexistes (la force des garçons, la grâce des filles) ; la première main aux fesses dans la foule, la peur et la honte qui surgissent, mais aussi la découverte qu'on peut être désirable.
    En choisissant ces moments marquants, où en tout cas significatifs de sa vie et de son parcours, en les déconstruisant avec la plus grande acuité, Juliette Mancini réussit une prouesse trop rare, celle de transformer le particulier en universel. Avec pudeur, délicatesse, intelligence, et juste ce qu'il faut de mise à distance, elle nous promène ainsi de l'enfance à l'âge adulte, de l'acceptation de fausses évidences au déboulonnage des mythes, pour mieux décortiquer les injonctions d'une société si prompte à nous assigner des rôles.
    Son précédent livre, De la Chevalerie, s'intéressait déjà aux mécanismes de la domination, et, sans manichéisme, relevait avec justesse la complexité de ces mécanismes, refusant la (trop) simple dualité dominant-dominé. C'est la même finesse d'analyse qui est à l'oeuvre ici, en démontrant, par exemple, comment le regard de l'autre peut avoir quelque chose de tour à tour flatteur, inquisiteur ou avilissant.
    Elle nous rappelle aussi à quel point les paradoxes et les contradictions semblent être le propre de l'être humain ; mais aussi, sans doute, ce qui en fait sa richesse. Avec Eveils, Juliette Mancini signe une oeuvre forte, un livre ouvertement politique, qui, bien plus que d'asséner des vérités toutes faites, invite à la réflexion. Une grande réussite.

    Coup de coeur de Yolande

    Témoignage saisissant qui traite de la difficulté d'être soi.  De quoi chaque être humain est-il fait ?   Du poids de son héritage, familial, des normes et idéologies imposées par la société, celles liées au genre.  Une réflexion profonde au rythme sacadé, à couper le souffle.  

    Yolande - La Machine à Lire

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